<- Bibliothèque de Kabbale
Continuer la lecture ->

35. En ce qui concerne la vitalité de la Kedousha

J’ai entendu en l’an 5705, Jérusalem

L’Écriture dit : « Voici la mer, grande et vaste, là se meuvent sans nombre des reptiles, des animaux petits avec des grands » (Psaumes 104). Il y a à expliquer :

1. Cette mer – l’intention est sur la mer de la Sitra Akhra [autre côté].

2. Grande et vaste – c’est-à-dire qu’elle se révèle à tous et crie « donne, donne » ; son intention étant sur de grands récipients de réception.

3. Là, des reptiles – c’est-à-dire qu’il y a là des lumières supérieures, sur lesquelles l’homme marche et foule aux pieds.

4. Et sans nombre, il y a là des animaux [héb : khayot] petits avec des grands. C’est-à-dire que l’homme ait une petite vitalité [héb : khayot] ou qu’il ait une grande vitalité, tout se trouve dans cette mer. Et cela du fait qu’il y a une règle : « Du ciel, ce qu’ils donnent, ils ne reprennent pas du ciel, mais cela reste en bas. » C’est pourquoi, si l’homme a attiré quelque chose d'en-haut et qu’ensuite il a abîmé cela, cela reste déjà en bas – cependant, non chez l’homme, mais cela tombe dans la mer de la Sitra Akhra.

C’est-à-dire que si l’homme a attiré une certaine illumination, et qu’il n’a pas la capacité de la maintenir de façon permanente – du fait que ses récipients ne sont pas encore purs, pour qu’ils soient adaptés à la lumière, c’est-à-dire que l’homme reçoive cela dans des récipients de don, à l’exemple de la lumière qui vient du côté du donneur – alors l’illumination est obligée de se retirer de lui.

Et alors, cette illumination tombe dans les mains de la Sitra Akhra. Et ainsi plusieurs fois. C’est-à-dire que l’homme attire, et ensuite cela se retire de lui. C’est pourquoi les illuminations se multiplient dans la mer de la Sitra Akhra. Et cela, jusqu’à ce que sa mesure soit remplie. Autrement dit, après que l’homme a révélé toute la mesure de l’effort qu’il lui est possible de révéler, alors la Sitra Akhra lui donne en retour tout ce qu’elle a pris sous son autorité, selon le sens de « la richesse qu’il a engloutie, il la vomira ».

Il s’ensuit, selon cela, que tout ce que la Sitra Akhra a reçu en son autorité, ce n’était qu’à titre de dépôt. Autrement dit, tout le temps qu’elle a domination sur l’homme, et la question de la domination qu’elle a – tout cela est afin qu’il y ait place pour l’homme de clarifier ses récipients de réception, et de les introduire dans la Kedousha [sainteté]. Autrement dit, si elle ne dominait pas sur l’homme, alors l’homme se serait contenté de peu. Et alors, tous les récipients de réception de l’homme seraient restés dans la séparation.

Et l’homme, jamais il n’aurait pu rassembler les récipients qui appartiennent à la racine de son âme, et les faire rentrer dans la Kedousha, et attirer la lumière qui lui appartient. C’est pourquoi, c’est une correction – que chaque fois qu’il attire, qu’il attire quelque chose, et qu’il a une descente, il est obligé, encore une fois, de commencer à nouveau ; c’est-à-dire de nouveaux discernements. Et de ce qui est passé, ce qu’il avait – c’est tombé à la Sitra Akhra, et elle le garde en son autorité à titre de dépôt. Autrement dit, ensuite, l’homme reçoit d’elle tout ce qu’elle a reçu de lui tout le temps.

Cependant, il faut aussi savoir ceci : s’il y avait une possibilité pour l’homme de maintenir une certaine illumination, même petite – si c’était de façon permanente, déjà l’homme serait considéré comme un homme complet. Autrement dit, avec cette illumination, il pourrait avancer. C’est pourquoi, s’il a perdu l’illumination, il doit en être en peine.

