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Avant tout, nous devons savoir que là où nous avons affaire à des notions spirituelles, qui sont abstraites du temps, du lieu et du mouvement, et à plus forte raison avec la divinité, il ne nous est pas donné d’avoir les mots pour les exprimer et les prononcer, car tout notre trésor de mots est pris des sensations des sens imaginaires, et comment est-il possible de s’en aider là où le sens et l’imagination ne dominent pas ? Car, par exemple, même si tu prends le mot le plus subtil, tel que « lumières », il est aussi imaginaire et emprunté à la lumière du soleil ou à une lumière ressentie de contentement, et ainsi de suite. Si c’est ainsi, comment serait-il possible de s’exprimer avec eux sur des sujets de divinité, qui assurément ne présenteront rien de vrai à celui qui étudie ? Et il va sans dire, là où il faut révéler par ces mots, par écrit dans un livre, des sujets de discussion dans la sagesse, comme il est d’usage dans la recherche de toute sagesse, où alors, si l’on trébuche, même sur un seul mot qui n’est pas réussi pour son but, aussitôt l’étudiant sera confus et ne trouvera ni ses mains ni ses pieds dans toute la notion. C’est pourquoi les sages de la Kabbale ont choisi pour eux un langage particulier, que l’on peut appeler « le langage des branches », car il n’existe aucune essence ou conduite d’aucune essence dans ce monde-ci qui ne soit prolongée de sa racine dans le monde supérieur. Et bien au contraire, le commencement de toute existence dans ce monde-ci commence dans le monde supérieur, et ensuite se prolonge dans ce monde-ci. C’est pourquoi les sages ont trouvé pour eux un langage prêt sans effort, par lequel ils peuvent transmettre leur atteinte de l’un à l’autre, oralement et par écrit, de génération en génération, car ils ont pris pour eux les noms des branches dans ce monde-ci, dont chaque nom s’explique de lui-même, comme s’il montrait du doigt sa racine supérieure, qui se trouve dans le système des mondes supérieurs.

Et par cela, ton esprit sera apaisé, quant au fait que tu trouveras souvent dans les livres de Kabbale des expressions étonnantes, et parfois aussi étrangères à l’esprit humain. Et cela, car après qu’ils ont déjà choisi pour eux ce langage pour s’exprimer par son intermédiaire, c’est-à-dire « le langage des branches » comme il a été dit, après cela, comment leur serait-il possible d’omettre en chemin une branche quelconque sans l’utiliser à cause de la bassesse de son degré – de ne pas exprimer par ses mains la notion intelligible désirée, tandis qu’il n’existe pas dans notre monde une autre branche que l’on puisse prendre à sa place ? Car de même que deux cheveux ne tirent pas leur substance d’un même trou, ainsi nous n’avons pas deux branches qui se rattachent à une même racine. Et de plus, il n’est pas possible de perdre la chose de la sagesse qui est obligée à cette expression de degré inférieur, et de plus, cette perte causerait un défaut et une grande confusion dans toute l’étendue de la sagesse, car il n’existe pas de sagesse dans toutes les sagesses du monde où les notions soient aussi imbriquées les unes dans les autres, selon la cause et l’effet, le générateur et le produit, comme la sagesse de la Kabbale, où les notions sont liées et attachées les unes aux autres de son début jusqu’à sa fin, vraiment comme une seule longue chaîne. C’est pourquoi il n’y a pas ici de liberté de désir pour échanger et remplacer entre ces appellations le mal par le bien. Plutôt, il est nécessaire d’apporter toujours précisément cette branche qui désigne du doigt sa racine supérieure, et aussi d’élargir l’explication à son sujet, jusqu’à produire la définition précise aux yeux des intelligents qui examinent.

Cependant, ceux dont les yeux ne se sont pas encore ouverts aux visions des cieux, et qui n’ont pas encore cette familiarité des relations des branches de ce monde à leurs racines dans les mondes supérieurs, ceux-là se trouvent ici comme des aveugles qui tâtonnent le mur, car ils ne comprendront même pas un seul mot dans son véritable sens. Car chaque mot est le nom d’une certain branche par rapport à sa racine, sauf s’ils reçoivent l’explication de la bouche d’un sage confirmé, qui s’applique à expliquer la notion dans la langue parlée, ce qui est nécessairement comme traduire d’une langue à une autre, c’est-à-dire de la langue des branches à la langue parlée. Car alors il pourra expliquer la notion spirituelle, telle qu’elle est.

Et c’est pour cela que je me suis appliqué dans cette explication, à expliquer les dix sefirot, comme nous l’a enseigné le sage divin, le Ari de mémoire bénie, selon leur pureté spirituelle, dépouillées de toute notion tangible, de façon que tout débutant puisse s’approcher de la sagesse sans trébucher dans aucune matérialisation ni erreur, car avec la compréhension de ces dix sefirot, la porte s’ouvrira aussi pour observer et savoir comment comprendre les autres notions dans cette sagesse.


Chapitre 1

Sache que, avant que les émanés soient émanés et que les créés soient créés, la lumière supérieure simple remplissait toute la réalité, etc. (Etz ‘Haïm, Porte 1, Branche 1). Ces paroles nécessitent explication, car avant que soient émanés les mondes, comment pouvait-il y avoir là un aspect de lieu de réalité, que la lumière simple emplissait entièrement ? Et aussi la notion de l’élévation du désir de se restreindre afin de faire sortir au jour la perfection de Ses actions, car il ressort des paroles du livre qu’il y avait déjà là quelque manque, que Dieu nous en garde. De même, la notion du point central en Son sein même, où eut lieu la chose de la restriction, ce qui est très étonnant, car il a déjà été dit qu’il n’y a là ni rosh [tête] ni sof [fin], et si c’est ainsi, comment y a-t-il un milieu ? Cependant, en effet, ces choses sont plus profondes que la mer, et de ce fait, je suis obligé de m’étendre dans leur explication.

Il n’est rien dans toute la réalité qui ne soit inclus dans Ein Sof [l’infini]. Les notions opposées pour nous sont incluses en Lui, béni soit-Il, dans le sens de Un, Unique et Uni.

1) Sache qu’il n’existe aucune essence d’existence dans le monde, que ce soit parmi les choses sensibles à nos sens, ou parmi les choses intelligibles à l’œil de notre intellect, qui ne soit incluse dans le Créateur, béni soit-Il. Car toutes nous viennent de Lui, béni soit-Il, et y a-t-il un donneur qui donnerait ce qu’il n’a pas en lui ? Et cette notion est déjà bien expliquée dans les livres. Cependant, il faut comprendre que ces concepts qui, chez nous, sont séparés ou opposés, par exemple, le concept de la sagesse est distingué du concept de la douceur, car la sagesse et la douceur sont deux concepts distincts l’un de l’autre. De même, le concept de l’acteur est certes distinct du concept de l’action, car l’acteur et son action sont nécessairement deux concepts distincts l’un de l’autre, et à plus forte raison les concepts opposés, comme la douceur et l’amertume, et semblables, qui sont certes considérés chacun séparément. Cependant, chez Lui, béni soit-Il, la sagesse et le délice, et la douceur et la saveur piquante, et l’action et l’acteur, et semblables parmi les formes différentes et opposées, tout cela est inclus comme un dans Sa lumière simple, sans aucune distinction ni différence entre eux, mais dans un seul concept, Un, Unique et Uni : Un, cela indique qu’Il est dans une égalité unique ; Unique, cela indique que ce qui émane de Lui, même toutes ces multiplicités, sont chez Lui, béni soit-Il, sous la forme d’Unique, comme Atsmouto [Son Essence], béni soit-Il ; et Uni, cela indique que même s’Il accomplit une multiplicité d’actions, c’est une seule force qui accomplit tout cela, et toutes reviennent et s’unissent sous la forme d’Unique, car cette forme unique englobe toutes les formes qui apparaissent dans Ses actions. Et c’est une notion très subtile, et tout esprit ne peut la supporter. Et ainsi nous a expliqué le Ramban, de mémoire bénie, sur la notion de Son Unité, béni soit-Il, dans le sens de Un, Unique et Uni, et voici ses mots, dans son commentaire sur le Sefer Yetsira, chapitre 1, mishna 7 : « Il y a une différence entre Un, Unique et Uni : le nom qui se distingue, lorsqu’il s’unit pour agir avec une seule force, est appelé Uni. Et lorsqu’il se divise pour accomplir son action, chaque partie de lui est appelée Unique. Et lorsqu’il est dans une seule égalité, il est appelé Un. » Fin de sa citation pure. Explication : « s’unit pour agir avec une seule force », cela signifie qu’Il agit pour faire le bien, comme il convient à Son Unité, et il n’y a pas de changement dans Ses actions. Et « lorsqu’Il se divise pour accomplir Son action », c’est-à-dire que Ses actions sont différentes les unes des autres, et il apparaît, que Dieu nous en garde, comme Celui qui fait le bien et Celui qui fait le mal, alors Il est appelé Unique, car toutes Ses actions différentes ont un seul résultat : faire le bien. Il s’avère qu’Il est Unique dans chaque action et ne change pas à travers Ses actions différentes. Et « lorsqu’Il est dans une seule égalité », Il est appelé Un, c’est-à-dire que Un indique Atsmouto, béni soit-Il, chez qui toutes sortes d’opposés sont dans une seule égalité, comme il a été dit plus haut. Et comme l’a dit le Rambam, de mémoire bénie, que chez Lui, le connaissant, le connu et la connaissance sont un. Car Ses pensées sont bien plus élevées que nos pensées, et Ses voies que nos voies.

Deux aspects dans le don, avant qu’il ne parvienne à la réception, et après qu’il est parvenu à la réception.

