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Accueil de la Bibliothèque de Kabbale / Baal HaSoulam / Shamati / Que signifie l’acronyme Eloul dans le travail?

42. À quoi cela fait allusion, que les initiales de Eloul forment « Ani leDodi veDodi li » [Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi], dans le travail

J'ai entendu, 15 Eloul 5702

Pour comprendre cela, il faut encore comprendre plusieurs choses :

1. La notion de Malkhouyot [pl. Malkhout], souvenirs, shofarot [pl. shofar]. Et quelle est la signification de ce que nos sages ont dit : « Annule ton désir devant Son désir, afin qu’Il annule Son désir devant ton désir » ?

2. Ce que nos sages ont dit : « Les méchants, immédiatement à la mort ; et les justes, immédiatement à la vie ».

3. Ce qui est écrit : « Les fils de Guerchon : Livni et Shimi ».

4. Ce qui est écrit dans le saint Zohar : « Youd est un point noir qui n’a pas de blancheur ».

5. Ce qui est écrit : « Malkhout du supérieur devient Keter de l’inférieur ».

6. Que signifie que la joie atteste du travail, s’il est dans la perfection.

Car toutes ces choses s’appliquent à la préparation du mois de Eloul [12è mois du calendrier hébraïque].

Pour comprendre tout ce qui précède, il faut comprendre la notion du but de la création, ce qu’ils ont dit qu’il vient du fait que Son désir est de faire du bien à Ses créatures. Et à cause de la correction – afin qu’il n’y ait pas la notion de pain de la honte – le tsimtsoum [restriction] a eu lieu. Et du tsimtsoum découle le massakh [l’écran], par lequel on inverse le kli [récipient] de kli en don. Et lorsque l’on prépare les kelim [récipients] pour qu’ils soient dans le but de donner, alors immédiatement on reçoit la lumière cachée et réservée à Ses créatures. C’est-à-dire que l’on reçoit le bien et le plaisir qui étaient dans la pensée de la création de faire plaisir à Ses créatures.

Et selon cela, on peut interpréter ce qui est écrit : « Annule ton désir devant Son désir ». C’est-à-dire annuler le désir de recevoir qui est en toi, devant le désir de donner, qui est le désir du Créateur. Cela signifie que l’homme annule l’amour-propre devant l’amour du Créateur, ce qui s’appelle qu’il s’annule devant le Créateur, ce qui s’appelle l’aspect d’adhésion. Et ensuite, le Créateur peut illuminer dans ton désir de recevoir, car il est déjà corrigé dans l’aspect de recevoir dans le but de donner.

Et c’est ce qu’il dit : « afin qu’Il annule Son désir devant ton désir ». Ce qui signifie que le Créateur annule Son désir, c’est-à-dire le sens du tsimtsoum, qui était à cause de la disparité de forme. Ce qui n’est pas le cas maintenant, puisqu’il y a déjà équivalence de forme ; il y a donc maintenant propagation de la lumière vers le désir de l’inférieur, qui a reçu la correction dans le but de donner, car c’est le but de la création de faire du bien à Ses créatures, et maintenant cela peut se réaliser.

Et selon cela, on peut interpréter ce qui est écrit : « Je suis à mon Bien-Aimé ». C’est-à-dire que dans le fait que le « je » annule mon désir de recevoir devant le Créateur, dans l’aspect de tout donner, alors il mérite « et mon Bien-Aimé est à moi ». C’est-à-dire que « et mon Bien-Aimé », qui est le Créateur, est « à moi », c’est-à-dire qu’Il me donne le bien et le plaisir qui sont dans la pensée de la création. C’est-à-dire que ce qui était auparavant dans l’aspect de dissimulation et de restriction, devient maintenant aspect de révélation des Face, c’est-à-dire que le but de la création est maintenant révélé – qui est de faire du bien à Ses créatures.

Et il faut savoir que les kelim de don s’appellent Youd-Hey [י"ה] du Nom HaVaYaH [הוי"ה], qui sont l’aspect de kelim purs. Et c’est le sens de « tout celui qui reçoit, reçoit dans le kli le plus pur ». Alors il mérite « et mon Bien-Aimé est à moi ». Et Il lui donne tout le bien, c’est-à-dire qu’il mérite la révélation de la Face.