Et cela ressemble à un homme qui a mis une graine dans la terre, afin qu’en pousse un grand arbre. Mais aussitôt il a retiré la graine de la terre. Alors, quel est le bénéfice du travail, du fait qu’il a introduit la graine dans la terre ? De plus, nous pouvons dire : ce n’est pas seulement qu’il a retiré une graine de la terre et l’a abîmée, mais nous pouvons dire qu’il a retiré un arbre avec des fruits mûrs de la terre, et les a abîmés.

Et il en est de même ici, que si cette petite illumination ne s’était pas perdue pour lui, une grande lumière aurait poussé de cela. Il s’ensuit que ce n’est pas seulement qu’une petite illumination a été perdue pour lui, mais c’est comme si une très grande lumière avait été perdue pour lui.

Et il faut savoir que c’est une règle, qu’un homme ne peut vivre sans vitalité et plaisir, du fait que cela provient de la racine de la création, qui est Son désir de faire du bien à Ses créatures. C’est pourquoi aucune créature ne peut subsister sans vitalité et plaisir. Et à cause de cela, chaque créature est obligée d’aller et de chercher un endroit d’où elle peut recevoir plaisir et jouissance. Cependant, la réception du plaisir se pratique en trois temps : dans le passé, dans le présent, et dans le futur.

Toutefois, la réception principale du plaisir est dans le présent. Et bien que nous voyions qu’un homme a aussi du plaisir du passé et du futur, en fait c’est précisément parce que le passé et le futur éclairent dans le présent.

C’est pourquoi, si l’homme ne trouve pas de ressenti de plaisir dans le présent, alors l’homme reçoit de la vitalité du passé. Et il peut raconter aux autres, comment dans le passé, comment il était alors bien. Et de cela il peut recevoir de la vitalité dans le présent. Ou bien, il se représente à lui-même, qu’il espère qu’à l’avenir il lui sera bien. Cependant, la mesure du ressenti du plaisir du passé et du futur dépend de combien ils éclairent pour lui dans le présent. Et il faut savoir que cela s’applique aussi bien aux plaisirs matériels qu’aux plaisirs spirituels.

Et comme nous le voyons, lorsqu’un homme travaille même dans la matérialité, l’ordre est que, pendant le travail, il a de la peine, du fait qu’il se fatigue lui-même. Et tout ce qui lui permet de continuer dans le travail, c’est seulement par la force que le futur éclaire pour lui, qu’il recevra une récompense en échange de son travail. Et cela éclaire pour lui dans le présent. C’est pourquoi il est capable de continuer dans le travail.

Mais si ce n’est pas en son pouvoir de se représenter la récompense qu’il recevra dans le futur, l’homme doit prendre du plaisir du futur non pas de la contrepartie qu’il recevra dans le futur en échange de son travail – c’est-à-dire il ne jouira pas de la récompense – mais du fait qu’il n’aura pas de souffrances de la fatigue – de cela il jouit maintenant dans le présent, de ce qu’il y aura dans le futur. En fait, le futur éclaire pour lui dans le présent, du fait que bientôt le travail sera terminé – c’est-à-dire le temps qu’il doit travailler – et il recevra du repos.

Il s’ensuit que, de toute façon, la délectation du repos lui éclaire, – ce qu’il recevra à la fin – dont le sens est que son profit sera de ne plus avoir les souffrances qu’il ressent maintenant du travail. Et cela lui donne la force, afin qu’il puisse maintenant travailler. Et si l’homme n’est pas capable de se représenter que bientôt il sera exempté des souffrances qu’il endure à présent, l’homme en viendrait au désespoir et à la tristesse, jusqu’à ce que cet état puisse amener l’homme à se perdre lui-même.

Et pour cette raison, nos sages ont dit : « Celui qui se perd lui-même n’a pas de part au monde à venir », du fait qu’il nie la Providence, que le Créateur, béni soit-Il, conduit le monde dans l’aspect de Bon et Bienfaisant.

