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Préface à l’Étude des dix Sefirot

1) Au commencement des paroles, j’ai trouvé pour moi un grand besoin de briser le mur de fer qui se trouve et nous sépare de la sagesse de la Kabbale, depuis la destruction du Temple et jusqu’à notre génération ; qui a pesé sur nous d’une manière très grave, et suscite la crainte qu’elle ne soit oubliée, que Dieu nous en garde, d’Israël. Et voici que lorsque je commence à parler au cœur de quelqu’un au sujet de l’occupation dans cette étude, voici :

Sa première question : pourquoi ai-je besoin de savoir combien d’anges il y a dans les cieux et comment ils sont appelés par leurs noms ; ne puis-je pas accomplir toute la Torah dans tous ses détails et ses précisions, sans ces connaissances ?

Deuxièmement, il demandera : les sages n’ont-ils pas déjà établi qu’il faut d’abord remplir son ventre du Sha"S [les six ordres de la Mishna] et des Poskim [décisionnaires] ? Et qui peut se tromper lui-même en pensant qu’il a déjà terminé toute la Torah révélée, et qu’il ne lui manque que la Torah dissimulée ?

Troisièmement, il a peur de se rater, que Dieu nous en garde, à cause de cette occupation. Car il y a déjà eu des cas où l’on s’est écarté du chemin de la Torah à cause de l’occupation dans la Kabbale. Et si c’est ainsi, pourquoi aurais-je besoin de ce malheur ? Et qui est le naïf qui s’introduirait lui-même dans un danger pour rien ?

Quatrièmement : même ceux qui aiment cette étude ne la permettent qu’aux saints, serviteurs du Créateur, et « ce n’est pas tout celui qui veut prendre le nom qui viendra et prendra ».

Cinquièmement, et c’est le principal : car il est établi pour nous dans tout doute, « va et vois ce que fait le peuple », et nos yeux voient que les fils de la Torah de ma génération, tous sont avec moi d’un même avis, et retirent leurs mains de l’étude du secret, et conseillent aussi à ceux qui les interrogent, que sans aucun doute, il vaut mieux étudier une page de Guemara à la place de cette occupation.

2) Cependant, si nous prêtons attention à répondre seulement à une question très célèbre, je suis certain que toutes ces questions et ces doutes disparaîtront de l’horizon, et tu regarderas à leur place, et ils ne seront plus. Et c’est la question dérisoire, posée par tout le monde, qui est : quel est le sens de notre vie ?

Autrement dit, le nombre de nos années de vie, qui nous coûte si cher ; c’est-à-dire la plupart des souffrances et des douleurs que nous supportons pour les mener jusqu’à leur terme – voici, qui en jouit ? Ou plus précisément : à qui est-ce que j’apporte du plaisir ?

Et il est vrai que les chercheurs des générations se sont déjà lassés de réfléchir à cela. Et il n’y a pas besoin de dire – dans notre génération – que personne ne voudra même l’évoquer dans sa pensée. Malgré tout, la question elle-même demeure dans toute sa force et son amertume, car parfois, elle nous rencontre sans être appelée, et martèle notre cerveau, et nous abaisse jusqu’à la poussière, avant que nous réussissions à trouver le stratagème connu, Autrement dit, nous laisser entraîner sans conscience dans le courant de la vie, comme hier.

3) En effet, pour la solution à cette énigme obscure, l’Écriture a dit : « Goûtez et voyez que le Créateur est bon. » Car ceux qui accomplissent la Torah et les mitsvot [commandements] comme il se doit, ce sont eux qui goûtent la saveur de la vie. Et ce sont eux qui voient et témoignent que « le Créateur est bon », comme nos sages l’ont dit, qu’Il a créé les mondes afin de faire du bien à Ses créatures, car il est dans la nature du bon de faire du bien.

Cependant, assurément, celui qui n’a pas encore goûté la vie de l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, il ne peut pas comprendre ni ressentir que « le Créateur est bon », selon les paroles de nos sages ; que toute l’intention du Créateur, béni soit-Il, en le créant, n’était que de lui faire du bien.

C’est pourquoi, il n’a pas d’autre conseil, sinon d’aller et d’accomplir la Torah et les mitsvot comme il se doit.

Et c’est ce que dit la Torah (parasha Nitsavim) : « Vois, J’ai mis devant toi aujourd’hui la vie et le bien, et la mort et le mal. » Autrement dit, avant le don de la Torah, il n’y avait devant nous que la mort et le mal. Cela signifie, comme nos sages l’ont dit, que les méchants, de leur vivant, sont appelés « morts », car leur mort vaut mieux que leur vie, puisque les souffrances et les douleurs qu’ils endurent pour obtenir le maintien de leur vie dépassent de beaucoup le peu de délice qu’ils ressentent dans cette vie.

Cependant, maintenant que nous avons mérité la Torah et les mitsvot, dont l’accomplissement nous fait mériter la vie véritable, joyeuse et qui réjouit ceux qui la possèdent, comme il est dit : « Goûtez et voyez que le Créateur est bon. » C’est pourquoi l’Écriture dit : « Vois, J’ai mis devant vous aujourd’hui la vie et le bien », ce que vous n’aviez pas du tout dans la réalité avant le don de la Torah.

Et c’est ce que conclut l’Écriture : « Et tu choisiras la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance. » À première vue, l’expression est redondante : « Et tu choisiras la vie, afin que tu vives. » Cependant, l’intention concerne la vie dans l’accomplissement de la Torah et des mitsvot. Car alors, on vit véritablement. Tandis qu’une vie sans Torah et mitsvot, elle est plus dure que la mort.

Et c’est ce que nos sages ont dit : « Les méchants, de leur vivant, sont appelés morts », comme il a été expliqué. Et c’est ce que dit l’Écriture : « afin que tu vives, toi et ta descendance. » C'est-à-dire qu’une vie sans Torah, non seulement elle n’apporte aucun plaisir à son possesseur, mais encore, il ne peut pas non plus en faire profiter les autres. Autrement dit, même avec les enfants qu’il engendre, il n’a pas de contentement, car la vie de ces enfants est aussi plus dure que la mort. Et quel héritage leur transmet-il ?

Cependant, celui qui vit dans la Torah et les mitsvot, non seulement il a mérité de jouir de sa propre vie, mais il se réjouit aussi d’engendrer des enfants et de leur transmettre cette bonne vie. Et c’est ce qu’il est dit : « afin que tu vives, toi et ta descendance », car il a un plaisir supplémentaire dans la vie de ses enfants, dont il a été la cause.

4) Et selon ce qui a été dit, tu comprendras les paroles de nos sages sur le verset : « Et tu choisiras la vie », mentionné plus haut (voir là-bas le commentaire de Rashi, de mémoire bénie), et voici leurs paroles : « Je vous enseigne de choisir la part de la vie, comme un homme qui dit à son fils : “Choisis pour toi une belle part dans mon héritage.” Et il le place sur la belle part, et lui dit : “Celle-ci, prends-la pour toi.” »

Et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Le Créateur est la part de mon lot et de ma coupe, Tu soutiens mon sort, Tu as posé ma main sur le bon sort, pour dire : “Celle-ci, prends-la pour toi.” »

Qu’apparemment, les choses sont étonnantes, car il est écrit : « Et tu choisiras la vie », ce qui signifie que l’homme choisit de lui-même. Et eux disent qu’Il le place sur la bonne part. Si c’est ainsi, il n’y a plus ici de choix ? Et de plus, ils disent que le Créateur pose la main de l’homme sur le sort du bien. Et cela est très surprenant, car si c’est ainsi, où est le choix de l’homme ?

Et selon ce qui a été expliqué, tu comprendras leurs paroles selon leur sens littéral. Car il est vrai et très juste que le Créateur Lui-même pose la main de l’homme sur le sort du bien, Autrement dit, en lui donnant une vie de contentement et de délice, au sein de la vie corporelle, remplie de souffrances et de douleurs et vide de tout contenu. Nécessairement, l’homme s’en détourne et s’enfuit, lorsque lui apparaît, même comme entre les fentes, quelque lieu de tranquillité, pour s’y réfugier de cette vie-ci, plus dure que la mort. Il n’y a pas, de Sa part, de geste plus grand que de poser ainsi la main de l’homme.

Et la question du choix de l’homme ne concerne que le renforcement. Car assurément, il y a ici un grand travail et un grand effort, jusqu’à ce qu’il purifie son corps et puisse accomplir la Torah et les mitsvot comme il se doit – c’est-à-dire non pour son propre plaisir, mais afin de donner du contentement à son Créateur –, ce qui s’appelle lishma [en Son Nom]. Car ce n’est que de cette manière qu’il mérite une vie de bonheur et de douceur, qui accompagne l’accomplissement de la Torah.

Et avant qu’il n’atteigne cette purification, il y a assurément choix, pour se renforcer dans la voie du bien, par toutes sortes de moyens et de ruses. Et il fera tout ce que sa main trouvera à faire, de sa force, jusqu’à ce qu’il termine l’œuvre de la purification. Et il ne tombera pas, que Dieu nous en garde, sous sa charge au milieu du chemin.

5) Et selon ce qui a été expliqué, tu comprendras les paroles de nos sages dans le Pirkei Avot : « Telle est la voie de la Torah : du pain avec du sel tu mangeras, et de l’eau avec mesure tu boiras, et sur la terre tu dormiras, et une vie de souffrance tu vivras, et dans la Torah tu t’efforceras. Si tu fais ainsi, heureux es-tu et il t’est bon : heureux es-tu dans ce monde-ci, et il t’est bon dans le monde à venir ».

Et il faut demander sur ces paroles : en quoi la sagesse de la Torah diffère-t-elle des autres sagesses du monde, qui n’ont pas besoin de ces mortifications et de cette vie de souffrance, mais où l’effort seul suffit entièrement, dans ces sagesses, pour les mériter, tandis que la sagesse de la Torah, bien que nous nous y efforcions grandement, cela ne suffit pas pour la mériter, sauf par les mortifications de « du pain avec du sel et une vie de souffrance, etc. » ?

Et la conclusion de leurs paroles est encore plus étonnante, car ils ont dit : « Si tu fais ainsi, heureux es-tu dans ce monde-ci et il t’est bon dans le monde à venir ». Car à la rigueur, dans le monde à venir, il est possible que ce soit bon pour moi. Mais dans ce monde-ci, alors que je me mortifie dans la nourriture, la boisson et le sommeil, et que je vis dans une grande souffrance, dira-t-on d’une telle vie : « heureux es-tu dans ce monde-ci » ? Une telle vie serait-elle appelée « heureuse », dans le sens de ce monde-ci ?

6) Cependant, selon ce qui a été expliqué ci-dessus, que l’occupation de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, comme il convient, avec leur condition stricte, qui est afin de donner du contentement à son Créateur, et non pour son propre plaisir – il est impossible d’y parvenir, sinon par un grand travail et un grand effort dans la purification du corps.

Et la première astuce est : s’habituer à ne rien recevoir pour son plaisir, même dans les choses permises et nécessaires, qui sont les besoins de la subsistance de son corps ; à savoir : manger, boire, dormir, et tout ce qui est du même ordre, parmi les choses nécessaires. De sorte qu’il s’écarte complètement de tout plaisir qui l’accompagne, même par nécessité, dans la manière de pourvoir à la subsistance de sa vie. Jusqu’à ce qu’il vive une vie de souffrance, au sens simple du terme.

Et alors, après qu’il s’est déjà habitué à cela, et qu’il n’y a déjà plus dans son corps aucun désir de recevoir quelque plaisir que ce soit pour lui-même, il lui est possible, à partir de maintenant, de s’occuper de la Torah et d’accomplir les mitsvot également de cette manière, c’est-à-dire afin de donner du contentement à son Créateur, et non pour son propre plaisir, en rien.

Et lorsqu’il mérite cela, alors il mérite de goûter à la vie heureuse, remplie de tout bien et de délice, sans défaut d’aucune souffrance, qui se révèlent dans l’occupation de la Torah et de la mitsva lishma ; comme Rabbi Meïr dit (Avot, chapitre 6) : « Quiconque s’occupe de la Torah lishma, mérite beaucoup de choses. Et de plus, tout le monde entier vaut pour lui, etc. Et les secrets de la Torah lui sont révélés, et il devient comme une source qui se renforce, etc. », voir là-bas.

Et sur lui l’Écriture dit : « Goûtez et voyez que le Seigneur est bon », comme il a été expliqué ci-dessus, que celui qui goûte le goût de l’occupation de la Torah et des mitsvot lishma, c’est lui qui mérite et voit, par lui-même, l’intention de la création, qui est seulement de faire du bien à Ses créatures, car il est dans la nature du bien de faire le bien, et il se réjouit et est heureux, dans le nombre des années de vie que le Créateur lui a accordées, et tout le monde entier vaut pour lui.

7) Maintenant tu comprendras les deux faces de la pièce dans l’occupation de la Torah et des mitsvot :

Car la première face – c’est le chemin de la Torah. Autrement dit, la grande préparation que l’homme doit préparer pour la purification de son corps, avant qu’il ne mérite l’accomplissement même de la Torah et des mitsvot. Et alors, nécessairement, il s’occupe de la Torah et des mitsvot pas en lishma, mais mêlées à son propre plaisir, car il n’a pas encore réussi à purifier et à nettoyer son corps du désir de recevoir des plaisirs des vanités de ce monde. Et à ce moment-là, il lui incombe de vivre une vie de souffrance et de peiner dans la Torah, comme il a été dit plus haut dans la Mishna. Cependant, après qu’il a terminé et complété le chemin de la Torah, et qu’il a déjà purifié son corps, et qu’il est apte à accomplir la Torah et les mitsvot lishma, afin de donner du contentement à son Créateur, alors il arrive à la seconde face de la pièce – qui est une vie de délice et de grande tranquillité, sur laquelle était l’intention de la création « de faire du bien à Ses créatures ». Autrement dit, la vie la plus heureuse, dans ce monde-ci et dans le monde à venir.

8) Et voici que la grande différence entre la sagesse de la Torah et les autres sagesses du monde a été bien expliquée : car les autres sagesses du monde, leur atteinte n’améliore en rien la vie dans ce monde-ci. Car même une simple compensation, elles ne lui en donneront pas, en échange des douleurs et des souffrances qu’il va et endure durant les jours de sa vie. C’est pourquoi il n’est pas obligé de corriger son corps, et il lui suffit de la peine qu’il donne pour elles, comme pour tous les biens de ce monde, qui s’acquièrent par un effort et une peine pour eux.

Tandis que l’occupation de la Torah et des mitsvot, tout son sujet est de préparer l’homme à être digne de recevoir tout ce bien qui est dans l’intention de la création, « faire du bien à Ses créatures » ; c’est pourquoi, il est certain qu’il doit purifier son corps, afin qu’il soit digne et apte à ce bien divin.

9) Il a aussi été bien expliqué ce que dit la Mishna : « Si tu fais ainsi, heureux es-tu dans ce monde-ci ». Car ils ont précisément dit cela avec une intention complète, pour enseigner que la vie heureuse de ce monde-ci n’est préparée que pour celui qui a complété la voie de la Torah. Ainsi, la notion des privations de la nourriture, de la boisson, du sommeil et de la vie de souffrance, mentionnée ici, ne s’applique que lorsqu’il est dans la voie de la Torah. C’est pourquoi ils ont précisément dit : « Telle est la voie de la Torah ».

Et après qu’il a terminé cette voie de lo lishma, dans une vie de souffrance et de mortification, la Mishna conclut : « Heureux es-tu dans ce monde-ci », car tu mériteras ce bonheur et ce bien qui sont dans l’intention de la création. Et tout le monde entier en vaudra la peine pour toi. Autrement dit, même ce monde-ci. Et à plus forte raison, le monde à venir.

10) Et c’est ce qui est dit dans le Zohar (Bereshit, page 31b, dans le Zohar selon le Soulam, Bereshit 1, section 348, dans des variantes de versions) sur le verset : « Et Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut » — que la lumière soit pour ce monde-ci et que la lumière soit pour le monde à venir.

L’explication est que l’œuvre de la création a été créée dans sa forme, et dans toute sa stature, de la manière dont l’ont dit nos sages – Autrement dit, dans la perfection de sa complétude et de sa splendeur. Selon cela, la lumière qui a été créée le premier jour est sortie dans toute sa perfection, incluant aussi la vie de ce monde-ci dans la perfection du raffinement et du plaisir, selon la mesure exprimée dans les mots « que la lumière soit ».

Cependant, afin de préparer un lieu de choix et de travail, Il s’est tenu et l’a dissimulée pour les justes, pour l’avenir, selon les paroles de nos sages. C’est pourquoi ils ont dit dans leur langage pur : « Que la lumière soit pour ce monde-ci ». Néanmoins, cela n’est pas resté ainsi ; plutôt : « Et la lumière fut pour le monde à venir ». C’est-à-dire que ceux qui s’occupent de la Torah et des mitsvot lishma y méritent seulement dans l’avenir, c’est-à-dire au temps à venir, après la fin de la purification de leur corps dans la voie de la Torah ; alors ils sont dignes de cette grande lumière, même dans ce monde-ci, comme l’ont dit nos sages : « Ton monde, tu le verras de ton vivant ».

11) Cependant, nous trouvons et voyons dans les paroles des sages du Talmud qu’ils nous ont facilité le chemin de la Torah, plus que les sages de la Mishna. Car ils ont dit : « Qu’un homme s’occupe toujours de la Torah et des mitsvot, même lo lishma. Et du fait qu’il n’est pas lishma, il viendra à lishma. Et cela, du fait que la lumière qui est en elle le ramène vers le bien. »

Voici qu’ils ont introduit ici une nouvelle notion, à la place des mortifications mentionnées dans la Mishna, Avot, comme susmentionnée. C’est « la lumière de la Torah », qui a assez de force pour le ramener vers le bien et l’amener à s’occuper de la Torah et des mitsvot lishma. Car ils n’ont pas mentionné ici de mortifications, mais seulement que l’occupation de la Torah et des mitsvot suffit pour que cette lumière le ramène vers le bien, afin qu’il puisse s’occuper de la Torah et des mitsvot dans le but de donner contentement à son Créateur, et non du tout pour son propre plaisir, ce qui est appelé « lishma ».

12) Cependant, il y a lieu de s’interroger, apparemment, sur ces paroles : N’avons-nous pas trouvé de nombreux étudiants pour qui l’occupation dans la Torah ne leur a pas permis, par la lumière qui s’y trouve, de parvenir au lishma ?

En vérité, la notion de l’occupation dans la Torah et les mitsvot lo lishma, l’explication en est qu’il croit en le Créateur, dans la Torah, et en la récompense et la punition, et il s’occupe de la Torah du fait que le Créateur a ordonné de s’en occuper, mais il associe son propre plaisir au fait qu’il procure contentement à son Créateur. Et si, après tout son labeur dans l’occupation de la Torah et des mitsvot, il lui devient clair qu’il n’a reçu, par cette occupation et ce grand effort, aucun plaisir ou bénéfice personnel, il regrette tout l’effort qu’il a fourni, car il ne l’a pas fait pour lui-même dès le début, pensant qu’il en tirerait aussi profit de son labeur – un tel cas est appelé « lo lishma » (comme il est dit dans Tossefot, Roch Hachana, page 4, début de « Pour que »).

Et malgré tout, nos sages ont permis de commencer l’occupation dans la Torah et les mitsvot, même lo lishma. Car, de lo lishma, on parvient à lishma, comme expliqué plus haut.

Cependant, sans aucun doute, si cet étudiant n’a pas encore mérité la foi dans le Créateur et dans Sa Torah, mais demeure dans des doutes – que Dieu nous en garde –, ce n’est pas de lui que nos sages ont parlé, disant que de lo lishma on parvient à lishma. Et ce n’est pas de lui qu’il a été dit (dans Midrash Rabba, introduction à Eikha, et dans le Yeroushalmi 'Haguiga, chapitre 1, halakha 7, début de « car de lo lishma, on parvient lishma », Eikha Rabba, introduction 2), que du fait qu’ils s’occupent d’elle, la lumière qui s’y trouve les ramène vers le bien.

Car la lumière dans la Torah n’éclaire que pour celui qui a la foi. Et plus encore, la mesure de la grandeur de cette lumière est à la mesure de la force de sa foi.

Cependant, pour ceux qui manquent de foi, que Dieu nous en garde, c’est le contraire, comme il est dit : « Pour ceux qui se dirigent à gauche, elle est une potion de mort » (Shabbat 88b), car ils reçoivent de l’obscurité de la Torah, et leurs yeux s’obscurcissent.

13) Et déjà, les sages ont donné une belle parabole à ce sujet, sur le verset (Amos 5) : « Malheur à ceux qui aspirent au jour du Seigneur ! À quoi vous servira le jour du Seigneur ? Il est obscurité et non lumière. » La parabole du coq et de la chauve-souris qui attendaient la lumière : le coq dit à la chauve-souris : « Moi, j’attends la lumière, car la lumière est à moi. Et toi, pourquoi as-tu besoin de la lumière ? » (Sanhédrin 98b). Et examine cela profondément.

Et il est bien compris que parmi ceux des étudiants qui n’ont pas mérité, à partir du lo lishma, de parvenir au lishma, c’est du fait qu’ils manquent de foi, que Dieu nous en garde, et c’est pourquoi ils n’ont reçu aucune lumière de la Torah, et c’est pourquoi ils marchent dans l’obscurité, et mourront sans sagesse.

Cependant, ceux qui ont mérité une foi entière sont assurés par les paroles de nos sages, que du fait qu’ils s’occupent de la Torah, même lo lishma, la lumière qui s’y trouve les ramène vers le bien, et ils mériteront, même sans l’antécédent de souffrances et d’une vie de peine, la Torah lishma, qui mène à une vie de bonheur et de bien, dans ce monde-ci et dans le monde à venir, comme susmentionné. Et c’est d’eux qu’il est dit : « Alors tu te délecteras dans le Seigneur, et Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre. »

14) Et d'une manière semblable à ce qui précède, j’ai une fois expliqué l’expression de nos Sages : « Celui dont la Torah est son métier ». Car dans l’occupation de sa Torah, se reconnaît la mesure de sa foi : car « son artisanat » [héb : oumanouto] a les mêmes lettres que « sa foi » [héb : emounato]. C’est semblable à un homme qui fait confiance à son ami et lui prête de l’argent. Il se peut qu’il ait foi en lui pour une livre [monnaie britannique]. Et si celui-ci lui demande deux livres, il refusera de lui prêter. Il se peut aussi qu’il ait foi en lui jusqu’à cent livres, mais pas plus. Il se peut aussi qu’il ait foi en lui jusqu’à lui prêter la moitié de sa fortune, mais pas toute sa fortune. Et il se peut aussi qu’il ait foi en lui pour toute sa fortune, sans aucune ombre de crainte. Et cette dernière foi est considérée comme une foi entière. Mais dans les cas précédents, cela est considéré comme une foi non entière, mais une foi partielle, plus ou moins.

Ainsi est l’homme : l’un consacre, selon la mesure de sa foi dans le Créateur, seulement une heure de sa journée à s’occuper de la Torah et du travail. Un autre lui consacre deux heures, selon la mesure de sa foi dans le Créateur. Un troisième, lui, ne néglige même pas un seul instant de son temps libre, sans s’occuper de la Torah et du travail. C’est-à-dire que seul le dernier a une foi entière, car il fait confiance au Créateur pour toute sa fortune. Tandis que les précédents, leur foi n’est pas encore entière, comme il est évident. Et il n’y a pas lieu de s’étendre davantage sur cela.

15) Et voici que cela a été bien expliqué : l’homme ne doit pas s’attendre à ce que l’occupation de la Torah et des mitsvot lo lishma l’amène au lishma, sauf lorsqu’il sait en lui-même qu’il a mérité la foi dans le Créateur et Sa Torah comme il convient. Car alors, « la lumière qui s’y trouve le ramène vers le bien » ; et il méritera « le jour du Créateur, qui est tout lumière ». Car la Kedousha [sainteté] de la foi purifie les yeux de l’homme, afin qu’ils jouissent de Sa lumière, béni soit-Il, jusqu’à ce que « la lumière de la Torah le ramène vers le bien ».