Cependant, il y a une condition à cela, car il est impossible de mériter l’aspect de la révélation, avant que l’homme ne reçoive l’aspect des akhoraïm [arrières/dos], qui est l’aspect de la dissimulation de la Face, et de dire que pour lui, cela est aussi important que la révélation de la Face, c’est-à-dire qu’il soit dans l’aspect de la joie, comme s’il avait déjà mérité l’aspect de la révélation de la Face.

Cependant, il est impossible de tenir dans cet état, et que pour lui la dissimulation soit comme la révélation, si ce n’est lorsque l’homme travaille dans l’aspect de donner. Alors, l’homme peut dire : « Qu’est-ce qui m’importe, ce que je ressens pendant le travail, car l’essentiel pour moi, c’est que je veux donner au Créateur, et si le Créateur comprend qu’Il aura plus de contentement si je travaille dans l’aspect des akhoraïm, j’accepte. »

Tandis que s’il a encore des étincelles de réception, il en vient à des pensées, et il lui est alors difficile de croire que le Créateur dirige le monde dans l’aspect du Bien qui fait le bien. Et c’est le sens de la lettre Youd du Nom HaVaYaH, qui est la première lettre, appelée « le point noir qui n’a pas de blancheur ». C’est-à-dire qu’elle est entièrement noirceur et dissimulation de la Face.

Autrement dit, lorsque l’homme en vient à un état où il n’a aucun soutien, alors son état devient noir, qui est l’aspect le plus bas du monde supérieur, et de cela devient l’aspect de Keter pour l’inférieur, car le kli de Keter est un kli de don.

Car l’aspect inférieur dans le supérieur est Malkhout, qui n’a rien d’elle-même et rien du tout ; c’est-à-dire qu’elle n’a rien. Et ce n’est que de cette manière qu’elle est appelée Malkhout. C’est-à-dire que s’il accepte sur lui le joug du royaume des cieux, qui est dans l’aspect de « n’a rien », dans la joie, alors de cela ensuite devient l’aspect de Keter, qui est un kli de don et un kli des plus purs. Autrement dit, celui qui a accepté l’aspect de Malkhout dans l’aspect de la noirceur, il devient ensuite l’aspect de kli de Keter, qui est un kli de don.

Et c’est comme il est écrit : « Car droits sont les chemins du Seigneur ; les justes y marcheront et les méchants y trébucheront. » Ce qui signifie que les méchants, c’est-à-dire ceux qui sont sous la domination du kli de réception, sont obligés de tomber et de rester accablés sous leur fardeau, lorsqu’ils arrivent à cet état. Tandis que les justes, c’est-à-dire celui qui est dans l’aspect de don, il s’élève par cela, c’est-à-dire qu’il mérite par cela les kelim de don (et il faut interpréter que les méchants sont ceux en qui il n’est pas encore fixé dans leur cœur qu’ils doivent travailler pour mériter les kelim de don. Et les justes, l’interprétation sera : ce sont des gens en qui il est déjà fixé dans leur cœur qu’ils doivent mériter les kelim de don, mais ils n’en ont pas la capacité).

Et c’est comme il est écrit dans le saint Zohar, que la Shekhina [divinité] de la Kedousha [sainteté] a dit à Rabbi Shimon bar Yo’haï : « Il n’y a pas de lieu pour se cacher de toi. » C’est pourquoi elle se révèle à lui. Et c’est ce qu’a dit Rabbi Shimon bar Yo'haï : « À cause de cela, et vers moi est Son désir. » Et c’est cela : « Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi. » Et alors il donne à l’aspect de Vav-Hey, ce qui est le sens de « le Nom n’est pas complet, et le trône n’est pas complet, jusqu’à ce que le Hey se rattache au Vav. » Car le Hey est appelé désir de recevoir, qui est le kli le plus final, que le Vav donne à l’intérieur du Hey, et alors ce sera la fin de la correction.

Et c’est le sens de « les justes, immédiatement à la vie ».

