33. En ce qui concerne les sorts de Yom Kippour, et ceux de Haman
J'ai entendu, 6 Terouma 5703
Comme il est écrit : « Aaron placera sur les deux boucs des sorts, un sort pour le Seigneur et un sort pour Azazel » (Parashat Akharei, 1er). Et chez Haman il est écrit : « Il fit tomber le pour [le sort, le lot] ; c’est le sort » (Meguilat Esther 3, 7).
Le sort s’applique là où il n’est pas possible de clarifier par l’intellect, du fait que la raison n’atteint pas là-bas, pour pouvoir clarifier ce qui est bien et ce qui est mal. Alors on tire au sort ; on ne s’appuie pas sur l’intellect, mais sur ce que le sort leur dit. Il en ressort que, lorsqu’on utilise le terme « sort », cela vient nous apprendre qu’on va maintenant au-dessus de la connaissance.
En ce qui concerne le 7 Adar [date dans le calendrier hébraïque], où Moshé [Moïse] est né, et où Moshé est mort :
Il faut comprendre quel est le sens de « Adar » ; il vient du mot « Adéret [manteau] », comme il est dit à propos d’Eliyahou [Elie] : « Il jeta son manteau sur lui » (Rois 1, 19). Et Adéret est un Adéret se’ar [manteau de poils], qui sont des aspects de se’arot [cheveux] et de dinim [jugements], qui, dans le travail, sont des opinions et des pensées étrangères, qui éloignent l’homme du Créateur.
Et ici s’applique la notion qui est de s’efforcer à les surpasser. Et bien qu’il voie beaucoup de contradictions qui se trouvent dans Sa Providence, néanmoins il doit s’efforcer à les surpasser par la croyance au-dessus de la connaissance, et dire que c’est une Providence dans l’aspect de bien et qui fait du bien. Et c’est le sens de ce qui est écrit à propos de Moshé : « Moshé cacha son visage », c’est-à-dire qu’il vit toutes les contradictions, et les a maintenues par l’effort dans la force de la croyance au-dessus de la connaissance. Et comme nos sages ont dit : « En récompense de ‘Moshé cacha son visage car il craignait de regarder’, il mérita de contempler la forme du Seigneur ».
Et c’est le sens de ce qui est écrit : « Qui est aveugle comme Mon serviteur, et qui est sourd comme Mon messager ».
Il est connu que « yeux » désigne la raison, l’intellect, c’est-à-dire les yeux de l’intellect. Car une chose que l’on comprend par l’intellect, on dit : « N’est-ce pas que nous voyons, que l’intellect et la raison nous obligent à dire ainsi ? » C’est pourquoi, celui qui va au-dessus de la connaissance, c’est comme s’il n’avait pas d’yeux, et il est appelé aveugle. C’est-à-dire qu’il se fait lui-même aveugle. Et de même, celui qui ne veut pas entendre ce que les espions lui disent, et se fait lui-même sourd, il est appelé sourd.
Et c’est ce qu’il dit : « Qui est aveugle comme Mon serviteur, et qui est sourd comme Mon messager ». En fait, l’homme dit : « Des yeux ils ont, mais ils ne voient pas ; des oreilles ils ont, mais ils n’entendent pas ». Autrement dit, comme susmentionné, il ne veut pas obéir à ce que l’intellect oblige, ni à ce que les oreilles entendent, comme il est écrit à propos de Josué fils de Noun, qu’aucune mauvaise parole n’est jamais entrée dans ses oreilles.
Et c’est la notion de adéret se’ar, qu’il avait beaucoup de contradictions et de jugements. Car chaque contradiction est appelée un se’ar, et sous chaque se’ar il y a un creux ; c’est-à-dire qu’il fait un trou dans la tête, c’est-à-dire qu’une pensée étrangère perce et transperce sa tête. Et lorsqu’il a beaucoup de pensées étrangères, cela s’appelle qu’il a beaucoup de se’arot. Et cela s’appelle un adéret se’ar.
