110. Un champ que l’Éternel a béni
J’ai entendu, 1943
« Un champ que l’Éternel a béni. » La sainte Shekhina [divinité] est appelée champ [héb : sadé, שדה]. Et parfois, cela devient un champ de mensonge [héb : sheker, שקר], car le Vav [ו] qui est à l’intérieur du Hey [ה] est le sens de l’âme, et le Dalet [ד] est le sens de la sainte Shekhina. Et au moment où l’âme est revêtue en elle, cela s’appelle Hey [ה]. Et au moment où l’homme veut ajouter à la croyance, alors il prolonge le Vav [ו] en bas et cela devient Kouf [ק]. Alors, du Dalet [ד] il devient Resh [ר] – de l’aspect du démuni [héb : dal] et indigent, qui veut ajouter. Alors cela se transforme en Resh dans le sens de « dans sa royauté naît un pauvre [héb : rash] », où du démuni, il devient pauvre. Autrement dit, par le fait qu’il a introduit un mauvais œil [héb : ayin ra] en lui-même, tant dans l’esprit que dans le cœur, qui est le sens de « le porc du bois la ravagera », où l’œil est suspendu du fait qu’il retourne à l’excédent ; car la Sitra Akhra [autre côté] est destinée à devenir un ange saint.
Et c’est le sens de « Que la gloire de l’Éternel soit à jamais ». Car il en vient à un état où sa vitalité est forêt [ya’ar], du mot ‘sa ville’ [yir]. C’est-à-dire que toute sa vitalité s’est déversée, et il surmonte à chaque fois – et alors il mérite l’aspect de « un champ que l’Éternel a béni », que du mauvais œil devient un bon œil.
Et c’est l’explication de « un œil suspendu ». C’est-à-dire qu’il est suspendu et se tient dans le doute, si c’est avec un mauvais œil ou avec un bon œil. Et c’est cela le fait qu’il retourne à l’excédent. Et c’est le sens de « un contre un ». Et c’est le sens de ce qu’ont dit nos sages : « Il n’y eut pas de joie devant Lui comme le jour où furent créés le ciel et la terre ».
Et cela vient du fait que, finalement, « l’Éternel sera Un et Son nom Un », car c’est là le but de la création. Et chez le Créateur, béni soit-Il, le passé et l’avenir sont égaux. C’est pourquoi le Créateur regarde la création selon sa forme finale, telle qu’elle sera à la fin de la correction, et déjà, dans le monde de Ein Sof [infini], toutes les âmes avec toute leur perfection qui sera à la fin de la correction, leur forme parfaite s’y trouve déjà et rien n’y manque.
Néanmoins, chez les receveurs, il est apparent qu’il leur manque encore d’achever ce qui leur incombe d’achever. C’est cela « que le Créateur créa pour faire ». C’est-à-dire les manques et l’irritabilité, qui est le sens de ce qu’ont dit nos sages : « L’irritable, il ne lui reste que l’irritabilité ». Et de même, « tout glouton se met en colère », c’est la véritable forme du désir de recevoir dans sa forme véritable, combien il est blâmable.
Et toutes les corrections sont pour l’inverser dans l’intention en vue de donner, et c’est là tout le travail des inférieurs. Car avant que le monde ne soit créé, c’était dans le sens de « Lui et Son nom sont Un ». C’est-à-dire que bien que Son nom soit déjà sorti de Lui et se soit révélé à l’extérieur, et qu’il soit déjà appelé l’aspect de Son nom, malgré tout, c’était Un. Et c’est le sens de « un contre un ».