C’est-à-dire que l’homme lui-même doit dire dans quel livre il veut que son nom soit inscrit, si c’est dans le livre des justes – c’est-à-dire qu’il veut qu’on lui donne le désir de donner – ou non. Car l’homme a beaucoup de discernements dans la notion du désir de donner. C’est-à-dire qu’il arrive parfois que l’homme dise : « Il est vrai, je veux qu’on me donne le désir de donner, mais pas d’annuler complètement le désir de recevoir. » En fait, il veut pour lui-même les deux mondes, c’est-à-dire que même le désir de donner, il le veut pour son propre plaisir.

Cependant, dans le livre des justes ne sont inscrits que ceux qui désirent inverser tous leurs kelim de réception pour qu’ils soient seulement dans l’aspect de donner, et ne rien recevoir pour eux-mêmes. Et cela, afin qu’il n’ait pas de place pour dire : « Si j’avais su que le désir de recevoir devait être annulé, je n’aurais pas prié pour cela » (qu’il ne dise pas ensuite : « Si j’avais su cela, je n’aurais pas fait le vœu »). C’est pourquoi il doit dire explicitement quelle est son intention dans le fait qu’on l’inscrive dans le livre des justes – et qu’il ne vienne pas ensuite avec des réclamations.

Il faut savoir que dans la voie du travail, « le livre des justes » et « le livre des méchants » s’appliquent à un seul homme. C’est-à-dire que l’homme lui-même doit faire un choix, et savoir avec une clarté totale ce qu’il veut. Car la notion de « méchants » et de « justes » se parle dans un seul corps.

C’est pourquoi l’homme doit dire, s’il le veut, qu’on l’inscrive dans le livre des justes, qu’il le soit immédiatement pour la vie, c’est-à-dire être adhéré à la Vie des vies ; qu’il veut tout faire pour l’utilité du Créateur.

Et de même, lorsqu’il vient s’inscrire dans le livre des méchants, où sont inscrits tous ceux qui veulent être dans l’aspect de receveurs pour leur propre profit, il dit qu’on l’inscrive là immédiatement pour la mort, c’est-à-dire que le désir de recevoir pour lui-même soit annulé chez lui, et que ce soit pour lui comme s’il était mort.

Cependant, parfois l’homme doute, c’est-à-dire que l’homme ne veut pas que, d’un seul coup, le désir de recevoir soit annulé chez lui ; c’est-à-dire qu’il lui est difficile de décider d’un seul coup que toutes ses étincelles de réception soient immédiatement pour la mort. C’est-à-dire qu’il n’est pas d’accord pour que tous les désirs de réception soient annulés chez lui d’un seul coup. Plutôt, il veut que les étincelles de réception s’annulent petit à petit, et non immédiatement d’un seul coup, c’est-à-dire qu’un peu les récipients de réception agissent, et un peu les récipients de don.

Il s’ensuit que cet homme n’a pas d’opinion forte et claire. Et une opinion forte, c’est que d’un côté il affirme : « tout est à moi », c’est-à-dire tout est pour le désir de recevoir. Et d’un autre côté il affirme : « tout est pour le Créateur ». C’est cela qu’on appelle une opinion forte.

Seulement, que peut faire l’homme si le corps n’est pas d’accord avec son opinion, à savoir ce qu’il veut, que tout soit pour le Créateur ? Alors il est approprié de dire que l’homme fait tout ce qui est en son pouvoir pour que tout soit pour le Créateur. C’est-à-dire qu’il prie le Créateur de l’aider, afin qu’il soit en son pouvoir de mettre en pratique que tous ses désirs soient effectivement entièrement pour le Créateur. Et c’est à cela que nous prions : « Souviens-toi de nous pour la vie et inscris-nous dans le livre de la vie ».

Et c’est ce qui est écrit : Malkhout. C’est-à-dire qu’il accepte sur lui l’aspect du point noir « qui n’a en elle aucune blancheur », ce qui est le sens de « annule ton désir afin que votre souvenir monte devant Moi, et alors Son désir sera annulé devant ton désir ». Et par quoi ? Par le shofar [héb : שופר], c’est-à-dire par la beauté [héb : shoufra, שופרא] de Ima, c’est-à-dire que la chose dépend du retour au Créateur. Cela signifie que s’il accepte la noirceur, il doit aussi s’efforcer que ce soit de manière honorable et non de manière honteuse, ce qui est appelé « la beauté de Ima ». Autrement dit, que cela soit pour lui dans l’aspect de beauté et d’honneur.