Cependant, ceux qui manquent de foi ressemblent à des chauves-souris, qui ne peuvent regarder la lumière du jour. Car pour eux, la lumière du jour se transforme en obscurité, plus terrible encore que l’obscurité de la nuit. Car ils ne se nourrissent que dans l’obscurité de la nuit.

De même, ceux qui manquent de foi, leurs yeux s’aveuglent face à la lumière du Créateur. C’est pourquoi la lumière se transforme pour eux en obscurité, et la « potion de vie » devient pour eux une « potion de mort ». Et à leur sujet il est dit : « Malheur à ceux qui désirent le jour du Créateur ! Pourquoi serait-ce pour vous le jour du Créateur ? Il est obscurité et non lumière. » Plutôt, il faut d’abord se parfaire dans une foi entière, comme cela a été expliqué.

16) Et selon ce qui a été dit, la question des Tossafot (Taanit, page 7, début de « Et tout ») est résolue. Il est dit là-bas : « Quiconque s’occupe de la Torah lishma, sa Torah devient pour lui une potion de vie. Et quiconque s’occupe de la Torah lo lishma, elle devient pour lui une potion de mort. » Et ils ont objecté : pourtant, il est dit : « Qu’un homme s’occupe toujours de la Torah, même si ce n’est pas lishma, car de lo lishma, on parvient à lishma. » Et selon ce qui a été expliqué, il convient de distinguer simplement : ici, il s’agit de celui qui s’occupe de la Torah « pour la mitsva de l’étude de la Torah », du moins du fait qu’il croit en la récompense et en la punition ; seulement, il associe son plaisir et son utilité personnelle à l’intention de faire un contentement à son Créateur. C’est pourquoi, « la lumière en elle le ramène vers le bien », et il en vient à lishma.

Et ici, il s’agit de celui qui s’occupe de la Torah non « pour la mitsva de l’étude de la Torah », car il ne croit pas en la récompense et en la punition à un tel degré que, pour cela, il s’efforcerait autant, mais seulement pour son propre plaisir il s’efforce ; c’est pourquoi elle devient pour lui une potion de mort, car « la lumière en elle se transforme pour lui en obscurité », comme il a été expliqué.

17) C’est pourquoi, l’étudiant est tenu, avant l’étude, de se surmonter dans la foi au Créateur, béni soit-Il, et en Sa Providence dans la récompense et la punition, comme ont dit nos sages : « Ton Maître est digne de confiance pour te payer le salaire de ton travail. » Et il orientera son effort pour que ce soit « pour la mitsva de la Torah ». Et par cette voie, il méritera de jouir de la lumière en elle, et aussi sa foi se renforcera et grandira par la vertu de cette lumière, comme il est dit : « Ce sera une guérison pour ton nombril, et une boisson pour tes os » (Proverbes 3, 8).

Et alors, son cœur sera prêt et confiant, car « de lo lishma il viendra à lishma ». Ainsi, même celui qui sait en lui-même qu’il n’a pas encore mérité, que Dieu nous en garde, la foi, il a aussi de l’espoir, par l’occupation de la Torah. Car s’il met son cœur et sa raison à mériter, par elle, la foi au Créateur, béni soit-Il, il n’y a déjà pas de plus grande mitsva que celle-ci, comme ont dit nos sages : « ‘Habbakouk est venu et les a établis sur une seule [base] : “Le juste vivra par sa foi” » (Makot 24).

Et plus encore, il n’a pas d’autre conseil que celui-ci ; comme il est dit (Baba Batra, page 16a) : « Rava a dit : Iyov a voulu acquitter le monde entier du jugement. Il a dit devant Lui : “Maître du monde, Tu as créé des justes, Tu as créé des méchants, qui peut T’en empêcher ?” »

Et Rashi explique là-bas : « Tu as créé des justes, par le bon penchant ; Tu as créé des méchants, par le mauvais penchant. C’est pourquoi, nul n’est sauvé de Ta main. Car qui peut empêcher ? Ce sont des contraints, ceux qui fautent. » Et qu’ont répondu les compagnons de Iyov ? « Même toi, tu annules la crainte, et tu diminues la prière devant Dieu. Le Créateur a créé le mauvais penchant, Il a créé pour lui la Torah comme épice » (Iyov 15).

Et Rashi explique là-bas : « Il a créé pour lui la Torah, qui est une épice, qui annule les pensées de transgression, comme il est dit ailleurs : “Si ce scélérat t’offense, entraîne-le à la maison d’étude ; si c’est une pierre, il fondra, etc.” C’est pourquoi ils ne sont pas contraints, car ils peuvent se sauver eux-mêmes » (Kiddoushin, page 30), voir là-bas et approfondis.

18) Et cela est clair, qu’ils ne peuvent pas s’exempter du jugement s’ils disent qu’ils ont reçu cette épice et qu’ils ont encore des pensées de transgression. C'est-à-dire qu’ils résident encore dans des doutes, que Dieu nous en garde, et que le mauvais penchant n’a pas encore été effacé. Car le Créateur, béni soit-Il, qui l’a créé et a donné au mauvais penchant sa force, il est clair qu’Il savait aussi créer le remède et l’assaisonnement fidèles pour affaiblir la force du mauvais penchant et l’effacer complètement.

Et si quelqu’un s’est occupé de la Torah et n’a pas réussi à éloigner le mauvais penchant de lui, ce n’est que :

Ou bien il s’est relâché de donner l’effort et la peine qu’il est obligé de donner dans l’occupation de la Torah, comme il est dit : « Je ne me suis pas efforcé et j’ai trouvé, n’y crois pas ».

Ou bien il se peut qu’ils aient rempli la « quantité » d’effort requise, mais qu’ils se soient relâchés dans la « qualité », c’est-à-dire qu’ils n’ont pas donné leur esprit et leur cœur, pendant le temps de l’occupation de la Torah, pour mériter de prolonger la lumière qui est dans la Torah, qui apporte la foi dans le cœur de l’homme, mais qu’ils s’en sont occupés en détournant l’esprit de ce principe exigé de la Torah, qui est la lumière qui mène à la foi, comme il a été dit. Et bien qu’ils aient eu cette intention au début, ils ont détourné leur esprit de cela pendant l’étude.

Et dans tous les cas, il ne faut pas s’exempter du jugement par l’argument de la contrainte, après que nos sages, de mémoire bénie, obligent par l’argument : « J’ai créé le mauvais penchant, J’ai créé pour lui la Torah comme épice ». Car s’il y avait là quelque exception, alors la question de Job resterait en place, que Dieu nous en garde. Et examine bien cela.

19) Et par tout ce qui a été expliqué jusqu’à présent, j’ai écarté une grande plainte, de ce que l’on s’étonne sur les paroles du Rav ‘Haim Vital, de mémoire bénie, dans son introduction au Shaar HaHakdamot du saint Ari, de mémoire béni ; et cela a aussi été imprimé en tant qu’introduction au livre Etz 'Haim. Et voici ses paroles :

« Cependant, qu’un homme ne dise pas : ‘J’irai et je m’occuperai de la sagesse de la Kabbale avant de m’occuper de la Torah, de la Mishna et du Talmud.’ Car nos sages, de mémoire bénie, ont déjà dit : ‘Qu’un homme n’entre pas dans le Pardes, à moins qu’il n’ait rempli son ventre de viande et de vin.’ Et cela ressemble à une âme sans corps, qui n’a ni salaire, ni action, ni compte, jusqu’à ce qu’elle soit liée dans le corps, lorsque celui-ci est complet, corrigé par les mitsvot de la Torah ; par les 613 mitsvot.

Et inversement, lorsqu’il s’occupe de la sagesse de la Mishna et du Talmud de Babylone, et qu’il ne donne pas aussi une part aux secrets de la Torah et à ses mystères – cela ressemble à un corps assis dans l’obscurité, sans âme d’homme, la bougie du Créateur, qui éclaire en lui. De sorte que le corps est desséché, ne puisant pas à la source de la vie, etc.

De sorte que le sage dans la Torah, qui s’occupe de la Torah lishma, doit d’abord s’occuper de la sagesse du Mikra, de la Mishna et du Talmud, autant que son intellect peut le supporter. Et ensuite, il s’occupera, pour connaître son Créateur, de la sagesse de la vérité. Et comme David, roi d’Israël, paix sur lui, a ordonné à son fils Shlomo [Salomon] : ‘Connais le Dieu de ton père et sers-Le.’ »

Et si cet homme est lourd et difficile en ce qui concerne l’étude approfondie du Talmud, il vaut mieux pour lui qu’il retire sa main de cela, après avoir éprouvé sa chance dans cette sagesse, et qu’il s’occupe de la sagesse de la vérité. Et c’est ce qu’il est dit : « D’ici, un élève qui n’a pas vu de bon signe dans son étude pendant cinq ans, n’en verra plus » (Houlin, page 24). Cependant, tout homme qui est léger pour l’étude approfondie, il est obligé de donner une part, une heure ou deux heures par jour, à l’étude approfondie de la halakha, et de viser et de résoudre les difficultés qui tombent dans le sens simple de la halakha, etc. » Fin de ses paroles saintes là-bas, mot à mot.

20) Et voici qu’à première vue, ces paroles sont très étonnantes, car il dit qu’avant de réussir dans l’étude du révélé, il ira et s’occupera de la sagesse de la vérité, ce qui contredit ses propres paroles précédentes, que la sagesse de la Kabbale sans la Torah révélée, c’est comme une âme sans corps, qui n’a ni action, ni compte, ni récompense.

Et la preuve qu’il a apportée, de l’élève qui n’a pas vu de bon signe, etc., est encore plus étonnante : est-ce que nos sages, de mémoire bénie, ont dit, à cause de cela, qu’il laisse l’étude de la Torah, que Dieu nous en garde ? Plutôt, certainement, c’est pour l’avertir de regarder ses voies, et d’essayer auprès d’un autre maître, ou dans un autre traité. Mais certainement, en aucun cas, il ne faut abandonner la Torah, que Dieu nous en garde, et même pas la Torah révélée.

21) Et il est encore difficile, tant dans les paroles du Rav ‘Haïm Vital, que dans celles de la Guemara. Car il ressort de leurs paroles qu’il faut à l’homme une préparation et une distinction particulières pour mériter la sagesse de la Torah. Or, nos sages, de mémoire bénie, ont dit (Midrash Rabba, paracha « Vézot haBerakha ») : « Le Créateur a dit à Israël : “Par votre vie, toute la sagesse et toute la Torah, c’est chose facile. Quiconque Me craint et accomplit les paroles de la Torah, toute la sagesse et toute la Torah sont dans son cœur.” » Il en ressort qu’il n’est besoin ici d’aucune distinction préalable, mais seulement par le mérite de la crainte du Créateur et de l’accomplissement des mitsvot, on mérite toute la sagesse de la Torah.

22) Cependant, si nous prêtons attention à ses paroles, elles s’éclaircissent devant nous, comme le ciel pur pour sa clarté. Car ce qu’il a écrit : « Il vaut mieux pour lui qu’il retire sa main de cela, après avoir éprouvé sa chance dans la sagesse du révélé », cela ne s’agit pas de la chance de la vivacité d’esprit et de la connaissance, mais comme nous l’avons expliqué plus haut, dans l’explication de « J’ai créé le mauvais penchant, J’ai créé la Torah comme condiment ». C’est-à-dire qu’il a peiné et s’est efforcé dans la Torah révélée, et que pourtant le mauvais penchant demeure dans toute sa force, et n’a pas du tout été effacé. Car il n’a pas encore été sauvé des pensées de faute, comme Rashi l’a expliqué plus haut, dans le commentaire de « J’ai créé pour lui la Torah comme condiment », voir là-bas.

C’est pourquoi il lui conseille de laisser de côté cela, et de s’occuper de la sagesse de la vérité, du fait qu’il est plus facile de prolonger la lumière qui est dans la Torah, par l’occupation et l’effort dans la sagesse de la vérité, que par l’effort dans la Torah révélée. Et la raison en est très simple : car la sagesse de la Torah révélée est revêtue de vêtements extérieurs corporels, c’est-à-dire vol, rapine, dommages et semblables, ce qui fait qu’il est très difficile et lourd, pour tout homme, de diriger son esprit et son cœur vers le Créateur, au moment de l’étude, afin de prolonger la lumière qui est dans la Torah. Et à plus forte raison pour un tel homme, à qui il est déjà lourd et difficile de se concentrer sur l’étude du Talmud lui-même.

Et comment pourrait-il encore se souvenir, au moment de l’étude, du Créateur ? Car, puisque la réflexion porte sur des sujets corporels, ils ne peuvent, que Dieu nous en garde, venir à lui en même temps que l’intention vers le Créateur. C’est pourquoi il lui a conseillé de s’occuper de la sagesse de la Kabbale, car cette sagesse est entièrement revêtue des Noms du Créateur. Et alors, bien entendu, il pourra diriger son esprit et son cœur vers le Créateur, au moment de l’étude, sans effort. Et même s’il est le plus difficile dans l’étude approfondie. Car l’étude approfondie sur les sujets de la sagesse et le Créateur sont un. Et cela est très simple.

23) C’est pourquoi il apporte une belle preuve des paroles de la Guemara : « D’ici, pour l’élève qui n’a pas vu de bon signe dans son étude pendant cinq ans, il ne verra plus. » Car pourquoi n’a-t-il pas vu de bon signe dans son étude ? – Certainement, ce n’est qu’à cause d’un manque d’intention du cœur uniquement. Et non à cause d’un manque de capacité pour elle. Car la sagesse de la Torah n’exige aucune capacité ; plutôt, comme il est dit dans le Midrash susmentionné : « Le Créateur dit à Israël : Par votre vie, toute la sagesse et toute la Torah sont chose facile. Quiconque Me craint et accomplit les paroles de la Torah, toute la sagesse et toute la Torah sont dans son cœur. »

Cependant, il est certain qu’il faut du temps pour s’habituer à la lumière qui est dans la Torah et les mitsvot. Et je ne sais pas combien. Et l’homme peut attendre ainsi durant toutes ses soixante-dix années. C’est pourquoi la Baraïta nous avertit (Houlin 24) qu’il ne faut pas attendre plus de cinq ans. Et Rabbi Yossi dit seulement trois ans (voir là-bas, Houlin, page 24), ce qui est suffisant et tout à fait suffisant pour mériter la sagesse de la Torah.

Et s’il n’a pas vu de bon signe dans un tel laps de temps, qu’il ne se trompe plus lui-même par de vaines espérances et des illusions mensongères, mais qu’il sache qu’il ne verra plus jamais de bon signe. C’est pourquoi il doit immédiatement chercher pour lui-même quelque belle astuce, grâce à laquelle il réussira à parvenir au lishma et à mériter la sagesse de la Torah.

Et la Baraïta n’a pas précisé l’astuce. Mais elle avertit seulement de ne pas rester dans cet état et d’attendre encore.

Et c’est ce que dit le Rav : que l’astuce la plus réussie et la plus sûre pour lui, c’est de s’occuper de la sagesse de la Kabbale. Et qu’il retire complètement sa main de l’étude de la Torah révélée, car il a déjà éprouvé sa chance en elle et n’a pas réussi. Et qu’il consacre tout son temps à la sagesse de la Kabbale, qui est sûre de sa réussite, pour la raison expliquée plus haut. Voir là-bas.

24) Et c’est très simple, qu’il n’est nullement question ici de l’étude de la Torah révélée, dans tout ce qu’il est nécessaire de savoir pour la halakha pratique, « car un ignorant ne peut être pieux, et l’erreur dans l’étude devient une faute volontaire, et un seul pécheur perd beaucoup de bien ». C’est pourquoi il est absolument obligé de les réviser, autant qu’il lui suffira pour ne pas trébucher dans la pratique.

Mais tout ce dont il est question ici, c’est seulement de l’approfondissement dans la sagesse de la Torah révélée, pour viser et résoudre les difficultés qui se présentent dans le sens simple des lois, comme le conclut là-bas le Rav ‘Haïm Vital lui-même. Autrement dit, la partie de l’étude de la Torah qui ne vient pas à la pratique. Et cela n’inclut pas les lois pratiques.

Cependant, il est possible d’alléger cela, en étudiant à partir des abrégés et non des sources. Et cela aussi demande examen. Car il n’est pas semblable celui qui connaît la halakha depuis la source à celui qui la connaît d’un seul coup d’œil ou d’un abrégé. Et pour ne pas se tromper à ce sujet, le Rav ‘Haïm Vital, de mémoire bénie, a rapporté aussitôt au début de ses paroles, que l’âme n’adhère au corps que lorsqu’il est complet, corrigé par les mitsvot de la Torah, dans les 613 mitsvot.

25) Maintenant tu verras combien toutes les questions que nous avons apportées au début de l’introduction ne sont que vanité des vanités ; en fait, ce sont les pièges que tend le mauvais penchant pour attraper les âmes simples, afin de les chasser du monde sans attrait.

Et voyons la première question, où ils s’imaginent qu’ils peuvent accomplir toute la Torah, même sans la connaissance de la sagesse de la Kabbale – voici ce que je leur dis : « Au contraire, si vous pouvez accomplir l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, selon la loi, lishma, c’est-à-dire afin de procurer contentement à votre Créateur, béni soit-Il, uniquement, alors vous n’avez vraiment pas besoin de l’étude de la Kabbale, car il est alors dit de vous : “L’âme de l’homme l’instruira”, car alors tous les secrets de la Torah se révèlent à vous, comme une source jaillissante, selon les paroles de Rabbi Meïr (dans la Mishna Avot susmentionnée), sans que vous ayez besoin d’aide des livres.

Plutôt, si vous êtes encore dans l’aspect de l’occupation lo lishma, mais que votre espoir est de mériter par cela lishma, alors j’ai à vous demander : combien d’années vous occupez-vous ainsi ? Si vous êtes encore dans les cinq années, selon les paroles du Tana Kama, ou dans les trois années, selon Rabbi Yossi, alors vous pouvez encore attendre et espérer.

Cependant, si vous avez déjà dépassé l’occupation dans la Torah lo lishma, plus de trois ans selon Rabbi Yossi, et cinq ans selon le Tana Kama, alors la Baraïta vous avertit que vous ne verrez plus de bon signe sur ce chemin où vous marchez. Et pourquoi vous leurrer d’un espoir vain, alors que vous avez un moyen si proche et sûr, comme l’étude de la sagesse de la Kabbale, comme j’en ai prouvé la raison plus haut, puisque l’étude des sujets de la sagesse est une seule chose avec le Créateur Lui-même. Voyez bien ce qui a été dit plus haut.

26) De même, examinons la seconde question, où il est dit qu’il faut d’abord remplir son ventre de Talmud et de décisionnaires – il est certain que cela est vrai selon tout le monde.

Cependant, assurément, tout cela est dit si déjà vous avez mérité l’étude lishma, ou même lo lishma, si vous êtes encore dans les trois années ou les cinq années.

Mais, après ce temps-là, alors la Baraïta vous avertit que vous ne verrez plus jamais de bon signe, comme cela a été expliqué plus haut. Et donc, vous êtes obligés d’essayer votre réussite dans l’étude de la Kabbale.

27) Il faut encore savoir qu’il y a deux parties dans la sagesse de la vérité :

La première partie – est appelée « les secrets de la Torah », qu’il est interdit de révéler, sauf par allusion, de la bouche d’un sage kabbaliste à un receveur qui comprend de lui-même. Et Maassé Merkava et Maassé Bereshit appartiennent aussi à cette partie. Et les sages du Zohar appellent cette partie « les trois premières sefirot : Keter, ‘Hokhma, Bina ». Et elle est aussi appelée « le rosh du partsouf ».

La seconde partie – est appelée « les saveurs de la Torah », qu’il est permis de révéler, et même c’est un grand commandement de les révéler. Et elle est appelée dans le Zohar « les sept sefirot inférieures du partsouf ». Et elle est aussi appelée « le gouf du partsouf ». Car dans chaque partsouf de Kedousha, il y a dix sefirot, qui sont appelées : Keter, ‘Hokhma, Bina, ‘Hessed, Guevoura, Tifferet, Netsakh, Hod, Yessod, Malkhout. Les trois premières sefirot d’entre elles sont appelées « le rosh du partsouf ». Et les sept sefirot inférieures sont appelées « le gouf du partsouf ».

Et même dans l’âme de l’homme inférieur, il y a aussi les aspects des dix sefirot, selon leurs noms susmentionnés. Et ainsi, dans chaque aspect, tant dans les supérieurs que dans les inférieurs, comme les choses seront expliquées avec leurs raisons, dans le corps du livre, avec l’aide du Créateur.

Et la raison pour laquelle les sept sefirot inférieures – qui sont le gouf du partsouf – sont appelées du nom de saveurs de la Torah, c’est le sens du verset : « Le palais goûte sa nourriture ». Car les lumières qui se révèlent en dessous des trois premières, qui sont le sens de la tête, sont appelées « saveurs ». Et la Malkhout de rosh est appelée « palais ». Et à cause de cela, elles sont appelées du nom de « saveurs de la Torah ». Autrement dit, celles qui se révèlent du palais du rosh, qui est l’aspect de la source de toutes les saveurs, qui est la Malkhout de rosh. Et de là et en dessous, il n’y a aucune interdiction de les révéler. Au contraire, la récompense de celui qui les révèle est grande, sans fin et sans mesure.

Cependant, ces trois premières sefirot, et ces sept inférieures mentionnées ici, s’expliquent, soit dans leur ensemble, soit dans les moindres détails, autant qu’il est possible de diviser. De sorte que même les trois premières sefirot de Malkhout à la fin du monde de Assiya appartiennent à la partie des « secrets de la Torah », qu’il est interdit de révéler ; et les sept sefirot inférieures du Keter de rosh de Atsilout appartiennent à la partie des « saveurs de la Torah », qu’il est permis de révéler. Et ces choses sont connues dans les livres de la Kabbale.

28) Et la source de ces choses, tu la trouveras dans le traité Pessa’him (page 119), où il est dit là : il est écrit (Isaïe 23) : « Et son gain et son salaire seront une sainteté pour le Créateur ; il ne sera ni thésaurisé ni accumulé, car pour ceux qui résident devant le Créateur, son gain sera, pour manger à satiété et pour couvrir Atik [l’ancien], etc. » Que signifie « pour couvrir Atik » ? C’est celui qui couvre les choses que Atik Yomin [l’Ancien des Jours] a couvertes. Et que sont-elles ? Les secrets de la Torah. Et il y en a qui disent : c’est celui qui révèle les choses que Atik Yomin a couvertes. Et que sont-elles ? Les saveurs de la Torah.

Et le Rashbam, de mémoire bénie, a expliqué, et voici ses mots : « Atik Yomin », c’est le Créateur. Comme il est écrit : « Et Atik Yomin s’assit ». « Les secrets de la Torah », ce sont Maassé Merkava et Maassé Bereshit. Et l’explication de ce nom, comme il est écrit : « Ceci est Mon Nom à jamais. » Et « celui qui couvre », c’est-à-dire qu’il ne les transmet pas à tout homme, mais seulement à celui dont le cœur s’inquiète, comme il est dit dans « Ein Doreshin » : « celui qui révèle les choses que Atik Yomin a couvertes ». Et ainsi il s’entend : à celui qui couvre les secrets de la Torah, qui étaient couverts au début, et Atik Yomin les a révélés, et a donné l’autorisation de les révéler. Et celui qui les révèle, mérite ce qui est dit dans ce verset. » Jusqu’ici ses mots.

29) Voici donc explicitement, la grande différence, entre :

Les secrets de la Torah, que celui qui les atteint reçoit toute cette grande récompense (explicitée là, dans la Guemara, dans l’explication du verset), du fait qu’il les couvre et ne les révèle pas.

Et à l’opposé, les saveurs de la Torah, que celui qui les atteint reçoit toute cette grande récompense, du fait qu’il les révèle aux autres.

Et il y a ceux qui disent : ils ne sont pas en désaccord, mais seulement sur la signification de l’interprétation, il y a entre eux une différence, car selon la première version, ils interprètent la fin du verset « et pour couvrir Atik », et c’est pourquoi ils expliquent que le grand salaire mentionné concerne celui qui couvre les secrets de la Torah.

