34. L’avantage de la terre est en tout
J'ai entendu, Tevet 5702
Il est connu qu’aucune chose ne se révèle dans sa forme véritable, si ce n’est seulement dans la chose et son opposé, « car l’avantage de la lumière à partir de l’obscurité ».
C’est-à-dire que chaque chose montre son compagnon, que précisément par la chose et son opposé, il est possible d’atteindre la véritable existence du concept opposé. Et à cause de cela, il est impossible d’atteindre la chose avec une clarté totale, s’il ne possède pas la chose qui lui correspond.
Par exemple : il est impossible d’évaluer et de dire que ceci est une bonne chose, s’il n’y a pas la chose qui lui fait face, qui montre le mal. Et de même : amer – et doux, haine – et amour, faim – et satiété, soif – et rassasiement, séparation – et adhésion. Et selon cela, il en découle qu’il est impossible de parvenir à l’amour de l’adhésion, avant d’atteindre la haine de la séparation.
Et le conseil pour mériter le degré de haine de la séparation est que l’homme doit d’abord savoir ce qu’est la notion de séparation en général, c’est-à-dire de quoi il est séparé. Alors il y a possibilité de dire qu’il veut corriger cette séparation.
C’est-à-dire que l’homme doit se donner à lui-même un jugement et un calcul, de quoi et de qui il est devenu séparé. Et il pourra ensuite s’efforcer de corriger cela. Et il s’attachera à celui dont il s’est séparé. Autrement dit, s’il comprend qu’il y gagnera s’il s’unit à lui, alors il pourra estimer et savoir quelle est la perte s’il reste dans la séparation.
Et la notion de gain et de perte se mesure selon le plaisir et la souffrance. Autrement dit, d’une chose dont l’homme ressent de la souffrance, l’homme s’éloigne de cela et le hait. Et la mesure de l’éloignement dépend de la mesure du ressenti de la souffrance, car il est dans la nature de l’homme de fuir la souffrance. C’est pourquoi cela dépend de cela. Autrement dit, selon la mesure de la grandeur de la souffrance, dans cette mesure l’homme s’efforce et fait toutes sortes d’actions pour s’en éloigner. C’est-à-dire que la souffrance cause la haine de la chose qui lui apporte la souffrance, et dans cette mesure il s’en éloigne.
Et selon ce qui a été dit, il en découle que l’homme doit savoir ce qu’est l’équivalence de forme, afin qu’il sache ce qu’il doit faire pour parvenir à l’adhésion, qui est appelée équivalence de forme. Et par cela il saura ce qu’est la disparité de forme et la séparation.
Or il est connu, d’après les livres et d’après les auteurs, que le Créateur, béni soit-Il, est Bon et Bienfaisant, c’est-à-dire que Sa Providence, béni soit-Il, se révèle aux inférieurs dans l’aspect de Bon et Bienfaisant. Et ainsi nous sommes obligés de croire.
C’est pourquoi, lorsque l’homme regarde les voies de la conduite du monde, et commence à se regarder lui-même ou à regarder les autres, comment, du côté de la Providence, ils souffrent de souffrance et non des plaisirs – comme il conviendrait à Son Nom, béni soit-Il, qui est Bon et Bienfaisant – il lui est difficile dans cet état de dire que la Providence supérieure se conduit dans l’aspect de Bon et Bienfaisant, et leur donne toute abondance.
Cependant, il faut savoir que dans cet état, où il n’est pas possible de dire que le Créateur ne donne que du bien, ils sont appelés méchants. Car du fait qu’ils ressentent des souffrances, cela les amène à accuser leur Créateur. Et seulement lorsqu’ils voient que le Créateur leur donne des plaisirs, ils justifient le Créateur. Comme ont dit nos sages : « Qui est le juste ? Celui qui justifie son Créateur », c’est-à-dire qu’il dit que le Créateur dirige le monde selon la justice.
Il s’ensuit qu’au moment où l’on ressent les souffrances, l’homme devient éloigné du Créateur, car par nature, l’homme devient ennemi de celui qui lui inflige des souffrances. Il s’ensuit que par cela, l’homme, à la place d’aimer le Créateur, que Dieu nous en garde, la chose devient maintenant le contraire, car l’homme, en vient, que Dieu nous en garde, à haïr le Créateur.
Et que doit faire l’homme afin d’arriver à l’amour du Créateur ? À cela, il nous a été donnée une segoula [remède/vertu] : s’occuper de la Torah et des mitsvot [commandements], car « la lumière qui s’y trouve le ramène vers le bien ». Car il y a là une lumière qui donne à l’homme de ressentir la gravité de l’état de séparation. Et peu à peu, lorsque l’homme dirige son intention vers l’atteinte de la lumière de la Torah, il se tisse en lui une mesure de haine pour la séparation, c’est-à-dire qu’il commence à ressentir la cause qui lui provoque, à lui et à son âme, la séparation et l’éloignement du Créateur.