2) Sors et apprends de ceux qui mangeaient la manne, car la manne est appelée pain du ciel, du fait qu’elle ne s’est pas matérialisée dans son revêtement dans ce monde-ci. Et nos sages, de mémoire bénie, ont dit que chacun goûtait en elle tout ce qu’il voulait, et il s’ensuit qu’il y avait nécessairement en elle des formes opposées, c’est-à-dire que l’un y goûtait un goût sucré, et l’autre y goûtait un goût piquant et amer, de sorte que la manne elle-même était nécessairement composée des deux opposés ensemble, car as-tu jamais vu un donneur qui ne possède pas ce qu’il donne ? Et de ce fait, comment est-il possible qu’il y ait deux opposés dans un même sujet ? Plutôt, il faut dire qu’elle est simple et abstraite des deux goûts, et seulement elle les inclut, de sorte que le receveur matériel peut distinguer pour lui-même ce goût qu’il veut. Et de la même manière tu comprendras toute chose spirituelle, qui en elle-même est unique et simple [héb. : pashut, cf. “moufshat”, abstrait], mais inclut toutes les multiples formes du monde, et lorsqu’elle parvient à un receveur matériel et limité, alors le receveur y fait une forme distincte unique, parmi la multiplicité des formes qui sont incluses dans cette essence spirituelle. Et selon cela, il faut toujours distinguer dans Son don, béni soit-Il, deux aspects : le premier est la forme de l’essence de l’abondance supérieure, avant qu’elle ne parvienne à la réception, lorsqu’elle est encore une lumière simple et inclusive. Le second, c’est après que l’abondance est parvenue à la réception, car ainsi elle a acquis une forme distincte et partielle, selon la nature du receveur.

Comment est-il possible de comprendre que l’âme est une part de la divinité

3) Et par cela nous viendrons comprendre ce qu’ont dit les kabbalistes au sujet de l’essence de l’âme, et voici leurs paroles : l’âme est une part de la divinité d’en haut, véritablement, et il n’y a en elle aucun changement de l'ensemble par rapport au « tout », si ce n’est que l’âme est une part et non le « tout ». Et cela ressemble à une pierre taillée de la montagne, car l’essence de la montagne et l’essence de la pierre sont identiques, et il n’y a aucune différence entre la pierre et la montagne, si ce n’est que la pierre n’est qu’une part de la montagne, et la montagne est l’aspect du « tout ». Jusqu’ici l’essentiel de leurs paroles, de mémoire bénie. Et à première vue, ce sont des paroles extrêmement étonnantes, et il est encore plus difficile de comprendre comment il est possible de parler d’aspect de différence et de part dans la divinité, jusqu’à comparer cela à une pierre taillée de la montagne. Car pour une pierre, elle est taillée de la montagne par une hache et un marteau, mais dans la divinité, que Dieu nous en garde, comment et par quoi pourraient-ils être séparés l’un de l’autre ?

Le spirituel se distingue par la force de la disparité de forme, comme le corporel se distingue par la hache.

4) Et avant que nous venions à l’explication, nous expliquerons la notion de séparation qui a cours dans les spirituels : et sache que les entités spirituelles se séparent les unes des autres uniquement selon la disparité de forme seulement, c’est-à-dire, si une chose spirituelle acquiert en elle-même deux formes, elle n’est déjà plus une, mais deux. Et je t’expliquerai cela dans les âmes des fils d’Adam, qui sont elles aussi spirituelles : et il est connu la loi spirituelle, dont la forme est simple comme susmentionné, et il est certain qu’il y a une multitude d’âmes, selon le nombre des corps dans lesquels les âmes rayonnent, seulement elles se distinguent l’une de l’autre par la disparité de forme qui est en chacune. Et comme ont dit nos sages, de mémoire bénie : de même que leurs visages ne sont pas semblables l’un à l’autre, ainsi leurs opinions ne sont pas semblables l’une à l’autre. Et il y a dans la propriété du corps de distinguer dans les formes des âmes, jusqu’à discerner chaque âme selon elle-même, que celle-ci est une bonne âme, et celle-là une mauvaise âme, et ainsi de suite, dans les formes distinctes.

Et tu vois que, de même qu’une chose corporelle se divise, se coupe et se distingue par la hache, et par un mouvement d’éloignement de lieu entre une partie et une autre, ainsi une chose spirituelle se divise, se coupe et se distingue à cause de la disparité de forme d’une partie à l’autre, et selon la mesure du changement, ainsi sera mesurée la distance d’une partie à l’autre, et souviens-t’en bien.

Comment peut-il se concevoir une disparité de forme dans la créature, par rapport à Ein Sof

5) Cependant, cela n’a été posé pour nous que dans ce monde-ci, dans les âmes des fils d’Adam. Cependant, en ce qui concerne la chose de l’âme, à propos de laquelle ils ont dit qu’elle est une part divine d’en-haut, cela n’a pas encore été expliqué : comment est-elle séparée de la divinité, au point qu’il soit possible de l’appeler une part divine ? Et il n’est pas possible de dire que c’est par la disparité de forme, que Dieu nous en garde de dire cela, car nous avons déjà clarifié que la divinité est une lumière simple, qui inclut toutes sortes de multiplicité de formes, et l’inverse des formes dans le monde, dans Son unité simple, dans le sens de Un, Unique et Uni, comme susmentionné. Et si c’est ainsi, comment pouvons-nous concevoir l’aspect de disparité de forme dans l’âme, de sorte qu’elle soit différente de la divinité, et que de ce fait elle soit séparée, pour acquérir le nom de part de Lui, béni soit-Il ?

En vérité, cette question s’applique d’autant plus à la lumière de Ein Sof qui précède la restriction, car cette réalité devant nous, tous les mondes, supérieurs et inférieurs ensemble, sont considérés selon deux aspects : le premier aspect, c’est la forme de toute cette réalité, telle qu’elle est avant la restriction, où tout était alors sans limite et sans fin [héb : sof], et cet aspect est appelé la lumière de Ein Sof [lit. sans sof, sans fin], béni soit-Il. Le deuxième aspect, c’est la forme de toute cette réalité, qui est déjà venue depuis la restriction et en dessous, où tout est avec limite et mesure, et cet aspect est appelé les quatre mondes : Atsilout, Briya, Yetsira et Assiya. Et il est connu que dans Atsmouto, béni soit-Il, aucune pensée ne Le saisit, absolument, et il n’y a en Lui aucun nom ni aucune appellation, car tout ce que nous n’atteignons pas, comment pourrions-nous Le définir par un nom, car tout nom signifie atteinte, qui indique qu’il nous est atteint dans l’aspect de ce nom. Et de ce fait, il est certain que dans Atsmouto, béni soit-Il, il n’y a aucun nom ni aucune appellation, absolument, et tous les noms et appellations ne sont que dans Sa lumière, béni soit-Il, qui se propage de Lui, et la propagation de Sa lumière, béni soit-Il, avant la restriction, qui remplissait toute la réalité sans limite et sans fin [sof], est appelée du nom de Ein Sof, béni soit-Il. Et selon cela, il faut comprendre en quoi la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, est définie pour elle-même, et est sortie du cadre de Atsmouto, béni soit-Il, jusqu’à ce que nous puissions la définir par un nom, comme nous avons posé la question pour l’âme, comme susmentionné.

Explication sur ce qu’ont dit nos sages, de mémoire bénie : c’est pourquoi ont été préparés le travail et l’effort pour la récompense des âmes, car « celui qui mange ce qui n’est pas à lui a honte de regarder son visage »

6) Et pour comprendre ne serait-ce qu’un peu ce qu’est ce lieu élevé, il nous faut élargir les choses. Et examinons, à la racine de toute cette réalité qui est devant nous, et sa finalité générale : y a-t-il un acteur sans but ? Et si c’est ainsi, quelle est cette finalité, pour laquelle, du fait d’elle, Il a fait exister, béni soit-Il, toute cette réalité qui est devant nous, dans les mondes supérieurs et dans les mondes inférieurs ? Certes, nos sages, de mémoire bénie, nous ont déjà enseigné, en de nombreux endroits, que tous les mondes n’ont été créés que pour Israël qui accomplit la Torah et les mitsvot [commandements], etc., et cela est connu. Cependant, il faut comprendre ici, la question de nos sages, de mémoire bénie, qui ont questionné à ce sujet : si l’intention de la création des mondes est de faire jouir Ses créatures, alors, qu’avait-Il, béni soit-Il, à créer ce monde-ci matériel, trouble et rempli de souffrances ? Et sans cela, assurément, Il aurait pu faire jouir les âmes autant qu’Il le veut, pour ainsi dire, et pourquoi a-t-Il amené l’âme dans un corps trouble et souillé comme celui-ci ? Et ils ont répondu à cela : « Celui qui mange ce qui n’est pas à lui a honte de regarder en face », etc. C’est-à-dire que dans tout don gratuit se trouve un défaut de honte, et afin d’épargner aux âmes ce défaut, Il a créé ce monde-ci, où il existe ici une réalité de travail, et il en résulte qu’ils jouiront à l’avenir du fruit de leurs efforts, car ils reçoivent leur salaire en échange de leur effort, et ils sont ainsi préservés du défaut de la honte, de ce fait.

Quel rapport y a-t-il entre le travail de soixante-dix ans et un délice éternel, et il n’y a pas de don gratuit plus grand que celui-ci.