Et c’est le sens de ce qui est écrit à propos d’Elisha [Elisée] : « Il partit de là, et trouva Elisha , fils de Shaphat, qui labourait avec douze paires devant lui, et lui était avec la douzième ; Eliyahou passa près de lui, et jeta son manteau sur lui » (Rois 1, 19). (Et l’explication de « paires » est une paire de bœufs, car ils labouraient avec deux bœufs ensemble, qui sont appariés ; cela s’appelle une paire de bœufs).
Bœuf [héb : bakar] signifie critique [héb : bikoret]. Et douze est le sens de la perfection du degré (comme douze mois, douze heures). C’est-à-dire qu’il a déjà tous les aspects de se’arot qui peuvent exister dans le monde. Alors, des se’arot se fait un adéret se’ar.
Cependant, chez Elisha, cela était dans l’aspect du matin de Yossef [Joseph], comme il est écrit : « Le matin s’éclairait, et les hommes furent renvoyés, eux et leurs ânes ». C’est-à-dire qu’il a déjà mérité la lumière qui réside sur ces contradictions. Car par les contradictions, qui s’appellent critique, et lorsqu’il veut les surmonter, c’est par l’attraction de la lumière sur elles.
Et c’est comme il est écrit : « Celui qui vient se purifier, on l’aide ». Et puisqu’il a déjà attiré la lumière sur toute la critique, et qu’il n’a plus rien à ajouter, car toute la critique est déjà complétée chez lui, alors la critique et les contradictions s’annulent d’elles-mêmes. Et cela, selon la règle qu’aucune action n’est vaine, car il n’y a pas d’acteur sans but.
Et en vérité, il faut savoir que ce qui apparaît à l’homme comme des choses qui sont en contradiction avec la Providence du Bienfaisant, ce n’est que pour que l’homme soit obligé d’attirer la lumière supérieure sur les contradictions, au moment où il veut surmonter les contradictions. Sinon, il ne peut pas les surmonter. Et cela s’appelle la grandeur du Nom du Créateur, qu’il attire au moment où il a les contradictions, qui s’appellent jugements.
C’est-à-dire que les contradictions peuvent être annulées, s’il veut les surmonter, seulement s’il attire la grandeur du Créateur. Il s’ensuit que ces jugements sont ce qui cause l’attraction de la grandeur du Créateur. Et c’est le sens de ce qui est écrit : « Et il jeta son manteau sur lui ». C’est-à-dire qu’ensuite il attribuait tout le adéret se’ar à Lui, c’est-à-dire au Créateur. C’est-à-dire qu’il voyait maintenant que le Créateur lui avait donné ce manteau, et que cela était intentionnel, afin d’attirer la lumière supérieure sur eux.
Cependant, cela ne peut être vu qu’ensuite. Autrement dit, après qu’il ait déjà mérité la lumière qui réside sur ces contradictions et ces jugements, qu’il avait au début. Car il voit que sans les se’arot, c’est-à-dire les descentes, il n’y avait pas de place pour que la lumière supérieure réside là, car il n’y a pas de lumière sans kli [récipient]. C’est pourquoi il voit que toute la grandeur du Nom du Créateur qu’il a atteinte était à cause des se’arot et des contradictions qu’il avait, et c’est le sens de « Puissant dans les hauteurs est le Créateur », c’est-à-dire que par le manteau, on mérite la grandeur du Créateur.
Et c’est le sens de « La grandeur de Dieu dans leur gorge [héb : goren] », c’est-à-dire que par les manques [héb : graonot] dans le travail du Créateur, cela lui cause de s’élever pour monter plus haut. Car sans poussée, l’homme se paresse à faire un mouvement, et consent à rester dans l’état où il se trouve.
Ce n’est pas le cas si l’homme descend à un degré plus bas que ce qu’il comprend ; cela lui donne la force de surmonter, car il ne peut pas rester dans un état aussi mauvais, puisque l’état dans lequel il est descendu, il ne peut pas accepter d’y rester ainsi. C’est pourquoi il est obligé à chaque fois de se renforcer, et de sortir de l’état de la chute, et alors il doit continuer à attirer la grandeur du Créateur ; cela le conduit à attirer d'en-haut des forces plus élevées. Sinon, il reste dans l’extrémité de la bassesse.