C’est-à-dire que l’homme doit croire que Sa Providence est dans l’aspect de « Bon et Bienfaisant ». Néanmoins, du fait que l’homme est plongé dans l’amour propre, cela lui cause la disparité de forme ; car a été fait une correction appelée « dans le but de donner », ce qui s’appelle « équivalence de forme », car c’est seulement de cette manière qu’il est possible de recevoir ce bien et ce plaisir ; et il ne peut pas recevoir le bien et le plaisir que le Créateur veut donner, et cela lui cause le fait qu’il reçoit la haine pour la séparation.
Alors il a la capacité de discerner la grandeur de l’utilité de l’équivalence de forme. Et alors il commence à aspirer à l’aspect de l’adhésion. Il s’ensuit que chaque forme montre sur l’autre forme. Il s’ensuit selon cela que toutes les descentes que l’homme ressent, dans lesquelles il en vient à la séparation, il lui est donné une occasion de discerner entre une chose et son contraire.
C’est-à-dire que des descentes, l’homme doit recevoir la compréhension de l’utilité des montées. Sinon, il ne serait pas possible à l’homme d’estimer l’importance du fait qu’on le rapproche d’en-haut et qu’on lui donne les montées. Et il n’aurait pas la capacité d’extraire l’importance qu’il aurait pu extraire.
Comme, par exemple, on donne à l’homme à manger, et il n’a jamais goûté le goût de la faim. Il s’ensuit que les descentes, qui sont le temps de la séparation, lui causent l’importance de l’adhésion qui se trouve dans les montées. Et les montées lui causent un aspect de haine pour les descentes, qui lui amènent la séparation.
C’est-à-dire qu’il ne peut pas estimer la grandeur du mal qu’il y a dans les descentes. C’est-à-dire que l’homme parle, que Dieu nous en garde, mal de la Providence, et il ne ressent même pas de qui il parle mal, pour qu’il sache qu’il doit retourner au Créateur sur une si grande faute, ce qui s’appelle parler, que Dieu nous en garde, du mal sur le Créateur, comme susmentionné.
Et selon ce qui a été dit, il en ressort que c’est précisément lorsqu’il possède les deux formes, qu’il est apte à discerner la distance qu’il y a entre l’une et l’autre, comme susmentionné : « car l’avantage de la lumière à partir de l’obscurité ». Car ce n’est qu’alors qu’il peut évaluer et estimer la notion de l’adhésion, par laquelle il est possible d’atteindre le bien et le plaisir qui se trouvent dans la pensée de la création, qui est Son désir de faire du bien à Ses créatures.
Et tout ce qui apparaît à nos yeux, ce ne sont que des choses que le Créateur veut que nous atteignions dans une forme telle qu’Il atteint, car ce sont des chemins pour parvenir à la perfection du but.
Cependant, afin de mériter l’adhésion au Créateur, ce n’est pas chose si simple, car il faut un grand effort et labeur, jusqu’à ce que l’on mérite d’atteindre et de ressentir le bien et le plaisir. Et avant cela, il incombe à l’homme de justifier la Providence, et de croire au-dessus de la connaissance, que le Créateur agit envers les créatures avec l’aspect de Bon et Bienfaisant, et de dire : « Des yeux ils ont, mais ils ne voient pas ».
Et c’est comme ont dit nos Sages : « Habbakuk est venu et les a établis sur une seule [base], comme il est dit : “Et le juste vivra par sa croyance” ». Ce qui signifie que l’homme n’a pas besoin de s’occuper des détails, mais il doit concentrer tout son travail sur un seul point, c’est-à-dire une règle : qui est l’aspect de la croyance dans le Créateur. Et sur cela, il doit prier. C’est-à-dire que le Créateur l’aide, afin qu’il soit en son pouvoir d’aller dans l’aspect de la croyance au-dessus de la connaissance.
Et il y a une vertu dans la croyance, par laquelle l’homme en vient à la haine de la séparation ; cela est considéré que la croyance, indirectement, le conduit à haïr la séparation.
Et nous voyons qu’il y a une grande différence entre la croyance et la vision et la connaissance.