7) Et ces paroles de nos sages, de mémoire bénie, sont très difficiles de tous côtés. Au début, c’est difficile, car notre principal objectif et notre prière sont : « Fais-nous grâce du trésor du don gratuit », et ils ont dit, de mémoire bénie, que le trésor du don gratuit n’est prêt que pour les âmes les plus grandes du monde. Et il est encore plus difficile de comprendre leur principale réponse, car ils ont répondu que dans le don gratuit se trouve un grand manque, c’est-à-dire la honte du visage qui se trouve chez tout receveur d’un don gratuit, et pour compléter cela, Il a préparé, béni soit-Il, ce monde-ci, dans lequel il existe la réalité de l’effort et du travail, afin que dans le monde à venir ils reçoivent leur récompense en échange de leur peine et de l’effort de leurs mains. Et leur réponse est très étonnante. À quoi cela ressemble-t-il ? À un homme qui dit à son ami : « Travaille avec moi un tout petit instant, et en échange de cela je te donnerai tous les délices du monde et tous les objets précieux, pour tous les jours de ta vie. » Il n’y a pas de don gratuit plus grand que celui-ci, car la récompense n’a aucune équivalence avec le travail, puisque le travail est dans ce monde-ci, un monde passager, qui n’a aucune valeur face à la récompense et au délice du monde éternel. Quel rapport y a-t-il entre la quantité du monde passager face à la quantité du monde éternel ? Et il va sans dire pour la qualité de l’effort, qui n’a aucune valeur face à la qualité de la récompense, comme ont dit nos sages, de mémoire bénie : « À l’avenir, le Créateur fera hériter à chaque juste 310 mondes », etc. Et il n’est pas possible de dire que le Créateur donne une partie de la récompense en échange de leur peine, et le reste en don gratuit, car si c’était ainsi, qu’ont donc accompli les sages par leur correction, puisque le défaut de la honte du visage demeure dans le reste du don ? Plutôt, leurs paroles ne doivent pas être comprises selon leur sens simple, mais il y a ici une intention profonde.

En une seule pensée toute la réalité a été émanée et créée, et c’est elle qui agit, et elle est l’essence de l’action, et elle est la réalité de la récompense espérée, et elle est l’essence de l’effort.

8) Et avant que nous entrions dans l’explication des paroles de nos sages, de mémoire bénie, nous devons comprendre, au sujet de Sa pensée, béni soit-Il, dans la création des mondes et la réalité devant nous, que leur action ne sortit pas devant Lui par une multiplicité de pensées, comme c’est notre manière. Car Il est Un, Unique et Uni, comme susmentionné, et comme Il est simple, ainsi Ses lumières qui s’étendent de Lui sont simples et particulières, sans aucune multiplicité de formes, comme il est écrit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies, etc. » Et c’est pourquoi tu comprendras et tu sauras que tous les noms et les appellations, et tous les mondes supérieurs et inférieurs, tout est une seule lumière simple, unique et particulière, car auprès du Saint, béni soit-Il, la lumière qui s’étend, et la pensée, et l’acte, et l’acteur, et tout ce que le cœur peut penser et méditer, tout cela est pour Lui une seule et même chose véritablement.

Et selon cela tu jugeras et tu comprendras qu’en une seule pensée toute cette réalité a été émanée et créée, supérieurs et inférieurs ensemble, jusqu’à la fin de tout, à la fin de la correction. Et cette pensée unique, c’est elle qui agit tout, et elle est l’essence de toutes les actions, et elle reçoit la finalité, et elle est l’essence de l’effort, et elle-même est la réalité de toute la perfection et de la récompense espérée. Comme l’a expliqué le Ramban, de mémoire bénie, dans le sens de Un, Unique et Uni, comme susmentionné.

La notion du tsimtsoum explique comment, de l’Acteur parfait, est sortie une action imparfaite.

9) Et c’est ce que le Rav, de mémoire bénie, a longuement développé dans les premiers chapitres de ce livre, au sujet du tsimtsoum aleph [première restriction], car cette notion est la plus grave des graves, car il est nécessaire que même les corruptions et toutes sortes de manques, eux aussi s’étendent et viennent de Lui, béni soit-Il, comme il est écrit : « Formateur de la lumière et Créateur de l’obscurité », et voici que les corruptions et l’obscurité sont l’opposé de Sa vérité, béni soit-Il, et comment est-il possible que cela s’étende de Lui, et comment viennent-ils ensemble avec la lumière et le délice dans la pensée de la création ? Et il n’est pas possible de dire que ce sont deux pensées distinctes l’une de l’autre, que Dieu nous en garde de dire et de penser ainsi, comme susmentionné. Et si c’est ainsi, comment tout cela s’étend-il de Lui, béni soit-Il, jusqu’à ce monde-ci, rempli de maladie, de souffrances et d’une grande impureté, et comment tout cela se combine-t-il ensemble dans la pensée unique ?


Chapitre 2

Explication de la pensée de la création.

10) Maintenant, venons à l’explication, à la forme de la pensée de la création. Car c’est certain que la fin de l’action se trouve dans la pensée initiale, car même chez l’homme corporel, qui a une multiplicité de pensées, même chez lui la fin de l’action se trouve dans sa pensée initiale. Par exemple, lorsqu’il s’occupe de la construction de sa maison, nous comprenons que la première pensée qu’il a eue dans cette affaire, c’est qu’il a pensé à la forme d’une maison pour y habiter, et c’est pourquoi il lui faut de nombreuses pensées et de nombreuses actions, jusqu’à ce qu’il termine cette forme qu’il a pensée au début, et cette forme lui vient à la fin de toutes ses actions. Et tu vois,

Que la fin de l’action est d’abord dans la pensée. Or, la fin de l’action, qui est le pôle et le but pour lesquels tout cela a été créé, c’est afin de faire jouir Ses créatures, comme il est écrit dans le Zohar. Et il est connu que Sa pensée, béni soit-Il, s’achève et agit immédiatement, car Il n’est pas un homme, pour être obligé à des instruments d’action, mais la pensée seule accomplit toute l’action immédiatement et sans délai. Et selon cela, il est compris qu’aussitôt qu’Il a pensé, béni soit-Il, à la chose de la création, faire jouir Ses créatures, aussitôt cette lumière s’est prolongée et propagée de Lui, béni soit-Il, dans toute sa splendeur et sa stature, et toute la hauteur des délices auxquels Il a pensé, tout cela étant inclus dans cette pensée que nous appelons la pensée de la création. Et comprends cela bien, car là où ils ont dit de raccourcir, c’est ici. Et sache que cette pensée de la création, nous l’appelons la lumière de Ein Sof, béni soit-Il. Car en Atsmouto-même, béni soit-Il, nous n’avons aucun mot ni expression pour Le définir d’aucun nom que ce soit. Et souviens-t’en.

De la force du désir de donner qui est dans l’Emanateur, naît nécessairement le désir de recevoir dans l’être émané. Et c’est le kli dans lequel l’être émané reçoit son abondance.

11) Et c’est ce qu’a dit le Rav, de mémoire bénie, qu’au commencement la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, remplissait toute la réalité. L’explication : puisque le Créateur a pensé à faire jouir les créatures, et que la lumière s’est dévêtue de Lui et est sortie de devant Lui, pour ainsi dire, aussitôt a été imprimé dans cette lumière le désir de recevoir Son délice. Et juge aussi que ce désir est toute la mesure de la grandeur de la lumière qui se propage, c’est-à-dire que la mesure de Sa lumière et de Son abondance est selon la mesure selon laquelle Il veut faire jouir, ni moins ni plus. Et examine bien cela, et de ce fait. Nous appelons l’essence du désir de recevoir, imprimé dans cette lumière, à cause de Sa pensée, béni soit-Il, du nom de lieu. Par exemple, lorsque nous disons qu’un homme a un lieu pour recevoir un repas d’une livre de pain, et qu’un autre ne peut manger plus d’une demi-livre de pain, de quel lieu parlons-nous ? Non de la grandeur de leurs entrailles, mais seulement de la grandeur du désir et de l’aspiration à manger. Et tu vois que la mesure du lieu de réception du pain dépend de la mesure du désir et de l’aspiration de manger, et il va sans dire dans la spiritualité, que le désir de recevoir l’abondance est le lieu de l’abondance, et l’abondance se mesure à la mesure du désir.

Le désir de recevoir inclus dans la pensée de la création, Il l’a fait sortir de Atsmouto, béni soit-Il, à l’aspect du nom Ein Sof.

12) Et par cela, il nous est préparé de comprendre en quoi la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, est sortie de la catégorie de Atsmouto, béni soit-Il, dont nous n’avons aucune parole ni expression, pour être définie par le nom de lumière de Ein Sof, comme susmentionné. C’est à cause de cette distinction mentionnée ci-dessus, que dans cette lumière, est inclus le désir de recevoir de Atsmouto, béni soit-Il, qui est une forme nouvelle, qui n’est pas incluse, que Dieu nous en garde, du tout dans Atsmouto, béni soit-Il, car de qui recevrait-Il, que Dieu nous en garde. Et cette forme, c’est aussi toute la grandeur de cette lumière, comme susmentionné, et approfondis, car il n’est pas possible de s’étendre ici.

Avant le tsimtsoum, la disparité de forme du désir de recevoir n’était pas reconnue.

13) Cependant, de toute Sa capacité, cette forme nouvelle n’était pas reconnue comme un aspect de disparité de Sa lumière, béni soit-Il. C’est le sens de ce qui est écrit dans le Pirké de Rabbi Eliezer, qu’avant que le monde soit créé, Il était Un et Son nom Un. « Il » indique la lumière qui est dans Ein Sof, béni soit-Il, et « Son nom » indique le lieu, qui est le désir de recevoir de Atsmouto, béni soit-Il, inclus dans la lumière de Ein Sof, béni soit-Il. Et le Rav nous fait entendre qu’Il et Son nom sont Un, c’est-à-dire que Son nom, qui est Malkhout de Ein Sof, qui est le désir, c’est-à-dire le désir de recevoir, qui a été imprimé dans toute la réalité qui était incluse dans la pensée de la création, avant le tsimtsoum, il n’était reconnu en lui aucune disparité de forme ni différence de la lumière qui est en lui, et la lumière et le lieu sont vraiment Un. Car s’il y avait là quelque disparité ou défaut dans le lieu, par rapport à la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, alors il y aurait assurément là deux aspects, comme susmentionné, et approfondis.

Tsimtsoum, cela signifie que Malkhout de Ein Sof a diminué le désir de recevoir en elle, et alors la lumière a disparu, car il n’y a pas de lumière sans kli.