Et il y a ceux qui disent qu’ils interprètent le début du verset « et pour manger à satiété », dont le sens est « les saveurs de la Torah », comme il est dit : « et ton palais goûtera ce qu’il mange ». Car les lumières des saveurs sont appelées « alimentation ». Et c’est pourquoi ils expliquent que le grand salaire mentionné dans le verset concerne celui qui révèle les saveurs de la Torah.

Cependant, l’un et l’autre pensent que les secrets de la Torah doivent être couverts, et que les saveurs de la Torah doivent être révélées.

30) Voici pour toi une réponse claire aux quatrième et cinquième questions posées au début de l’introduction. Ce que tu trouves dans les paroles de nos sages, ainsi que dans les livres saints, que : « On ne la transmet qu’à celui dont le cœur s’inquiète en lui, etc. », cela concerne cette partie appelée « les secrets de la Torah », qui est l’aspect des trois premières sefirot et l’aspect de rosh, que l’on ne transmet qu’aux discrets, et sous des conditions connues, dont tu ne trouveras même pas la trace dans tous les livres de Kabbale, écrits ou imprimés. Car ce sont des choses que Atik Yomin a recouvertes, comme susmentionné dans la Guemara.

Et au contraire, dis-toi, est-il possible de penser, et même d’imaginer, que tous ces saints et ces justes célèbres, qui sont les grands de la nation, les plus éminents parmi les éminents, tels que le Sefer Yetsira, le Zohar, la Baraïta de Rabbi Yishmaël, Rav Haï Gaon, Rabbi Hamai Gaon, Rabbi Eliézer de Germiza, et les autres premiers jusqu’au Ramban, le Baal HaTourim, l’auteur du Shoulhan Aroukh, jusqu’au Gaon de Vilna, le Gaon de Ladi, et les autres justes, que leur mémoire soit bénie, de qui nous est venue toute la Torah révélée, et de leur bouche nous vivons, pour connaître l’action à accomplir afin de trouver grâce aux yeux du Créateur, or, tous ceux-là ont écrit et imprimé des livres de la sagesse de la Kabbale. Car il n’est pas de plus grande révélation que l’écriture d’un livre, dont l’auteur ne sait pas qui sont ceux qui étudient son livre, et il se peut que, que Dieu nous en garde, des méchants complets le consultent.

Si c’est ainsi, il n’est pas de plus grande révélation des secrets de la Torah que cela. Et que Dieu nous en garde de soupçonner, après la mort de ces saints et purs, qu’ils auraient transgressé, ne serait-ce que la pointe du youd [un minuscule point], ce qui est écrit et explicitement formulé dans la Mishna et la Guemara, qu’il est interdit de les révéler, comme il est dit dans « Ein Doreshin » (Traité Hagiga).

Plutôt, il faut nécessairement dire que tous les livres écrits et imprimés sont dans l’aspect des « saveurs de la Torah », qu’Atik Yomin a recouverts au début, puis les a révélés, selon le sens : « le palais goûte et discerne », comme susmentionné, et ces secrets-là, non seulement il n’est pas interdit de les révéler, mais au contraire, il y a une grande mitsva de les révéler (comme il a été dit plus haut dans Pessa’him 119). Et celui qui sait révéler et les révèle, sa récompense est très grande, car de la révélation de ces lumières au grand nombre, et précisément au grand nombre, dépend la venue du Juste Rédempteur, qu’il vienne bientôt, amen.

31) Et il est très nécessaire d’expliquer une fois pourquoi la venue du Juste Rédempteur dépend de la propagation de l’étude de la Kabbale au grand nombre, ce qui est si célèbre dans le Zohar et dans tous les livres de Kabbale. Et les masses ont attaché à cela des paroles vaines et creuses, à un point insupportable.

Et l’explication de cette notion est explicitement donnée dans le Tikounei Zohar (Tikoun 30, début « Netiv Tenina »), et voici ses paroles :

Sentier second : « Et l’esprit du Créateur planait sur la face des eaux. » Qu’est-ce que « et l’esprit » ? En fait, assurément, au moment où la Shekhina [divinité] descend en exil, cet esprit souffle sur ceux qui s’occupent de la Torah, à cause de la Shekhina qui se trouve parmi eux, etc.

Toute chair est comme l’herbe, tous sont comme des bêtes qui mangent de l’herbe. Et toute leur bonté est comme la fleur des champs (Isaïe 40). Toute bonté qu’ils font, ils la font pour eux-mêmes, etc. Et même tous ceux qui s’efforcent dans la Torah, toute bonté qu’ils font, ils la font pour eux-mêmes.

En ce temps-là, « Et Il Se souvint qu’ils n’étaient que chair, un esprit qui s’en va et ne revient pas » (Psaumes 78), pour toujours ; et c’est là l’esprit du Messie. Malheur à ceux qui causent qu’il s’en aille du monde et ne revienne plus jamais, car ce sont ceux qui font de la Torah une chose sèche, et ne veulent pas s’efforcer dans la sagesse de la Kabbale, qui causent que la source de la sagesse s’éloigne, qui est le Youd en elle, etc. Et cet esprit qui s’est éloigné, c’est l’esprit du Messie, et c’est l’esprit de sainteté, et c’est l’esprit de ‘Hokhma et de Bina, l’esprit de conseil et de vaillance, l’esprit de raison et de crainte du Créateur.

Deuxième précepte : « Et le Créateur dit : “Que la lumière soit !” et la lumière fut. » C’est l’amour, qui est amour de bonté, comme il est écrit : « D’un amour éternel Je t’ai aimée, c’est pourquoi Je t’ai prolongé la bonté. » Et à ce sujet il est dit : « Si vous éveillez ou si vous réveillez l’amour jusqu’à ce qu’elle le veuille », amour et crainte, qui sont son essence. Que ce soit dans le bien ou dans le mal, et à cause de cela, cela s’appelle crainte et amour, dans le but de recevoir une récompense. Et à cause de cela, le Créateur a dit : « Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les armées ou par les biches des champs, si vous éveillez ou si vous réveillez l’amour jusqu’à ce qu’elle le veuille », c’est-à-dire l’amour sans récompense, et non dans le but de recevoir une récompense, car crainte et amour dans le but de recevoir une récompense, c’est celle de la servante. « Sous trois choses la terre tremble… sous un esclave quand il règne, et une servante quand elle hérite de sa maîtresse. »

32) Et commençons à expliquer les Tikounei Zohar, de la fin au début. Car il est dit que la crainte et l’amour que l’homme a dans l’occupation de la Torah et des mitsvot, dans le but de recevoir une récompense, c’est-à-dire qu’il espère qu’il lui viendra quelque bien à cause de la Torah et du travail, cela est l’aspect de servante, à propos de laquelle il est écrit : « et la servante, car elle héritera de sa maîtresse ». Ce qui, à première vue, est difficile : or il est établi pour nous que « toujours l’homme doit s’occuper de la Torah et des mitsvot, même si ce n’est pas lishma ». Et pourquoi la terre s’est-elle émue ? De plus, il faut comprendre la relation entre l’occupation lo lishma [pas en Son Nom] et l’aspect de servante précisément ? Aussi, l’expression « qui hérite de sa maîtresse » – quelle est l’héritage qu’il y a ici ?

33) Et le fait est que tu comprendras, avec tout ce qui a été expliqué plus haut dans cette introduction, que l’occupation lo lishma n’a été permise que parce que par le fait que ce n’est pas lishma, on en vient à lishma, car la lumière qui s’y trouve le ramène vers le bien.

C’est pourquoi l’occupation lo lishma est considérée comme l’aspect de la servante qui aide et fait les travaux les plus bas pour sa maîtresse, qui est la sainte Shekhina [divinité], car finalement il en viendra à l’aspect de lishma et méritera la résidence de la Shekhina. Alors, la servante aussi, qui est l’aspect de l’occupation lo lishma, est considérée comme une servante de la Kedousha, car c’est elle qui aide et prépare la Kedousha. Mais elle est appelée l’aspect du monde de Assiya de la Kedousha.

Cependant, si sa foi n’est pas complète, que Dieu nous en garde, et qu’il ne s’occupe de la Torah et du travail que du fait que le Créateur lui a ordonné d’étudier, il a déjà été expliqué plus haut que dans une telle Torah et un tel travail, la lumière qui s’y trouve ne se révélera pas du tout, car ses yeux sont défectueux et transforment la lumière en obscurité, semblable à la chauve-souris, comme susmentionné. Et un tel aspect d’occupation est déjà sorti du domaine de la servante de la Kedousha, car il ne méritera pas, que Dieu nous en garde, par elle, d’arriver à lishma. C’est pourquoi elle passe dans le domaine de la servante de la klipa [écorce], qui hérite de cette Torah et de ce travail, et les dérobe pour elle-même.

C’est pourquoi la terre s’est émue, c’est-à-dire la Shekhina sainte, qui est appelée terre, comme il est connu. Car cette Torah et ce travail, qui devaient venir à elle, dans le patrimoine de la sainte Shekhina, la mauvaise servante les dérobe et les fait descendre dans le patrimoine des klipot [écorces]. Il s’avère que la servante hérite, que Dieu nous en garde, de la maîtresse.

34) Et les Tikounei Zohar ont expliqué le sens du serment : « Que vous ne réveilliez, ni ne stimuliez l’amour, jusqu’à ce qu’elle le veuille ». L’exigence est que les enfants d’Israël prolongent la lumière de ‘Hessed supérieure, appelée amour de ‘Hessed, car c’est cela qui est désiré. Et cela ne se prolonge précisément que par l’occupation de la Torah et des mitsvot, non dans le but de recevoir une récompense.

Et la raison en est que, par cette lumière de ‘Hessed, est prolongée pour Israël la lumière de ‘Hokhma supérieure, qui se révèle et se revêt dans cette lumière de ‘Hessed qu’Israël a prolongée. Et cette lumière de ‘Hokhma, c’est le sens du verset : « Et reposera sur lui l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse [héb : ‘hokhma] et d’intelligence, esprit de conseil et de vaillance, esprit de raison et de crainte du Seigneur » (Isaïe 11), qui est dit à propos du roi Messie. Comme il est dit plus loin : « Il dressera un étendard pour les nations, il rassemblera les exilés d’Israël, et les dispersés de Juda il les réunira des quatre coins de la terre ».

Car après que les enfants d’Israël prolongent, par la lumière de 'Hessed, la lumière de 'Hokhma, dans le sens du souffle de 'Hokhma et Bina, etc., alors se révèle le Messie, et il rassemble les exilés d’Israël, etc. Ainsi, tout dépend de l’occupation de la Torah et du travail lishma, qui est apte à prolonger la grande lumière de 'Hessed, dans laquelle se revêt et se prolonge la lumière de 'Hokhma. C’est là le sens du serment : « Si vous éveillez et si vous réveillez, etc. », car la rédemption complète et le rassemblement des exilés ne sont pas possibles sans cela, étant donné que l’ordre des conduits de la Kedousha est ainsi établi.

35) Et c’est ce qu’ils ont encore interprété : « Et l’esprit du Créateur planait sur la face des eaux. Qu’est-ce que “l’esprit du Créateur” ? En fait, assurément, au moment où la Shekhina descend en exil, cet esprit souffle sur ceux qui s’occupent de la Torah, à cause de la Shekhina qui se trouve parmi eux ».

Explication des choses : au temps de l’exil, lorsque Israël s’occupe encore de la Torah et des mitsvot lo lishma, cependant, s’ils sont dans cet aspect de « à cause de lo lishma, on parvient à lishma », alors la Shekhina est parmi eux, mais dans l’aspect d’exil, du fait qu’ils ne sont pas encore venus à lishma, comme susmentionné, dans le sens de la servante de la Kedousha.

Et c’est ce qu’il a dit : « à cause de la Shekhina qui se trouve parmi eux », c’est-à-dire dans la dissimulation. Mais à la fin, ils mériteront la révélation de la Shekhina. Et alors, l’esprit du roi Messie plane sur ceux qui s’occupent, et les éveille à venir à lishma, dans le sens de « la lumière qui s’y trouve le ramène vers le bien », qui aide et prépare à la résidence de la Shekhina, qui est leur maîtresse.

Cependant, si, que Dieu nous en garde, cette occupation de lo lishma n’est pas apte à les amener à lishma, pour les raisons susmentionnées, alors la Shekhina souffre et dit : « Toute chair est de l’herbe, tous sont comme des bêtes qui mangent de l’herbe ». Explication : il ne se trouve pas parmi ceux qui s’occupent de la Torah cet esprit de l’homme qui monte vers le haut, mais ils se contentent de l’esprit de la bête, qui descend vers le bas.

Et ils expliquent là-bas la raison : du fait que toute leur bonté est comme la fleur des champs, et même tous ceux qui s’efforcent dans la Torah, toute bonté qu’ils font, c’est pour eux-mêmes qu’ils la font. C’est-à-dire que toute leur occupation dans la Torah et les mitsvot est pour leur propre utilité et leur propre plaisir, et l’occupation dans la Torah n’est pas apte à les amener à lishma, que Dieu nous en garde.

Et c’est ce qu’il a dit là-bas : « En ce temps-là, Il se souviendra qu’ils sont chair, un esprit qui va et ne revient jamais dans le monde, et c’est l’esprit du Messie ». Explication : sur eux, l’esprit du Messie ne plane pas, mais s’éloigne d’eux et ne revient pas, car la servante impure s’empare de leur Torah et hérite de la maîtresse, comme susmentionné, parce qu’ils ne sont pas dans le chemin de venir de lo lishma à l’aspect de lishma, comme susmentionné.

Et c’est pourquoi il conclut là-bas : « Ceux-ci sont ceux qui font de la Torah une terre sèche, et ne veulent pas s’efforcer dans la sagesse de la Kabbale. » L’explication des choses : car bien qu’ils ne réussissent pas par l’occupation de la Torah révélée, du fait qu’il n’y a pas en elle de lumière, et qu’elle est sèche, à cause de la petitesse de leur raison (comme susmentionné, section 16, au début de « Et voici »), toujours est-il qu’ils pourraient réussir par l’occupation dans l’étude de la Kabbale, car la lumière qui s’y trouve est revêtue dans les vêtements du Créateur, c’est-à-dire les Noms saints et les sefirot, par lesquels ils pourraient facilement parvenir à cet aspect de « lo lishma qui les amène à lishma ».

Alors, l’esprit de Dieu planerait sur eux, selon le sens de « la lumière qui s’y trouve les ramène vers le bien ». Cependant, en aucune manière, ils ne veulent de l’étude de la Kabbale. Et c’est ce qu’il dit : « Malheur à eux qui causent la pauvreté, l’épée, le pillage, le meurtre et la perdition dans le monde, et cet esprit qui s’est retiré, c’est l’esprit du Messie, comme il est dit, c’est l’esprit de sainteté, et c’est l’esprit de sagesse et de Bina, etc. »

36) Ce qui est expliqué dans les paroles du Tikounei Zohar, c’est qu’il y a un serment que la lumière de ‘Hessed et de l’amour ne s’éveillera pas dans le monde, tant que les actes d’Israël dans la Torah et les mitsvot ne seront pas dans l’intention de ne pas recevoir de récompense, mais seulement de donner du contentement à leur Créateur, béni soit-Il, et c’est là le sens du serment : « Je vous fais jurer, filles de Jérusalem, etc. »

De sorte que toute la longueur de l’exil, et les souffrances que nous subissons, dépendent et attendent que nous méritions de pratiquer la Torah et les mitsvot lishma. Et si seulement nous méritions cela, aussitôt s’éveillerait cette lumière de l’amour et de ‘Hessed, dont la vertu est de prolonger, selon le sens du verset : « Et reposera sur lui l’esprit de ‘Hokhma et de Bina, etc. » Et alors nous mériterons la délivrance complète.

Il a aussi été expliqué qu’il est impossible que l’ensemble d’Israël parvienne à cette grande pureté, sinon par l’étude de la Kabbale, qui est la voie la plus facile, suffisante même pour ceux de petite raison.

Tandis que, par la voie de l’occupation dans la Torah révélée seulement, il est impossible de mériter par elle, sauf pour des individus d’exception, et par un grand effort, mais non pour la majorité du peuple, pour la raison expliquée plus haut, à la section 22, au début de « Cependant ». Et par cela, l’insignifiance de la quatrième et de la cinquième question, au début de l’introduction, a été bien clarifiée.

37) Et la troisième question, qui est la crainte de se rater – il n’y a ici aucune crainte, ni rien du tout. Car la question de la déviation du chemin du Créateur, que Dieu nous en garde, qui est arrivée une fois, est venue pour deux raisons :

1. Ou bien ils ont transgressé les paroles de nos Sages, concernant les choses interdites à révéler,

2. Ou bien du fait qu’ils ont saisi les paroles de la Kabbale dans leur sens extérieur, c’est-à-dire dans des indications corporelles, et ils ont transgressé « Tu ne te feras pas d’image sculptée ni aucune représentation ». C’est pourquoi, en vérité, il y avait une muraille solide autour de cette sagesse, jusqu’à aujourd’hui. Beaucoup ont essayé et commencé à étudier, mais n’ont pu continuer, par manque de compréhension et à cause des appellations corporelles.

C’est pourquoi j’ai fait l’effort, dans le commentaire « Panim Meirot ouPanim Masbirot », d’expliquer le grand livre « Etz 'Haim » du saint Ari de mémoire bénie, et de dépouiller les formes corporelles, et de les placer dans les lois spirituelles, au-dessus du lieu et du temps. De sorte que tout débutant puisse comprendre les choses dans leur goût et leur raison, avec un intellect limpide et une grande simplicité, pas moins que l’on comprend la Guemara à l’aide du commentaire de Rashi, de mémoire bénie.

38) Et nous continuerons à élargir l’obligation de l’occupation dans la Torah et les mitsvot lishma, dont j’ai commencé à parler. Voici qu’il faut comprendre ce nom de « Torah lishma ». Pourquoi le travail parfait et désiré est-il défini par ce nom « lishma », et le travail qui n’est pas désiré, par le nom de « lo lishma » ?

Car selon le sens simple – que celui qui s’occupe de la Torah et des mitsvot est obligé de diriger son cœur à faire un contentement à son Créateur, et non pour son propre bien – il aurait fallu appeler cela et le définir par le nom de « Torah lishmo [en Son Nom, masculin] » et « Torah lo lishmo [pas en Son Nom, masculin] », dont le sens est pour le nom du Ciel [masculin en hébreu].

Et pourquoi cela est-il défini par le nom de « lishma [en Son Nom, féminin] » et « lo lishma [pas en Son Nom, féminin] », dont le sens est pour le nom de la Torah [féminin en hébreu] ?

Plutôt, il est certain qu’il y a ici une compréhension supplémentaire à ce qui a été dit. Car en effet, le langage prouve que « Torah lishmo », dont le sens est faire un contentement à son Créateur, n’est pas encore suffisant, mais il faut encore que l’occupation soit lishma, c’est-à-dire « pour la Torah ». Et cela demande explication.

39) Et la notion est que l’on sait que le nom de la Torah est « Torah de vie », comme il est dit : « Car ils sont vie pour ceux qui les trouvent, etc. » (Proverbes 4, 22). Et comme il est dit : « Car ce n’est pas une parole vaine pour vous, car c’est votre vie, etc. » (Deutéronome 32, 47). Et puisqu’il en est ainsi, voici que le sens de « Torah lishma » est que l’occupation dans la Torah et les mitsvot lui apporte la vie et la longévité. Car alors, la Torah est selon son nom.

Et celui qui ne dirige pas son cœur et sa raison vers cela, il se trouve que l’occupation dans la Torah et les mitsvot lui apporte le contraire de la vie et de la longévité, que Dieu nous en garde, c’est-à-dire tout à fait « lo lishma », car son nom est « Torah de vie », et comprends.

Et ces choses sont dites explicitement dans les paroles de nos sages (Taanit 7a) : « Quiconque s’occupe de la Torah lo lishma, sa Torah devient pour lui une potion de mort. Et quiconque s’occupe de la Torah lishma, sa Torah devient pour lui une potion de vie. »

Cependant, ces paroles demandent explication : comprendre comment et en quoi la sainte Torah devient pour lui une potion de mort ? N’est-ce pas suffisant qu’il se soit efforcé en vain et pour rien, et qu’il n’ait aucun bénéfice de sa peine et de son effort, que Dieu nous en garde, mais encore la Torah et le travail eux-mêmes se transforment pour lui en potion de mort, ce qui est très étonnant.

40) Et nous comprendrons d’abord les paroles de nos sages (Méguila 6b), qui ont dit : « Je me suis efforcé et j’ai trouvé, crois-le ; je ne me suis pas efforcé et j’ai trouvé, ne le crois pas. » Il faut questionner la formulation « je me suis efforcé et j’ai trouvé », qui semblent être deux choses qui se contredisent :

1. Car « effort » est la notion de travail et de peine, que l’on donne en contrepartie de tout bien acquis. Pour un bien précieux, on donne beaucoup d’effort, et pour un bien moindre, on donne peu d’effort.

2. Et son contraire est « trouvaille », qui vient à l’homme de façon totalement inattendue, sans aucune préparation, ni peine, ni effort, ni prix.

Et dans ce cas, comment peux-tu dire : « je me suis efforcé et j’ai trouvé » ? Et s’il y a ici effort, il aurait fallu dire : « je me suis efforcé et j’ai acquis », ou « je me suis efforcé et j’ai mérité », et ainsi de suite, et non « je me suis efforcé et j’ai trouvé » ?

41) Or, il est écrit dans le Zohar, à propos du verset « et ceux qui me cherchent me trouveront », qu’ils ont interrogé à ce sujet : où trouve-t-on le Créateur ? – Et ils ont dit qu’on ne Le trouve, béni soit-Il, que dans la Torah. Et ils ont dit également à propos du verset « En vérité, Tu es un Dieu qui Se dissimule », que le Créateur Se dissimule dans la sainte Torah.

Et il faut bien comprendre leurs paroles. Car apparemment, le Créateur n’est dissimulé que dans les choses et les voies corporelles, et dans toutes les vanités de ce monde, qui sont en dehors de la Torah. Et comment peux-tu dire le contraire, que c’est seulement dans la Torah qu’Il Se dissimule ?

De plus, le sens général, que le Créateur Se dissimule de telle manière qu’il faille Le chercher, pourquoi cette dissimulation pour Lui ? De même, « tous ceux qui Le cherchent Le trouveront », ce qui est compris dans le verset « et ceux qui me cherchent me trouveront », il faut bien comprendre ce qu’est cette recherche, et ce qu’est cette trouvaille, et pourquoi sont-elles telles ce qu’elles sont ?

42) Et il faut que tu saches cependant, que la cause de tout cet éloignement, que nous sommes si éloignés du Créateur, et que nous sommes si enclins à transgresser Son désir, béni soit-Il, tout cela ne provient que d’une seule cause, qui est devenue la source de toutes les douleurs et souffrances que nous subissons, et de toutes les fautes volontaires et involontaires dans lesquelles nous trébuchons et tombons, que Dieu nous en garde.

Et avec cela, il est compris que par la suppression de cette cause, on est immédiatement délivré de toute peine et de toute douleur, et on mérite immédiatement d’adhérer à Lui, béni soit-Il, de tout cœur, âme et force. Et je te dis que cette cause première n’est autre que « la petitesse de notre compréhension de Sa Providence sur Ses créatures », que nous ne Le comprenons pas, béni soit-Il, comme il convient.

43) Et supposons, par exemple, si le Créateur se comportait avec Ses créatures avec une Providence révélée, de telle sorte que, par exemple, quiconque mange une chose interdite s’étouffe immédiatement sur place, et que quiconque accomplit une mitsva y trouve un délice merveilleux, semblable aux plus grands délices de ce monde matériel, alors :

1. Quel insensé songerait même à goûter une chose interdite, sachant qu’il perdrait aussitôt sa vie à cause de cela, tout comme il ne songerait pas à sauter dans le feu.

2. Et de même, quel insensé délaisserait un quelconque commandement sans l’accomplir aussitôt avec toute la diligence, tout comme il ne peut s’abstenir ou tarder à recevoir un grand délice matériel qui se présente à lui, sans le recevoir immédiatement, avec toute la diligence dont il est capable.