Car une chose qui est donnée à la vision et à la connaissance, si l’intellect la justifie, qu’il vaut la peine de faire cette chose, et qu’il en décide une fois, cette décision lui suffit pour cette chose selon sa décision. Autrement dit, dans la forme où il a décidé, ainsi il agit en pratique. Car l’intellect l’accompagne dans chacune des actions, afin qu’il ne transgresse pas ce que l’intellect lui a dit. Et il lui donne de comprendre à cent pour cent, dans la mesure où l’intellect l’a amené à la décision, ce qu’il a décidé.
Tandis que l’aspect de la croyance, c’est une notion conventionnelle en puissance, c’est-à-dire qu’il surmonte l’intellect, et dit qu’il vaut la peine d’agir selon ce que la croyance oblige à agir au-dessus de la connaissance. C’est pourquoi la croyance au-dessus de la connaissance n’est utile que lors de l’action, c’est-à-dire au moment où il croit. Car ce n’est qu’alors qu’il est prêt à donner des forces de travail au-dessus de la connaissance. Tandis qu’au moment où il abandonne la croyance ne serait-ce qu’un court instant, c’est-à-dire que la croyance s’affaiblit en lui pour un instant, aussitôt il en vient à une interruption dans la Torah et le travail, et il ne lui sert à rien d’avoir accepté sur lui, quelque temps auparavant, le joug de la croyance au-dessus de la connaissance.
Ce n’est pas le cas pour une chose qu’il a atteinte par l’intellect : que cette chose lui est nuisible, et que c’est une chose qui met sa vie en danger, il n’a pas besoin à chaque fois de revenir à l’intellect et à l’explication pour savoir pourquoi c’est une chose dangereuse. Plutôt, dès lors qu’il a compris une fois et a saisi par l’intellect à cent pour cent qu’il doit s’occuper précisément de ces choses que l’intellect lui a dit, ce qui est mal et ce qui est bien, il marche déjà selon cette décision.
Nous voyons la différence qu’il y a entre ce que l’intellect oblige, et ce que seule la croyance l’oblige. Et quelle est la raison pour laquelle, dans une chose dont la base est la croyance, il faut à chaque fois se souvenir de la forme de la croyance ; sinon, il tombe de son degré, et il reçoit un état qui convient à un méchant. Et de tels états peuvent arriver même en un seul jour, qu’il tombe de son degré de nombreuses fois en un seul jour, car il est impossible que la croyance au-dessus de la connaissance ne cesse pas chez lui, ne serait-ce qu’un instant dans la journée.
Et il faut savoir que la cause de l’oubli de la croyance provient du fait que la croyance est au-dessus de la connaissance et de l’intellect, ce qui s’oppose à tous les désirs du corps. Et puisque les désirs du corps lui viennent du côté de la nature qui a été imprimée en lui, appelée désir de recevoir, que ce soit dans l’esprit ou dans le cœur, c’est pourquoi le corps l’attire toujours vers l’aspect de sa nature. Et seulement lorsqu’il est adhéré à la croyance, qu’alors la croyance a la force de le faire sortir des désirs du corps et d’aller au-dessus de la connaissance, c’est-à-dire contre l’intellect du corps.
C’est pourquoi, avant que l’homme ne mérite les kelim [récipients] du don, ce qui est appelé adhésion, la croyance ne peut pas être chez lui de manière permanente. Et au moment où la croyance ne lui a pas illuminé, alors il voit comment il se trouve dans un état de bassesse sans pareil. Et tout cela lui vient à cause de la disparité de forme, comme susmentionné, qui est le désir de recevoir pour soi-même. Cette séparation lui cause toutes les souffrances, qui détruisent toutes les constructions et tous les efforts qu’il a investis dans le travail.
Et il voit, au moment où il a perdu la croyance, qu’il se trouve dans un état pire que lorsqu’il est entré dans le chemin du travail pour donner. Par cela, il reçoit la haine de la séparation, car aussitôt il commence à ressentir des souffrances dans sa propre individualité, et de même dans le monde entier. Et il lui est difficile de justifier Sa Providence, béni soit-Il, envers les créatures, qu’Il est dans l’aspect du Bien et du Bienfaiteur. Et alors il ressent que tout le monde s’est assombri pour lui, et il n’a rien d’où recevoir de la joie.
C’est pourquoi, chaque fois qu’il commence à corriger la faille, à savoir qu’il parle en mal de la Providence, il reçoit de la haine pour la séparation. Et par la haine qu’il ressent dans la séparation, il en vient à l’amour de l’adhésion. C’est-à-dire que dans la mesure où il ressent des souffrances au moment de la séparation, dans cette mesure il se rapproche de l’adhésion au Créateur. Comme susmentionné, dans la mesure où il ressent l’obscurité, qui est une chose mauvaise, dans cette mesure il en vient au ressenti de l’adhésion, à une bonne chose. Et il sait comment l’estimer ; au moment où il reçoit un peu d’adhésion pour un temps, alors il sait comment l’estimer.