14) Et c’est cela la chose du tsimtsoum, que le désir de recevoir inclus dans la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, appelé Malkhout de Ein Sof, qui est la pensée de la création dans Ein Sof, comme susmentionné, qui inclut toute la réalité, s’est parée elle-même pour s’élever et pour rendre sa forme plus équivalente à Atsmouto, béni soit-Il. Et de ce fait, elle a diminué son désir de recevoir Son abondance, béni soit-Il, dans la behina dalet du désir, comme cela sera expliqué plus loin, avec l’intention que, par cela, les mondes soient émanés et créés jusqu’à ce monde-ci, de sorte que la forme du désir de recevoir soit ainsi corrigée, et qu’elle revienne à la forme du don, et par cela elle parviendra à l’équivalence de forme avec l’Emanateur. Et voici qu’après qu’elle a diminué dans le désir de recevoir, la lumière s’est retirée de là, car il est déjà connu que la lumière dépend du désir, et le désir est le lieu de la lumière. Car il n’y a pas de contrainte dans la spiritualité.


Chapitre 3

Explication de la source de l’âme

15) Et maintenant sera clarifiée la notion de l’extraction de l’âme, dont il est dit qu’elle est une parcelle divine d’en haut, etc., ce sur quoi nous avons questionné plus haut : comment et en quoi la forme de l’âme se différencie-t-elle de Sa lumière simple, au point d’être séparée en cela de tout, béni soit-Il ? Maintenant, c’est compris, car il s’est réellement fait en elle une grande disparité de forme. Car bien que Lui, béni soit-Il, inclue toutes les formes qu’il est possible de penser et de concevoir, cependant, selon ce qui a été dit plus haut, tu trouves une forme qui n’est pas incluse en Lui, béni soit-Il, et c’est la forme du désir de recevoir, car à Dieu ne plaise, de qui recevrait-Il ? Cependant, les âmes, dont toute la création est du fait qu’Il a voulu, béni soit-Il, leur donner du délice – et c’est cela la pensée de la création, comme susmentionné – de ce fait, il est nécessaire que soit imprimée dans les âmes cette loi, de vouloir et d’aspirer à recevoir Son abondance. Et par cela, elles se trouvent séparées de Lui, béni soit-Il, du fait que leur forme s’est différenciée de la Sienne, béni soit-Il. Il a déjà été expliqué que l’essence matérielle se divise et se sépare par la force du mouvement et l’éloignement du lieu, tandis que l’essence spirituelle se divise et se sépare par la disparité de forme. Et selon la mesure de la disparité de forme de l’un à l’autre, ainsi sera évaluée la distance entre l’un et l’autre. Et si la disparité de forme en vient à une opposition totale, d’un extrême à l’autre, alors se fait une coupure et une séparation complète, au point qu’ils ne peuvent plus s’abreuver l’un de l’autre, car ils sont considérés comme étrangers l’un à l’autre.


Chapitre 4

Après le tsimtsoum et le massakh [écran] qui ont été faits sur le désir de recevoir, il a été disqualifié pour être un kli de réception, et il est sorti du système de la Kedousha [sainteté], et à sa place, la lumière réfléchie sert de kli de réception, et le kli du désir de recevoir a été donné au système de Touma’a [impureté].

16) Après le tsimtsoum et le massakh qui ont été faits sur ce kli appelé désir de recevoir, il a été annulé et séparé, et il est sorti de tout le système de la Kedousha, et à sa place, la lumière réfléchie a été corrigée pour être un kli de réception (comme il est écrit dans la partie 3). Et sache que c’est toute la différence entre ABY"A de Kedousha et ABY"A de Touma’a, car les kelim de réception d’ABY"A de Kedousha sont de la lumière réfléchie, corrigée dans l’équivalence de forme avec Ein Sof. Et ABY"A de Touma’a servent avec le désir de recevoir qui a été restreint, qui est une forme opposée à Ein Sof. Et par cela, ils sont coupés et séparés de la Vie des vies qui est Ein Sof.

L’homme se nourrit des résidus des klipot [écorces], et de ce fait il utilise le désir de recevoir comme eux.

17) Et par cela tu comprendras la racine des corruptions, qui a été incluse immédiatement dans la pensée de la création, qui est afin de faire jouir Ses créatures. Après tout le déploiement des cinq mondes inclusifs, qui sont : Adam Kadmon, et ABY"A, et les klipot ont aussi été révélées dans les quatre mondes d’ABY"A de Touma’a, dans le sens de « l’un en face de l’autre, Dieu a fait », alors se trouve devant nous le corps épais, matériel, sur lequel il est dit : « car le penchant du cœur de l’homme est mauvais dès sa jeunesse », du fait que toute sa subsistance depuis sa jeunesse est des résidus des klipot, que tout le sujet des klipot et de Touma’a est la notion de la forme du « désir seulement de recevoir » qui est en eux, et il n’y a en eux du désir de donner absolument rien. Et par cela, ils se trouvent opposés à Lui, béni soit-Il, car Lui, béni soit-Il, n’a pas du tout de désir de recevoir, que Dieu nous en garde, et tout Son désir est seulement de faire jouir et de donner. Et de ce fait, les klipot sont appelées mortes, car dans l’opposition de leur forme à la Vie des vies, ils se trouvent coupés de Lui, et il n’y a en eux rien de Son abondance, béni soit-Il. Et de ce fait, aussi le corps qui se nourrit par les résidus des klipot, se trouve aussi coupé de la vie, et il est plein d’impureté. Et tout cela est à cause du « désir seulement de recevoir » et non de donner, qui est inscrit en lui. Car son désir est toujours ouvert, pour recevoir le monde et sa plénitude dans son ventre. Et de ce fait, les méchants, de leur vivant, sont appelés morts, car à cause de la disparité de forme jusqu’à l’extrémité de leur racine, qu’ils n’ont rien de l’aspect du don, ils sont coupés de Lui, béni soit-Il, et ils sont vraiment morts. Et bien qu’il semble que même les méchants ont de l’aspect du don, car ils donnent la charité et ainsi de suite, cependant il a déjà été dit à leur sujet dans le Zohar, que toute bonté qu’ils font, c’est pour eux-mêmes qu’ils la font, que leur intention principale est pour eux-mêmes et pour leur honneur, là-bas. Cependant, les justes qui s’occupent de la Torah et des mitsvot [commandements] dans le but de ne pas recevoir de récompense, mais de procurer du contentement à leur Formateur, ils purifient ainsi leur corps, et inversent leurs kelim de réception en kelim de don. Comme l’a dit notre saint Rav : « Il est révélé et connu, etc., et je n’ai même pas tiré profit d’un petit doigt » (Ketoubot 104). Et par cela, ils se trouvent véritablement en adhésion avec Lui, béni soit-Il, car leur forme est totalement équivalente à celle de leur Formateur, sans aucune disparité de forme du tout. Et c’est ce qu’ont interprété nos sages, de mémoire bénie, sur le verset : « Et pour dire à Sion : Tu es Mon peuple », et ils ont interprété dans le Kessa HaSofer, point 67 : « Vous êtes Mon peuple en association », car les justes sont associés avec le Créateur, béni soit-Il, car Lui, béni soit-Il, a commencé la création, et les justes l’achèvent, car ils inversent les kelim de réception en kelim de don.

Toute la réalité est incluse dans Ein Sof, béni soit-Il, et se prolonge comme une existence à partir de l'existence, et seul le désir de recevoir, uniquement, est innové, et se prolonge comme une existence à partir de l'absence.

18) Et sache que toute la notion de l’innovation, que le Créateur, béni soit-Il, a inventé dans cette création, comme ont dit nos sages de mémoire bénie, qu’Il l’a fait sortir comme une existence à partir de l'absence, cette innovation ne s’applique que sur la forme du désir de jouir, qui est imprimée en chaque créature. Car, au-delà de cela, rien d’autre n’a été innové dans le sens de la création. C’est le sens de « Il forme la lumière et crée l’obscurité », et le Ramban a expliqué que le mot « créer » indique une innovation, c’est-à-dire ce qui n’existait pas auparavant. Et tu vois qu’il n’est pas dit « et Il crée la lumière », et c’est parce qu’il n’y a pas là d’innovation, dans le mode de l’invention d’une existence à partir de l’absence, car la lumière et tout ce qui est inclus dans la lumière, qui est tout ce qui est ressenti et tout ce qui est intellectuellement agréable dans le monde, tout cela se prolonge comme une existence à partir de l'existence, c’est-à-dire qu’ils sont déjà inclus en Lui, béni soit-Il, et de ce fait il n’y a pas en eux d’aspect d’innovation. C’est pourquoi il est dit « Il forme la lumière », pour indiquer qu’il n’y a pas en elle d’aspect d’innovation et de création. Mais sur l’obscurité, qui inclut tout ce qui est ressenti et tout ce qui est intellectuellement désagréable, il est dit à leur sujet « et Il crée l’obscurité », car Il les a inventés comme une existence à partir de l’absence, véritablement. C’est-à-dire que cela n’est pas, que Dieu nous en garde, dans Son existence, béni soit-Il, en aucune façon, mais cela a été innové maintenant, dont la racine de tout cela est la forme du « désir de jouir », incluse dans Ses lumières qui se propagent de Lui, béni soit-Il. Qui, au début, n’est qu’obscurcie par rapport à la lumière supérieure, et de ce fait elle est appelée obscurité par rapport à la lumière. Mais à la fin, se prolongent et sortent à cause d’elle les klipot [écorces], la Sitra Akhra [autre côté], et les méchants, qui sont complètement coupés par elle de la racine de la vie. C’est le sens du verset « et ses pieds descendent vers la mort » ; l’explication est que « ses pieds » indique la fin de la chose, et il dit que les pieds de Malkhout, qui est l’aspect du désir de jouir, qui se trouve dans la propagation de Sa lumière, béni soit-Il, à la fin, se prolonge d’elle l’aspect de la mort vers la Sitra Akhra, et vers ceux qui se nourrissent et se prolongent après la Sitra Akhra.