Voici donc que, si nous avions une Providence révélée devant nous, tous les habitants du monde seraient des justes complets.

44) Tu vois donc de tes yeux que dans notre monde, il ne nous manque que la Providence révélée. Car si nous avions une Providence révélée, tous les habitants du monde seraient des justes complets. Et ils adhéreraient aussi à Lui, béni soit-Il, dans l’amour le plus parfait. Car certainement, ce serait un grand honneur pour chacun de nous de se lier d’amitié et de s’adhérer à Lui, béni soit-Il, de tout cœur et de toute âme, et d’adhérer à Lui constamment, sans perdre même un instant.

Cependant, du fait qu’il n’en est pas ainsi, mais que « la récompense d’une mitsva dans ce monde n’existe pas », et que ceux qui transgressent Son désir ne sont pas du tout punis à nos yeux, mais le Créateur leur patiente, et de plus, parfois, il nous semble le contraire, que Dieu nous en garde, comme il est dit (Psaumes 73) : « Voici que ceux-là sont des méchants, et ils sont tranquilles dans le monde, ils ont acquis des richesses, etc. »

C’est pourquoi, « tout celui qui veut prendre le nom ne vient pas et ne le prend pas ». Plutôt, nous trébuchons à chaque pas, que Dieu nous en garde, jusqu’à ce que, comme nos sages l’ont dit (Vayikra Rabba, chap. 2) sur le verset : « Un homme parmi mille, j’ai trouvé », que « mille entrent dans la salle, et un seul en sort pour enseigner ».

Voici donc que la compréhension de Sa Providence est la cause de tout bien. Et l’absence de compréhension en est la cause de tout mal. Il s’avère donc qu’elle est le pivot sur lequel tous les habitants du monde tournent, que ce soit vers le châtiment ou vers la grâce.

45) Et lorsque nous examinons attentivement l’atteinte de la Providence, qui vient à la sensation des êtres humains, nous trouvons en eux quatre types, et chaque type reçoit la Providence du Créateur sur lui, de manière particulière. Ainsi, il y a ici quatre discernements de l’atteinte de la Providence. Et en vérité, il n’y en a que deux, à savoir :

1. la dissimulation de la face,

2. et la révélation de la face.

Cependant, elles se divisent en quatre. Car il y a deux discernements dans la Providence de la dissimulation de la face, qui sont :

1. une dissimulation simple [une seule dissimulation],

2. et une dissimulation dans la dissimulation.

Et deux discernements dans la Providence de la révélation de la face, qui sont :

3. la Providence de récompense et punition,

4. et la Providence de l’éternité.

Comme cela sera expliqué devant nous, avec l’aide du Créateur.

46) Et voici qu’il est écrit (Deutéronome 31, 17) : « Ma colère s’enflammera contre lui, en ce jour-là, et Je les abandonnerai, et Je dissimulerai Ma face d’eux, et il sera livré à la consommation, et beaucoup de maux et de détresses l’atteindront, et il dira en ce jour-là : N’est-ce pas parce qu’il n’y a pas de Dieu en mon sein que ces maux m’ont atteint ? Et Moi, Je dissimulerai, Je dissimulerai Ma face en ce jour-là, à cause de tout le mal qu’il a fait, car il s’est tourné vers d’autres dieux. »

Et si tu regardes les paroles, tu trouveras qu’au début il est écrit : « Ma colère s’enflammera, etc., et Je dissimulerai Ma face, etc. », c’est-à-dire une dissimulation simple. Et ensuite il est écrit : « et beaucoup de maux et de détresses l’atteindront, etc., et Moi, Je dissimulerai, Je dissimulerai Ma face, etc. », c’est-à-dire une dissimulation double. Et il faut comprendre ce qu’est cette dissimulation double.

47) Et d’abord, comprenons ce que signifie « la face » du Créateur, dont il est dit dans l’Écriture : « et Je dissimulerai Ma face ». Et comprends cela, à l’exemple d’un homme, lorsqu’il voit le visage de son ami, il le reconnaît immédiatement. Tandis que s’il le voit de dos, alors il n’est pas certain de le reconnaître, et il peut être dans le doute : « Peut-être est-ce un autre, et non mon ami ? »

Il en est de même pour ce qui est devant nous. Car tous savent et ressentent que le Créateur est bon, et que la voie du bon est de faire le bien. C’est pourquoi, lorsque le Créateur va et fait du bien à Ses créatures qu’Il a créées, comme le don de Sa main généreuse, cela est considéré comme « Sa face, béni soit-Il, est révélée à Ses créatures ». Car alors, tous Le connaissent et Le reconnaissent, puisqu’Il agit comme il convient à Son Nom, béni soit-Il, comme cela a été expliqué plus haut, au sujet de la Providence révélée. Voir là-bas.

48) Cependant, lorsqu’Il agit envers Ses créatures à l’opposé de ce qui a été dit, c’est-à-dire lorsqu’elles reçoivent des souffrances et des douleurs dans Son monde, béni soit-Il, cela est considéré comme « les arrières du Créateur », car « Sa face », c’est-à-dire Sa mesure de bonté parfaite, leur est complètement dissimulée, car cette conduite n’est pas conforme à Son Nom, béni soit-Il.

Et cela ressemble à celui qui voit son prochain de dos, qui est susceptible de douter et de penser : peut-être est-ce un autre. Et c’est ce que disent les Écritures : « Ma colère s’enflammera, etc., et Je dissimulerai Ma face d’eux, etc. » Car au moment de la colère, lorsque les créatures reçoivent des souffrances et des douleurs, il se trouve que le Créateur « dissimule Sa face », c’est-à-dire Sa mesure de bonté parfaite, et seuls Ses arrières sont révélés. Alors, il faut une grande force dans la foi envers Lui, afin de se préserver des pensées de faute, que Dieu nous en garde, du fait qu’il est difficile de Le reconnaître de dos, comme il a été expliqué. Et c’est ce qui est appelée « dissimulation simple ».

49) Cependant, lorsque, que Dieu nous en garde, les souffrances et les douleurs se multiplient de façon très grande, cela provoque une double dissimulation, qui est appelée dans les livres « dissimulation dans la dissimulation ». Ce qui signifie que même Ses arrières, béni soit-Il, ne sont pas visibles, que Dieu nous en garde. C’est-à-dire qu’ils ne croient pas que le Créateur, béni soit-Il, est en colère contre eux et les punit. Plutôt, ils attribuent cela, que Dieu nous en garde, au hasard et à la nature. Et ils en viennent à la négation de Sa Providence, béni soit-Il, dans la récompense et la punition. Et c’est ce que disent les Écritures : « Et Moi, Je dissimulerai, Je dissimulerai Ma face, etc., car il s’est tourné vers d’autres dieux. » C’est-à-dire qu’ils en viennent à la négation et se tournent vers l’idolâtrie, que Dieu nous en garde.

50) Ce qui n’est pas le cas avant cela, où l’Écriture ne parle que du discernement d’une dissimulation simple, l’Écriture conclut : « Et il dira en ce jour-là : N’est-ce pas parce qu’il n’y a pas de Dieu en mon sein, que ces maux m’ont trouvé ? » C’est-à-dire qu’ils croient encore en la Providence de la récompense et de la punition, et disent que les souffrances et les tourments leur arrivent du fait qu’ils ne sont pas en adhésion avec le Créateur, comme il est écrit : « Parce qu’il n’y a pas de Dieu en mon sein, ces maux m’ont trouvé. » Cela est considéré comme voyant encore le Créateur, mais seulement de dos. C’est pourquoi cela s’appelle « dissimulation simple », c’est-à-dire « la dissimulation de la face seulement ».

51) Ainsi, ont été expliqués les deux discernements de la perception de la Providence dissimulée, ressentie par les créatures, c’est-à-dire : dissimulation simple, et la dissimulation dans la dissimulation.

La première dissimulation – cela signifie la dissimulation de la face seulement, et les arrières sont révélés pour eux. C’est-à-dire qu’ils croient que le Créateur leur a causé les souffrances à cause de la punition. Et bien qu’il leur soit difficile de reconnaître le Créateur en permanence à travers Ses arrières, comme il a été expliqué plus haut, et qu’à cause de cela ils en viennent à la faute, toujours est-il que même alors, ils sont considérés comme étant dans l’aspect de « méchant qui n’est pas complet ». C’est-à-dire que ces fautes ressemblent à des fautes involontaires, car elles leur sont arrivées à cause de la multitude des souffrances, car dans l’ensemble, ils croient en la récompense et la punition, comme il a été dit.

52) Et la dissimulation dans la dissimulation – ce qui signifie que même les arrières du Créateur leur sont dissimulés. Car ils ne croient pas en la récompense et la punition, comme susmentionné. Alors, les fautes qu’ils ont sont considérées comme volontaires. Et ils sont appelés « méchants complets », car ils renient et disent que le Créateur ne veille pas du tout sur Ses créatures, et ils se tournent vers l’idolâtrie, comme il est écrit : « car il s’est tourné vers d’autres dieux », que Dieu nous en garde.

53) Nous devons savoir que toute la notion du travail, qui s’applique à l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, dans la voie du choix, s’applique principalement dans les deux discernements de la Providence dissimulée susmentionnés. Et sur cette période, il est dit : « Ben Hé Hé dit : selon la peine est la récompense » (Pirkei Avot, chapitre 5).

Car du fait que Sa Providence, béni soit-Il, n’est pas révélée, et qu’il est impossible de Le voir, béni soit-Il, sauf dans la dissimulation de la face, c’est-à-dire seulement par Ses arrières, semblable à un homme qui voit son prochain par derrière, et qui est susceptible de douter et de penser que c’est peut-être un autre. Ainsi, dans cette voie, le choix se trouve toujours entre les mains de l’homme – s’il accomplira Son désir, ou, que Dieu nous en garde, transgressera Son désir.

Car les souffrances et les douleurs qu’il reçoit lui apportent le doute sur l’existence de Sa Providence, béni soit-Il, sur Ses créatures, comme susmentionné – que ce soit comme dans le premier discernement, où ce sont des fautes involontaires, ou, que Dieu nous en garde, comme dans le second discernement, où ce sont des fautes volontaires, comme il est expliqué là-bas.

Dans tous les cas, il se trouve dans une grande peine et un grand effort. Et sur cette période, l’Écriture dit : « Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le… » (Ecclésiaste 9). Car il ne méritera pas la révélation de la face, ce qui signifie la mesure complète de Sa bonté, béni soit-Il, avant de s’être efforcé et d’avoir fait tout ce qui est en son pouvoir et en sa force de faire. Et selon la peine, la récompense.

54) Cependant, après que le Créateur voit que l’homme a complété la mesure de son effort, et a terminé tout ce qu’il devait faire par la force de son libre choix et de sa persévérance dans la foi en le Créateur, alors le Créateur l’aide, et il mérite l’atteinte de la Providence révélée, c’est-à-dire la révélation de la face.

Et alors, il mérite un retour au Créateur complet, dont le sens est qu’il « revient » et adhère au Créateur, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, comme cela découle de lui-même, à cause de l’atteinte de la Providence révélée.

55) Et voici que cette atteinte et ce retour au Créateur mentionnées, viennent à l’homme en deux degrés. Le premier est – l’atteinte de la Providence de récompense et de punition de façon absolue. Et, en plus d’atteindre, par une atteinte claire, la récompense de chaque mitsva dans le monde à venir, il mérite aussi d’atteindre le délice merveilleux, qui se trouve lors de l’accomplissement de la mitsva, immédiatement dans ce monde-ci. Et de même, en plus d’atteindre la punition amère qui découle de chaque faute, après sa mort, il mérite aussi de ressentir le goût amer de chaque faute, également de son vivant.

Et il est évident que celui qui mérite cette Providence révélée, est sûr de lui-même de ne plus jamais fauter. Comme un homme est certain qu’il ne se coupera pas les membres et ne se causera pas à lui-même de terribles souffrances. Et de même, il est sûr de lui-même de ne pas abandonner la mitsva, de l’accomplir immédiatement lorsqu’elle se présente à lui, comme l’homme est certain de ne pas abandonner aucun délice de ce monde-ci ou un grand profit qui se présente à lui.

56) Et par cela, tu comprendras ce qu’ont dit nos sages, de mémoire bénie : « Quel est le retour au Créateur ? Jusqu’à ce que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie. » À première vue, ces paroles étonnent : si c’est ainsi, qui montera au ciel pour entendre le témoignage du Créateur ? Et devant qui le Créateur doit-Il témoigner ce témoignage ? Et cela ne suffit-il pas que le Créateur Lui-même sache que l’homme est revenu de tout son cœur et ne fautera plus ?

Et d’après ce qui a été expliqué, la chose est tout à fait claire. Car en vérité, l’homme n’est pas absolument sûr de ne plus fauter, avant de mériter l’atteinte de la Providence de récompense et de punition expliquée, c’est-à-dire la révélation de la face comme susmentionné. Et cette révélation de la face, qui vient du salut du Créateur, est appelée « témoignage ». Car, en effet, Son salut, béni soit-Il, vers cette atteinte de récompense et de punition, c’est cela qui lui garantit de ne plus fauter, comme expliqué plus haut. Et il est donc considéré que le Créateur témoigne sur lui.

Et c’est ce qu’ils ont dit : « Quel est le retour au Créateur ? » C'est-à-dire quand l’homme sera-t-il certain d’avoir mérité le retour au Créateur complète ? C’est pourquoi ils lui ont donné un signe clair, Autrement dit, jusqu’à ce que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie. C'est-à-dire qu’il mérite la révélation de la face. Car alors, Son salut, béni soit-Il, témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie, comme expliqué.

57) Et voici que ce retour au Créateur mentionnée est appelée « retour au Créateur par crainte ». Car bien qu’il soit revenu vers le Créateur, de tout son cœur et de toute son âme, « jusqu’à ce que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie », comme il est expliqué, toujours est-il que toute cette assurance, qu’il ne fautera plus, vient à cause de sa perception et de son ressenti de la punition et des souffrances mauvaises qui découlent des fautes. C’est pourquoi il est assuré en lui-même qu’il ne fautera pas, comme susmentionné, de la même manière qu’il est assuré qu’il ne se causera pas à lui-même des souffrances terribles.

Cependant, en fin de compte, il s’avère que ce retour au Créateur et cette assurance ne sont que à cause de la crainte des punitions qui découlent des fautes. Il s’avère donc que son retour au Créateur n’est que par crainte de la punition, et c’est pourquoi il est appelé « retour au Créateur par crainte ».

58) Et avec cela, on comprend les paroles de nos sages, que « celui qui fait retour au Créateur par crainte mérite que ses fautes délibérées deviennent pour lui comme des fautes involontaires ». Et il faut comprendre : comment cela se fait-il ?

Et avec ce qui a été dit plus haut, tu comprendras bien, car il a été expliqué plus haut (section 52, au début de « Et la dissimulation »), que les fautes délibérées que l’homme commet proviennent de la réception de la Providence de la dissimulation double, qui est dissimulation dans la dissimulation, ce qui signifie qu’il ne croit pas en la Providence de récompense et de punition, que Dieu nous en garde.

Cependant, du discernement de la dissimulation, ce qui signifie qu’il croit en la Providence de récompense et de punition, mais que, à cause de la multitude des souffrances, il en vient parfois à des pensées de faute, car bien qu’il croie que les souffrances lui sont venues à cause de la punition, toujours est-il que cela ressemble à quelqu’un qui voit son ami de dos, ce qui peut entraîner un doute et lui faire penser que c’est peut-être un autre, comme il a été expliqué plus haut, là-bas, que ces fautes-là ne sont que des fautes involontaires, car il croit en général à la Providence de récompense et de punition. Voir là-bas.

59) C’est pourquoi, après qu’il a mérité le retour au Créateur par crainte susmentionnée, dont le sens est une perception claire de la Providence de récompense et de punition, au point d’être assuré qu’il ne fautera pas, alors le discernement de la dissimulation dans la dissimulation est complètement corrigé pour lui. Car maintenant, il voit de façon évidente qu’il y a une Providence de récompense et de punition. Et il lui est clair que toute la multitude des souffrances qu’il a ressenties depuis toujours lui sont venues en punition, de Sa Providence, béni soit-Il, pour les fautes qu’il a commises.

Et il est révélé, rétrospectivement, qu’il avait alors commis une grave erreur. C’est pourquoi il déracine ces fautes délibérées à leur racine. Cependant, pas complètement ; plutôt, elles deviennent pour lui comme des fautes involontaires. Autrement dit, semblables aux fautes qu’il a commises à cause de la simple dissimulation, où il a trébuché à cause de la confusion de la raison qui lui est venue de la multitude des souffrances, qui font perdre la raison à l’homme, lesquelles ne sont considérées que comme des fautes involontaires, comme il a été dit plus haut.

60) Cependant, le discernement de la dissimulation simple de la face, qu’il avait avant cela, il ne l’a pas du tout corrigé par ce retour au Créateur. Mais seulement à partir de maintenant et à l’avenir, après qu’il a mérité la révélation de la face, comme il a été dit plus haut. Cependant, pour ce qui est du passé, avant qu’il ait mérité le retour au Créateur, il lui reste la dissimulation de la face et toutes les fautes involontaires comme elles étaient, sans aucune correction ni changement. Car même alors, il croyait que les malheurs et les souffrances lui étaient venus à cause de la punition, comme il est dit : « Et il dira en ce jour-là : parce qu’il n’y a pas de Dieu en mon sein, ces maux m’ont trouvé. » Comme susmentionné, voir là-bas.

61) C’est pourquoi, il n’est pas encore appelé « juste complet ». Car celui qui mérite la révélation de la face, ce qui signifie la mesure de Sa bonté parfaite, comme il convient à Son Nom, béni soit-Il, comme susmentionné, section 55, début « Et voici », c’est lui qui est appelé du nom de « juste », du fait qu’il justifie Sa Providence, béni soit-Il, telle qu’elle est en vérité. C’est-à-dire qu’Il agit envers Ses créatures avec la perfection du bien et la perfection de la complétude, de sorte qu’Il fait du bien aux méchants et aux bons.

C’est pourquoi, puisque l’homme a mérité la révélation de la face, à partir de là il est digne d’être appelé du nom de « juste ». Cependant, du fait qu’il n’a pas corrigé complètement, mais seulement le discernement de dissimulation dans la dissimulation, mais le discernement de la dissimulation simple, il ne l’a pas encore corrigé, mais seulement à partir de maintenant, comme susmentionné, il s’ensuit que ce temps-là, c’est-à-dire avant qu’il ait mérité le retour au Créateur, il n’est pas encore digne d’être appelé du nom de « juste », car alors il lui restait la dissimulation de la face, comme auparavant. C’est pourquoi il est appelé « juste qui n’est pas complet ». C’est-à-dire qu’il lui reste encore à corriger son passé.

62) Et il est aussi appelé « intermédiaire ». Du fait qu’après avoir mérité, en tout cas, le « retour au Créateur par crainte », il devient apte, par l’occupation complète de la Torah et des bonnes actions, à mériter aussi le « retour au Créateur par amour ». Alors, il méritera l’aspect de juste complet. C’est pourquoi il se trouve maintenant qu’il est l’intermédiaire, entre la crainte et l’amour, et c’est pour cela qu’il est appelé « intermédiaire ». Tandis qu’avant cela, il n’était pas du tout apte, même à se préparer au « retour au Créateur par amour ».

63) Et voici que le premier degré de l’atteinte de la révélation de la face a été bien expliqué, c’est-à-dire l’atteinte et la sensation de la Providence de récompense et de punition. De sorte que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie, comme susmentionné. C’est cela qui est appelé « retour au Créateur par crainte », où les fautes deviennent pour lui comme des fautes involontaires. Et il est appelé « juste qui n’est pas complet ». Et il est aussi appelé « intermédiaire », comme expliqué.

64) Et maintenant, nous expliquerons le second degré de l’atteinte de la révélation de la face, qui est l’atteinte de la Providence véritable, complète et éternelle. Ce qui signifie que le Créateur veille sur Ses créatures dans l’aspect du Bon et Bienfaisant envers les méchants et les bons. Et maintenant, il est appelé « juste complet » et « retour au Créateur par amour ». Celui qui mérite que les fautes se transforment pour lui en mérites.

Et voici que les quatre discernement de la compréhension de la Providence, qui s’appliquent aux créatures, ont été expliqués. Les trois premiers discernements, qui sont : double dissimulation, dissimulation simple, et l’atteinte de la Providence de récompense et de punition – ne sont que des préparations, par lesquelles l’homme mérite le quatrième discernement, qui est l’atteinte de la Providence véritable et éternelle, dont la notion sera expliquée devant nous, avec l’aide du Créateur.

65) Et il faut comprendre cependant, pourquoi il ne suffit pas à l’homme du troisième discernement, qui est l’atteinte de la Providence de récompense et de punition ? Nous avons dit qu’il a déjà mérité que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne fautera plus. Et pourquoi est-il encore appelé « intermédiaire » ou « juste qui n’est pas complet », et son nom témoigne sur lui que son travail n’est pas encore agréé aux yeux du Créateur ? Et il se trouve encore un manque et une déficience dans l’aspect de sa Torah et de son travail ?

66) Nous commencerons par clarifier ce que les commentateurs ont questionné au sujet du commandement de l’amour du Créateur. Car comment la sainte Torah nous a-t-elle obligés à un commandement qu’il n’est pas du tout en notre pouvoir d’accomplir ? En effet, pour tout le reste, il est possible à l’homme de se contraindre et d’assujettir lui-même pour l’accomplir, mais pour l’amour, aucun assujettissement ni contrainte au monde n’est utile.

Et ils ont répondu que du fait que l’homme accomplit tous les 612 mitsvot comme il se doit, l’amour du Créateur vient à lui de lui-même. C’est pourquoi cela est considéré comme étant en son pouvoir de l’accomplir. Car il peut assujettir et contraindre lui-même dans les 612 mitsvot pour les accomplir comme il se doit, et alors il mérite aussi l’amour du Créateur.

67) Cependant, leurs paroles nécessitent encore une large clarification, car, en fin de compte, l’amour du Créateur n’aurait pas dû nous parvenir en tant que commandement, puisque nous n’avons en cela aucun acte ni assujettissement du tout de notre part, mais qu’il vient de lui-même après que nous soyons complétés dans les 612 mitsvot. Et si c’est ainsi, le commandement des 612 mitsvot nous suffit et cela est entièrement suffisant. Et pourquoi le commandement de l’amour a-t-il été écrit ?

68) Et afin de comprendre cela, il faut d’abord une compréhension véritable de l’essence même de l’amour du Créateur. Et il faut savoir que toutes les tendances et les qualités qui sont enracinées dans l’homme, pour s’en servir envers ses semblables, toutes ces tendances et qualités naturelles, toutes sont nécessaires au travail du Créateur, béni soit-Il. Et au commencement, elles n’ont été créées et enracinées dans l’homme qu’à cause de leur fonction finale, susmentionnée, qui est le but et la fin de tout homme, selon ce qui est écrit : « Et il ne sera pas repoussé de Lui un repoussé », car alors, il aura besoin de toutes, afin de se compléter avec elles dans les voies de la réception de l’abondance, et de compléter le désir du Créateur.

Et c’est ce qui est dit : « Tout ce qui est appelé de Mon Nom et pour Ma gloire, Je l’ai créé, etc. » (Isaïe 43, 7). Et aussi : « Tout ce que le Créateur a fait, Il l’a fait pour Son but, etc. » (Proverbes 16, 4). Cependant, entre-temps, il a été préparé pour l’homme un monde entier, afin que toutes ces tendances et qualités naturelles en lui se développent et se perfectionnent, par le fait qu’il s’en occupe avec les créatures, de façon qu’elles soient dignes de leur but.

Et c’est ce qu’ont dit nos sages : « L’homme doit dire : c’est pour moi que le monde a été créé », du fait que toutes les créatures du monde sont nécessaires à l’individu, car ce sont elles qui développent et préparent ses tendances et ses qualités, à chaque individu, jusqu’à ce qu’elles soient aptes et deviennent des kelim [récipients] pour le service du Créateur, béni soit-Il.