Il s’ensuit qu’à chaque fois, par les dissimulations, il va et découvre la grandeur du Créateur, jusqu’à ce qu’il découvre les Noms du Créateur, appelés les treize attributs de miséricorde ; et c’est le sens de « et le grand servira le plus jeune ». Et de même : « le méchant prépare, et le juste revêt ». De même : « et tu serviras ton frère ».
C’est-à-dire que tout le travail, c’est-à-dire les dissimulations qui étaient et qui semblaient comme si elles empêchaient le travail de la Kedousha [sainteté] ; qu’en fait, elles œuvraient contre la Kedousha. Maintenant, au moment où ils ont mérité la lumière du Créateur, qui réside sur ces dissimulations, ils voient au contraire qu’elles servaient la Kedousha, c’est-à-dire que par elles il y avait une place où la Kedousha pouvait se revêtir, dans leurs vêtements. Et c’est ce qu’on appelle « le méchant prépare, et le juste revêt », c’est-à-dire qu’ils ont donné les kelim [récipients] et la place pour la Kedousha.
Et par cela, il faut interpréter ce qu’ont dit nos sages : « S’il a mérité, le juste prend sa part et la part de son compagnon dans le Jardin d’Eden. S’il a été condamné, le méchant prend sa part et la part de son compagnon dans la Géhenne » (Haguiga 15a).
Ce qui signifie qu’il prend les jugements et les pensées étrangères de son compagnon ; il faut interpréter cela sur le monde entier ; c’est-à-dire que pour cette raison, le monde a été créé si rempli de tant de personnes, et que chacun a ses propres pensées et ses propres opinions, et tous se trouvent dans un même monde. C’est intentionnel ; afin que chacun soit inclus de toutes les pensées de son compagnon, de sorte qu’au moment où l’homme repent, il y ait le profit de cette inclusion, car lorsqu’un homme veut retourner au Créateur, il est obligé de juger favorablement lui-même et tout le monde entier, car il est lui-même inclus de toutes les opinions et des pensées étrangères de tout le monde entier.
Et c’est le sens de « s’il a été condamné, le méchant prend sa part et la part de son compagnon dans la Géhenne », ce qui signifie qu’au moment où il était encore méchant, ce qui s’appelle « a été condamné », alors il avait sa propre part – de dissimulations, de contradictions et de pensées étrangères. Et de même, il était inclus de la part de son compagnon dans la Géhenne, c’est-à-dire qu’il était inclus de toutes les opinions de toutes les personnes qui existent dans le monde.
C’est pourquoi, ensuite, lorsqu’il devient « mérite, juste » – c’est-à-dire après avoir repenti, qu’il a pesé lui-même et le monde entier du côté du mérite – il a sa part, et la part de son prochain dans le Jardin d’Eden. Et cela, c’est parce qu’il est obligé de faire descendre la lumière supérieure, aussi pour les pensées étrangères de la collectivité des gens dans le monde, car il est inclus d’eux, et il doit les faire pencher du côté du mérite. Et cela, c’est précisément comme susmentionné, par l’attraction de la lumière supérieure, sur ces jugements de la collectivité.
Et bien qu’eux-mêmes ne puissent pas recevoir cette lumière, qu’il a attirée pour eux, du fait qu’ils n’ont pas de kelim préparés pour cela, néanmoins, il a attiré aussi pour eux.
Cependant, il faut comprendre selon le principe connu, que tout celui qui cause l’attraction des lumières dans les degrés supérieurs, on dit que selon la mesure où il a causé la lumière dans le supérieur, alors lui aussi reçoit de ces lumières, du fait qu’il en a été la cause. Et selon cela, même les méchants devraient recevoir une part des lumières de ce qu’ils ont causé aux justes.
Et pour comprendre cela, il faut d’abord introduire la notion des sorts ; qu’il y avait deux sorts, comme il est écrit : « Un sort pour le Seigneur, et un sort pour Azazel ».
