101. Explication du cantique « Lamnatseakh al Shoshanim »
J’ai entendu, 23 Adar I 5703
Lamnatseakh [pour le vainqueur], c’est-à-dire celui qui a déjà vaincu.
Al Shoshanim [sur les roses], c’est-à-dire la sainte Shekhina [divinité], dont la notion est le retournement du deuil en jour de fête et en allégresse. Et puisqu’il y a en elle de nombreux états, des montées et des descentes, les descentes sont appelées « Shoshanim » [roses], du mot « hakhe et shenav » [frappe ses dents]. Il ne faut pas répondre aux questions du méchant ; plutôt, frappe ses dents. De nombreuses frappes, c’est-à-dire de nombreuses frappes de dents, amènent à l’état de Shoshanim. C’est pourquoi il y a en elle de nombreux aspects de joie. C’est pourquoi elle est appelée au pluriel – Shoshanim.
Livnei Korakh [aux fils de Korakh]. Du mot Karkha [calvitie], où les cheveux ont été arrachés. Le notion des Se’arot [cheveux] est le sens des dissimulations [héb : hastara], du mot Se’ara [tempête]. Et il est connu que « selon la peine, la récompense ». C’est-à-dire qu’au temps où il y a des tempêtes, alors c’est un lieu de travail, et lorsqu’il corrige, vient sur la tempête l’aspect de cheveu, dans le sens de « ceci est la porte pour le Créateur ». Et au temps où l’homme a déjà corrigé toutes les tempêtes, qu’il n’a déjà plus aucune dissimulation, alors il n’a déjà plus de lieu pour le travail, et donc il n’a déjà plus de lieu pour la récompense.
Il s’ensuit qu’au temps où l’homme vient à l’aspect de « Korakh », il ne peut déjà plus continuer l’aspect de croyance, qui est appelée porte pour le Créateur, car s’il n’y a pas la porte, il ne peut entrer dans le palais du Roi, car c’est le fondement, sur l’aspect de croyance tout l’édifice est construit.
Et « Bnei Korach » [les fils de Korakh] : du mot Bina [compréhension], car ils ont compris que le sujet de Korakh est l’aspect de la gauche, d’où proviennent les enfers ; c’est pourquoi ils ont voulu continuer l’amitié qu’ils avaient auparavant, c’est-à-dire du temps passé pour eux, dans le sens de « Seigneur, j’ai entendu ta renommée et j’ai eu peur » (Zohar, Bereshit, IV, 2). Autrement dit, du temps passé, avec cette force qu’ils ont continuée ; ils avaient la force de se tenir dans les états et d’aller de force en force. Et c’est le sens de « les fils de Korakh ne sont pas morts », c’est-à-dire par le fait qu’ils ont compris que s’ils restaient dans l’état de l’aspect de Korakh, ils ne pourraient continuer la vie, alors ils ne sont pas morts.
Maskil Shir Yedidut [un chant d’amitié] : c’est-à-dire qu’ils ont compris que la mesure de l’amitié avec le Créateur, béni soit-Il, est dans la perfection.
Rakhash libi : la notion de l’émotion qui est dans le cœur ; qui est dans le sens de « du cœur à la bouche, cela ne se révèle pas ». C’est-à-dire qu’il n’y a rien à faire sortir par la bouche, qui seulement un aspect de réception dans le cœur, dans le sens de « chuchoté sur les lèvres ».
Davar tov [une bonne chose] : la croyance est appelée une bonne chose.
Omer ani, ma’asaï leMelekh [je dis, mes actions pour le Roi] : qu’au temps où il reçoit la lumière de la croyance, alors il dit « mes actions pour le Roi », et non pour lui-même. Et alors il mérite l’aspect de :
Leshoni et sofer mahir [ma langue est le stylet d’un scribe habile], où il mérite l’aspect de la Torah écrite, qui est le sens de la langue de Moshé [Moïse] notre maître, paix sur lui.
Yafyafta mibnei adam [tu es le plus beau des fils de l’homme], où il dit à la sainte Shekhina que sa beauté vient des fils de l’homme. C’est-à-dire que de ce que les hommes pensent d’elle, qui est l’aspect de « qu’importe », précisément de cela naît la beauté.
Houtsak khen be-siftotekha [la grâce a été versée sur tes lèvres] : le sujet de la grâce appartient précisément aux choses dont on ne peut dire des louanges. Et malgré tout, on désire la chose. Alors nous disons qu’elle possède de la grâce.
Be-siftotekha [sur tes lèvres], c’est-à-dire dans les rassemblements [héb : be-assofot], et c’est le sens de « il a vu d’un bout du monde à l’autre [héb : mi-sof ha-olam ve-ad sofo ».