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190. Chaque action laisse une trace

J'ai entendu, Pessa'h 5709, pendant le repas

Il a demandé si cela agit sur nous, la délivrance de notre terre de la main des oppresseurs ; que nous avons mérité de devenir des hommes libres du joug des nations. Et que nous sommes devenus comme toutes les nations, où aucun n’est asservi à son prochain. Et si cette liberté a agi sur nous, que nous en avons quelque ressenti dans le travail du Créateur.

Et il a dit qu’il ne faut pas penser que cela n’a pas agi sur nous, qu’autrement dit dans le travail, aucun changement de cette liberté ne serait perceptible. Cela est impossible. Car le Créateur n’agit pas en vain, que Dieu nous en garde. Plutôt, tout ce en quoi Il a agi, cela s’imprime sur nous, que ce soit pour le bien ou pour le mal. C’est-à-dire que de chaque action qu’Il fait – que ce soit du côté positif ou du côté négatif, c’est-à-dire que ce soit la lumière ou l’obscurité – il en découle pour nous une force supplémentaire, ou alors nous venons à une élévation grâce à l’action. Ceci est le cas, car dans la spiritualité, l’on a pas toujours la permission et la force – que sous cette force on soit obligé de continuer. C’est pourquoi, aucun homme ne peut dire que la liberté que nous avons atteinte n’a fait en nous aucun changement. Plutôt, si nous ne ressentons pas de changement pour le bien, alors nous sommes obligés de dire qu’il y a ici un changement pour le mal, même si nous ne le ressentons pas.

Et à la sortie du jour de fête, après la Havdala, il a donné une explication à cela, à l’exemple du repas de Shabbat et de fête, que par les plaisirs matériels, selon la voie de la branche et de la racine, ils éveillent les plaisirs spirituels, qui sont un avant-goût du monde à venir. Et il est certain que pour goûter un goût du monde à venir, il faut une préparation supplémentaire durant les six jours de l’action. Et selon la mesure de sa préparation, telle sera la mesure de son ressenti.

Et sans aucune préparation correcte pour attirer le goût du Shabbat spirituel, c’est l’inverse. Que par les plaisirs matériels, il devient pire. Qu’après un repas matériel, on ne tend qu’au sommeil et rien de plus. Qu’après avoir mangé, on en vient à dormir. Il s’ensuit que son repas l’a fait descendre encore plus bas.

Plutôt, il faut un effort supplémentaire, que par les plaisirs matériels, on en vienne à la spiritualité. Car tel était le désir du Roi. Même s’ils sont en contradiction – que la spiritualité repose sous la ligne du don, et la matérialité sous la réception –, puisque tel était le désir du Roi, la spiritualité suit les plaisirs matériels, qui sont placés sous Ses mitsvot [commandements], qui sont le plaisir du Shabbat et du jour de fête.

De même, nous devons voir que même dans cette liberté à laquelle nous avons eu le mérite d’accéder, il nous faut orienter et faire beaucoup de préparation, afin de prolonger la liberté spirituelle, appelée liberté de l’Ange de la mort. C’est-j’à-dire que l’on mérite alors l’aspect de « toute la terre est pleine de Sa gloire », appelé mokhin de AV"I. Cela signifie que l’on ne voit aucun lieu et aucun temps où le Créateur, béni soit-Il, ne puisse se revêtir ; que l’on ne puisse dire, à ce moment ou en ce lieu, qu’Il ne peut s’y revêtir, que Dieu nous en garde. Plutôt, « toute la terre est pleine de Sa gloire ». Et avant cela, il y a une différence et une distinction « entre la lumière et l’obscurité, et entre Israël et les nations » : que dans l’endroit de la lumière réside le Créateur ; ce qui n’est pas le cas dans l’endroit de l’obscurité.

Et de même chez Israël, il y a un endroit où peut résider la lumière d’Israël, le Créateur. Ce qui n’est pas le cas chez les nations du monde, le Créateur, béni soit-Il, ne se revêt pas chez eux. Et « entre le septième jour et les six jours de l’action ». Ce qui n’est pas le cas lorsque l’on mérite les mokhin de AV"I – alors on mérite l’aspect de « toute la terre est pleine de Sa gloire », où il n’y a pas de distinction entre les temps ; mais en tout lieu et en tout temps réside Sa lumière.

Et c’est la notion de Pessa’h, où Israël a alors mérité l’aspect de liberté, c’est-à-dire les mokhin de AV"I, qui est l’aspect de « toute la terre est pleine de Sa gloire », et de ce fait, il n’y a pas de place pour le mauvais penchant, puisqu’il ne s’éloigne pas, par ses actions, du travail du Créateur. Plutôt, au contraire, on voit comment cela rapproche l’homme de Son service, béni soit-Il. Cependant, cet aspect-là n’était que du côté de l’éveil d’en-haut. C’est pourquoi ils ont dit que la sainte Shekhina [divinité] a dit : « Comme une goutte, comme une rose rouge, j’ai vu ». C’est-à-dire qu’Il a vu qu’il y a un endroit qu’il faut encore corriger ; qu’en cet endroit, Il ne peut, béni soit-Il, éclairer. C’est pourquoi ils devaient compter les sept semaines du compte du Omer, afin de corriger les endroits, pour qu’il soit vu que « toute la terre est pleine de Sa gloire ».

Et cela ressemble à un roi qui a une tour remplie de tout le bien, et il n’a pas d’invités. C’est pourquoi il a créé les hommes, afin qu’ils viennent recevoir tout Son bien. Or, nous ne voyons pas la tour remplie de tout le bien, mais au contraire – que tout le monde est rempli de souffrances. Et c’est la réponse, que « le vin du royaume est abondant ». Du côté du royaume, il n’y a aucun manque de vin, c’est-à-dire de plaisirs comparés au vin. Plutôt, le manque n’est que du côté des kelim [récipients], que nous n’avons pas les kelim de réception adaptés à la réception de l’abondance. Car c’est précisément dans les kelim de don que l’on peut recevoir. Et selon la mesure de la grandeur des kelim, telle est la mesure de la grandeur de l’abondance. Si c’est ainsi, tout le changement n’est que dans les kelim et non dans les lumières. Et c’est ce que nous fait entendre l’Écriture : « des récipients de toutes sortes, et le vin du royaume selon la main du roi ». C’est-à-dire comme cela était dans la pensée de la création, c’est-à-dire faire du bien à Ses créatures, selon Sa capacité, béni soit-Il.