Et selon ce qui a été dit, nous pouvons comprendre que toutes les souffrances qui existent dans le monde ne sont qu’une préparation aux véritables souffrances. À ces souffrances-là, l’homme doit parvenir, autrement il n’est pas capable de mériter quoi que ce soit de spirituel, du fait que « il n’y a pas de lumière sans kli [récipient] ». Et à propos de ces souffrances-là, les véritables souffrances, on appelle cela celui qui condamne la Providence, qui parle en mal. Et à ce sujet, il prie de ne pas parler en mal de la Providence.
Et ces souffrances-là, le Créateur les accepte ; c’est ce qu’on appelle que le Créateur entend la prière de toute bouche. Et la raison pour laquelle, à propos de ces souffrances-là, le Créateur écoute, c’est parce que l’homme ne demande pas de l’aide pour son désir de recevoir, du fait qu’on pourrait dire que si le Créateur lui donne ce qu’il demande, cela peut causer qu’il soit encore plus éloigné du Créateur, à cause de la disparité de forme qu’il recevra par cela.
Plutôt, c’est tout à fait à l’opposé ; il demande la croyance en ce que le Créateur lui donne la force de surmonter, afin qu’il puisse mériter l’équivalence de forme, car il voit que du fait qu’il n’a pas la croyance en permanence, c’est-à-dire au moment où la croyance ne l’illumine pas, il en vient à des pensées sur la Providence, et il en vient à un état appelé méchant, comme susmentionné, c’est-à-dire qu’il condamne son Créateur.
Il s’ensuit que tout ce qu’il souffre comme souffrances, c’est du fait qu’il en vient à parler en mal de la Providence supérieure. Il s’ensuit, selon cela, qu’est-ce qui lui fait mal ? – qu’au lieu que l’homme doive donner des louanges au Créateur, et dire : « Béni soit notre Dieu qui nous a créés pour Sa gloire », c’est-à-dire que les créatures honorent le Créateur, il voit que la conduite du monde n’est pas pour Sa gloire, du fait que chacun a des arguments et des revendications, que la conduite devrait être sous une Providence révélée, que le Créateur dirige le monde en tant que Bon et Bienfaisant, et du fait que cela n’est pas révélé, il s’ensuit qu’ils disent que cette conduite n’est pas pour Sa gloire. Et cela lui fait mal.
Il s’ensuit que l’homme, par les souffrances qu’il ressent, est contraint, que Dieu nous en garde, de parler en mal. Il s’ensuit que ce qu’il demande au Créateur, qu’Il lui donne la force de la croyance et de mériter l’aspect de Bon et Bienfaisant, ce n’est pas du fait qu’il veut recevoir du bien afin de se réjouir lui-même, mais afin de ne pas parler en mal, que Dieu nous en garde, car cela lui fait mal.
C’est-à-dire que, de lui-même, il veut croire au-dessus de la connaissance, que le Créateur dirige le monde dans l’aspect de Bon et Bienfaisant, et il veut que sa croyance soit suffisante dans une sensation complète, comme s’il était dans la raison.
C’est pourquoi, lorsqu’il s’occupe de la Torah et des mitsvot [commandements], il veut attirer la lumière du Créateur non pour son propre plaisir, mais il ne peut supporter de ne pas pouvoir justifier Sa Providence, qu’Il est dans l’aspect de Bon et Bienfaisant. Et cela lui cause des souffrances, car il profane le Nom du Créateur, dont le Nom est Bon et Bienfaisant, et son corps affirme le contraire. Et ce sont là toutes ses souffrances, puisque, du fait qu’il se trouve dans l’aspect de la séparation, il ne peut justifier la Providence du Créateur. Et cela s’appelle que l’état de séparation lui est haïssable.
Et lorsqu’il a ces souffrances, alors le Créateur entend sa prière, et le rapproche de Lui, et il mérite l’adhésion, car les souffrances qu’il ressent de la séparation, c’est cela qui lui permet de mériter l’adhésion. Et alors il est dit : « car l’avantage de la lumière à partir de l’obscurité ».
Et c’est ce qui est écrit : « L’avantage de la terre est en tout ». La terre, c’est-à-dire la création. En tout, c’est-à-dire que par l’avantage – c’est-à-dire qu’on voit la différence entre l’état de séparation et l’état d’adhésion – par cela on mérite d’être adhéré à Tout, où le Créateur est appelé la racine de tout.