20. En ce qui concerne lishma
J’ai entendu, 5705
En ce qui concerne lishma [en Son Nom]. Afin que l’homme mérite lishma, il lui faut un éveil d'en-haut, car il s’agit d’une illumination d'en-haut, et cela n’est pas compréhensible dans l’intellect humain ; toutefois celui qui goûte, celui-là sait. Et à ce propos il est dit : « Goûtez et voyez que le Créateur est bon. »
Et de ce fait, l’homme a besoin – au moment de la réception du joug du royaume des cieux – qu’il soit dans à la finalité de la perfection, c’est-à-dire entièrement pour donner, et ne rien recevoir du tout. Et si l’homme voit que ses membres ne consentent pas à cette opinion, il n’a pas d’autre conseil que la prière, de répandre sa parole devant le Créateur, afin qu’Il l’aide, que son corps consente à s’asservir lui-même au Créateur.
Et ne dis pas : si l’aspect du lishma est un don d'en-haut, alors à quoi servent ses efforts et son travail, et tous les remèdes et corrections qu’il fait afin d’atteindre le lishma, si cela dépend de la main du Créateur ? À cela nos Sages ont répondu et dit : « Tu n’es pas libre de t’en dispenser. » Mais il incombe à l’homme de donner l’éveil d'en-bas. Et cela est l’aspect de la prière.
Mais il est impossible qu’il y ait une prière véritable, s’il ne sait pas d’abord que sans la prière il est impossible de l’atteindre. C’est pourquoi, par les actes et les remèdes qu’il fait afin de mériter le lishma, il se tisse en lui des kelim [récipients] corrigés, qui désirent recevoir le lishma.
Et alors, après tous les actes et remèdes, il peut alors donner une prière véritable. Car il a vu que tous ses actes ne lui ont servi à rien. Et ce n’est qu’alors qu’il peut donner une prière véritable du fond du cœur. Et alors le Créateur entend la prière, et lui donne le don du lishma.
Et il faut aussi savoir que par l’acquisition du lishma, il met à mort le mauvais penchant. Car le mauvais penchant est appelé « celui qui reçoit pour son propre bénéfice ». Et par le fait qu’il mérite de donner, alors il annule le bénéfice propre. Et la question de la mort signifie qu’il n’utilise plus ses kelim de réception pour son propre bénéfice. Et puisqu’il a annulé sa fonction, il est considéré comme mort.
Et si l’homme fait le calcul avec son âme, de ce qu’il a dans son labeur, à peiner sous le soleil, alors il voit qu’il n’est pas si difficile d’assujettir soi-même pour le Nom du Créateur, pour deux raisons :
1. Que ce soit comme ci ou comme ça – que ce soit qu’il veuille ou qu’il ne veuille pas – il est obligé de s’efforcer dans ce monde,
2. Même au moment du travail, s’il travaille pour lishma, il reçoit du plaisir du travail lui-même.
Selon la parabole du Maguid de Doubna, qui a dit sur le verset : « Ce n’est pas Moi que tu as appelé, Yaakov [Jacob], car tu t’es fatigué pour Moi, Israël », dont le sens est que celui qui travaille pour le Créateur, il n’a aucune peine, mais au contraire, il a du plaisir et une élévation de l’esprit.
Cependant, celui qui ne travaille pas pour le Nom du Créateur, béni soit-Il, mais pour d’autres buts, ne peut venir se plaindre auprès du Créateur, pourquoi Il ne lui donne pas de vitalité dans le travail, puisqu’il travaille pour un autre but. Car c’est seulement envers celui pour qui il travaille qu’il peut venir avec une requête, qu’il lui donne vitalité et plaisir pendant son travail. Et à son sujet il est dit : « Comme eux seront ceux qui les font, tous ceux qui se confient en eux. »
Et il ne faut pas s’étonner de cela, pourquoi, au moment où l’homme accepte sur lui le joug du royaume des cieux – c’est-à-dire qu’il veut travailler dans l’intention de donner au Créateur, béni soit-Il – malgré tout, il ne ressent aucune vitalité – cette vitalité-là qui l’obligerait à accepter le joug du royaume des cieux – mais il doit l’accepter contre son gré, sans son accord, c’est-à-dire que le corps n’est pas d’accord avec ce travail. Pourquoi le Créateur ne lui donne-t-Il pas alors vitalité et plaisir ?
La raison en est que c’est là une grande correction. Car sans cela, si le désir de recevoir était d’accord avec ce travail, jamais il n’aurait la possibilité d’atteindre le « lishma » [en Son Nom]. Il travaillerait toujours pour son propre intérêt, c’est-à-dire pour satisfaire sa propre envie. Et cela ressemble à ce que disent les gens : le voleur lui-même crie : « Attrapez le voleur ! » Et alors il est impossible de reconnaître qui est le vrai voleur, pour l’attraper et retirer le vol de sa main.
Cependant, lorsque le voleur, c’est-à-dire le désir de recevoir, ne ressent aucun goût dans le travail de l’acceptation du joug du royaume des cieux, alors – puisque le corps s’habitue à travailler dans un travail qui est contre son désir – il a alors les moyens de parvenir à un travail dont le seul but sera de faire plaisir à son Créateur. Car toute son intention doit être seulement pour le Créateur, comme il est écrit : « Alors tu te délecteras en le Créateur. » C’est-à-dire qu’auparavant, lorsqu’il travaillait pour le Créateur, il n’avait aucun plaisir dans son travail – plutôt, son travail était dans la voie de la contrainte.
Tandis que lorsqu’il s’est déjà habitué à travailler dans l’intention de donner, alors il mérite de se délecter du Créateur, du travail lui-même il aura plaisir et vitalité. Et cela s’appelle qu’alors même le plaisir sera précisément pour le Créateur.