Comme il est connu, la notion de sort est au-dessus de la connaissance ; c’est pourquoi, lorsque le sort est au-dessus de la connaissance, cela cause que le second soit pour Azazel, ce qui est le sens de « et la tempête [héb : sa’arot] sur la tête des méchants ». Car il a attiré, par ces contradictions, la lumière supérieure, il s’ensuit que par cela la grandeur du Créateur augmente. Et chez les méchants, cela est un manque, car tout leur désir est seulement à l’intérieur de la raison. Et lorsque la lumière qui vient sur le fondement d’au-dessus de la connaissance augmente, automatiquement ils disparaissent et vont en s’annulant. C’est pourquoi les méchants n’ont que cela : qu’ils ont aidé les justes à attirer la grandeur du Créateur, et ensuite ils s’annulent.
Et c’est ce qu’on appelle : « S’il a mérité, il prend sa part et la part de son prochain dans le Jardin d’Eden. » (Note : d’ici il semble que seul celui qui a aidé à faire la correction, qu’il y ait existence de la révélation de la lumière par de bonnes actions, et alors cette action reste dans la Kedousha [sainteté], et il reçoit ce qu’il a causé en haut, qu’il y ait un lieu de propagation de la lumière, et alors l’inférieur reçoit ce qu’il a causé au supérieur. Tandis que les contradictions et les jugements s’annulent, car à leur place vient la grandeur du Créateur, qui se révèle au-dessus de la connaissance. Et eux veulent précisément que cela se révèle dans des kelim de l’intérieur de la raison, c’est pourquoi ils s’annulent. Ainsi on peut expliquer.) Cependant, même les pensées étrangères que la collectivité a causées, où il attire la grandeur sur elles, cette lumière reste pour eux. Et lorsqu’ils seront dignes de recevoir, ils recevront aussi ce en quoi chacun a causé à l’attraction de la lumière supérieure sur eux.
Et voici la notion de « le chemin qui va dans la division du cheveu », mentionnée dans le Zohar (partie 15, et dans le Soulam, lettre 33, page 56), qui sépare la droite de la gauche. Et les deux sorts étaient Yom Kippour, qui est le sens du retour au Créateur par crainte. Et ainsi il y avait un tirage au sort à Pourim, qui est le sens du retour au Créateur par amour. Car c’était alors avant la construction du Temple, et il fallait alors au retour au Créateur par amour. Et il était nécessaire qu’auparavant il y ait le besoin de faire retour au Créateur. Car ce besoin-là provoque des jugements et des se’arot.
Et c’est le sens que d'en-haut, ils ont donné la domination à Haman au sens de « Je vous donne la domination, qu’il dominera sur vous ». Et c’est ce qui est écrit, que Haman « fit tomber le Pour [il tira au sort], c’est-à-dire le sort ». Au mois d’Adar, qui est le sens du douzième, au sens des douze bœufs écrits à propos d’Elisha, comme susmentionné « six-six rangées », qui est le mois d’Adar [le sixième mois du calendrier hébraïque], au sens du adéret se’ar, qui sont les jugements les plus grands. De là, Haman sut qu’il vaincrait Israël, car au mois d’Adar, Moshé est mort. Mais il ne savait pas que c’est aussi en ce mois que Moshé est né, au sens de « ils virent qu’il était bon ».
Car dans l’état le plus difficile, quand on se renforce, on mérite alors les lumières les plus grandes, appelées l’élévation du Créateur. Et c’est le sens de « lin fin torsadé [héb : shesh mishzar, שש משזר] ». C’est-à-dire que puisque l’on a mérité « le chemin qui va dans la division du cheveu », six-six [sesh-sesh, שש שש] rangées, alors « torsadé [héb : מש-זר] », du mot « et l’étranger retiré [héb : ומש זר] », qui est le sens de la Sitra Akhra [autre côté]. Cela veut dire que l’étranger, qui est la Sitra Akhra, s’annule et s’en va, du fait qu’il a déjà terminé sa fonction.
Il s’ensuit que tous les jugements et les contradictions ne sont venus que pour révéler l’élévation du Créateur. C’est pourquoi chez Yaakov [Jacob], qui est un homme lisse, sans poils, il ne pouvait pas révéler l’élévation du Créateur, car il n’avait pas de cause et de besoin de les attirer. Et pour cette raison, Yaakov n’avait pas la capacité de recevoir les bénédictions d’Yits'hak [Isaac]. Car il n’avait pas de kelim [récipients], et il n’y a pas de lumière sans kli [récipient] ; c’est pourquoi Rivka [Rebecca] lui conseilla de prendre les vêtements d’Essav [Esaü].