Étant donné que nous sommes des branches qui se prolongent de Ein Sof, c’est pourquoi les choses qui se trouvent dans notre racine sont pour nous un délice, et celles qui ne sont pas dans notre racine seront pour nous une peine et des souffrances.

19) Cependant, il est possible de demander : puisque cette disparité de forme du désir de recevoir doit nécessairement se trouver dans les créatures, car autrement, comment pourraient-elles se prolonger de Lui, béni soit-Il, et passer de la catégorie de Créateur à celle de créature, ce qui n’est concevable que par la disparité de forme, comme mentionné plus haut. De plus, il en ressort que cette forme du désir de jouir est l’essence même de toute la création, sur laquelle la pensée de la création tourne, et elle est aussi la mesure de la quantité de bien et de délice, comme nous l’avons longuement expliqué plus haut, c’est pourquoi elle est appelée lieu. Et comment pouvons-nous dire d’elle qu’elle est appelée obscurité, et qu’elle s’étend jusqu’à l’aspect de la mort, car elle fait chez les receveurs inférieurs un aspect de coupure et de séparation de la Vie des vies, que Dieu nous en garde. De plus, il faut comprendre quelle est cette grande frayeur qui atteint les receveurs à cause de la disparité de forme d’avec Atsmouto, béni soit-Il, et pourquoi cette grande colère, cette grande fureur.

Et afin de t’expliquer de façon suffisamment claire cette notion subtile, il faut d’abord expliquer l’origine générale des délices et des souffrances qui sont ressentis dans notre monde. Et tu comprendras cela, il est connu que toute branche aura une nature semblable à sa racine, c’est pourquoi toutes les choses qui sont en usage dans la racine, la branche aussi les acceptera, les aimera et les chérira, et toutes les choses qui ne sont pas en usage dans la racine, la branche aussi s’en éloignera, ne les supportera pas et les haïra. Et cette loi s’applique à toute racine avec sa branche, et ne sera pas transgressée. Et du fait que Lui, béni soit-Il, est la racine de toutes Ses créatures qu’Il a créées, de ce fait, toutes les choses qui sont incluses en Lui, béni soit-Il, et qui nous parviennent par une prolongation directe de Lui, nous seront plaisantes et agréables, parce que notre nature est proche de notre racine. Et toutes les choses qui ne se trouvent pas en Lui, béni soit-Il, et qui ne nous parviennent pas par une prolongation directe de Lui, mais seulement selon le pôle propre de la création elle-même, celles-là seront contraires à notre nature, et il nous sera difficile de les supporter. C’est-à-dire, nous aimons le repos, et nous haïssons beaucoup la notion de mouvement, à tel point que nous ne faisons aucun mouvement, sauf pour atteindre le repos. Et cela, parce que notre racine n’est pas dotée de mouvement, mais de repos, car le mouvement ne s’y trouve pas du tout, et c’est pourquoi cela est aussi contraire à notre nature et nous est haïssable. De même, nous aimons la sagesse, la force, la richesse et toutes les bonnes qualités, c’est-à-dire parce qu’elles sont toutes incluses en Lui, béni soit-Il, qui est notre racine, et nous haïssons beaucoup leur contraire, comme la sottise, la faiblesse, la pauvreté, l’humiliation, et semblables, c’est-à-dire parce qu’elles ne se trouvent absolument pas dans notre racine, et c’est pourquoi elles nous sont répugnantes et haïssables à l’extrême.

Cependant, il faut examiner comment il est possible qu’il nous parvienne une quelconque prolongation qui ne soit pas directe de Lui, béni soit-Il, mais du pôle propre de la création elle-même.

Plutôt, à quoi cela ressemble-t-il ? À un riche qui appelle un homme du marché, le nourrit, lui donne à boire et lui accorde de l’argent et de l’or chaque jour, et chaque jour davantage que le précédent. Et tu discerneras que cet homme goûte dans les dons immenses du riche deux saveurs, différentes l’une de l’autre, en même temps. Car d’un côté, il goûte un grand délice sans fin à cause de la multitude de ses dons, et de l’autre côté, il lui est difficile de supporter l’abondance du bienfait, et il a honte lors de sa réception, car cela lui cause de l’insoutenabilité à cause de la multitude des dons que le riche multiplie pour lui à chaque fois. Et il est certain que le délice qu’il a des dons lui vient directement du riche qui donne. Cependant, la difficulté à supporter, qu’il goûte dans les dons, ne lui vient pas du riche qui donne, mais de l’essence même du receveur, en qui se réveille la honte à cause de la réception et du don gratuit. Et en vérité, cela aussi est causé par le riche, bien entendu, mais d’une manière non directe.

Puisque le désir de recevoir ne se trouve pas dans notre racine, nous en ressentons de la honte et de l’insoutenabilité. Et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, que pour corriger cela, Il nous a « préparé » dans ce monde-ci l’effort dans la Torah et les mitsvot afin d’inverser le désir de recevoir en désir de donner.

20) Il en ressort pour nous de tout ce qui a été dit, que toutes les formes qui nous parviennent par une prolongation non directe de Lui, béni soit-Il, comporteront une difficulté à être supportées. Et cela est contraire à notre nature. Et par cela tu comprendras que la forme nouvelle qui a été faite dans le receveur, c’est-à-dire « le désir de jouir », n’est en vérité aucune bassesse ni défaut par rapport à Lui, béni soit-Il, mais au contraire, c’est là le principal pivot de Sa création, car sans cela il n’y a pas du tout de création, comme susmentionné. Cependant, le receveur, qui porte cette forme, en ressent, à cause de lui-même, un aspect de difficulté à supporter, et cela parce que cette forme ne se trouve pas dans sa racine, et examine bien cela.

Et par cela nous avons réussi à comprendre la réponse de nos Sages, que ce monde-ci a été créé du fait que « celui qui mange ce qui n’est pas à lui, a honte de regarder son visage ». Ce qui, à première vue, est très étonnant, comme susmentionné. Et maintenant, leurs paroles nous sont très agréables, car leur intention porte sur la notion de disparité de forme du « désir de jouir », qui se trouve nécessairement dans les âmes, comme susmentionné, car « celui qui mange ce qui n’est pas à lui a honte de regarder son visage », c’est-à-dire que tout receveur d’un cadeau a honte au moment de la réception, et cela à cause de la disparité de forme avec la racine, dans laquelle il n’y a pas cette forme de réception. Et pour corriger cela, Il a créé ce monde-ci, dans lequel l’âme vient et se revêt dans le corps, et par l’occupation de la Torah et des mitsvot dans le but de faire contentement à son Formateur, les kelim de réception de l’âme s’inversent en kelim de don. C’est-à-dire que, de par elle-même, elle ne voulait pas de l’abondance précieuse, mais elle reçoit l’abondance afin de donner contentement à son Formateur, qui veut que les âmes jouissent de Son abondance, béni soit-Il. Et puisqu’elle est pure du désir de recevoir pour elle-même, elle n’a plus honte de regarder son visage, et par cela se révèle la finalité de la perfection de la créature. Et la question du besoin et de la nécessité de la longue enchaînement jusqu’à ce monde-ci sera expliquée plus loin, car la grande œuvre susmentionnée, qui est l’inversion de la forme de réception en forme de don, ne peut se concevoir que dans ce monde-ci, comme il sera encore écrit.

Les méchants, leur brisure est une double brisure. Et les justes hériteront du double.

21) Et viens et vois, que pour les méchants, leur brisure est une double brisure, car ils tiennent la corde par les deux bouts. Car ce monde-ci a été créé avec un manque et une vacuité de toute l’abondance du bien, et pour acquérir des possessions il faut du mouvement. Et il est connu que la multiplicité du mouvement fait souffrir l’homme, car elle est une prolongation non directe de Atsmouto, béni soit-Il. Cependant, rester vide de possessions et de bien, cela aussi est impossible, car cela aussi est contraire à la racine, puisque la racine est pleine de tout bien. Et de ce fait, ils choisissent de supporter la multiplicité du mouvement afin d’obtenir le remplissage des possessions. Cependant, puisque tout leur acquis et leur richesse ne sont que pour eux-mêmes, et que celui qui a cent veut deux cents, il en résulte que nul homme ne meurt avec la moitié de sa convoitise dans sa main.

Et ils se trouvent à souffrir des deux côtés, à la fois de la peine de la multiplicité du mouvement, et à la fois de la peine du manque des acquisitions, car il leur manque la moitié. Cependant, les justes hériteront d’un double dans leur terre, c’est-à-dire qu’après qu’ils inversent leur « désir de recevoir » en désir de donner, et que ce qu’ils reçoivent, c’est afin de donner, alors ils héritent d’un double, car non seulement ils atteignent la perfection du délice et le choix des acquisitions, mais ils atteignent aussi l’équivalence de forme avec leur Formateur, béni soit-Il, et par cela ils se trouvent dans l’adhésion véritable, et alors ils se trouvent aussi dans le sens du repos, où l’abondance leur parvient d’elle-même, sans aucun mouvement ni effort.


Chapitre 5

La pensée de la création oblige tous les détails de la réalité à sortir l’un de l’autre jusqu’à la fin de la correction.