69) Et puisque c’est ainsi, il nous faut comprendre l’essence de l’amour du Créateur, à partir des mesures de l’amour que l’homme pratique envers son prochain. Car nécessairement, l’amour du Créateur est aussi influencée par ces mesures. Car au commencement, elles n’ont été enracinées dans l’homme que pour Son Nom, béni soit-Il, comme expliqué plus haut.

Et lorsque nous examinons les mesures de l’amour entre un homme et son prochain, nous y trouvons quatre mesures d’amour, l’une au-dessus de l’autre. Autrement dit, deux qui sont quatre.

70) La première – c’est l’amour qui dépend d’une chose. Ce qui signifie, qu’en raison de la grande bonté, du délice et de l’utilité qu’il a reçus de son ami, son âme s’est adhérée à lui d’un amour merveilleux. Et en cela, il y a deux mesures :

Première mesure – qu’avant qu’ils ne se connaissent et ne s’aiment l’un l’autre, ils se sont causé du tort l’un à l’autre, mais ils ne veulent pas s’en souvenir, car « sur toutes les fautes l’amour couvrira ».

Et la seconde mesure – c’est qu’ils ne se sont jamais fait que du bien et de l’utilité l’un à l’autre, et aucun souvenir de dommage ou de mal quelconque n’existe jamais entre eux.

[Note de l’éditeur : la section 71 manque dans l’original]

72) La seconde – c’est l’amour qui ne dépend pas d’une chose. Ce qui signifie, qu’il a reconnu la valeur de son ami, qui est remarquable et s’élève de façon extraordinaire, au-delà de toute estimation et de toute imagination, de sorte que son âme s’est adhérée à lui d’un grand amour sans fin.

Et là aussi, il y a deux mesures :

La première mesure – c’est avant qu’il ne connaisse toutes les conduites et occupations de son ami avec d’autres, alors cet amour est considéré comme « un amour non absolu », du fait qu’il se trouve que son ami a certaines affaires avec d’autres, qui, en surface, semblent causer du tort et du dommage à ceux-ci, par négligence, de sorte que si l’aimant les voyait, toute la valeur de son ami serait entachée, et l’amour serait abîmé entre eux. Mais il n’a pas encore vu ces affaires-là, et c’est pourquoi leur amour est encore entier et grand avec une intensité particulière.

73) La deuxième mesure – dans « l’amour qui n’est pas dépendant d’une chose », c’est la quatrième mesure de l’amour dans son ensemble. Elle vient aussi de la reconnaissance de la valeur de son ami comme susmentionné. Mais, de plus, maintenant il connaît toutes ses affaires et ses conduites avec chaque personne, pas une seule n’est omise, et il a vérifié et trouvé que non seulement il n’y a en elles aucune trace de défaut, mais que son bienfait envers eux est immense, sans fin, et dépasse toute estimation et toute imagination. Et maintenant, c’est « un amour éternel et absolu ».

74) Et voici que toutes celles-ci, les quatre mesures de l’amour, qui existent entre un homme et son prochain, existent aussi entre l’homme et le Créateur. Et plus encore, elles deviennent ici, dans l’amour du Créateur, des degrés – selon le mode de cause et conséquence. Et il est impossible de mériter l’un d’eux, avant de mériter la première mesure de l’amour dépendant d’une chose, et après l’avoir méritée dans sa perfection, cette première mesure lui cause de mériter la deuxième mesure, et après l’avoir méritée dans la deuxième mesure et être parvenu à sa fin, elle lui cause de mériter la troisième mesure, et ainsi la troisième mesure à la quatrième mesure, à l’amour éternel.

75) Et selon cela, la question se pose : comment est-il concevable pour l’homme de mériter le premier degré de l’amour du Créateur, qui est la première mesure de « l’amour dépendant d’une chose », dont le sens est un amour qui vient à cause de la grande bonté qu’il a reçue de l’aimé, alors qu’il est établi que la récompense d’une mitsva dans ce monde n’existe pas ?

Et a fortiori selon ce qui a été expliqué, que tout homme est obligé de passer par les deux premiers discernements de la Providence, dans la voie de la dissimulation de la face, dont le sens est que Sa face, c’est-à-dire la mesure de Sa bonté, béni soit-Il, car il est dans la nature du bon de faire du bien, sont dissimulées à ce moment-là, comme susmentionné (section 47, début « Et d’abord »), voir là-bas, et c’est pourquoi ils reçoivent alors douleur et souffrances, comme il est dit là-bas ?

Cependant, il a été expliqué que toute l’occupation de la Torah et du travail, dans la voie du choix, s’applique principalement à cette époque de la dissimulation de la face, voir là-bas. Et si c’est ainsi, comment est-il concevable de mériter la deuxième mesure de l’amour dépendant d’une chose, dont le sens est que, depuis toujours jusqu’à ce jour, l’aimé ne lui a fait que de nombreux et merveilleux bienfaits, et ne lui a causé aucune trace de mal, et à plus forte raison, de mériter le troisième ou le quatrième degré ?

76) Cependant, en effet, nous avons plongé dans des eaux puissantes. Et au minimum, nous devons remonter d’ici une perle précieuse. Et c’est pourquoi nous allons expliquer le propos de nos sages (Berakhot 17) : « Lorsque les sages prenaient congé de la maison de Rabbi Ami [certains parlent de la maison de Rabbi 'Hanina], ils lui disaient ainsi : “Ton monde, tu le verras dans ta vie, et ta fin dans la vie du monde à venir, etc., et tes pas courront pour entendre les paroles de l’Ancien des jours.” » Jusqu'ici ses mots.

Et il y a ici à comprendre : pourquoi n’ont-ils pas dit « Ton monde, tu le recevras dans ta vie », mais seulement « tu le verras » ? Et s’ils sont venus bénir, ils auraient dû bénir de façon complète, c’est-à-dire qu’il atteigne et reçoive son monde dans sa vie ? De plus, il y a à comprendre en général : pourquoi l’homme a-t-il besoin de voir son monde à venir dans sa vie, est-ce une souffrance que sa fin soit pour la vie du monde à venir ? Et encore, pourquoi ont-ils placé cette bénédiction en premier ?

77) Et voici qu’avant tout, il faut comprendre : cette vision de son monde à venir dans sa vie, comment est-elle ? Car il est certain qu’avec les yeux corporels, on ne voit rien de spirituel. Et il n’est pas dans la manière du Créateur de changer l’ordre de la création. Car tous les ordres de la création, depuis le commencement, le Créateur ne les a pas ordonnés ainsi, si ce n’est du fait qu’ils sont les plus réussis pour le but désiré d’eux, c’est-à-dire que l’homme mérite, par leur intermédiaire, d’adhérer à Lui, comme susmentionné, comme il est écrit : « Tout ce qu’a fait le Créateur, Il l’a fait pour Lui-même. » Et si c’est ainsi, il y a à comprendre : comment est-il concevable pour l’homme de voir son monde dans sa vie ?

78) Et je te dis que cette vision, l’homme y parvient par « l’ouverture des yeux » dans la sainte Torah, comme il est dit : « Ouvre mes yeux et je contemplerai les merveilles de Ta Torah. » Et sur cela, on fait jurer l’âme, avant son entrée dans le corps (Nidda 30b) : « Même si tout le monde te dit que tu es juste, sois à tes yeux comme un méchant. » Autrement dit, « à tes yeux » précisément. Explication : tant que tu n’as pas mérité l’ouverture des « yeux » dans la Torah, considère-toi comme un méchant, et ne te trompe pas toi-même par la renommée que tu as dans le monde entier d’être juste.

Et par cela tu comprendras aussi pourquoi ils ont placé la bénédiction de « Ton monde, tu le verras dans ta vie » en tête des bénédictions. Car avant cela, il ne mérite même pas l’aspect de « juste qui n’est pas complet ».

79) Cependant, il y a à comprendre : si vraiment il sait de lui-même qu’il a déjà accompli toute la Torah entière, et que tout le monde entier en a convenu ainsi, pourquoi tout cela ne lui suffit-il pas du tout, mais il est assermenté et tenu de se considérer comme un méchant ? Et du fait qu’il lui manque ce degré merveilleux de l’ouverture des yeux dans la Torah, de voir son monde dans sa vie, tu le compares à un méchant ? Cela est des plus étonnant.

80) Cependant, ont déjà été expliqués les quatre chemins de leur atteinte par les êtres humains, de Sa Providence, béni soit-Il, sur eux, qui sont : deux du côté de la dissimulation de la face, et deux du côté de la révélation de la face. Et il a été expliqué la raison de la dissimulation de la face aux créatures, qu’elle est avec une grande intention, afin de donner place aux êtres humains de s’efforcer et de s’occuper de Son travail, béni soit-Il, dans la Torah et les mitsvot, dans l’aspect du « choix ».

Car alors, le contentement s’élève devant le Créateur, de leur travail dans Sa Torah et Ses mitsvot, plus que Son contentement des anges d’en haut, qui n’ont pas de choix, mais qui sont contraints dans leur mission, comme il est connu. Il y a aussi d’autres raisons très déterminantes, qu’il n’est pas ici le lieu de rallonger.

81) Et malgré toute la louange dite sur l’aspect de la dissimulation de la face, elle n’est pas considérée comme perfection, mais seulement comme un « passage ». Car c’est le lieu d’où l’on mérite toute la perfection espérée. C’est-à-dire que toute la récompense d’une mitsva, qui est préparée pour l’homme, il ne la mérite que par son effort dans la Torah et les bonnes actions, au temps de la dissimulation de la face. Autrement dit, du temps où il s’occupe par la force du « choix ».

Car alors il a de la peine, à cause de son surmontement dans sa foi au Créateur dans l’accomplissement de Son désir, et toute la récompense de l’homme n’est mesurée que selon la peine qu’il souffre dans l’accomplissement de la Torah et de la mitsva, comme les paroles de Ben Hé Hé : « Selon la peine est la récompense. »

82) C’est pourquoi, tout homme est obligé de passer par ce « passage », du temps de la dissimulation de la face. Et lorsqu’il complète cela, alors il mérite l’atteinte de la Providence révélée, c’est-à-dire la révélation de la face, comme susmentionné.

Et avant qu’il ait mérité la révélation de la face, et bien qu’il voie les arrières, il ne lui est pas possible de ne pas en venir un jour à une transgression, comme susmentionné à l’endroit « Nous devons ». Et non seulement il n’est pas en mesure d’accomplir tous les 613 mitsvot, du fait que l’amour ne vient pas par la contrainte et la coercition, mais même dans les 612 mitsvot, il n’est pas non plus complet, car même sa crainte n’est pas établie comme il se doit, comme susmentionné.

Et c’est le sens de ce que « Torah » a la guématria de 611, que toute la guématria vient du sens des arrières ; que même les 612, il ne peut les accomplir comme il se doit. Et c’est le sens de : « Il ne craindra pas à jamais, etc. », mais finalement il mérite la révélation de la face, comme susmentionné.

83) Et voici que le premier degré de la révélation de la face – qui est « l’atteinte de la Providence de récompense et de punition dans une clarification absolue » – cela ne vient à l’homme que par le salut du Créateur, béni soit-Il, lorsqu’il mérite l’ouverture des yeux dans la sainte Torah par une atteinte merveilleuse, « et il devient comme une source qui se renforce », comme l’a dit Rabbi Meïr (Pirké Avot, chapitre 6). Et dans chaque mitsva de la sainte Torah, qu’il a déjà accomplie à travers l’effort de son choix, il mérite et voit en elle la récompense de la mitsva qui lui est destinée pour le monde à venir. Ainsi que la grande perte qu’il y a dans la transgression.

84) Et bien que la récompense ne soit pas encore parvenue entre ses mains, car « la récompense d’une mitsva dans ce monde n’existe pas », toujours est-il que cette atteinte claire lui suffit, à partir de maintenant, pour ressentir le grand délice lors de l’accomplissement de chaque mitsva, car « tout ce qui est destiné à être perçu est comme perçu ».

Par exemple, comme un commerçant qui a fait une affaire et en a tiré un grand profit : bien que le profit doive lui parvenir après un long moment, toujours est-il que s’il est certain, sans la moindre ombre de doute, que le profit lui parviendra en son temps, alors pour lui la joie est la même que si le profit lui était parvenu immédiatement.

85) Et il est évident qu’une telle Providence révélée témoigne de lui que, dorénavant, il adhérera à la Torah et aux mitsvot de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. Et de même, qu’il s’éloignera et fuira les transgressions, comme on fuit devant le feu.

Et bien qu’il ne soit pas encore un juste complet, comme susmentionné, du fait qu’il n’a pas encore mérité le retour au Créateur par amour, toujours est-il que sa grande adhésion à la Torah et aux bonnes actions l’aide, petit à petit, à mériter aussi le retour au Créateur par amour, c’est-à-dire le second degré de la « révélation de la face ». Et alors il peut accomplir tous les 613 mitsvot dans la perfection, et il devient un juste complet.

86) Et maintenant, il nous est bien clair ce que nous avons questionné au sujet du serment, que l’on fait prêter à l’âme avant sa venue dans ce monde, selon lequel « même si tout le monde te dit : tu es un juste, sois à tes propres yeux comme un méchant ».

Nous avons questionné : puisque le monde entier est d’accord avec lui qu’il est un juste, pourquoi est-il obligé de se considérer comme un méchant, et tout le monde entier ne serait-il pas digne de confiance pour lui ? Et il faut encore ajouter une question sur l’expression « même si tout le monde entier dit, etc. », quel est le rapport du témoignage du monde entier ici ? Or, l’homme se connaît lui-même mieux que tout le monde entier, et il aurait fallu lui faire jurer : « même si tu sais toi-même que tu es un juste, etc. »

Et la question est encore plus difficile : n’est-ce pas une guémara explicite (Berakhot 61) : « Rava a dit : que l’homme sache en son âme s’il est un juste complet ou non ». Jusqu'ici ses mots. Voilà qu’il y a une obligation et une réalité d’être véritablement un juste complet. Et plus encore, il est obligé de rechercher et de savoir en lui-même cette vérité. Si c’est ainsi, comment fait-on jurer l’âme de « toujours se considérer comme un méchant », et de ne jamais connaître la vérité en elle-même, alors que nos sages, de mémoire bénie, ont imposé le contraire, comme cela a été expliqué ?

87) Cependant, les choses sont très précises, car l’homme lui-même, tant qu’il n’a pas mérité l’ouverture des yeux dans la Torah dans une atteinte merveilleuse, jusqu’à ce que cela lui suffise pour une atteinte claire dans l’atteinte de la récompense et de la punition, alors il est certain qu’il ne pourra en aucune manière se tromper lui-même, en se considérant comme un juste – car il ressent nécessairement qu’il lui manque les deux mitsvot les plus englobantes de la Torah, qui sont « l’amour » et « la crainte ».

Car même, mériter la « crainte » dans la perfection, c’est-à-dire, de telle manière « que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie », à cause de la grande crainte de la punition et de la perte de la transgression, comme susmentionné, cela n’est pas concevable pour l’homme du tout, avant qu’il ne mérite une atteinte complète, claire et absolue, dans la Providence de la récompense et de la punition, c’est-à-dire, le mérite du premier degré de la révélation de la face, qui vient à l’homme par l’ouverture des yeux dans la Torah, comme susmentionné.

Et il n’est pas besoin de dire pour « l’amour », dont la notion est entièrement hors de la portée de sa capacité, car elle dépend de la corde du cœur, et aucun effort ni aucune contrainte ne lui sont utiles ici.

88) Et c’est pourquoi, la formulation du serment est : « Et même si tout le monde te dit que tu es un juste, etc. » Car ces deux mitsvot, « amour et crainte », sont confiées seulement à l’homme lui-même, et aucun des habitants du monde, excepté lui, ne peut les discerner ni les connaître.

Et c’est pourquoi, dès qu’on le voit accompli dans les 611 mitsvot, immédiatement on dit, qu’à coup sûr, il a aussi les mitsvot de l’amour et de la crainte. Et du fait que la nature de l’homme oblige à croire le monde, il est très susceptible de tomber dans une grave erreur. C’est pourquoi, on fait jurer l’âme à ce sujet, avant même sa venue dans ce monde-ci. Et puisse cela nous être utile. Cependant, l’homme, pour lui-même, est certainement obligé d’examiner et de savoir dans son âme, s’il est un juste complet, comme susmentionné.

89) Il est aussi bien compris ce que nous avons questionné plus haut, au sujet du mérite de l’amour. Nous avons questionné : comment est-il possible de mériter, même le premier degré de l’amour, alors que « nous tenons que la récompense de la mitsva dans ce monde n’existe pas » ?

Et maintenant cela est bien compris, car il n’est pas nécessaire de recevoir réellement la récompense de la mitsva dans sa vie, car c’est pourquoi ils ont précisément dit : « Ton monde, tu le verras dans ta vie, et ta fin pour la vie du monde à venir ». Autrement dit, pour enseigner que « la récompense de la mitsva dans ce monde n’existe pas », mais dans le monde à venir. Cependant, voir, savoir et ressentir la récompense de la mitsva, qui viendra dans le monde à venir, il est vraiment obligé de le savoir, avec une clarté totale, alors qu’il est encore en vie, c’est-à-dire, par son atteinte merveilleuse dans la Torah, comme susmentionné. Car alors il mérite, en tout cas, l’aspect de « l’amour dépendant d’une chose », qui est le premier degré de la sortie de la dissimulation de la face, et de son entrée dans la révélation de la face. Ce qui est nécessaire à l’homme, pour l’accomplissement de la Torah et des mitsvot comme il convient, de telle manière « que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie ».

90) Et désormais, du fait qu’il s’efforce dans la garde de la Torah et des mitsvot, dans l’aspect de « amour dépendant d’une chose », qui lui vient de la connaissance de « la récompense qui l’attend dans le monde futur », dans l’aspect de « tout ce qui est destiné à être perçu, est comme perçu », comme susmentionné au début du paragraphe « Et bien que ».

Alors il avance et mérite le second degré de la révélation de la face, qui est l’aspect de Sa Providence, béni soit-Il, sur le monde, à cause de Son éternité et de Sa véracité, c’est-à-dire qu’Il est « Bon et Bienfaisant envers les mauvais et envers les bons ». Et il mérite « un amour qui n’est pas dépendant d’une chose », alors « les fautes deviennent pour lui comme des mérites ». Et à partir de là, il est appelé « juste complet », car il peut accomplir la Torah et les mitsvot avec amour et crainte. Et il est appelé « complet », car il possède l’ensemble des six cent treize mitsvot dans la perfection.

91) Et cela explique aussi ce que nous avons questionné plus haut, concernant celui qui mérite le troisième discernement de la Providence, c’est-à-dire « la Providence de récompense et de punition », que déjà « Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie ». Et néanmoins, il est encore appelé seulement « juste qui n’est pas complet », comme il a été dit.

Et maintenant, cela est bien compris, car en fin de compte, il lui manque encore « un commandement », c’est-à-dire le commandement de l’amour, comme cela a été expliqué. Et il n’est certainement pas complet, car il doit nécessairement compléter le nombre des six cent treize mitsvot, qui sont nécessairement le premier pas sur le seuil de la perfection.

92) Et selon tout ce qui a été dit, seront bien éclaircies pour nous les questions explicites qu’ils ont posées : comment la Torah nous a-t-elle obligés au commandement de l’amour, alors que ce commandement n’est pas du tout en notre main pour nous en occuper et y toucher, même d’un contact quelconque ?

Et maintenant tu comprendras et tu verras, que sur cette chose, nos sages, de mémoire bénie, nous ont avertis : « Je me suis efforcé et je n’ai pas trouvé, ne crois pas ». Et aussi : « Qu’un homme s’occupe toujours de la Torah et des mitsvot lo lishma, car de lo lishma, il en vient à lishma » (Pessa’him 50b). Et aussi, sur cela, l’Écriture témoigne : « Ceux qui me cherchent me trouveront » (Proverbes 8).

93) Et c’est le langage de nos sages, de mémoire bénie (Méguila 6b) : « Rabbi Yits’hak a dit : Si quelqu’un te dit : “Je me suis efforcé et je n’ai pas trouvé”, ne crois pas. “Je ne me suis pas efforcé et j’ai trouvé”, ne crois pas. “Je me suis efforcé et j’ai trouvé”, crois. Cela concerne les paroles de la Torah, mais dans les affaires commerciales, c’est l’aide du ciel. »

Or, nous avons questionné plus haut, dans la section 40, au début du paragraphe « Et nous comprendrons », sur ce qui est dit : « Je me suis efforcé et j’ai trouvé, crois », que le langage semble se contredire lui-même. Car l’effort concerne l’acquisition, et la trouvaille concerne une chose qui lui parvient sans aucun labeur et à l’improviste. Il aurait dû dire : « Je me suis efforcé et j’ai acquis », comme il a été dit.

Cependant, sache que ce langage de « trouvaille » mentionné ici, se réfère au langage de l’Écriture : « Ceux qui me cherchent me trouveront ». Et cela concerne « la trouvaille de la face du Créateur », comme il est dit dans le Zohar, qu’« ils ne Le trouvent, béni soit-Il, que seulement dans la Torah ». C’est-à-dire que par l’effort dans la Torah, on mérite de trouver la révélation de la face du Créateur.

Et c’est pourquoi, nos sages de mémoire bénie ont été précis dans leurs paroles, et ont dit : « Je me suis efforcé et j’ai trouvé, crois. » Car « l’effort » est dans la Torah, et la « trouvaille » est dans la révélation de la face de Sa Providence, béni soit-Il (comme susmentionné, section 47, au début de « Et d’abord »).

Et intentionnellement ils n’ont pas dit : « Je me suis efforcé et j’ai mérité, crois », ou : « Je me suis efforcé et j’ai acquis », car alors il y aurait eu place à l’erreur dans les paroles, que le mérite ou l’acquisition ne concerneraient que l’acquisition de la Torah seulement. Et c’est pourquoi ils ont été précis dans le terme « j’ai trouvé », pour indiquer que l’intention concerne une chose supplémentaire à l’acquisition de la Torah, c’est-à-dire la trouvaille de la révélation de Sa face, de Sa Providence, comme expliqué.

94) Et par cela s’explique aussi ce qui est dit : « Je ne me suis pas efforcé et j’ai trouvé, n’y crois pas. » Car, à première vue, cela étonne : quel naïf pourrait penser qu’il est possible de mériter la Torah sans qu’il soit nécessaire de s’efforcer pour elle ? Néanmoins, du fait que les choses tournent autour du verset « et ceux qui me cherchent me trouveront » (Proverbes 8, 17), dont le sens est que quiconque, petit ou grand, cherche le Créateur, le trouve immédiatement, car ainsi l’indique le terme « et ceux qui me cherchent ». Et il aurait été possible de penser qu’il n’est pas nécessaire pour cela de tant d’effort. Et même une personne moindre, qui n’est pas prête à fournir pour cela aucun effort, lui aussi trouverait le Créateur. C’est pourquoi nos sages, de mémoire bénie, nous ont mis en garde : ne crois pas à une telle interprétation, mais l’effort est ici indispensable. Et « je ne me suis pas efforcé et j’ai trouvé, n’y crois pas ».

95) Et par cela tu comprendras pourquoi la Torah est appelée « vie », comme il est dit : « Vois, J’ai placé devant toi aujourd’hui la vie et le bien, etc. » (Deutéronome 30, 15). Et aussi : « Et tu choisiras la vie, etc. » Et aussi : « Car ils sont vie pour ceux qui les trouvent » (Proverbes 4, 22).

Car cette chose découle du verset : « Car dans la lumière de la face du Roi est la vie » (Proverbes 16). Du fait que le Créateur est la source de toute vie et de tout bien, c’est pourquoi la vie se prolonge vers ces branches qui adhèrent à leur source, ce qui est dit à propos de ceux qui se sont efforcés et ont trouvé la lumière de Sa face, béni soit-Il, dans la Torah. C’est-à-dire qui ont mérité l’ouverture des yeux dans la Torah, dans une atteinte merveilleuse, jusqu’à ce qu’ils aient mérité la révélation de la face, ce qui signifie l’atteinte de la véritable Providence, qui convient à Son Nom, béni soit-Il, « le Bon », et que la voie du bon est de faire du bien. (Comme susmentionné au début du passage « Et voici », voir là-bas.)

