105. Un étudiant sage mamzer précède un grand prêtre ignorant
J’ai entendu 5705, 15 Heshvan, Tel-Aviv
« Un étudiant sage mamzer [enfant né d’une union interdite par la Torah] précède un grand prêtre ignorant. »
Mamzer, c’est-à-dire el-zar, akh-zar [étranger, cruel]. Ce qui signifie mamzerout [substantif de mamzer], c’est-à-dire que par le fait que l’homme transgresse la mitsva [commandement] négatif de « ne vous tournez pas vers les idoles », alors ils lui engendrent le mamzer.
Le fait de « se tourner vers les idoles » signifie qu’il s’unit à la Sitra Akhra, qui est la nudité. Et cela s’appelle « celui qui vient sur la nudité et en engendre un mamzer ». Et l’opinion du propriétaire est opposée à l’opinion de la Torah. C’est pourquoi il y a une différence entre un ignorant et un étudiant sage. Et en cela il y a une grande différence, si l’homme a engendré le mamzer. Car l’étudiant sage affirme que cela aussi vient du Créateur – que la forme qui apparaît à ses yeux, c’est-à-dire l’aspect de mamzer, il dit que le Créateur lui a fait tourner cette cause.
Tandis que le méchant dit que ce n’est qu’une pensée étrangère qui lui est venue à cause d’une faute. Et il n’a besoin que de corriger ses fautes.
Tandis que l’étudiant sage, il a la force de croire que cela aussi, c’est-à-dire sa forme telle qu’elle est, il doit y voir sa vérité. Et en même temps, accepter sur lui le joug du royaume des cieux jusqu’au don de l’âme.
Explication : que même sur un aspect bas dans l’importance, où il n’y a pas d’aspect plus bas et plus caché que celui-ci, malgré tout, en un temps pareil, il faut l’attribuer au Créateur. C’est-à-dire que le Créateur lui a fait tourner une telle image, appelée pensées étrangères sur la Providence. Et lui, sur un aspect aussi petit, il doit y travailler au-dessus de la connaissance, comme s’il avait une grande raison dans la Kedousha [sainteté].
Et un grand prêtre est appelé : celui qui sert le Créateur est appelé grand prêtre, dans le sens de « et ils sont nombreux… ». C’est-à-dire qu’ils ont beaucoup de Torah et beaucoup de mitsvot [commandements], et il ne leur manque rien du tout. C’est pourquoi, si l’homme vient s’unir et accepter sur lui un certain ordre dans le travail, alors la règle est que l’étudiant sage mamzer précède.
C’est-à-dire que sa mamzerout, il l’accepte dans l’aspect d’étudiant sage. Car sage est appelé le Créateur. Et son étudiant – cela veut dire celui qui apprend de la bouche du Créateur. Car seul l’étudiant sage peut dire que tout, c’est-à-dire toutes les formes qui apparaissent dans le travail, « cela vient du Créateur ».
Tandis que le prêtre ignorant, bien qu’il serve le Créateur et qu’il soit grand dans la Torah et le travail, il n’a pas encore mérité d’apprendre de la bouche du Créateur ; il n’est pas encore appelé étudiant sage. C’est pourquoi cet état, ainsi nommé, ne peut lui servir à rien pour atteindre la perfection véritable, du fait qu’il a l’opinion des propriétaires. Et l’opinion de la Torah n’est que pour celui qui apprend de la bouche du Créateur, car seul l’étudiant sage connaît la vérité – que le Créateur est Celui qui fait tourner toutes les causes.
Et avec cela, nous comprendrons la parole de nos sages, « Rabbi Shimon ben Menassia interprétait tous les “ète” [“les”] de la Torah ». Car la notion de “ète” est de multiplier. Cela signifie qu’il ajoutait chaque jour de la Torah et des mitsvot plus que son compagnon. Et lorsqu’il arriva à « Tu craindras l’Éternel ton Dieu », il expliqua que là, il ne pouvait pas ajouter, mais qu’en arrivant à ce point, il ne pouvait qu’inverser, que Dieu nous en garde.