22) Et maintenant que nous avons mérité tout ce qui précède, il nous sera compris, ne serait-ce qu’un peu, la puissance de l’unicité de Son unicité, béni soit-Il et béni soit Son Nom, car Ses pensées ne sont pas nos pensées, etc., et toute la multiplicité des notions et des formes que nous saisissons, dans toute cette réalité qui est devant nous, tout cela s’unit chez Lui, béni soit-Il, en une seule pensée, c’est-à-dire, la pensée de la création « afin de faire jouir Ses créatures », et cette pensée unique entoure toute la réalité dans une unité parfaite jusqu’à la fin de la correction, car elle est tout le but de la création, comme susmentionné. Et elle est l’action. C’est-à-dire, selon la force de l’acteur dans l’agi, car ce qui n’est chez Lui, béni soit-Il, qu’une pensée, devient chez les créatures une loi obligatoire de nécessité. Et puisque qu’Il a pensé à nous faire jouir, cette chose s’opère nécessairement en nous, d’être des receveurs de Son abondance bonne. Et cela est l’action. C’est-à-dire, après que cette loi du désir de recevoir des délices a été imprimée en nous, alors nous sommes définis pour nous-mêmes par le nom d’action, car à cause de cette disparité de forme, nous sortons du domaine du Créateur au domaine de créature, et du domaine d’acteur au domaine d’action, comme susmentionné. Et cela est l’effort et le travail, car à cause de la force de l’acteur dans l’agi, comme susmentionné, s’intensifie et croît la mesure du désir de recevoir qui est en nous, selon la chaîne des mondes, jusqu’à l’aspect d’un corps séparé dans ce monde-ci, c’est-à-dire dans l’inversion de forme par rapport à la Source de la vie, en ce qu’il n’est pas dans Sa nature de donner en dehors de Lui-même, absolument, et c’est cela qui amène la mort aux corps, et toutes sortes de souffrances et d’efforts à l’âme, comme il sera encore écrit. Et cela est la notion du travail du Créateur dans la Torah et les mitsvot. Car par l’illumination de la ligne dans le lieu restreint, se prolongent les Noms saints, la Torah et les mitsvot. Et par l’effort dans la Torah et les mitsvot dans le but de donner contentement à son Formateur, peu à peu, les kelim de réception qui sont en nous s’inversent en kelim de don. Et c’est là tout le salaire espéré pour nous. Car tant que les kelim de réception ne sont pas corrigés, il ne nous est pas possible d’ouvrir la bouche pour recevoir Son abondance, béni soit-Il, et cela à cause de la crainte de la disparité de forme, dans le sens de « celui qui mange ce qui n’est pas à lui a honte de regarder son visage ». Car c’est pour cela qu’il y eut le tsimtsoum aleph, comme susmentionné. Cependant, lorsque nous corrigeons nos kelim de réception, pour qu’ils soient dans le but de donner, nous égalisons ainsi les kelim à leur Formateur, et nous sommes dignes de recevoir Son abondance sans fin.

Et tu vois que toutes ces formes inversées dans toute cette création qui est devant nous, c’est-à-dire la forme d’acteur et d’agi, et la forme des corruptions et des corrections, et la forme du travail et de la récompense de ce travail, etc., tout cela est inclus seulement dans Sa pensée unique, béni soit-Il, susmentionnée, et dans la plus grande simplicité, c’est-à-dire « faire jouir Ses créatures » précisément, ni moins ni plus.

Et selon cette voie susmentionnée, sont inclus également dans cette pensée-là, toute la multiplicité des intelligibles, aussi bien les intelligibles de notre Torah sainte, que les sagesses extérieures, et toute la multiplicité des créatures et des mondes, et la diversité des conduites en chacune ; toutes celles-ci sortent et jaillissent seulement de la pensée unique, comme j’expliquerai plus loin dans notre exposé, à leur place.

Malkhout de Ein Sof [lit. sans sof, sans fin], cela signifie que la Malkhout n’y fait pas là un aspect de sof [fin].

23) Et selon ce qui précède, on comprendra ce qui est rapporté dans les Tikounei Zohar à propos de l’aspect de Malkhout de Ein Sof, béni soit-Il, à propos de quoi les seuils furent ébranlés par la voix de ceux qui s’étonnaient : comment est-il possible d’appeler là Malkhout dans Ein Sof, béni soit-Il ? Car si c’est ainsi, il y a aussi là les neuf premières sefirot, etc. Et selon nos paroles, il est bien expliqué que la notion du désir de recevoir, inclus dans la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, nécessairement, comme susmentionné, c’est cela qui est appelé Malkhout de Ein Sof, béni soit-Il. Mais là-bas, Malkhout n’a pas fait un aspect de sof [fin] et de limite sur la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, du fait que n’y était pas encore révélée la disparité de forme à cause du désir de recevoir ; c’est pourquoi cela s’appelle Ein Sof, béni soit-Il, c’est-à-dire que Malkhout n’y fait pas là un aspect de sof, etc., à la différence d’après le tsimtsoum et en dessous, où dans chaque sefira et partsouf est fait un aspect de sof par la force de la Malkhout.


Chapitre 6

Il est impossible que le désir de recevoir soit révélé dans une quelconque essence, si ce n’est dans les quatre behinot, et c’est le sens des quatre lettres du Nom HaVaYaH [יהוה‎].

24) Et nous allons élargir un peu cette notion, afin de bien comprendre la notion de la fin qui s’est faite dans la chose de la Malkhout.

Et nous allons d’abord expliquer ce que les kabbalistes nous ont défini, et ce qui est rapporté dans le Zohar et les Tikounim, qu’il n’existe aucune lumière, grande ou petite, que ce soit dans les mondes supérieurs ou dans les mondes inférieurs, qui ne soit ordonnée selon l’ordre du Nom à quatre lettres HaVaYaH.

Et cela correspond à la règle rapportée dans le Etz ‘Haïm, qu’il n’y a pas de lumière dans les mondes qui ne soit revêtue dans un kli. Autrement dit, j’ai déjà expliqué la différence entre Atsmouto, béni soit-Il, et la lumière qui se propage de Lui, béni soit-Il, qui est seulement du fait du désir de jouir, qui est inclus dans Sa lumière qui se propage, et qui est un aspect de disparité de forme par rapport à Atsmouto, dans lequel il n’y a pas, que Dieu nous en garde, ce désir. Et par cela, cette lumière qui se propage est définie comme un être émané, car à cause de cette disparité de forme, la lumière sort du statut d’Emanateur à l’aspect d’être émané. Et il est aussi expliqué que le désir de jouir inclus dans Sa lumière, béni soit-Il, est aussi la mesure de la grandeur de la lumière, et il est appelé lieu de la lumière, c’est-à-dire qu’il reçoit Son abondance, béni soit-Il, selon la mesure de son désir de recevoir et de son aspiration, ni plus ni moins, comme susmentionné.

Et il est aussi expliqué que cette notion du désir de recevoir est tout l’aspect de l’innovation, qui a été innové dans la création des mondes, à la manière de l’invention de l’existence à partir de l’absence véritablement. Car seule cette forme-là n’est pas incluse, que Dieu nous en garde, du tout dans Atsmouto, béni soit-Il, et seulement maintenant le Créateur, béni soit-Il, l’a inventée pour le besoin de la création. Et c’est le sens de « et Il crée l’obscurité », car cette forme est la racine de l’obscurité, à cause de la disparité de forme qui s’y trouve, et de ce fait elle est plus sombre que la lumière qui se propage en elle et à cause d’elle.

Et par cela tu comprendras que toute lumière qui se propage de Lui, béni soit-Il, est immédiatement distinguée en cela par deux aspects. La behina aleph, c’est l’essence de la lumière qui se propage, avant que ne soit révélée en elle la forme du désir de jouir. Et la behina bet, c’est après que la forme du désir de jouir a été révélée en elle, alors elle s’est épaissie et obscurcie un peu, à cause de l’acquisition de la disparité de forme, comme susmentionné. Et voici que la behina aleph est la lumière. Et la behina bet est le kli. Et de ce fait, dans toute lumière qui se propage, on distingue quatre behinot, dans la notion de l’affectation du kli. Car la forme du désir de recevoir, qui est appelée kli pour la lumière qui se propage, ne se complète pas d’un seul coup, mais selon un processus d’acteur et d’acté. Et il y a deux behinot dans l’acteur, et deux behinot dans l’acté, et ils sont appelés puissance et acte dans l’acteur, et puissance et acte dans l’acté, qui sont les quatre behinot.

Le désir de recevoir n’est fixé dans l’être émané que par son éveil à recevoir par sa propre force.

25) Et la notion est que, du fait que le kli est la racine de l’obscurité, comme susmentionné, qui est l’inverse de la lumière, de ce fait il est obligé d’être affecté peu à peu, selon le degré, selon la voie de cause et effet, ce qui est le sens de « les eaux conçurent et enfantèrent l’obscurité » (Midrash Rabba, Shemot, parasha 22), car l’obscurité est une conséquence de la lumière elle-même, et elle est affectée par elle comme la conception et la naissance, qui sont la puissance et l’acte. Et cela signifie qu’il est nécessaire que soit incluse immédiatement dans toute lumière qui se propage l’aspect du désir de recevoir, comme susmentionné, seulement qu’elle ne s’élève pas au nom de disparité de forme, tant que ce désir n’est pas fixé explicitement dans la lumière. Et pour cela, il ne suffit pas que l’aspect du désir de recevoir soit inclu dans la lumière du côté de l’Emanateur, mais l’être émané lui-même est obligé de révéler le désir de recevoir qui est en lui, en acte, de son propre côté. C’est-à-dire qu’il est obligé de prolonger l’abondance dans son désir, plus que la mesure de la lumière de la propagation qui est en lui du côté de l’Emanateur. Et après que l’être émané a été affecté de sa propre force par l’augmentation de la mesure de son désir, alors sont fixés en lui le désir et la volonté de recevoir, et alors la lumière peut se revêtir dans ce kli de façon permanente.