Et c’est le sens de « et sa main saisissait le talon d’Essav ». Cela veut dire que bien qu’il n’ait eu aucun poil, toujours est-il qu’il a pris cela d’Essav. Et c’est ce qu’Yits'hak vit et dit : « les mains sont les mains d’Essav ». Mais « la voix, la voix de Yaakov ». C’est-à-dire qu’aux yeux d’Yits'hak, cette correction que Yaakov fit trouva grâce. Et de cela, il eut des kelim pour les bénédictions.
Et c’est la notion que nous avons toujours besoin d’un monde si grand avec beaucoup de gens. Et cela, afin que chacun s'inclut dans son prochain. D’où il résulte que chaque individu particulier est inclus des pensées et des désirs d’un monde entier. Et pour cette raison, l’homme est appelé « un petit monde en lui-même ». Et c’est pour la raison susmentionnée.
Et voici la notion de « n’a pas mérité ». C’est-à-dire qu’au moment où l’homme n’a pas encore mérité, « il prend sa part et la part de son compagnon dans la Géhenne ». C’est-à-dire comme susmentionné, qu’il est inclus de la Géhenne de son compagnon. Et plus encore, même s’il a déjà corrigé sa part de la Géhenne, mais qu’il n’a pas corrigé la part de son compagnon – c’est-à-dire de ce qu’il a été inclus du monde, il ne l’a pas encore corrigé – il n’est pas encore appelé complet.
Et par cela il est compris que bien que Yaakov, de son propre aspect, était une part sans se’arot, toujours est-il qu’il tient au talon d’Essav. C’est-à-dire qu'il prend les se’arot, de ce qu’il est inclus d’Essav, comme susmentionné. Et c’est pourquoi, lorsqu’il mérite de les corriger, il prend la part de son compagnon dans le Gan Eden. L’intention est sur la mesure de l’exaltation de la lumière supérieure, qu’il a attirée sur les se’arot du collectif. Il mérite cela, bien que le collectif ne puisse pas encore recevoir, du fait qu’il leur manque la préparation pour cela.
Et selon ce qui a été dit, nous comprendrons la notion de la dispute de Yaakov et Essav, qu’Essav a dit : « J’ai beaucoup ». Et Yaakov a dit : « J’ai tout ». Autrement dit, six et six systèmes, c’est-à-dire à l’intérieur de la raison et au-dessus de la connaissance, qui est le sens du désir de recevoir et de la lumière de l’adhésion. Le fait que Essav a dit : « J’ai beaucoup », c’est la lumière qui vient dans les kelim de réception, qui est l’aspect de l’intérieur de la raison. Et Yaakov a dit qu’il a tout, c’est-à-dire deux aspects. C’est-à-dire qu’il sert avec les kelim de réception, et il a aussi la lumière de l’adhésion.
Et c’est le sens du Erev Rav [multitude mélangée], qui ont fait le veau d’or et ont dit : « Voici tes dieux, Israël ». Autrement dit, « eleh [ceux-ci, אלה] » sans « mi [qui, מי] ». C’est-à-dire qu’ils voulaient seulement s’attacher à « eleh ». Et non à « mi », c’est-à-dire qu’ils ne voulaient pas les deux ensemble, qui sont « mi » et « eleh », qui ensemble forment le Nom Elohim [אלקים]. Autrement dit, tout et beaucoup, cela ils ne voulaient pas.
Et c’est le sens des Chérubins, qui est le sens de Keravia et Patia. Qu’un Chérubin est à une extrémité, qui est l’aspect de beaucoup, et un Chérubin à l’autre extrémité, qui est l’aspect de tout.
Et c’est le sens de ce qui est écrit : « La voix lui parle d’entre les deux Chérubins ». Mais comment cela peut-il être, puisqu’ils sont deux extrémités, opposées l’une à l’autre ? Néanmoins, il doit faire Patia et ainsi recevoir (Patia signifie sot). Et cela s’appelle « au-dessus de la connaissance » : bien qu’il ne comprenne rien de ce qu’on lui dit, néanmoins il fait.