Et Rachi interpréta : ben Menassia signifie qu’il comprit [héb : hevin, même racine que ben] la Menussa [la fuite], dont le sens est : fuite et retrait du champ de bataille. Et de même, ben Hamsouni, c’est-à-dire qu’il comprit la vérité, et quelle forme la vérité possède. Et alors il reste à son poste de garde, et il ne peut avancer. Jusqu’à ce que vienne Rabbi Akiva et interprète : “ète” – pour inclure les sages de la Torah. Autrement dit, comme susmentionné, que par l’adhésion aux sages de la Torah, on peut recevoir un quelconque appui.
C’est-à-dire que seul l’étudiant sage peut l’aider et rien du tout d’autre. Même s’il est grand en Torah, il est tout de même appelé “ignorant” [héb : am ha-aretz, homme de la terre], s’il n’a pas mérité d’apprendre de la bouche du Créateur. C’est pourquoi l’homme doit se soumettre devant le sage de la Torah, et accepter sur lui ce que le sage de la Torah lui tendra, sans aucune discussion, mais dans l’aspect de “au-dessus de la connaissance”.
« Plus longue que la terre [héb : ha-aretz] est sa mesure ». C’est-à-dire que la Torah commence après la terre. Cela signifie, s’il est plus grand que la terre. Et c’est une règle, que rien ne peut commencer au milieu. C’est pourquoi, s’il veut commencer, alors son début se trouve après la terre, c’est-à-dire après la matérialité. (Et c’est l’explication de “le grand prêtre ignorant [héb : am ha-aretz]”. C’est-à-dire que même si son travail est dans les grandeurs, s’il n’a pas encore mérité la lumière de la Torah, il se trouve encore dans la matérialité).
Pour parvenir à lishma [en Son Nom], il faut beaucoup étudier lo lishma [pas en Son Nom]. C’est-à-dire qu’il se fatiguera et travaillera dans le lo lishma, alors il pourra voir la vérité, qu’il n’a pas encore mérité le lishma. Tandis que s’il ne s’est pas fatigué auparavant avec beaucoup de forces, il n’a pas la possibilité de voir la vérité.
Et une autre fois il a dit que l’homme doit beaucoup étudier la Torah lishma, afin de mériter et de voir la vérité, qu’il travaille lo lishma. Car le travail lishma est appelé l’aspect de récompense et punition, qui est l’aspect de Malkhout. Et la Torah lo lishma est appelée l’aspect de Zeïr Anpin, qui est l’aspect de la Providence particulière.
C’est pourquoi, les rois d’Israël, puisqu’ils ont tous mérité la Providence particulière, ils n’avaient déjà plus rien à faire ; ils n’avaient plus rien à ajouter. C’est pourquoi nos sages ont dit que le roi d’Israël ne juge pas et on ne le juge pas. C’est pourquoi ils n’ont pas de part au monde à venir, parce qu’ils ne font rien du tout. Car ils voient que tout est fait par le Créateur, béni soit-Il.
Et c’est le sujet de « Izevel [Jézabel, איזבל], la femme d’Akhav [אחאב] ». Ils ont expliqué que sa femme affirmait : Ei-zevel [אי-זבל], de l’expression « où y a-t-il de l’ordure [eifo yesh zevel, איפה יש זבל] dans le monde », car elle voyait que tout était bien. Et Akh-av [אח-אב, frère-père], c’est-à-dire qu’il était un frère pour le Père qui est aux cieux. Ce qui n’est pas le cas des rois de la maison de David, que l’on juge, du fait que les rois de la maison de David avaient la force d’unifier le Créateur et Sa Shekhina [divinité], même si ce sont deux choses qui se contredisent, car la Providence particulière est à l’opposé de l’aspect de récompense et punition.
Et c’est là la force des grands justes, qui peuvent unifier l’aspect du Créateur et de Sa Shekhina, c’est-à-dire l’aspect de Providence particulière avec récompense et punition. Et c’est précisément d’entre les deux que sort la perfection complète désirée.