96) Et ces méritants-là ne peuvent déjà plus se séparer eux-mêmes de l’accomplissement de la mitsva comme il se doit, comme un homme qui ne peut se séparer d’un délice merveilleux qui est arrivé entre ses mains. Et de même, ils fuient la faute comme on fuit devant un incendie, comme susmentionné au début du passage « Et voici », voir là-bas.

Et à leur sujet il est dit : « Et vous, qui adhérez au Seigneur votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui », du fait que Son amour, béni soit-Il, leur parvient et s’écoule vers eux dans un amour naturel, par les canaux naturels qui sont préparés pour l’homme par la nature de la création, car maintenant la branche se trouve adhérée à sa racine comme il convient, et la vie s’écoule vers elle en abondance depuis sa source sans interruption. Et pour cela, la Torah est appelée « vie ».

97) C’est pourquoi nos sages, de mémoire bénie, nous ont mis en garde en de nombreux endroits sur la condition requise dans l’étude de la Torah, qu’elle soit précisément lishma. Autrement dit, de façon à mériter par elle la « vie », car la Torah de vie elle est. Et pour cela, elle nous a été donnée, comme il est dit : « Et tu choisiras la vie ».

C’est pourquoi chaque homme est obligé, au moment de l’étude de la Torah, de s’efforcer en elle, et de porter son attention et son cœur à y trouver la lumière de la « face » du Roi vivant, c’est-à-dire l’atteinte de la Providence révélée, qui est appelée « lumière de la face », comme susmentionné au début du passage « Et au commencement ».

Et chaque homme est apte à cela, comme il est écrit : « Et ceux qui me cherchent me trouveront ». Et comme il est écrit : « Je me suis efforcé et je n’ai pas trouvé, ne crois pas ». Et il ne manque à l’homme en cette chose que l’effort seulement. Et c’est ce qu’il est dit : « Quiconque s’occupe de la Torah lishma, sa Torah devient pour lui une potion de vie » (Taanit 7a). Autrement dit, seulement qu’il donne son esprit et son cœur pour mériter la vie, et c’est là le sens de lishma, comme cela a été expliqué.

98) À présent tu verras, que ce que les commentateurs ont objecté sur le commandement de l’amour, en disant que ce commandement n’est pas en notre main, du fait que l’amour ne vient pas par la contrainte et la soumission – ce n’est pas du tout une objection, car cela est entièrement en notre main. Car en effet, il est possible à chaque homme de s’efforcer dans la Torah jusqu’à ce qu’il trouve l’atteinte de Sa Providence, béni soit-Il, révélée, comme il est dit de mémoire bénie : « Je me suis efforcé et j’ai trouvé, crois ». Et lorsqu’il mérite la Providence révélée, déjà l’amour s’écoule vers lui d’elle-même, par des canaux naturels, comme susmentionné.

Et celui qui ne croit pas qu’il lui est possible de mériter cela par son effort, quelle qu’en soit la raison, il s’ensuit nécessairement qu’il ne croit pas, que Dieu nous en garde, aux paroles de nos sages, mais s’imagine que l’effort n’est pas suffisant pour chaque homme, ce qui est à l’encontre de ce qu’il est dit : « Je me suis efforcé et je n’ai pas trouvé, ne crois pas ». Et de même, à l’encontre des paroles de l’Écriture, qui dit : « Et ceux qui me cherchent me trouveront ». Autrement dit, « et ceux qui me cherchent » précisément, qui que ce soit, petit ou grand. Cependant, à l’effort il est certainement tenu.

99) Et de ce qui a été expliqué, tu comprendras aussi ce qu’ont dit nos sages : « Quiconque s’occupe de la Torah lo lishma, sa Torah devient pour lui une potion de mort » (Taanit 7a). Et aussi ce qu’ils ont dit sur le verset : « En vérité, Tu es un Dieu qui Se dissimule », que le Créateur Se dissimule dans la Torah.

Nous avons déjà objecté plus haut, à l’endroit du passage « Et voici » : la raison veut que le Créateur soit dissimulé précisément dans les choses du monde, et dans les vanités de ce monde-ci, qui sont en dehors de la Torah. Et non dans la Torah elle-même, où il n’y a place qu’à la révélation ?

Et nous avons encore objecté : cette dissimulation, où le Créateur Se dissimule, afin qu’on Le cherche et qu’on Le trouve, comme il est dit dans le Zohar, tout cela, pourquoi m’est-il nécessaire ?

100) Et de ce qui a été expliqué, tu comprendras bien que cette dissimulation, où le Créateur Se dissimule afin qu’on Le cherche, signifie la dissimulation de la face, qu’Il pratique avec Ses créatures, dans les deux discernements : une dissimulation simple, et une dissimulation dans la dissimulation, comme susmentionné à l’endroit du passage « Cependant ». Et le Zohar nous fait entendre qu’il ne faut pas penser que le Créateur veut rester, que Dieu nous en garde, dans l’aspect de la Providence de dissimulation de la face envers Ses créatures, mais c’est semblable à un homme qui se cache exprès pour que son ami le cherche et le trouve – ainsi le Créateur, lorsqu’Il agit avec Ses créatures par la dissimulation de la face, ce n’est que du fait qu’Il veut que les créatures cherchent la révélation de Sa face et Le trouvent.

Autrement dit, du fait qu’il n’y a aucun chemin ni accès pour les créatures, afin qu’elles puissent mériter la lumière de la face du Roi vivant, si ce n’est qu’Il agit d’abord avec elles par la dissimulation de la face. De sorte que toute la dissimulation n’est qu’une préparation seulement qu’à la révélation de la face, comme il a été expliqué plus haut, à l’endroit du passage « Et voici ».

101) Et c’est ce qui est dit, que le Créateur se dissimule Lui-même dans la Torah. Car la notion des souffrances et de la peine que l’homme atteint, au moment de la dissimulation de la face, n’est pas semblable chez un homme qui a des fautes en main et a diminué la Torah et les mitsvot, à un homme qui a multiplié la Torah et les bonnes actions.

Car le premier est le plus apte à juger son Créateur favorablement, c’est-à-dire à penser que les souffrances lui sont venues à cause des fautes et du peu de Torah qu’il a en main.

Tandis que le second, il lui est très difficile de juger son Créateur favorablement, car selon sa raison, il n’est pas digne de punitions aussi dures. Et de plus, il voit que ses compagnons, qui sont pires que lui, ne souffrent pas autant, comme il est dit : « Les méchants et ceux qui sont tranquilles dans le monde ont acquis la richesse, et c’est en vain que j’ai purifié mon cœur ».

Et de là tu verras que tant que l’homme ne mérite pas la Providence de la révélation de la face, il se trouve que la Torah et les mitsvot, qu’il a multipliées, lui alourdissent la dissimulation de la face, dans une grande mesure. Et c’est ce qui est dit, que le Créateur se dissimule Lui-même dans la Torah. Et examine bien ici.

Et en vérité, toute cette lourdeur qu’il ressent d’autant plus par la Torah, n’est en fait que comme des appels, que la sainte Torah elle-même lui adresse ainsi, et l’éveille à se hâter davantage, et à se dépêcher de donner la somme de l’effort qui lui est demandée, afin de le faire mériter aussitôt la révélation de la face, selon le désir du Créateur. Et comprends bien.

102) Et c’est ce qui est dit, que « quiconque étudie lo lishma, sa Torah devient pour lui une potion de mort ». Car, outre qu’il ne sort pas de l’aspect de dissimulation de la face vers la révélation de la face, car il n’a pas dirigé sa raison à s’efforcer et à mériter cela, voici que la Torah, qu’il multiplie, lui ajoute encore la dissimulation de la face dans une grande mesure, jusqu’à ce qu’il tombe, que Dieu nous en garde, dans la « dissimulation dans la dissimulation ». Ce qui est l’aspect de « mort », étant complètement détaché de sa racine. Et il se trouve que sa Torah devient pour lui « potion de mort ».

103) Et par cela s’éclaircissent les deux noms qui sont en usage dans la Torah, qui sont : révélé et dissimulé. Il faut comprendre, pourquoi la notion de la Torah dissimulée m’est-elle nécessaire ? Et pourquoi toute la Torah n’est-elle pas révélée ?

Cependant, il y a ici une intention profonde. Car la Torah du « dissimulé » fait allusion à ce que le Créateur « se dissimule dans la Torah », comme expliqué plus haut. Et à ce titre, elle est appelée « Torah du dissimulé ».

Et « révélé » est appelée ainsi, du fait que le Créateur se révèle par la Torah, comme susmentionné.

C’est pourquoi les kabbalistes ont dit, et il est aussi écrit dans le Siddour du Gaon de Vilna, que l’ordre de l’atteinte de la Torah commence par le sod [sens secret], et se termine par le pshat [sens simple]. C’est-à-dire, comme susmentionné, que par l’effort voulu, que l’homme s’efforce au début dans la Torah du dissimulé, il mérite par elle la Torah du révélé, qui est le pshat, comme expliqué plus haut en détail. Il s’ensuit qu’il commence par le dissimulé, qui est appelé « sod », et quand il mérite, il termine par le « pshat ».

104) Et il a été bien expliqué ce que nous avons questionné plus haut, au paragraphe "Et selon cela" : comment est-il possible de mériter le premier degré de l’amour, qui est l’aspect de « l’amour dépendant d’une chose », car il est connu que, bien que « la récompense d’une mitsva n’existe pas dans ce monde-ci », toujours est-il que l’atteinte de la récompense de la mitsva existe aussi dans ce monde-ci, qui vient à l’homme par l’ouverture des yeux dans la Torah, etc.

Et comme susmentionné, cette atteinte claire est pour lui tout à fait comme s’il recevait la récompense de la mitsva immédiatement, sur place (comme susmentionné, section 84, au paragraphe « Et bien que », voir là-bas), à cause de quoi il ressent Son bienfait merveilleux inclus dans la pensée de la création, qui est afin de faire du bien à Ses créatures, comme Sa main pleine, bonne et large, béni soit-Il, et de l’abondance du bien qu’il atteint, se révèle entre lui et le lieu, béni soit-Il, un amour merveilleux, qui lui est accordé sans interruption, dans ces mêmes chemins et canaux dans lesquels se révèle l’amour naturel, etc., comme susmentionné.

105) Cependant, tout cela lui parvient à partir du moment de son atteinte et au-delà. Mais tout l’aspect des souffrances – à cause de la Providence de dissimulation de la face – qu’il a subies avant qu’il ne mérite la révélation de la face susmentionnée, bien qu’il ne veuille pas s’en souvenir, car sur toutes les transgressions l’amour couvre, – toujours est-il qu’elles sont certainement considérées comme un grand défaut, même du point de vue de l’amour entre les créatures (comme susmentionné, au début de : « La première »), et il n’est pas besoin de dire [a fortiori], vis-à-vis de la véritable Providence du Créateur, du fait qu’Il est Bon et Bienfaisant envers les méchants et envers les bons.

Et c’est pourquoi il faut comprendre : comment est-il possible à l’homme de mériter l’amour du Créateur, dans un tel aspect, où il ressentira et saura que le Créateur lui a toujours fait des bienfaits merveilleux, depuis sa naissance et au-delà, et ne lui a jamais fait le moindre mal, jamais et pour toujours, ce qui est le deuxième discernement de l’amour (comme susmentionné, au début de : « La première ») ?

106) Et pour comprendre cela, nous avons besoin des paroles de nos sages, qui ont dit : « Celui qui fait retour au Créateur par amour, ses fautes préméditées deviennent pour lui comme des mérites. » Cela signifie que le Créateur, non seulement Lui pardonne les fautes préméditées, mais chaque faute et transgression qu’il a faite, le Créateur la transforme en mitsva.

107) Et c’est pourquoi, après que l’homme a mérité l’illumination de la face, à un tel degré que toute transgression qu’il a faite, même celles qu’il a faites délibérément, se transforme et devient pour lui une mitsva, il s’ensuit, à cause de cela, qu’il se réjouit et se réjouit de tous les sentiments de souffrances et des douleurs amères, et des nombreuses contrariétés, qui sont passées sur lui depuis toujours, depuis qu’il était dans les deux discernements de la dissimulation de la face susmentionnés, car ce sont elles qui ont causé et amené sur lui toutes ces fautes préméditées, qui se sont maintenant transformées pour lui en mitsvot, à cause de l’illumination de Sa face, qui fait des merveilles, comme susmentionné.

Et toute souffrance et contrariété, qui l’ont fait dévier de sa raison, et il a trébuché dans des fautes involontaires, comme dans la première dissimulation, ou qu’il a trébuché dans des fautes préméditées, comme dans la double dissimulation (comme susmentionné, section 52, début de la section « Et la dissimulation »), cela se transforme et devient pour lui maintenant, en un aspect de cause et de préparation ordinaire, à l’accomplissement d’une mitsva. Et il reçoit pour cela une grande et merveilleuse récompense pour l’éternité. Et il s’ensuit pour lui, à cause de cela, que toute souffrance se transforme en une grande joie, et tout mal en un bien merveilleux.

108) Et cela ressemble à une histoire que raconte le monde, à propos d’un Juif, intendant fidèle chez un certain maître, et le maître l’aimait comme son âme. Et il arriva une fois que le maître partit en voyage, et laissa ses affaires entre les mains de son remplaçant. Et cet homme-là était un ennemi d’Israël. Que fit-il ? Il prit le Juif, et le frappa de cinq coups en public, devant tous, afin de bien l’humilier. Et lorsque le maître revint, le Juif alla vers lui, et lui raconta tout ce qui lui était arrivé. Et le maître se mit en grande colère, et appela le remplaçant, et lui ordonna de donner immédiatement au Juif, de sa main, mille pièces d’or pour chaque coup qu’il lui avait donné.

Le Juif les prit et retourna chez lui. Sa femme le trouva en train de pleurer. Elle lui dit avec grande inquiétude : « Qu’est-il arrivé avec le maître ? » Il lui raconta. Elle lui dit : « Si c’est ainsi, pourquoi pleures-tu ? » Il lui dit : « Je pleure du fait qu’il ne m’a frappé que cinq coups. Si seulement il m’avait donné au moins dix coups, car alors j’aurais eu dix mille roubles. »

109) Et voici, tu vois et tu sais, qu’après que l’homme a mérité le pardon des fautes, de la manière où les fautes sont devenues pour lui comme des mérites, alors il mérite aussi de parvenir avec le Créateur, béni soit-Il, au discernement de l’amour au second degré, où l’aimant n’a jamais causé à son aimé aucun mal, même pas une ombre de mal, mais il va et lui fait de nombreux et merveilleux bienfaits, depuis toujours et à jamais (comme susmentionné, section 70, au début du paragraphe « La première »). De sorte que le retour au Créateur par amour, et la transformation des fautes en mérites, viennent comme un seul, selon les paroles de nos sages, de mémoire bénie, susmentionnées.

110) Et jusqu’ici, nous n’avons expliqué que l’aspect de « l’amour qui dépend d’une chose », dans ses deux degrés. Mais il reste encore à comprendre : comment l’homme mérite-t-il de parvenir avec son Créateur, béni soit-Il, aux deux discernements de « l’amour qui ne dépend d’aucune chose » ?

Et sur cette question, il faut bien comprendre les paroles de nos sages, de mémoire bénie, dans ce qu’ils ont dit (Kiddouchin, page 40b) : « Nos maîtres ont enseigné : L’homme doit toujours voir lui-même comme si la moitié de lui est coupable et la moitié de lui est méritante. S’il accomplit une mitsva, heureux est-il d’avoir fait pencher lui-même du côté du mérite. S’il a commis une faute, malheur à lui d’avoir fait pencher lui-même du côté de la culpabilité, comme il est dit : “et un seul fauteur, etc.” »

Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, dit : « Car le monde est jugé selon sa majorité, et l’individu est jugé selon sa majorité. S’il a accompli une mitsva, heureux est-il d’avoir fait pencher lui-même et tout le monde du côté du mérite. S’il a commis une faute, malheur à lui d’avoir fait pencher lui-même et tout le monde du côté de la culpabilité, comme il est dit : “et un seul fauteur, etc.”, à cause d’une seule faute que celui-ci a commise, il a perdu à lui-même et à tout le monde beaucoup de bien. »

111) Et à première vue, ces paroles sont difficiles, du début à la fin. Car il dit que celui qui accomplit une mitsva, aussitôt il fait pencher du côté du mérite, du fait que l’on juge selon la majorité. Or cela n’est dit que pour ceux dont la moitié est coupable et la moitié est méritante, de quoi Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, ne parle pas du tout. Et l’essentiel manque dans le livre.

Et Rashi, de mémoire bénie, a expliqué ses paroles, qui tournent autour des paroles du premier Tanna, qui dit : « L’homme doit toujours voir lui-même comme si la moitié de lui est coupable et la moitié de lui est méritante. » Et Rabbi Eléazar ajoute qu’il doit voir aussi le monde entier comme si la moitié est coupable et la moitié est méritante, voir là-bas. Cependant, l’essentiel manque dans le livre. De plus, pourquoi a-t-il changé sa formulation, et pourquoi ne parle-t-il pas comme la formulation du premier Tanna, si le sens est le même ?

112) Et la chose elle-même est encore plus difficile : que l’homme voie lui-même comme s’il n’était coupable que de moitié. C’est étonnant : si l’homme connaît ses nombreuses fautes, mentira-t-il à lui-même en disant qu’il est moitié-moitié ? Or la Torah a dit : « Éloigne-toi de la parole mensongère. »

Et encore : voici que le verset exige : « et un seul pécheur perdra beaucoup de bien ». Autrement dit, à cause d’une seule transgression, il fait pencher lui-même et le monde entier du côté de la culpabilité. Ainsi, il s’agit d’une réalité véritable, et non d’une quelconque imagination trompeuse, où l’homme devrait s’imaginer lui-même et le monde.

113) Et il est aussi étonnant : est-il possible qu’il n’y ait pas, dans chaque génération, beaucoup de personnes qui accomplissent une mitsva ? Et comment le monde penche-t-il du côté du mérite ? C’est-à-dire que la situation ne change pas du tout, mais que le monde suit son cours habituel ? Plutôt, il faut ici une profondeur supplémentaire, car les choses, selon leur aspect superficiel, n’ont aucune compréhension.

Cependant, la Baraïta ne parle pas du tout d’un homme qui sait en lui-même que ses fautes sont nombreuses, pour lui enseigner une parole de mensonge, qu’il est moitié-moitié, et aussi pour le séduire, qu’il ne lui manque qu’une seule mitsva. Car cela n’est pas la voie des sages du tout.

Plutôt, la Baraïta parle d’un homme qui ressent et s’imagine lui-même être un juste complet, totalement, et se trouve dans la perfection ultime. C’est parce qu’il a déjà mérité le premier degré de l’amour, par l’ouverture des yeux dans la Torah, comme susmentionné, et que déjà « Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu’il ne retournera plus à sa folie », comme susmentionné au paragraphe « Et de ce qui a été expliqué ».

Et c’est à lui que le Tana s’adresse, et lui clarifie ses voies, et lui prouve qu’il n’est pas encore un juste, mais qu’il est un intermédiaire, ce qui signifie, moitié coupable et moitié méritant. Et c’est parce qu’il lui manque encore « la mitsva unique », du nombre des 613 mitsvot de la Torah, qui est la mitsva de l’amour, comme susmentionné au paragraphe « Et cela explique », voir là-bas. Car tout le témoignage de « Celui qui connaît les secrets, qu’il ne fautera plus », n’est qu'à cause de la clarté dans son atteinte, de la grande perte de la transgression, comme susmentionné, et cela est considéré comme « crainte de la punition », et c’est pourquoi cela est appelé « retour au Créateur par crainte », comme nous l’avons longuement expliqué ci-dessus, au paragraphe « Et voici ».

114) Il a aussi été expliqué plus haut, que ce degré de retour au Créateur par crainte ne corrige pas encore l’homme, mais seulement à partir du moment du retour au Créateur et après. Cependant, toute la souffrance et les tourments qu’il a subis avant d’avoir mérité la révélation de la face, restent tels qu’ils étaient, sans aucune correction. De même, les transgressions qu’il a commises ne sont pas complètement corrigées pour lui, mais restent à l’aspect de fautes involontaires, comme nous l’avons longuement expliqué plus haut, au paragraphe « Et avec cela », voir là-bas.

115) C’est pourquoi le Tana Kama dit qu’un tel homme, à qui il manque encore « la mitsva unique », doit se voir « comme s’il était moitié coupable et moitié méritant ». C’est-à-dire qu’il doit s’imaginer que le moment où il a mérité le retour au Créateur se trouve au milieu de ses années. De cette manière, il se trouve « moitié coupable », c’est-à-dire, dans cette moitié de ses années, qui s’est écoulée avant qu’il ait fait retour au Créateur, car depuis lors il est assurément coupable, puisque le retour au Créateur par crainte ne les corrige pas, comme susmentionné.

Et il s’ensuit également qu’il est « à moitié méritant », c’est-à-dire, dans la moitié de ses années à partir du moment où il a mérité le retour au Créateur et après, alors il est assurément méritant, car il est certain qu’il ne fautera plus, comme susmentionné. Ainsi, dans la première moitié de ses années il est coupable, et dans la seconde moitié de ses années il est méritant.

116) Et le Tana lui dit qu’il doit penser en lui-même que s’il a accompli « la mitsva unique », c’est-à-dire cette mitsva qui lui manquait du nombre des 613 (comme susmentionné au début du passage « Et cela explique ») : « Heureux est-il, car il a fait pencher lui-même du côté du mérite. » Car celui qui mérite la mitsva de l’amour, c’est-à-dire par retour au Créateur d’amour comme susmentionné, il mérite par elle que les fautes délibérées se transforment pour lui en mérites, alors aussi toute la souffrance et la tristesse qu’il a subies depuis toujours, avant qu’il ait mérité le retour au Créateur, se transforment pour lui en délices merveilleux sans fin, à tel point qu’il se désole lui-même de ne pas en avoir souffert deux fois plus, comme l’exemple susmentionné du maître et de son ami juif, au début du passage « Et cela ».

Voici que c’est cela qui est appelé « faire pencher du côté du mérite ». Car tous ses ressentis, avec les fautes involontaires et les fautes délibérées, se sont transformés pour lui en « mérites ». Et c’est cela faire pencher du « côté du mérite », car tout le plateau rempli de dettes s’est transformé et est devenu un plateau rempli de mérites. Et cette transformation est appelée dans le langage des sages « faire pencher ».

117) Et encore, le Tana dit et l’avertit que tant qu’il est intermédiaire, et qu’il n’a pas mérité la « mitsva unique » qui lui manque du nombre de 613, il ne doit pas se fier à lui-même jusqu’au jour de sa mort. Et il ne doit pas non plus s’appuyer sur le témoignage de « Celui qui connaît les secrets, qu’il ne retournera plus à sa folie ». Plutôt, il est encore susceptible de venir à la faute.

C’est pourquoi il doit penser en lui-même : si jamais il a commis une faute unique, malheur à lui d’avoir fait pencher lui-même du côté de la culpabilité. Car alors, il perdra immédiatement toute son atteinte merveilleuse dans la Torah, et toute la révélation de la face qu’il a méritée, et il retourne à l’aspect de dissimulation de la face. Et il s’ensuit qu’il fait pencher lui-même du côté de la culpabilité. Car il perdra tous les mérites et le bien, même de la seconde moitié de ses années. Et sur cela, le Tana lui apporte une preuve de l’Écriture : « Et un seul fauteur perdra beaucoup de bien. »

118) Maintenant tu comprendras l’ajout que Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, ajoute aux paroles du premier Tana. Aussi, pourquoi ne rapporte-t-il pas l’expression « moitié coupable et moitié méritant », comme le premier Tana. Car le premier Tana parle du deuxième et du troisième discernement de l’amour, comme cela a été expliqué plus haut (section 70, début du premier paragraphe, et section 72, début du second paragraphe). Et Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, parle en effet du quatrième discernement de l’amour, comme susmentionné au début du paragraphe « La première mesure », qui est l’amour éternel, c’est-à-dire la révélation de la face telle qu’elle est en vérité, de l’aspect du « Bon et Bienfaisant pour les méchants et pour les bons ».