Et en ce qui concerne tout, qui est appelé au-dessus de la connaissance, l’homme doit s’efforcer de travailler dans la joie. Car par la joie se révèle la véritable mesure de l’aspect de tout. Et s’il n’a pas de joie, alors l’homme doit s’attrister de ne pas avoir de joie, car ici est le principal lieu du travail, de révéler la joie, dans le fait qu’il travaille au-dessus de la connaissance. C’est pourquoi, lorsqu’il n’a pas de joie de ce travail, il doit s’attrister de cela.
Et c’est le sens de ce qui est écrit : « que son cœur le pousse à donner ». Son explication est : un aspect de langueur et de douleur, sur le fait qu’il n’a pas de joie dans ce travail. Et c’est le sens de « parce que tu n’as pas servi le Seigneur ton Dieu avec joie et avec abondance de tout ». Plutôt, tu as tout abandonné, et tu as pris seulement l’abondance. C’est pourquoi, à la fin, tu seras en bas, en bas, et tu seras dans le manque de tout. C’est-à-dire que tu perdras même l’abondance. Néanmoins, dans la mesure où il a tout, et qu’il est dans la joie, dans cette mesure il mérite l’aspect d’abondance.
Et selon ce qui a été dit, il faut expliquer ce qui est écrit : « les femmes pleurent le Tammouz » (Ezéchiel 8). Et Rachi explique : ils avaient une idole, qui avait du plomb dans ses yeux, et ils l’allumaient, afin de faire fondre le plomb de ses yeux. Jusqu’ici ses mots.
Et il faut expliquer la notion de « pleurent », c’est-à-dire qu’elles n’ont pas de joie, du fait qu’il y a de la poussière dans les yeux. La poussière est le sens de la Behina Dalet, c’est-à-dire le royaume des cieux, qui est l’aspect de la croyance au-dessus de la connaissance. Et à cet aspect il y a une forme de poussière, c’est-à-dire sans importance. Et il y a en cela, dans ce travail, une saveur de poussière. C’est-à-dire qu’elle n’est pas importante, mais seulement comme de la poussière.
Et la parabole, que les femmes pleurent le Tammouz, est : qu’elles allument cette idole, afin que par le chauffage la poussière sorte du plomb.
Et l’allusion est : qu’elles pleurent sur le travail, qu’il est donné de croire en Sa Providence, béni soit-Il, au-dessus de la connaissance, qu’Il est Bon et Bienfaisant. Et dans la raison, on ne voit que des contradictions dans Sa Providence, béni soit-Il. Et ce travail est un travail de Kedousha. Et elles veulent retirer la poussière, c’est-à-dire le travail au-dessus de la connaissance, qui est appelé poussière, mais dans les yeux, qui est appelé vision, ce qui fait allusion à la vision de Sa Providence, qu’elle soit dans la raison. Et cela s’appelle idolâtrie.
Et cela ressemble à un homme, dont le métier est de faire des cruches et des récipients d’argile. Son travail est de faire des ustensiles de poterie. Et l’ordre est : d’abord il fait des boules rondes d’argile, et ensuite il creuse et fait des trous dans les boules. Et lorsque le petit fils voit ce que fait son père, il crie : « Papa, pourquoi gâches-tu les boules ? » Et le fils ne comprend pas que l’intention principale du père, ce sont les trous, car seuls les trous peuvent devenir des kelim pour recevoir. Et le fils veut justement boucher les trous que le père a faits dans les boules.
Il en est de même ici, que cette poussière, qui est dans les yeux, qui bouche sa vision, que partout où il regarde, ce sont des contradictions dans la Providence. Et c’est là tout le kli, par lequel il peut révéler les étincelles d’amour sans dépendance d’aucune chose, ce qui est appelé « joie de la mitsva ».
Et sur cela il est dit : « Si le Créateur ne l’aide pas, il ne peut rien contre lui ». Autrement dit, si le Créateur ne lui avait pas donné ces pensées, il n’aurait pas été apte à recevoir aucune élévation.