Plutôt, l’homme doit croire que ces états viennent à lui du fait qu’on veut d’en-haut que cela lui apporte une correction. C’est-à-dire qu’il recevra des reshimot [réminiscences] de ces états, afin qu’il puisse comprendre le chemin du monde avec plus de force et plus de puissance, car ces états sont appelés l’aspect de akhoraïm [dos/arrière]. Et au moment où il surmonte ces états, il méritera l’aspect de panim [face], c’est-à-dire que la lumière éclairera dans ces akhoraïm.

Et selon la règle, l’homme ne peut vivre s’il n’a pas un endroit d’où il peut recevoir plaisir et délice. Il s’ensuit qu’au moment où l’homme n’est pas capable de recevoir de l’aspect du présent, alors il est contraint de recevoir de la vitalité, en tout cas, du passé ou du futur. C’est-à-dire que le corps cherche pour lui-même de la vitalité par tous les moyens qu’il a en main.

Alors, si l’homme n’accepte pas de recevoir de la vitalité des choses corporelles, alors il n’y a pas d’autre choix pour le corps – plutôt, il est contraint d’accepter de recevoir de la vitalité des choses spirituelles, du fait qu’il n’a pas d’autre conseil. C’est pourquoi il est contraint d’accepter de recevoir plaisir et délice des récipients de don, comme susmentionné, car sans vitalité il est impossible de vivre.

Et selon cela, il s’ensuit qu’au moment où l’homme est habitué à accomplir Torah et mitsvot [commandements] lo lishma [pas en Son Nom], c’est-à-dire pour recevoir une récompense pour son travail, alors il a la capacité de se représenter qu’ensuite il recevra une certaine récompense, et il peut déjà travailler sur le calcul de recevoir plaisir et délice plus tard.

Cependant, si l’homme travaille non dans l’intention de recevoir une récompense, mais qu’il veut travailler sans aucune contrepartie, comment peut-il se représenter qu’ensuite il aura de quoi recevoir de la vitalité ? N’est-ce pas qu’il ne peut se faire quelconque représentation – car il n’a rien sur quoi [le faire]. C’est pourquoi, dans lo lishma, il n’y a pas de nécessité qu’on doive lui donner d’en-haut de la vitalité, car il a de la vitalité de la représentation du futur – et d’en-haut on ne donne pas des surplus, mais seulement ce qui est nécessaire.

C’est pourquoi, si l’homme veut travailler uniquement pour l’utilité du Créateur, et qu’il ne veut recevoir de la vitalité d’aucune autre manière – alors il n’a pas d’autre conseil, si ce n’est qu’on est contraint d’en-haut de lui donner de la vitalité. Puisqu’il ne demande que la vitalité nécessaire pour pouvoir continuer à vivre, alors il reçoit la vitalité de l’aspect de la construction de la sainte Shekhina.

Et c’est comme ont dit nos Sages : « Quiconque souffre avec le public, mérite et voit la consolation du public. » Car « public » est appelé la sainte Shekhina. Car « public » signifie rassemblement [héb : kinous], c’est-à-dire L’Assemblée [héb : knesset] d’Israël, car Malkhout est l’ensemble de toutes les âmes.

Et du fait que l’homme ne veut aucune récompense pour son propre bénéfice, mais qu’il veut travailler pour le bénéfice du Créateur – ce qui est appelé « relever la Shekhina de la poussière », c’est-à-dire qu’elle ne soit pas tellement abaissée, c’est-à-dire qu’ils ne veulent pas travailler pour le bénéfice du Créateur, mais tout ce que l’homme voit, que cela produira un bénéfice pour lui-même – alors il y a du carburant pour le travail. Et en ce qui concerne le bénéfice du Créateur, et l’homme n’y voit pas qu’il recevra une quelconque contrepartie – là le corps s’oppose à ce travail, du fait qu’il a dans ce travail un goût de poussière.

Et cet homme-là veut en effet travailler pour le bénéfice du Créateur – seulement le corps s’y oppose. Et il demande au Créateur de lui donner la force, afin qu’il puisse travailler « pour relever la Shekhina de la poussière ». C’est pourquoi il mérite l’aspect de panim du Créateur, qui se révèle à lui. Et la dissimulation se retire de lui.