Et il est vrai que la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, se propage, pour ainsi dire, aussi sur les quatre behinot susmentionnées, jusqu’à la mesure de la grandeur du désir du côté de l’être émané lui-même, comme susmentionné, qui est la behina dalet. Car sinon, elle ne serait pas du tout sortie de l’aspect de Atsmouto, béni soit-Il, pour être fixée sous un nom à part, c’est-à-dire Ein Sof. Cependant, dans toute Sa capacité, béni soit-Il, la forme n’a pas du tout changé à cause du désir de recevoir, et il n’est distingué là-bas aucun changement, ni entre la lumière, ni entre le lieu de la lumière, qui est le désir de jouir, comme susmentionné, et ils sont véritablement un. Et c’est ce qui est écrit dans le Pirkei de Rabbi Eliezer, qu’avant que le monde soit créé, Il était Un et Son Nom Un, ce qui, en vérité, est difficile à comprendre la double expression « Lui et Son Nom », car avant que le monde soit créé, quel est le sens de Son Nom, et il aurait dû dire : avant que le monde soit créé, Il était Un. Mais l’intention concerne la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, qui est avant le tsimtsoum, car bien qu’il y ait là-bas un aspect de lieu, et un aspect de désir de recevoir l’abondance de Atsmouto, béni soit-Il, cependant sans aucun changement ni distinction entre la lumière et le lieu. Et Il est Un, c’est-à-dire la lumière de Ein Sof, béni soit-Il. Et Son Nom est Un, c’est-à-dire le désir de jouir inclus là-bas sans aucun changement, que Dieu nous en garde, aucunement. Et comprends ce qu’ont insinué nos sages, de mémoire bénie : « Son Nom » a la même valeur numérique que « désir », c’est-à-dire « le désir de jouir ».

La totalité de tous les mondes dans la pensée de la création est appelée la lumière de Ein Sof. Et le collectif des receveurs qui s’y trouve est appelé Malkhout de Ein Sof.

26) Et il a déjà été expliqué dans la notion de « la fin de l’action est dans la pensée initiale », que c’est la pensée de la création qui s’est propagée depuis Atsmouto, béni soit-Il, afin de faire jouir Ses créatures. Et il a été expliqué que chez Lui, béni soit-Il, la pensée et la lumière sont une seule chose. Et par cela, il est compris que la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, qui s’est propagée depuis Atsmouto, inclut toute la réalité devant nous jusqu’à la fin de la correction à venir, qui est la fin de l’action, alors que chez Lui, béni soit-Il, toutes les créatures sont déjà achevées dans toute leur perfection et leur jouissance, qu’Il a voulu leur donner. Et voici que cette réalité parfaite dans tous ses besoins est appelée la lumière de Ein Sof, béni soit-Il. Et leur totalité est appelée Malkhout de Ein Sof.


Chapitre 7

Bien que le tsimtsoum n’ait eu lieu que sur la behina dalet, la lumière s’est retirée aussi des trois premières behinot.

27) Et il a déjà été expliqué que le point central, qui est le point englobant de la pensée de la création, et qui est le désir de jouir qui s’y trouve, s’est paré lui-même pour égaliser sa forme à celle de l’Emanateur avec plus de force. Et bien que du côté de l’Emanateur il n’y ait en Lui aucun changement de forme, dans toute Sa capacité, cependant, le point du désir a ressenti en cela comme une sorte de prolongation non directe de Atsmouto, béni soit-Il, à l’exemple mentionné plus haut du riche, voir là-bas. Et de ce fait, il a diminué son désir de la dernière behina, qui est l’aboutissement de la gradneur du désir de jouir, afin d’ajouter en adhésion dans l’aspect de prolongation directe de Atsmouto, béni soit-Il, comme il a été écrit plus haut. Et alors, la lumière s’est vidée de tout l’aspect du lieu, c’est-à-dire de tous les quatre degrés qui existent dans le lieu. Et bien qu’il n’ait diminué son désir que de la behina dalet, cependant, par la nature du spirituel, il n’est pas divisé en parties.

Ensuite, il a de nouveau prolongé un rayon de lumière des trois premières behinot, et la behina dalet est restée un espace libre.

28) Et après cela, la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, a de nouveau été prolongée vers le lieu qui s’était vidé, mais elle n’a pas rempli le lieu dans ses quatre behinot, mais seulement dans trois behinot, selon le désir du point du tsimtsoum. Il s’ensuit que le point central qui a été restreint est resté creux et vide, car la lumière n’a brillé que jusqu’à la behina dalet, mais pas inclusivement, et là s’est interrompue la lumière de Ein Sof. Et il sera expliqué plus loin la notion de l’inclusion de chaque behina dans l’autre, qui a cours dans les mondes supérieurs. Et par cela, tu comprendras que les quatre behinot s’incluent l’une dans l’autre, de sorte que, même dans la behina dalet elle-même, il y a aussi toutes les quatre behinot. Il s’ensuit que, même dans la behina dalet, la lumière de Ein Sof, béni soit-Il, est parvenue aux trois premières behinot qui s’y trouvent ; seule la dernière behina dans la behina dalet elle-même est restée, elle seule, vide sans lumière, et souviens-t’en.


Chapitre 8

‘Hokhma est appelée lumière et ‘Hassadim eau. Bina est appelée eaux supérieures, et Malkhout eaux inférieures.

29) Et maintenant, nous allons expliquer l’essence des quatre behinot de cause et d’effet, qui sont nécessaires à l’impression de la forme complète du désir de recevoir. Comme il a été dit plus haut, dans le sens de « les eaux ont conçu et enfanté l’obscurité ». Car voici que dans l’émanation, il y a deux aspects de lumière. Le premier aspect est appelé lumière, qui est ‘Hokhma. Et le deuxième aspect est appelé eau, qui est ‘Hassadim. Car le premier aspect se prolonge du haut vers le bas sans aide du côté de l’inférieur, et le deuxième aspect se prolonge avec l’aide du côté de l’inférieur. De ce fait, il est appelé eau, car telle est la nature de la lumière, dont la racine est en haut, et telle est la nature de l’eau, dont la racine est en bas, et comprends cela. Et même dans l’eau elle-même, il y a deux aspects, c’est-à-dire les eaux supérieures, qui sont par la behina bet des quatre behinot. Et il y a les eaux inférieures, qui sont par la behina dalet des quatre behinot.

Explication de la propagation de la lumière de Ein Sof dans les quatre behinot afin de révéler le kli, qui est le désir de recevoir.

30) Et de ce fait, il y a dans chaque propagation de la lumière de Ein Sof, dix sefirot. Car Ein Sof, qui est la racine et l’Emanateur, est appelé Keter, et la lumière de la propagation elle-même est appelée ‘Hokhma. C’est toute la mesure de la propagation de la lumière d’en haut, de Ein Sof, béni soit-Il. Et il est déjà connu que dans chaque propagation de lumière d’en haut, le désir de recevoir est inclus, comme susmentionné. Cependant, la forme du désir de recevoir n’est pas révélée en acte, tant que l’être émané ne s’éveille pas à vouloir et à prolonger une lumière supérieure à la mesure de sa propagation. Et donc, puisque le désir de recevoir est inclus à l’état de puissance immédiatement dans la lumière de la propagation, de ce fait, la lumière est obligée de révéler la puissance en acte. Et de ce fait, la lumière s’éveille à prolonger un supplément d’abondance, plus que la mesure qui est dans sa propagation du côté de Ein Sof, et par cela, le désir de recevoir se révèle en acte dans cette lumière, et acquiert la forme de l’innovation par une disparité de forme, même légère, comme susmentionné. Car il devient ainsi assombri par rapport à la lumière, car il s’est épaissi à cause de l’innovation de la forme mentionnée ci-dessus, et cette partie qui s’est épaissie est appelée Bina. Et c’est le sens de « Moi, Bina, à moi la force », car en vérité, Bina est une partie de ‘Hokhma, c’est-à-dire l’essence de la lumière de la propagation de Ein Sof, comme susmentionné. Cependant, du fait qu’elle s’est renforcée dans le désir, et a prolongé une abondance supérieure à la mesure de la propagation qui est en elle, de Ein Sof, à cause de cela, elle a acquis une disparité de forme, et s’est un peu épaissie par rapport à la lumière, et est sortie sous un nom propre, qui est la sefira de Bina. Et voici la nature du supplément d’abondance qu’elle a prolongé de Ein Sof, par la puissance du renforcement de son désir, cela est appelé lumière de ‘Hassadim, ou eaux supérieures, comme susmentionné. Parce que cette lumière ne s’est pas prolongée directement de Ein Sof, béni soit-Il, comme la lumière de ‘Hokhma, mais par l’aide de l’être émané, qui s’est renforcé dans le désir, comme susmentionné, et de ce fait, elle monte sous un nom propre, pour être appelée lumière de ‘Hassadim, ou eaux. Et tu trouves maintenant dans la sefira de Bina, qu’elle est composée de trois aspects de lumières : le premier aspect est la lumière de l’essence de Bina, qui est une partie de la lumière de ‘Hokhma, comme susmentionné ; et le deuxième aspect, c’est l’aspect de l’épaississement et de la disparité de forme qui est en elle, qu’elle a acquis par le renforcement du désir, comme susmentionné ; et le troisième aspect, c’est la lumière de ‘Hassadim qui lui est parvenue, par sa propre prolongation de Ein Sof, béni soit-Il.

Cependant, le kli de réception n’est pas encore achevé dans sa perfection par cela, car Bina est de l’essence de la lumière de ‘Hokhma, qui est très élevée, c’est la propagation directe de la lumière de Ein Sof, béni soit-Il. De ce fait, il n’est révélé dans Bina que l’aspect de racine du kli de réception, et l’aspect d’acte pour l’action du kli. Car ensuite, cette lumière de ‘Hassadim, qu’elle a prolongée par la puissance de son renforcement, s’est de nouveau propagée à partir d’elle, et une petite illumination de la lumière de ‘Hokhma s’est ajoutée. Et cette propagation de la lumière de ‘Hassadim est appelée Zeïr Anpin, ou ‘HaGaT, comme il sera expliqué en son lieu. Et voici que cette lumière de la propagation aussi s’est renforcée dans son désir, pour prolonger une nouvelle abondance, supérieure à la mesure de l’illumination de ‘Hokhma qui est dans sa propagation à partir de Bina. De ce fait, cette propagation est aussi considérée comme deux aspects : car la lumière de la propagation elle-même est appelée Zeïr Anpin ou VA"K, et l’aspect du renforcement qui est en elle est appelé Malkhout. Et c’est le sens des dix sefirot : Keter, qui est Ein Sof ; ‘Hokhma, qui est la lumière de la propagation de Ein Sof.