119) Et il a été expliqué là-bas qu’il est impossible de mériter le quatrième discernement, si ce n’est seulement au moment où il est expert, reconnaît et sait toutes les affaires de l’aimé, comment il se comporte avec tous les autres, et qu’à aucun d’eux il ne manque rien. C’est pourquoi, même le grand mérite que l’homme a de faire pencher lui-même vers le côté du mérite, cela ne lui suffit pas encore pour mériter l’amour complet, c’est-à-dire le quatrième discernement, car à présent il n’atteint Sa grandeur, béni soit-Il, du point de vue du Bon et Bienfaisant pour les méchants et pour les bons, mais seulement selon Sa Providence, béni soit-Il, envers lui-même. Comme susmentionné à la section 107, début du paragraphe « et c’est pourquoi ».

Cependant, il ne connaît pas encore Sa Providence, béni soit-Il, de cette manière élevée et merveilleuse, envers les autres créatures du monde. Et il a été expliqué plus haut que tant qu’il ne connaît pas toutes les affaires de l’aimé avec les autres, jusqu’à ce qu’aucun d’eux ne manque, l’amour n’est pas encore éternel, comme susmentionné à la section 73, début du second paragraphe, vois là-bas. Et c’est pourquoi il est obligé de faire pencher aussi tout le monde vers le côté du mérite. Et ce n’est qu’alors que l’amour éternel lui est révélé.

120) Et c’est ce que dit Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon : « Car le monde est jugé selon sa majorité, et l’individu est jugé selon sa majorité, etc. » Et du fait qu’il parle de tout le monde, il ne peut pas dire comme le premier Tana, qu’il les voie comme s’ils étaient moitié coupables et moitié méritants. Car ce degré ne parvient à l’homme que lorsqu’il mérite la révélation de la face et le retour au Créateur par crainte, comme susmentionné. Et comment pourrait-il dire cela de tout le monde entier, alors qu’eux n’ont pas mérité ce retour au Créateur ? Et c’est pourquoi il est obligé de dire seulement que le monde est jugé selon sa majorité, et l’individu est jugé selon sa majorité.

L’explication est qu’il est possible de penser que l’homme ne mérite le degré de juste parfait que lorsqu’il n’a jamais commis aucune faute ni aucun péché. Mais ceux qui ont trébuché dans les fautes et les transgressions ne sont plus dignes de mériter le degré de justes parfaits. C’est pourquoi Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, nous enseigne qu’il n’en est pas ainsi, mais que le monde est jugé selon sa majorité, et de même l’individu.

C'est-à-dire qu’après qu’il est sorti de l’aspect d'intermédiaire, c’est-à-dire, après qu’il a fait retour au Créateur par crainte, comme susmentionné, alors il mérite aussitôt les 613 mitsvot et il est appelé « intermédiaire », c’est-à-dire, la moitié de ses années coupable et la moitié de ses années méritant, comme susmentionné. Voici qu’après cela, s’il ajoute seulement une mitsva, c’est-à-dire la mitsva de l’amour, il est considéré qu’il est en majorité méritant, et il fait pencher tout vers le plateau du mérite. C'est-à-dire que le plateau des fautes se transforme aussi en mérites, comme susmentionné dans les paroles de Tana Kama, voir là-bas.

Voici donc, que même s’il a en main un plateau rempli de fautes et de transgressions, toutes se transforment en mérites. Et il est assurément semblable à celui qui n’a jamais fauté, et il est considéré comme un juste complet. Et c’est ce qu’il a dit, que le monde ainsi que l’individu sont jugés selon la majorité. C'est-à-dire que les fautes qu’il a en main d’avant le retour au Créateur ne sont pas prises en compte du tout, car elles se sont transformées en mérites. Voici donc, que même les méchants complets, après qu’ils ont mérité le retour au Créateur par amour, sont considérés comme des justes complets.

121) Et c’est pourquoi il dit, que si l’individu a fait « la mitsva unique », c’est-à-dire, après le retour au Créateur par crainte, alors il ne lui manque plus qu’« une mitsva » comme susmentionné, « heureux est-il, car il a fait pencher lui-même et tout le monde vers le plateau du mérite ».

Autrement dit, non seulement il mérite, par le retour au Créateur par amour qu’il a faite, jusqu’à faire pencher lui-même vers le plateau du mérite, comme les paroles de Tana Kama, mais encore il se trouve qu’il mérite aussi de faire pencher tout le monde vers le plateau du mérite.

Autrement dit, il mérite de monter à des atteintes merveilleuses dans la sainte Torah, jusqu’à ce qu’il lui soit révélé comment tous les habitants du monde entier finiront par mériter le retour au Créateur par amour, et alors, sur eux aussi se révélera et se montrera toute cette Providence merveilleuse, comme il l’a atteinte pour lui-même. Et eux aussi seront tous penchés vers le plateau du mérite, et alors « les fautes disparaîtront de la terre, et les méchants ne seront plus, etc. »

Et même si les habitants du monde eux-mêmes n’ont pas encore mérité même le retour au Créateur par crainte, néanmoins, après que l’individu atteint la décision vers le plateau du mérite qui leur viendra à l’avenir, dans une atteinte claire et absolue, cela ressemble à l’aspect de « ton monde, tu le verras dans ta vie », qui est dit à propos de celui qui fait retour au Créateur par crainte. Nous avons dit qu’il est ému et se délecte de cela, comme si cela lui était déjà acquis aussitôt, du fait que « tout ce qui est destiné à être perçu est comme déjà perçu », comme susmentionné (au début du passage « Et bien que »), voir là-bas.

Et ainsi ici, cela est considéré pour cet individu, qui atteint le retour au Créateur de tout le monde, exactement comme s’ils avaient déjà mérité et étaient parvenus à le retour au Créateur par amour, et que chacun d’eux avait fait pencher le plateau de ses dettes vers le plateau du mérite, jusqu’à ce qu’il lui suffise entièrement de connaître les affaires de Son désir, béni soit-Il, avec chacun des habitants du monde.

Et c’est ce qu’a dit Rabbi Eléazar ben Rabbi Shimon : « Heureux est-il, car il a fait pencher lui-même et tout le monde vers le plateau du mérite. » Car désormais, il se trouve qu’il connaît toutes les voies de Sa Providence, béni soit-Il, avec chaque créature, du point de vue de la révélation de Sa vraie face, c’est-à-dire « le Bon et Bienfaisant pour les méchants et pour les bons ». Et puisqu’il sait cela, il a mérité à l’aspect quatrième de l’amour, qui est l’amour éternel, comme expliqué plus haut, au début du passage « La première mesure ».

Et ainsi, Rabbi Eléazar fils de Rabbi Shimon, comme le Tana Kama, l’avertit aussi, que même après avoir mérité, même de faire pencher tout le monde du côté du mérite, malgré tout, il ne doit pas se fier à lui-même jusqu’au jour de sa mort. Et si, que Dieu nous en garde, il trébuche dans une seule transgression, toutes ses atteintes et ses merveilles de bien s’évanouiront immédiatement, comme il est écrit : « et un seul fauteur perdra beaucoup de bien, etc. », comme susmentionné dans les paroles du Tana Kama.

Et voici que la différence entre le Tana Kama et Rabbi Eléazar fils de Rabbi Shimon a été clarifiée :

Car le Tana Kama, qui ne parle que du deuxième discernement et du troisième discernement de l’amour, c’est pourquoi il ne mentionne pas le fait de faire pencher tout le monde du côté du mérite.

Cependant, Rabbi Eléazar fils de Rabbi Shimon parle du quatrième discernement de l’amour, qui ne peut se concevoir que par l’atteinte de faire pencher tout le monde du côté du mérite, comme il a été expliqué.

Cependant, il reste à comprendre : par quoi mérite-t-on cette merveilleuse atteinte, de faire pencher tout le monde du côté du mérite ?

122) Et nous devons ici comprendre les paroles de nos sages (Taanit 11a), et voici leurs paroles : « Il a été enseigné ailleurs : au moment où le public est dans la souffrance, qu’un homme ne dise pas : ‘J’irai chez moi, je mangerai et je boirai, et paix sur mon âme.’ Et s’il agit ainsi, à son sujet l’Écriture dit : ‘Voici la joie et l’allégresse, tuer du bœuf et égorger du menu bétail, manger de la viande et boire du vin, mangeons et buvons, car demain nous mourrons.’

Que dit l’Écriture ensuite ? ‘Cela a été révélé à mes oreilles par le Seigneur des armées : certes, cette faute ne vous sera pas pardonnée jusqu’à ce que vous mouriez.’ Jusqu’ici, c’est la mesure des intermédiaires. Mais pour la mesure des méchants, que dit l’Écriture ? ‘Venez, je prendrai du vin, et nous nous enivrerons de boisson forte, et demain sera comme aujourd’hui, grandement, très grandement.’ Que dit l’Écriture ensuite ? ‘Le juste périt, et nul ne prend cela à cœur, car c’est à cause du mal que le juste est recueilli.’ Mais l’homme doit souffrir avec le public, etc., il mérite et voit la consolation du public. Jusqu’ici ses mots. »

123) Et à première vue, ces paroles n’ont aucun lien, car il veut apporter une preuve de l’Écriture que l’homme est obligé de souffrir avec le public. Si c’est ainsi, pourquoi devons-nous distinguer et séparer ici entre la mesure des intermédiaires et la mesure des méchants ?

De plus : quelle est cette expression précise « la mesure » des intermédiaires, et « la mesure » des méchants, et pourquoi ne dit-il pas « les intermédiaires » et « les méchants », et à quoi nous sert la notion de mesures ?

De plus : d’où comprenons-nous que l’Écriture parle d’une faute qui consiste à ne pas souffrir avec le public ?

De plus, nous ne voyons aucune punition dans la mesure des méchants, si ce n’est ce qui est dit : « le juste périt, et nul ne prend cela à cœur, etc. » ? Et si les méchants ont fauté, qu’a fait le juste pour être puni ? Et en quoi cela dérange-t-il les méchants si le juste est recueilli ?

124) Cependant, sache que ces mesures, des intermédiaires, des méchants et du juste, mentionnées dans cette Baraïta, ne concernent pas des personnes particulières, mais les trois se trouvent en chaque homme du monde. Car en chaque homme, il faut distinguer ces trois mesures mentionnées ci-dessus.

Car au moment de la dissimulation de la face pour l’homme, c’est-à-dire, avant même qu’il ait mérité ne serait-ce qu’au retour au Créateur par crainte, il est alors considéré dans la mesure des méchants.

Et ensuite, s’il mérite le retour au Créateur par crainte, il est considéré dans la mesure des intermédiaires, comme mentionné plus haut.

Et ensuite, s’il mérite aussi le retour au Créateur par amour, dans son quatrième discernement, c’est-à-dire l’amour éternel comme susmentionné, il est considéré comme un juste complet.

C’est pourquoi, ils n’ont pas dit simplement « les intermédiaires » et « les justes », mais la mesure des intermédiaires et la mesure des méchants, comme cela a été expliqué.

125) Il faut encore se rappeler qu’il est impossible de mériter le quatrième discernement de l’amour mentionné, si ce n’est qu’il mérite d’abord d’atteindre l’aspect de la révélation de la face, qui viendra à tout le monde à l’avenir, et par cela, sa force est suffisante pour faire pencher aussi tout le monde du côté du mérite, selon les paroles de Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Shimon, susmentionnées.

Et il a déjà été expliqué que la notion de révélation de la face oblige à transformer toute la souffrance et la tristesse qui sont venues lors de la dissimulation de la face, et à les faire devenir des délices merveilleux, au point de s’attrister du peu de souffrances qu’il a endurées, comme cela a été bien expliqué plus haut au paragraphe commençant par « C’est pourquoi », voir là-bas.

Et puisque c’est ainsi, il faut demander : un homme, lorsqu’il fait pencher lui-même du côté du mérite, il se souvient certainement de toute la souffrance et des douleurs qu’il a eues au moment de la dissimulation de la face. C’est pourquoi il existe une réalité où toutes celles-ci se transforment pour lui en délices merveilleux, comme il a été dit.

Cependant, lorsqu’il fait pencher tout le monde du côté du mérite, d’où sait-il la mesure de la souffrance et des douleurs que toutes les créatures du monde subissent, afin qu’il les comprenne, comment elles sont faites pencher du côté du mérite, de la même manière que nous l’avons expliqué pour l’homme, lorsqu’il fait pencher lui-même, plus haut au paragraphe commençant par « C’est pourquoi » ?

Et afin que le côté du mérite de tout le monde ne soit pas déficient, au moment où il sera apte à les faire pencher du côté du mérite, l’homme n’a pas d’autre moyen, si ce n’est de veiller à s’attrister lui-même toujours de la souffrance du public, exactement comme il s’attriste de ses propres souffrances, car alors, il aura en lui le côté de la culpabilité de tout le monde, comme le côté de la culpabilité de lui-même, de sorte que, s’il mérite de faire pencher lui-même du côté du mérite, il pourra aussi faire pencher tout le monde du côté du mérite, et il méritera l’aspect de juste complet.

126) Et selon ce qui a été dit, les paroles de la Baraïta sont comprises comme il convient, que si l’homme ne s’attriste pas avec le public, il s’ensuit que même au moment où il a mérité le retour au Créateur par crainte, qui est la mesure d’un intermédiaire, comme susmentionné au paragraphe « et il est appelé », l’Écriture dit à son sujet, et parle pour lui : « Et voici allégresse et joie ».

L’explication est que l’homme qui a mérité la bénédiction de « tu verras ton monde durant ta vie », et voit toute la récompense de la mitsva [commandement] qui lui est préparée pour le monde à venir, alors il est assurément « rempli d’allégresse et de joie », et il se dit à lui-même : « Tuez du bétail et égorgez du menu bétail, mangez de la viande et buvez du vin, mangez et buvez car demain nous mourrons ». C’est-à-dire qu’il est rempli d’une grande joie à cause de la récompense qui lui est promise dans le monde à venir. Et c’est ce qu’il dit dans une grande joie : « Car demain nous mourrons, et je recevrai ma vie du monde à venir en entier après ma mort ».

Cependant, qu’est-il écrit après cela : « Et il a été révélé à mes oreilles par le Seigneur des armées : si cette faute vous sera expiée jusqu’à ce que vous mouriez ». C’est-à-dire que l’Écriture le réprimande pour les fautes involontaires qui sont en sa main. Car il a été expliqué que celui qui fait retour au Créateur par crainte, ses fautes volontaires ne deviennent pour lui que des fautes involontaires, comme susmentionné au paragraphe « et c’est pourquoi ». Et donc, puisqu’il ne s’est pas attristé avec le public, et qu’il ne peut pas mériter le retour au Créateur par amour, alors les fautes volontaires ne deviennent pour lui des mérites, il s’ensuit qu’il est nécessaire que pour les fautes involontaires qui sont en sa main, il n’y ait aucune expiation durant sa vie. Et comment pourrait-il se réjouir de sa vie du monde à venir ? Et c’est ce que dit l’Écriture : « Si cette faute vous sera expiée », c’est-à-dire les fautes involontaires, jusqu’à ce que vous mouriez, c’est-à-dire avant qu’il ne meure, et il se trouve empêché d’expiation.

127) Et la Baraïta dit encore : c’est là « la mesure des intermédiaires ». C’est-à-dire que ce verset parle du moment où il a fait retour au Créateur par crainte et après, qu’en ce temps il est appelé intermédiaire, comme susmentionné. « Mais dans la mesure des méchants, qu’est-il écrit » – l’explication est : qu’en est-il de celui qui était plongé dans la dissimulation de la face, qui est alors appelé « la mesure des méchants », comme susmentionné.

Et il a été expliqué que le retour au Créateur par crainte ne corrige pas ce qui a précédé, avant qu’il ait fait retour au Créateur. C’est pourquoi la Baraïta leur apporte un autre verset, qui est : « Venez, je prendrai du vin et nous nous enivrerons de boisson forte, et demain sera comme aujourd’hui ». L’explication est que ces jours et ces années qui sont passés sur lui depuis le temps de la dissimulation de la face, qu’il n’a pas encore corrigés comme susmentionné, qui s’appelle « la mesure des méchants », alors ils ne désirent pas mourir, du fait qu’ils n’ont aucune part, après la mort, dans le monde à venir, étant la mesure des méchants.

C’est pourquoi, à ce moment où la mesure des intermédiaires en lui se réjouit et exulte « car demain nous mourrons », et qu’il méritera la vie du monde à venir, voici que, en même temps, la mesure des méchants en lui ne dit pas ainsi, mais dit : « et demain sera comme aujourd’hui », c’est-à-dire qu’elle veut se réjouir et vivre dans ce monde à jamais, car elle n’a encore aucune part dans le monde à venir, car il ne l’a pas corrigée, comme expliqué plus haut, qu’elle n’a de correction que par le retour au Créateur par amour.

128) Et c’est ce que conclut la Baraïta : qu’est-il écrit ensuite, « le juste a péri ». C’est-à-dire l’aspect du « juste complet », que cet homme doit mériter, voilà que cela a été perdu pour lui, « et nul homme ne prend à cœur, car à cause du malheur le juste a été recueilli ». Autrement dit, du fait que cet intermédiaire n’a pas souffert avec le public, et qu’il ne peut mériter, à cause de cela, le retour au Créateur par amour, qui transforme les fautes en mérites et les maux en délices merveilleux comme susmentionné, mais toutes les fautes involontaires et les maux qu’il a subis avant d’avoir mérité le retour au Créateur par crainte, ils subsistent encore dans leur état, dans l’aspect de « mesure des méchants », qui ressentent des maux de Sa Providence, et à cause de ces maux qu’ils ressentent encore, il ne peut mériter et devenir un juste complet.

Et c’est ce que dit le verset : « et nul homme ne prend à cœur ». Autrement dit, cet homme ne prend pas à cœur, « car à cause du malheur », c’est-à-dire, à cause des « maux » qu’il ressent encore du temps passé, dans Sa Providence, « le juste a été recueilli », c’est-à-dire, l’aspect de juste lui a été perdu, et il mourra et quittera ce monde seulement dans l’aspect d’intermédiaire uniquement, comme expliqué. Et tout cela, c’est que quiconque ne souffre pas avec le public, ne mérite pas et ne voit pas la consolation du public, car il ne pourra pas les faire pencher du côté du mérite, et voir leur consolation, comme expliqué. Et c’est pourquoi, il ne méritera jamais l’aspect de juste, comme susmentionné en longueur.

129) Et voici que de tout ce qui a été dit jusqu’ici, nous avons mérité de savoir qu’il n’est pas d’humain qui ne passe par ces trois mesures susmentionnées, qui sont : la mesure des méchants, la mesure des intermédiaires, et la mesure des justes. Et elles sont appelées « mesures », car elles découlent des mesures de leur atteinte de Sa Providence. Et comme ils ont dit, de mémoire bénie : « dans la mesure où l’homme mesure, on lui mesure » (Sota 8b). Car ceux qui atteignent la mesure de Sa Providence du côté de la dissimulation de la face, sont considérés dans la mesure des méchants – ou « méchants non complets », à cause de la dissimulation simple, ou « méchants complets », à cause de la double dissimulation, comme susmentionné au paragraphe « Cependant ».

Et du fait que, selon leur opinion et leur ressenti, le monde est conduit par une Providence non bonne, que Dieu nous en garde, c’est-à-dire comme ils « rendent coupable » eux-mêmes, qui reçoivent de Sa Providence des souffrances et des douleurs et ne ressentent que du mal tout le jour, et ils « rendent encore plus coupable » en pensant que tous les habitants du monde sont supervisés comme eux par une Providence non bonne, que Dieu nous en garde.

Et c’est pourquoi, ceux qui atteignent la Providence du côté de la dissimulation de la face, sont appelés « méchants ». Et comprends cela, car c’est du fond de leur ressenti que ce nom se révèle en eux, et tout dépend de la ceinture du cœur, et il n’est pas du tout important la parole ou la pensée qui justifie Sa Providence, lorsqu’elle s’oppose au ressenti de tous les membres et des sens, qui ne savent pas se mentir à eux-mêmes par contrainte comme elle.

Et c’est pourquoi, ceux qui se trouvent dans la mesure de l’atteinte de cette Providence, sont considérés comme ayant fait pencher eux-mêmes et tout le monde du côté de la culpabilité, comme susmentionné dans les paroles de Rabbi Eléazar fils de Rabbi Shimon, voir là-bas. Car, à cause de ce qui a été dit, ils s’imaginent que tous les habitants du monde sont surveillés comme eux, par une Providence non bonne, que Dieu nous en garde, comme il convient à Son Nom, béni soit-Il, « le Bon et le Bienfaisant envers les méchants et envers les bons ».

130) Et ceux qui méritent d’atteindre et de ressentir Sa Providence, béni soit-Il, du point de vue de la révélation de la face dans son premier degré, appelé « retour par crainte », comme susmentionné au paragraphe « Et voici », sont considérés dans la mesure des intermédiaires, du fait que leurs ressentis se divisent en deux parties, appelées « les deux plateaux de la balance » : car maintenant qu’ils méritent la « révélation de la face » du point de vue de « ton monde tu le verras dans ta vie », comme susmentionné au paragraphe « Et il dit », ils ont déjà atteint, au moins à partir de maintenant et pour la suite, Sa Providence, béni soit-Il, bonne, comme il convient à Son Nom, béni soit-Il, le Bon, et ils ont ainsi le « plateau du mérite ».

Cependant, toute la peine et les souffrances amères, qui se sont profondément gravées dans leurs ressentis, de tous les jours et années où ils ont reçu la Providence de la dissimulation de la face, c’est-à-dire, du temps passé, avant qu’ils ne méritent le retour susmentionné, voilà que tout cela reste en l’état, et s’appelle « plateau de la culpabilité ».

Et puisqu’ils ont ces deux plateaux, disposés l’un face à l’autre, de sorte que, depuis le moment de leur retour et avant, le plateau de la culpabilité est disposé et demeure en l’état, et depuis le moment de leur retour et après, le plateau du mérite est disposé et leur est assuré, il s’ensuit que le temps du retour se trouve pour eux « entre » la culpabilité et « entre » le mérite. Et c’est pourquoi ils sont appelés « intermédiaires ».

131) Et ceux qui méritent l’aspect de la révélation de la face du second degré, appelé « retour par amour », où les fautes deviennent alors pour eux comme des mérites, comme susmentionné au paragraphe « Et c’est pourquoi », sont considérés comme ayant fait pencher le « plateau de la culpabilité » susmentionné vers le « plateau du mérite ».

C'est-à-dire que toute la peine et les souffrances, qui se sont gravées dans leurs os, au moment où ils se trouvaient sous la Providence de la dissimulation de la face, ont été maintenant jugées et transformées en « plateau du mérite ». Car toute peine et tristesse se sont transformées en un délice merveilleux, sans fin, comme susmentionné au paragraphe « Et cela ressemble ». Et ils sont maintenant appelés « justes », du fait qu’ils justifient Sa Providence, béni soit-Il.

132) Et il faut savoir que la mesure des intermédiaires, mentionnée, s’applique aussi au moment où l’homme se trouve même sous la Providence de dissimulation de la face. Car, par un effort supplémentaire dans la foi en la récompense et la punition, une lumière de grande confiance dans le Créateur se révèle à eux. Et ils méritent, pour un temps, le degré de la révélation de Sa face, dans la mesure des intermédiaires. Cependant, le manque est qu’ils ne peuvent pas se maintenir dans leur mesure, de sorte qu’ils restent ainsi de façon permanente. Car rester de façon permanente n’est possible que par le retour au Créateur par crainte, comme susmentionné dans le paragraphe commençant par « Et voici ».

