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57. Il le rapprochera de son désir

J’ai entendu, 1 Yitro 5704

Sur le verset « Il le rapprochera de son désir », nos sages ont interprété : « Comment cela ? On le contraint jusqu’à ce qu’il dise : “Je veux”. » Ainsi, il faut comprendre ce que nous prions : « Qu’il y ait désir. » N’est-il pas dit : « Plus que le veau ne veut téter, la vache veut allaiter » ? Si c’est ainsi, pourquoi avons-nous besoin de prier pour qu’il y ait désir en haut ?

Voici qu’il est connu que pour attirer l’abondance d'en-haut, il faut précéder par un éveil d'en-bas. Il faut demander : pourquoi avons-nous besoin d’un éveil d'en-bas ? Et c’est pour cela que nous prions : « Qu’il y ait désir en haut », c’est-à-dire que nous devons éveiller qu’il y ait désir en haut, afin de donner en bas. Car il ne suffit pas que nous ayons un désir, mais il faut aussi qu’il y ait un bon désir du côté du donneur.

Et bien qu’il y ait en haut un désir général de faire du bien à Ses créatures, néanmoins Il attend notre désir, qui éveillera Son désir. C’est-à-dire que si nous ne sommes pas capables d’éveiller Son désir, c’est un signe que le désir du côté du receveur n’est pas encore dans la perfection. C’est pourquoi, précisément par le fait que nous prions « Qu’il y ait désir en haut », notre désir se tisse, pour devenir un désir véritable, qui sera un récipient digne et apte à recevoir l’abondance.

Et en même temps, nous devons dire que toutes nos actions, qu’elles soient mauvaises ou bonnes, tout provient d'en-haut (c’est cela la notion de Providence particulière) – que tout est fait par le Créateur béni soit-Il. Et en même temps, il faut s’attrister des mauvaises actions, bien que cela aussi provienne d'en-haut. Et l’intellect oblige qu’il ne faut pas s’attrister, mais justifier le jugement – que les mauvaises actions nous reviennent. Néanmoins, au contraire, nous sommes obligés de nous attrister du fait qu’Il ne nous laisse pas faire de bonnes actions. Et assurément, cela vient du fait d’une punition, c’est-à-dire que nous ne sommes pas dignes de servir le Roi. Si tout est sous Providence, comment peut-on dire que nous ne sommes pas dignes, puisqu’il n’y a aucune action en bas ? Et pour cela, on nous donne de mauvaises pensées et de mauvais désirs, qui nous éloignent du travail du Créateur – que nous ne sommes pas dignes de Le servir. C’est pourquoi, sur cela, vient la prière – que c’est le lieu de la correction, que nous soyons dignes et aptes à recevoir le service du Roi.

Et par cela, il nous sera expliqué : comment il est possible de prier pour une quelconque détresse, que Dieu nous en garde. N’est-il pas certain que la détresse vient du fait d’une punition ? Et la notion des punitions est assurément une correction, car il y a une règle que la punition est une correction. Si c’est ainsi, comment prier que le Créateur annule nos corrections, comme l’ont interprété nos sages sur le verset « et ton frère sera avili à tes yeux ». Car celui qui est frappé, c’est ton frère.

En fait, il faut savoir que la prière corrige l’homme encore plus que les punitions. Et cela du fait que, lorsque la prière se révèle à la place de la punition, alors on retire les souffrances, et on donne la prière à sa place, afin qu’elle corrige le corps. Et c’est le sujet de ce qu’ont dit nos sages : « S’il a mérité, par la Torah ; s’il n’a pas mérité, par les souffrances. » Et il faut savoir que la voie de la Torah est une voie plus réussie, et elle apporte plus de profits que la voie des souffrances, du fait que les récipients qui seront aptes à recevoir la Lumière supérieure sont plus larges, et par leur vertu on peut mériter l’adhésion à Lui, béni soit-Il.

Et c’est le sujet de « on le contraint jusqu’à ce qu’il dise : je veux ». C’est-à-dire que le Créateur, béni soit-Il, dit : « Je veux les actions des inférieurs ».

Et le sujet de la prière est ce qu’ont dit nos sages : « Le Créateur a désiré la prière des justes », car grâce à la prière on prépare les récipients, de sorte que le Créateur, béni soit-Il, puisse ensuite donner l’abondance, du fait qu’il y a un récipient apte à recevoir l’abondance.