Bina, c’est la notion de la lumière de ‘Hokhma qui s’est renforcée pour ajouter de l’abondance, et par cela elle s’est épaissie, comme susmentionné. Zeïr Anpin, qui inclut ‘Hessed, Guevoura, Tifferet, Netsakh, ‘Hod et Yessod, c’est la notion de la lumière de ‘Hassadim avec l’illumination de ‘Hokhma qui se propage depuis Bina. Et Malkhout, c’est la notion du second renforcement pour un supplément d’illumination de ‘Hokhma, plus que ce qu’il y a dans Zeïr Anpin.

Les quatre behinot dans le désir sont le sens des quatre lettres du Nom HaVaYaH, qui sont KaHa"B Tou”M [Keter, 'Hokhma, Bina, Tifferet, Malkhout].

31) Et c’est le sens des quatre lettres du Nom de quatre, car le trait du Youd est le sens de Ein Sof, c’est-à-dire la puissance de l’acteur incluse dans la pensée de la création : « afin de faire jouir Ses créatures », qui est le kli du Keter. Et le Youd est le sens de 'Hokhma, c’est-à-dire la behina aleph, qui est l’aspect de la puissance dans l’acte, incluse immédiatement dans la lumière de la propagation de Ein Sof. Et le premier Hey est le sens de Bina, c’est-à-dire la behina bet, qui est l’aspect de la sortie de la puissance vers l’aspect de l’acte, c’est-à-dire la lumière qui s’est épaissie à partir de la 'Hokhma, comme susmentionné.

Et le Vav est le sens de Zeïr Anpin, ou 'Hessed, Guevoura, Tifferet, Netsakh, 'Hod, Yessod, c’est-à-dire la propagation de la lumière de 'Hassadim qui est sortie par la Bina, comme susmentionné, qui est la behina guimel, l’aspect de la puissance pour la révélation en acte, comme susmentionné. Le second Hey du HaVaYaH est le sens de Malkhout, c’est-à-dire la behina dalet, l’aspect de la révélation en acte dans la perfection du kli de réception, qui s’est renforcé pour prolonger une abondance supplémentaire au-delà de la mesure de sa propagation à partir de Bina, et par cela la forme du désir de recevoir est fixée à sa place, et la lumière se revêt dans son kli, qui est le désir de recevoir, qui n’est achevé que dans cette quatrième behina, et pas avant elle. Par cela, tu comprendras simplement qu’il n’y a pas de lumière dans les mondes supérieurs et inférieurs qui ne soit ordonnée sous l’ordre du Nom de quatre, qui est le sens des quatre behinot susmentionnées, car sans cela, le désir de recevoir, qui doit être dans toute lumière, n’est pas fixé. Car ce désir est le lieu et la mesure de cette lumière, comme susmentionné.

Les lettres Youd et Vav du HaVaYaH sont fines, car elles sont seulement des aspects de puissance.

32) Et il ne faut pas objecter à cela que le Youd fait allusion à ‘Hokhma et le Hey à Bina, et que toute l’essence de la lumière, qui se trouve dans les dix sefirot, se trouve en fait dans la sefira de ‘Hokhma, et que Bina, Zeïr Anpin et Malkhout ne sont que des vêtements par rapport à ‘Hokhma. Si c’est ainsi, ‘Hokhma aurait dû prendre la lettre la plus grande dans le Nom de quatre lettres. Et la notion est que les lettres du Nom de quatre lettres n’indiquent pas et ne font pas allusion à la mesure et à la quantité de la lumière dans les dix sefirot, mais elles indiquent les valeurs de l’impression du kli. Car le blanc du parchemin du Livre de la Torah fait allusion à l’aspect de la lumière, et le noir, qui est les lettres du Livre de la Torah, fait allusion à l’aspect de la qualité des kelim. Et de ce fait, Keter, puisqu’il n’est qu’un aspect de racine de la racine du kli, est donc seulement évoqué par la pointe du Youd. Et ‘Hokhma, qui est l’aspect de puissance qui n’est pas encore révélée en acte, est donc évoquée par la lettre la plus petite des lettres, c’est-à-dire le Youd. Et Bina, dans laquelle la puissance sort et se révèle en acte, est évoquée par la lettre large, qui est le Hey. Et Zeïr Anpin, puisqu’il n’est qu’un aspect de puissance pour la révélation en acte, comme il a été dit plus haut, est donc évoqué par une lettre longue et fine, qui est le Vav. La finesse indique que l’existence du kli est encore cachée en puissance, dans la dissimulation. Et la longueur du trait indique qu’à la fin de sa propagation, il révèle par elle un kli complet et parfait. Car ‘Hokhma, dans sa propagation, n’a pas suffi à révéler un kli complet, car Bina n’est pas encore un véritable kli, mais seulement un aspect d’acte du kli, comme il a été dit plus haut. C’est pourquoi la jambe du Youd est courte, pour indiquer qu’elle est encore courte ; qu’elle n’a pas révélé par la force cachée en elle, et par sa propagation, un aspect de kli complet. Et aussi Malkhout est évoquée par la lettre Hey, comme la sefira de Bina, qui est une lettre large, qui se révèle dans la perfection de la forme. Et il ne faut pas t’étonner de cela, du fait que Bina et Malkhout ont des lettres identiques, c’est parce que dans le monde de la correction, elles sont en vérité semblables l’une à l’autre, et elles empruntent leurs kelim l’une à l’autre, selon le verset « et elles allèrent toutes deux », comme il est écrit en son lieu.


Chapitre 9

Le mouvement spirituel signifie le renouvellement d’un changement de forme.

33) Il reste encore à expliquer la question du temps et du mouvement, que nous rencontrons presque à chaque mot dans cette sagesse. Sache cependant que le mouvement spirituel n’est pas comme le mouvement sensible d’un lieu à un autre, mais il s’agit de l’innovation de la forme, car toute innovation de forme, nous l’appelons mouvement. Car cette innovation, c’est-à-dire le changement de forme qui s’est renouvelé dans le spirituel, différent de la forme générale qui le précédait dans ce spirituel, il est considéré qu’il s’est divisé et éloigné de ce spirituel, et qu’il est sorti sous un nom et une autorité propres. Par cela, il ressemble tout à fait à une essence matérielle dont une partie s’est séparée, et se meut et va d’un lieu à un autre. C’est pourquoi le l’innovation de forme est appelé mouvement.

Le temps spirituel signifie un certain nombre d’innovations et de changements de formes, qui s’enchaînent l’un à l’autre. « Avant » et « après » signifient cause et effet.

34) Et la question du temps dans sa définition spirituelle, comprends-la ainsi :

Car toute la notion du temps chez nous n’est rien d’autre que la sensation des mouvements. Car l’intellect imaginatif de l’homme conçoit et compose un certain nombre de mouvements, qu’il a ressentis l’un après l’autre, et les transpose dans l’imagination en un certain « temps ». De sorte que si l’homme et son environnement étaient dans un état de repos absolu, il ne connaîtrait alors rien de la notion de temps. Et il en est de même pour les spirituels, qu’un certain nombre d’innovations de formes, considérés comme des mouvements spirituels comme il a été dit plus haut, qui s’enchevêtrent les uns aux autres en mode de cause et effet, on les appelle « temps » dans la spiritualité. Et la notion de « avant et après » signifie toujours comme cause et effet.


Chapitre 10

Toute la matière attribuée à l’être émané est le désir de recevoir, et ce qu’il y a en lui de plus que cela est attribué à l’Emanateur.

35) Et sache que l’aspect du désir de recevoir dans l’être émané, qui a été bien expliqué, qu’il est le kli en lui, sache que c’est aussi toute la matière générale attribuée à l’être émané. De sorte que toute l’existence en dehors de cela est attribuée à l’Emanateur.

Le désir de recevoir est la première forme de toute essence, et la première forme, nous la définissons comme matière, car nous n’avons aucune atteinte de l’essence.

36) Bien que l’aspect du « désir de recevoir » semble apparemment être un accident et une forme dans l’essence, comment le saisit-on comme la matière de l’essence ? Cependant, il en est ainsi aussi dans les essences proches de nous, car nous avons l’habitude d’appeler la première forme dans l’essence du nom de la première matière dans l’essence, du fait que nous n’avons aucune atteinte ni saisie, absolument aucune, d’aucune matière, car nos cinq sens ne sont pas faits pour cela, puisque la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher ne présentent à l’intellect spéculatif que des formes seulement, des accidents de l’essence, qui se dessinent par la coopération avec nos sens. Par exemple, si nous prenons même les petits atomes microscopiques qui sont dans les premiers éléments d’une quelconque essence, séparés par le travail du chimiste, eux aussi ne sont que des formes seulement qui se dessinent ainsi aux yeux, ou plus précisément, ils sont reconnus et discernés par nous selon les voies du « désir de recevoir et d’être reçu » que nous trouvons en eux, selon la loi de ces actions, il est possible de les discerner et d’isoler ces atomes selon leurs espèces, jusqu’à l’aspect de la première matière de cette essence, et même alors, ils ne sont que des forces dans l’essence, et non une matière. Et tu trouves que même dans la corporalité, nous n’avons pas d’autre issue pour comprendre la première matière, sinon en supposant que la première forme est la première matière qui porte tous les autres accidents et formes qui viennent après elle, et il va sans dire dans les mondes supérieurs, où tout ce qui est sensible et imaginaire n’a pas cours là-bas.