Et selon ce qui a été dit, on peut interpréter ce qui est écrit : « Les fils de Guerchon : Livni et Shimi ». Si l’homme voit qu’il a été chassé du travail, il doit savoir que c’est à cause de Livni, c’est-à-dire parce qu’il veut précisément la blancheur [héb : levanonit]. Cela signifie que si on lui donne la blancheur, c’est-à-dire que tout ce qu’il fait brille, à savoir qu’il ressent un bon goût dans la Torah et la prière, alors l’homme est prêt à écouter et à s’occuper de la Torah et des mitsvot [commandements].

Et c’est ce qui est écrit : « Shimi ». C’est-à-dire que c’est précisément sous la forme de la blancheur qu’il peut écouter [héb : lishmoa]. Tandis que, lors du travail, il voit une forme de noirceur, il ne peut pas accepter d’écouter, d’accepter sur lui ce travail.

C’est pourquoi il est obligé d’être chassé du palais du roi, car l’acceptation du joug du royaume des cieux doit être une soumission inconditionnelle. Tandis que, si l’homme dit qu’il est prêt à accepter sur lui le travail seulement à condition que ce soit sous la forme de blancheur – c’est-à-dire un jour qui l’illumine, mais si le travail lui apparaît sous la forme de noirceur, il n’est pas d’accord avec cela – cet homme n’a pas de place dans le palais du roi.

Car dans le palais du roi, on laisse entrer ceux qui veulent travailler dans le but de donner. Et lorsque l’homme travaille dans le but de donner, il n’importe pas ce qu’il ressent en lui-même pendant le travail. Plutôt, même dans une situation où il voit une forme de noirceur, il n’est pas impressionné par cela ; il veut seulement que le Créateur lui donne la force de pouvoir surmonter tous les obstacles. C’est-à-dire qu’il ne demande pas que le Créateur lui donne une forme de blancheur, mais qu’Il lui donne la force de pouvoir surmonter toutes les dissimulations.

C’est pourquoi, ces personnes qui veulent travailler dans le but de donner, si elles étaient toujours dans un état de blancheur, la blancheur permet à l’homme de continuer dans le travail. Car lorsque cela éclaire, l’homme peut travailler même dans l’aspect de recevoir pour lui-même. C’est pourquoi il n’y aurait jamais à l’homme de place pour savoir si son travail est dans la pureté ou non. Et cela cause le fait qu’il ne peut jamais parvenir à mériter l’adhésion au Créateur.

C’est pourquoi on lui donne d’en-haut une forme de noirceur. Et alors il voit si son travail est dans la pureté. C’est-à-dire que si même dans un état de noirceur il peut être dans la joie, c’est un signe que son travail est dans la pureté. Car l’homme doit être joyeux, et croire que d’en-haut on lui a donné l’occasion d’avoir entre les mains le travail dans le but de donner.

Car c’est comme ont dit nos sages : « Tout glouton se met en colère ». Ce qui signifie que celui qui est plongé dans la réception pour soi, il se met en colère, car il est toujours dans un manque, il lui manque de remplir son kli de réception. Tandis que celui qui veut aller dans l’aspect du don, il doit toujours être dans la joie, c’est-à-dire dans toutes les formes qui lui arrivent, il doit être dans la joie, du fait qu’il n’a aucune intention de réception pour lui-même.

C’est pourquoi il dit : quoi qu’il en soit, si vraiment il travaille dans le but de donner, assurément il doit être dans la joie, du fait qu’il a mérité d’être celui qui donne contentement à son Créateur. Et s’il ressent que son travail n’est pas encore afin de donner, il doit aussi être dans la joie, car de son côté l’homme dit qu’il ne veut rien pour lui-même, il est joyeux de ce que le désir de recevoir ne peut pas jouir de ce travail. De cela il doit recevoir de la joie.

Tandis que s’il pense que de ce travail il y aura aussi quelque chose pour son propre bénéfice, déjà il donne permission à la Sitra Akhra [autre côté] de s’accrocher à son travail. Et cela lui cause tristesse, colère et ainsi de suite.