64. De lo lishma, on parvient à lishma
J’ai entendu, Vayechi, 14 Tevet 5708, au repas de Shacharit
« De lo lishma [pas en Son Nom], on parvient à lishma [en Son Nom]. »
Et l’on peut dire, si l’on prête attention de manière accrue, que le temps du lo lishma, c’est le temps le plus important, du fait qu’il est plus facile d’unifier l’action pour le Nom du Créateur, béni soit-Il. Car alors dans le lishma, il dit que c’est lui qui a fait cette bonne action, du fait qu’il sert le Créateur à la perfection, et que tous ses actes sont pour le Ciel. Il s’ensuit que c’est lui qui est le maître de l’action.
Tandis qu’au temps qu’il occupe dans lo lishma, alors la bonne action, il ne la fait pas pour le Nom du Créateur. Il s’ensuit qu’il ne peut pas venir devant Lui, béni soit-Il, avec la revendication qu’il mérite une récompense. Il s’ensuit que le Créateur, béni soit-Il, ne devient pas pour lui obligé. Et pourquoi a-t-il fait cette bonne action ? C’est seulement du fait que le Créateur, béni soit-Il, lui a préparé une certaine occasion, où cet accusateur-là l’oblige et le force à la faire.
Par exemple, si des gens sont venus chez lui, et qu’il a honte de rester assis sans rien faire, alors il prend un livre quelconque et étudie la Torah. Il s’ensuit : pour qui étudie-t-il la Torah ? Pas pour les mitsvot [commandements] du Créateur, c’est-à-dire pour trouver grâce aux yeux du Créateur, mais pour les invités qui sont venus chez lui, pour trouver grâce aux yeux des hommes. Et comment peut-il ensuite demander une récompense du Créateur, béni soit-Il, pour cette Torah qu’il a étudiée à cause des invités ? Il s’ensuit que chez lui, le Créateur ne devient pas contraint ; plutôt, il peut contraindre les invités à le récompenser, c’est-à-dire à l’honorer parce qu’il étudie la Torah. Mais il ne peut en aucune manière contraindre le Créateur, béni soit-Il.
Et au moment où il se fait un examen de conscience, et dit : « Après tout, j’étudie la Torah », et qu’il rejette la cause, c’est-à-dire les invités, et dit qu’il travaille maintenant seulement pour le Nom du Créateur, alors aussitôt il doit dire que tout est dirigé d’en-haut. C’est-à-dire que le Créateur, béni soit-Il, a voulu le rendre méritant, qu’il s’occupe dans la Torah, et de lui donner une cause de vérité – qu’il n’est pas digne de recevoir la vérité. C’est pourquoi, le Créateur lui prépare une cause de mensonge – que par ce mensonge il s’occupe dans la Torah.
Il s’ensuit que le Créateur, béni soit-Il, est l’acteur et non l’homme. Et alors, au contraire, il doit donner louange au Créateur que même dans l’état de bassesse où il se trouve – là aussi le Créateur ne l’abandonne pas ; et Il lui donne la force, c’est-à-dire le carburant, pour qu’il veuille s’occuper des paroles de la Torah.
Il s’ensuit que s’il prête attention à cette action, alors c’est le Créateur, béni soit-Il, qui est l’acteur, dans le sens de « Lui seul fait et fera toutes les actions ». Cependant, l’homme n’apporte à la bonne action aucune action. Bien que l’homme fasse cette mitsva [commandement], toujours est-il qu’il ne le fait pas pour la mitsva, mais seulement pour une autre cause (de l’homme), et cette cause provient de la séparation, que Dieu nous en garde.
Et la vérité est que le Créateur est Celui qui cause et Il est la raison qui l’oblige. Cependant, le Créateur est revêtu chez lui d’un autre vêtement et non d’un vêtement de mitsva – mais plutôt, pour une autre crainte ou un autre amour. Il s’ensuit qu’au temps du lo lishma, il est plus facile d’attribuer l’action bonne, et de dire que le Créateur est Celui qui fait l’action bonne et non l’homme. Et cela est simple du fait que l’homme ne veut pas faire la chose pour la mitsva, mais pour une autre cause.
Tandis que dans le lishma, il sait en lui-même qu’il est celui qui travaille à cause de la mitsva, c’est-à-dire que c’est lui-même qui a été la cause – c’est-à-dire la cause de la mitsva – et non du fait que le Créateur lui a donné dans son cœur l’idée et le désir de faire la mitsva ; plutôt, lui-même a choisi cela.
Et la vérité, c’est que tout a été fait par le Créateur, mais il est impossible d’atteindre la Providence particulière avant d’atteindre la notion de récompense et de la punition.