133) Il faut aussi savoir que ce que nous avons dit, que la notion de choix ne s’applique que pendant le temps de la dissimulation de la face, comme susmentionné dans le paragraphe commençant par « Et il faut », cela ne signifie pas qu’après avoir mérité la Providence de la révélation de la face, il n’a plus aucun effort et labeur dans l’occupation de la Torah et des mitsvot. Plutôt, au contraire, le principal du travail dans la Torah et les mitsvot comme il convient, commence après que l’homme a mérité le retour au Créateur par amour. Car ce n’est qu’alors qu’il lui est possible de s’occuper de la Torah et des mitsvot avec amour et crainte, comme il nous est commandé. « Et le monde n’a été créé que pour les justes parfaits » (Berakhot 61b).

Plutôt, la chose ressemble à un roi qui désira, ardemment, choisir pour lui-même tous ses aimants les plus fidèles du pays, et de les faire entrer à son service dans son palais intérieur. Que fit-il ? Il publia un décret dans le pays, que quiconque le souhaite, petit ou grand, vienne à lui pour s’occuper des travaux intérieurs dans son palais. Mais il posta nombre de ses serviteurs comme gardiens, à l’entrée de son palais, et sur tous les chemins menant à son palais. Et il leur ordonna de tromper avec ruse tous ceux qui s’approchent de son palais, et de les détourner du chemin menant au palais.  

Et bien sûr, tous les habitants du pays commencèrent à courir vers le palais du roi. Cependant, ils furent repoussés par la ruse des gardiens zélés. Et beaucoup d’entre eux les surmontèrent, jusqu’à ce qu’ils parvinrent à s’approcher de l’entrée du palais. Mais les gardiens de l’entrée étaient des plus zélés. Et quiconque s’approchait de l’entrée, ils le séduisaient et le détournaient par une grande machination, jusqu’à ce qu’il revienne comme il était venu.  

Et ainsi, ils revinrent et vinrent et revinrent, et de nouveau ils se renforcèrent et revinrent et vinrent et revinrent, et ainsi cela se répéta plusieurs jours et années, jusqu’à ce qu’ils se lassèrent d’essayer davantage. Et seuls les héros parmi eux, dont la mesure de patience leur tint, et qui vainquirent ces gardiens, et ouvrirent la porte, méritèrent aussitôt de recevoir la face du roi, qui nomma chacun à la garde qui lui convenait. 

Et bien sûr, à partir de ce moment-là, ils n’eurent plus d’affaires avec ces gardiens-là, qui les avaient détournés et repoussés et avaient rendu leur vie amère plusieurs jours et années, en allant et revenant à l’entrée, car ils méritèrent de travailler et de servir devant la splendeur de la lumière du visage du roi dans son palais intérieur.

Ainsi en est-il dans le travail des justes parfaits, que le choix, qui a lieu au temps de la dissimulation de la face, ne s’applique certainement plus, à partir du moment où ils ont ouvert la porte à l’atteinte de la Providence révélée. Cependant, ils commencent principalement leur travail envers Lui, béni soit-Il, à partir de l’aspect de la révélation de la face, alors ils commencent à gravir les nombreuses marches, qui sont « sur l’échelle dressée sur la terre et dont la tête atteint le ciel », selon ce qui est écrit : « et les justes iront de force en force ». Et comme nos sages, de mémoire bénie, l’ont dit, « chaque juste est brûlé par la tente de son compagnon », car ces travaux les préparent au désir du Créateur, afin que s’accomplisse en eux Sa pensée, béni soit-Il, dans la création, qui est « afin de réjouir Ses créatures », selon Sa main, béni soit-Il, bonne et large.

134) Et il est souhaitable de connaître cette loi suprême, qu’il n’y a pour toi aucune révélation, si ce n’est à l’endroit où il y avait la dissimulation, comme dans les affaires de ce monde-ci, où l’absence précède l’existence, car la croissance du blé n’apparaît que là où il a été semé et a pourri.

De même dans les choses supérieures, où la dissimulation et la révélation ont un rapport, comme la mèche et la lumière qui s’y attache. Car toute dissimulation, après qu’elle est venue à la correction, alors se révèle par sa cause la lumière attribuée à ce type de dissimulation. Et la lumière qui s’est révélée s’attache à elle, comme la lumière à la mèche. Et souviens-toi de cela dans toutes tes voies.

135) Et avec cela tu comprendras ce qu’ont dit nos sages, que toute la Torah n’est que les Noms du Créateur. À première vue, la chose est étonnante, car nous trouvons beaucoup de choses grossières, comme les noms de méchants : Pharaon, et Balaam, et d’autres semblables, et l’interdit, et l’impureté, et des malédictions cruelles dans les deux admonestations, et ainsi de suite. Et comment est-il possible de comprendre que tout cela soit les Noms du Créateur ?

136) Et pour comprendre cela, il faut savoir que Ses voies ne sont pas nos voies. Car de nos voies, on va de l’imparfait à la perfection, et de Sa voie à Lui, béni soit-Il, tous les dévoilements nous viennent de la perfection vers l’imparfait. Car d’abord est émanée et sort de devant Lui la perfection absolue. Et cette perfection descend de devant Sa face, béni soit-Il, et se propage de restriction en restriction, à travers de nombreux degrés, jusqu’à ce qu’elle parvienne à l’étape la plus basse, la plus restreinte, qui convient à notre monde matériel. Et alors la chose se révèle à nous, ici dans ce monde-ci.

137) Et selon ce qui a été dit, tu comprendras que la sainte Torah, dont la hauteur n’a pas de fin, n’a pas été émanée et sortie de devant Lui immédiatement, telle qu’elle se trouve à nos yeux ici dans ce monde-ci. Car il est connu que « la Torah et le Créateur sont Un », et dans la Torah de ce monde-ci, cela n’apparaît pas du tout.

Et plus encore, celui qui s’en occupe lo lishma, sa Torah devient pour lui une potion de mort, comme il a été dit plus haut au sujet de « et c’est ce que dit ». Mais comme il a été dit plus haut, au début, lorsqu’elle a été émanée de devant Lui, béni soit-Il, elle a été émanée et sortie dans la perfection absolue, c’est-à-dire dans l’aspect de « la Torah et le Créateur sont Un » véritablement. Et c’est ce qu’on appelle « la Torah d’Atsilout », comme il est dit dans l’introduction au Tikounei Zohar, page 3 : « car Lui, Sa vitalité et Ses kelim sont Un en eux ».

Et ensuite, elle est descendue du côté de Sa face, béni soit-Il, et s’est restreinte, selon la gradation, par de nombreuses restrictions, jusqu’à ce qu’elle fût donnée au Sinaï, écrite telle quelle à nos yeux ici dans ce monde-ci, en se revêtant des vêtements grossiers du monde matériel.

138) Cependant, sache que, bien que la distance entre les vêtements de la Torah dans ce monde-ci et les vêtements dans le monde de Atsilout soit sans commune mesure, comme susmentionné, néanmoins, la Torah elle-même, c’est-à-dire la lumière à l’intérieur des vêtements, n’a en elle aucun changement, même le plus petit, entre la Torah de Atsilout et la Torah de ce monde-ci, comme il est dit : « Moi, l’Éternel, Je n’ai pas changé » (Malachie 3, 6).

Et de plus, ces vêtements grossiers, dans la Torah de Assiya de notre monde, ne sont, que Dieu nous en garde, d’aucune moindre valeur par rapport à la lumière qui s’y revêt, mais au contraire, leur importance s’élève de beaucoup, sans commune mesure, du point de vue de leur correction finale, au-dessus de tous ses vêtements purs, dans les mondes supérieurs.

Et cela du fait que la dissimulation est la cause de la révélation. Car la dissimulation, après sa correction au moment de la révélation, devient révélation, comme la mèche pour la lumière qui s’y attache, comme susmentionné. Et plus la dissimulation est grande, plus, lors de sa correction, elle révèle et saisit la plus grande lumière.

Il s’ensuit que tous ces vêtements grossiers dans lesquels la Torah s’est revêtue dans ce monde-ci ne sont en rien une moindre valeur par rapport à la lumière qui s’y revêt, mais au contraire, comme expliqué.

139) Et par cela, Moshé [Moïse] a vaincu les anges, par son argument : « Y a-t-il de la jalousie parmi vous, avez-vous un mauvais penchant parmi vous ? » (Shabbat 89a), voir là-bas. C’est-à-dire, comme expliqué, que la plus grande dissimulation révèle la plus grande lumière. Et il leur montra que dans les vêtements purs dans lesquels la Torah se revêt dans le monde des anges, il est impossible que soient révélées par eux les plus grandes lumières, comme cela est possible dans les vêtements de ce monde-ci, comme expliqué.

140) Il en ressort qu’il n’y a aucun changement, que Dieu nous en garde, même le plus petit, entre la Torah de Atsilout, où « la Torah et le Créateur sont Un », et la Torah de ce monde-ci. Mais toute la distinction est dans les vêtements. Car les vêtements de ce monde-ci couvrent le Créateur et Le dissimulent, comme susmentionné à l’endroit « Et c’est ce que dit ».

Et sache que du fait de Son revêtement, béni soit-Il, dans la Torah, Il est appelé « Moreh » [enseignant], pour t’enseigner que même au temps de la dissimulation de la face, et même dans l’aspect de la double dissimulation, comme susmentionné à l’endroit « Et la dissimulation », le Créateur réside et se revêt dans la Torah, car Il est, béni soit-Il, « Moreh [celui qui enseigne] », et elle est « Torah [en hébreu, vient du mot enseignement] ».

Mais les vêtements grossiers de la Torah à nos yeux sont des aspects d’ailes, qui couvrent et dissimulent le Moreh, béni soit-Il, qui S’y revêt et S’y dissimule. Cependant, lorsque l’homme mérite la révélation de la face, par le retour par amour dans son quatrième aspect (comme susmentionné à l’endroit « La première mesure » et à l’endroit « Et c’est pourquoi »), il est dit de lui : « Et ton enseignant ne sera plus couvert, et tes yeux verront ton enseignant » (Ésaïe 30, 20), car à partir de ce moment et à jamais, les vêtements de la Torah ne couvrent ni ne dissimulent plus le « Moreh », et il lui est révélé pour l’éternité que « la Torah et le Créateur sont Un ».

141) Et par cela tu comprendras les paroles de nos sages, de mémoire bénie, sur le verset : « Ils M’ont abandonné et ils ont gardé Ma Torah », qu’ils ont interprété : « Si seulement ils M’abandonnaient et qu’ils gardent Ma Torah, la lumière qui s’y trouve les ramènera vers le bien » (Yéroushalmi 'Haguiga, chap. 1, halakha 7). Ce qui, apparemment, est étonnant. Cependant, leur intention est que ceux-là jeûnaient et s’affligeaient pour trouver la révélation de Sa Face, béni soit-Il, comme il est écrit : « Ils désirent la proximité de Dieu » (Isaïe 58, 2). Et l’Écriture leur dit au nom du Créateur, qui leur dit : « Si seulement vous M’abandonniez », car tout votre effort est vain et sans utilité, du fait que Je ne Me trouve en aucun endroit, si ce n’est dans la Torah. C’est pourquoi gardez la Torah, et là, cherchez-Moi. Et la lumière qui s’y trouve vous ramènera vers le bien. Et vous Me trouverez, comme il est expliqué (au passage « Et par cela ») dans le verset : « Et ceux qui Me cherchent Me trouveront », là-bas.

142) Et maintenant il est possible d’expliquer la nature de la sagesse de la Kabbale, dans une certaine mesure, de façon à suffire pour une conception fidèle de la qualité de cette sagesse, afin de ne pas se tromper soi-même par des imaginations fausses, comme la plupart des masses se l’imaginent.

Et il faut que tu saches que la sainte Torah se divise en quatre aspects, qui englobent toute la réalité :

Car trois aspects sont considérés dans l’ensemble de la réalité de ce monde-ci, qui sont appelés : monde, année, âme.

Et le quatrième aspect est : les modes d’existence de ces trois parties de la réalité, c’est-à-dire leur subsistance, leur conduite et tous leurs événements.

143) Explication, car :

1. L’extériorité de la réalité – comme les cieux, les firmaments, la terre, les mers et ainsi de suite, qui sont écrits dans la sainte Torah, tous ceux-là sont appelés du nom de « monde ».

2. Et l’intériorité de la réalité – c’est-à-dire l’homme, la bête, l’animal et l’oiseau selon leurs espèces, et ainsi de suite, qui sont mentionnés dans la Torah, qui se trouvent dans les lieux susmentionnés, qui sont appelés extériorité, ceux-là sont appelés du nom de « âme ».

3. Et la succession de la réalité selon leurs générations – du nom de cause et conséquence. Par exemple, comme la succession des chefs de générations, d’Adam HaRishon [le premier homme] jusqu’à Yehoshoua [Josué] et Kalev [Caleb], ceux qui sont entrés dans la terre, qui sont mentionnés dans la Torah, où le père est considéré comme « cause » pour son fils qui est la « conséquence » par lui, donc cet aspect de la succession des détails de la réalité, selon la voie de cause et conséquence susmentionnée, est appelé du nom de « année ».

4. Et toutes les voies d’existence de toute la réalité, tant de l’extériorité que de l’intériorité susmentionnées, pour toutes leurs conduites et leurs événements, qui sont mentionnés dans la Torah, sont appelées du nom de « subsistance de la réalité ».

144) Et sache que les quatre mondes appelés dans la sagesse de la Kabbale : « Atsilout », « Briya », « Yetsira », « Assiya », lorsqu’ils se sont prolongés et sont sortis, ils sont sortis l’un de l’autre, selon le principe du sceau et de l’empreinte, c’est-à-dire que tout ce qui se trouve inscrit dans le sceau, se révèle nécessairement et sort dans la chose qui est empreinte de lui, ni plus ni moins.

Il en fut ainsi dans la succession des mondes, de sorte que tous les quatre aspects, qui sont monde, année, âme et leurs modes d’existence comme susmentionné, qui étaient dans le monde de Atsilout, sont tous sortis, empreints et révélés à leur image également dans le monde de Briya. Et ainsi du monde de Briya au monde de Yetsira, jusqu’au monde de Assiya.

De sorte que tous les trois aspects de la réalité devant nous, appelés monde, année, âme, avec toutes leurs voies de subsistance, qui sont arrangées devant nos yeux ici dans ce monde-ci, ont été prolongés et révélés ici, du monde de Yetsira, et Yetsira de celui qui est au-dessus de lui. De sorte que la source de tous ces nombreux détails qui sont devant nos yeux, est dans le monde de Atsilout. Et plus encore, même ces nouveautés qui se renouvellent et viennent aujourd’hui dans ce monde-ci, il est nécessaire que toute nouveauté se révèle d’abord d’en haut dans le monde de Atsilout, et de là elle vient, se prolonge et se révèle à nous dans ce monde-ci.

Et c’est ce que disent nos sages : « Il n’est pas un brin d’herbe en bas qui n’ait au-dessus de lui un mazal [fortune/chance] et un surveillant d’en haut, qui le frappe et lui dit : grandis » (Béréchit Rabba, chap. 10). Et c’est le sens de : « L’homme ne se blesse pas le doigt en bas sans qu’on ne le proclame d’en haut » (‘Houlin 7b). Comprends cela.

146) Et sache que l’aspect du revêtement de la Torah dans les trois aspects de la réalité : monde, année, âme, et leur existence dans ce monde-ci, matériels comme susmentionné, c’est de là que se trouvent pour nous l’interdit, l’impureté et le défaut, qui apparaissent dans la Torah révélée, laquelle il a été expliqué plus haut que le Créateur y est revêtu, dans le sens de « la Torah et le Créateur sont un ». Mais dans une grande dissimulation et un grand voilement, car ces revêtements matériels sont les ailes qui le couvrent et le dissimulent, béni soit-Il. Cependant, l’aspect du revêtement de la Torah dans l’aspect des âmes raffinées et leur existence dans les trois mondes supérieurs, appelés Atsilout, Briya, Yetsira, ceux-là sont appelés dans leur ensemble du nom de « la sagesse de la Kabbale ».

147) De sorte que la sagesse de la Kabbale et la Torah révélée, c’est la même chose. Mais, tant que l’homme reçoit de l’aspect de la Providence de la dissimulation de la face, et que le Créateur est dissimulé dans la Torah (comme susmentionné dans le passage « Et c’est ce que disent »), il est considéré qu’il s’occupe de la Torah révélée, c’est-à-dire qu’il n’est pas apte à recevoir aucune illumination de la Torah de Yetsira, et à plus forte raison d’au-dessus de Yetsira.

Et lorsque l’homme mérite la révélation de la face, comme susmentionné dans le passage « Et voici », alors il commence à s’occuper de la sagesse de la Kabbale. Car les revêtements mêmes de la Torah révélée se sont purifiés pour lui, et sa Torah est devenue la Torah de Yetsira, appelée « la sagesse de la Kabbale ». Et même celui qui mérite la Torah d’Atsilout, il ne s’agit pas, que Dieu nous en garde, que les lettres de la Torah aient été changées pour lui, mais ces mêmes revêtements de la Torah révélée se sont purifiés pour lui et sont devenus des revêtements très purs, qui sont devenus dans le sens de « et ton Maître ne sera plus dissimulé, et tes yeux verront ton Maître », comme susmentionné, et alors ils deviennent dans l’aspect de « Lui, Sa vitalité et Ses kelim sont un en eux », comme susmentionné.

148) Et afin d’approcher un peu la chose à la raison, je vais te donner un exemple. Par exemple, tant que l’homme était dans le temps de la dissimulation de la face, alors nécessairement les lettres et les revêtements de la Torah dissimulaient le Créateur, car c’est pourquoi il a trébuché à cause des fautes volontaires et involontaires qu’il a commises. Et alors il était soumis au châtiment, que Dieu nous en garde, des revêtements grossiers de la Torah, qui sont l’impureté, l’interdit, le défaut et ce qui leur ressemble.

Cependant, au moment où il mérite la Providence révélée, et l’aspect du retour au Créateur par amour, où les fautes volontaires deviennent pour lui comme des mérites, alors toutes les fautes volontaires et involontaires dans lesquelles il a trébuché depuis qu’il était sous la dissimulation de la face, se sont maintenant dépouillées de leurs vêtements grossiers et très amers, et se sont revêtues de l’aspect de vêtements de lumière, de mitsva et de mérites. Car ces vêtements grossiers eux-mêmes se sont transformés en mérites, comme susmentionné au début du passage « Et c’est pourquoi », voir là-bas, car ils sont maintenant des aspects de vêtements qui proviennent du monde de Atsilout, ou de Briya, qui ne dissimulent ni ne recouvrent le « Maître » béni soit-Il, mais au contraire : « et tes yeux verront ton maître », comme susmentionné.

Il s’ensuit qu’il n’y a, que Dieu nous en garde, aucun changement, même minime, entre la Torah de Atsilout et la Torah de ce monde-ci, c’est-à-dire entre la sagesse de la Kabbale et la Torah révélée. Plutôt, toute la distinction réside seulement dans l’aspect de l’homme qui s’occupe de la Torah. Et deux personnes s’occupent de la Torah, dans une même halakha et dans les mêmes mots exactement, et néanmoins, pour l’un cette Torah sera dans l’aspect de la sagesse de la Kabbale et Torah de Atsilout, et pour l’autre ce sera la Torah de Assiya et révélée. Et comprends cela profondément.

148) Et par cela tu comprendras la justesse des paroles du Gaon de Vilna, de mémoire bénie (dans le Siddour, à la bénédiction de la Torah), qui a écrit que l’on commence la Torah dans le sens, c’est-à-dire la Torah révélée de Assiya, qui est un aspect dissimulé, où le Créateur se dissimule complètement, comme susmentionné. Et ensuite, par allusion, c’est-à-dire qu’Il se révèle davantage dans la Torah de Yetsira. Jusqu’à ce qu’il mérite le pshat, qui est le sens de la Torah de Atsilout, appelée « pshat », du fait qu’elle s’est dépouillée de tous les vêtements qui dissimulent le Créateur, comme expliqué.

149) Et après que nous sommes arrivés ici, il est possible de donner quelque notion et distinction dans les quatre mondes, connus dans la sagesse de la Kabbale sous les noms : Atsilout, Briya, Yetsira, Assiya de la Kedousha, et dans les quatre mondes ABY"A des klipot, disposés selon le sens de « ceci en face de cela », en face des ABY"A de Kedousha susmentionnés. Et tu comprendras tout cela d’après l’explication susmentionnée, dans les quatre aspects de l’atteinte de Sa Providence, et des quatre degrés de l’amour. Et nous expliquerons d’abord les quatre mondes ABY"A de Kedousha. Et nous commencerons par le bas, par le monde de Assiya.

150) Car voici qu’ont été expliqués plus haut, au début du passage « Et voici », les deux premiers aspects de la Providence, dans l’aspect de la dissimulation de la face, voir là-bas. Et sache que tous deux sont l’aspect du monde de Assiya, car c’est pourquoi il est dit dans le livre Etz 'Haim (Shaar 48, chapitre 3), que le monde de Assiya est en majorité mauvais. Et même ce peu de bien qui s’y trouve, est également mélangé avec le mal, sans pouvoir le reconnaître, fin de citation.

L’explication est que, à cause de la première dissimulation, comme susmentionné au début du passage « Ce qui n’est pas le cas », il en résulte que la majorité est mauvaise, c’est-à-dire les souffrances et les douleurs que ressentent ceux qui reçoivent cette Providence, et à cause de la double dissimulation, il se trouve que même le bien est mélangé au mal, et le bien n’est pas du tout reconnaissable, comme susmentionné au début du passage « et la dissimulation ».

Et le premier aspect de la révélation de la face est l’aspect du « monde de Yetsira », et c’est pourquoi il est écrit dans Etz 'Haim (Shaar 48, chapitre 3) que le monde de Yetsira est à moitié bon et à moitié mauvais, fin de citation. C’est-à-dire, comme il a été dit plus haut (au paragraphe commençant par « Cependant »), que celui qui atteint le premier aspect de la révélation de la face, qui est le premier discernement de l’amour dépendant d’une chose, appelé seulement « retour par crainte », est appelé « intermédiaire », et il est à moitié coupable et à moitié méritant, comme susmentionné.

Et le second discernement de l’amour (comme susmentionné au paragraphe commençant par « La première »), qui est aussi dépendant d’une chose, mais où il n’y a aucune trace entre eux de dommage ou de mal, et aussi le troisième discernement de l’amour, qui est le premier aspect de « l’amour qui n’est pas dépendant d’une chose », voici que ces deux-là sont l’aspect du « monde de Briya ». Et c’est pourquoi il est écrit dans Etz 'Haim (Shaar 48, chapitre 3) que le monde de Briya est « en majorité bon et en minorité mauvais, et la minorité du mal n’est pas reconnue », voir là-bas.

C’est-à-dire, comme il a été dit plus haut (au paragraphe commençant par « Et le Tana lui dit »), dans l’explication de la Baraïta, que du fait que l’intermédiaire mérite une mitsva, il fait pencher lui-même du côté du mérite, ce qui est appelé pour cette raison « en majorité bon », et c’est le second discernement de l’amour. Et la minorité du mal, qui n’est pas reconnue, qui existe dans Briya, provient du troisième discernement de l’amour, qui est « non dépendant d’une chose ». Et il a déjà fait pencher lui-même du côté du mérite, cependant il n’a pas encore fait pencher le monde entier (comme susmentionné au paragraphe commençant par « Et il a été expliqué »), il en résulte que sa minorité est mauvaise, car cet amour n’est pas encore dans l’aspect de l’éternité, comme il est écrit là-bas, voir là-bas. Cependant, cette minorité n’est pas reconnue, car il n’a encore ressenti aucun mal ni dommage, même envers autrui (comme susmentionné au paragraphe commençant par « La seconde »).

Et dans le quatrième discernement de l’amour, dont le sens est « amour qui n’est pas dépendant d’une chose, et qui est aussi éternel » (comme susmentionné au paragraphe commençant par « La première mesure » et au paragraphe commençant par « Et bien que »), c’est l’aspect du monde de Atsilout. Et c’est ce qu’il est dit dans Etz 'Haim, que dans le monde de Atsilout il n’y a aucun mal du tout, et là-bas il est dit : « Le mal ne séjournera pas auprès de Toi ». Car après avoir fait pencher aussi le monde entier du côté du mérite, voici que l’amour est éternel et absolu, et il ne sera plus jamais imaginé aucune couverture ni dissimulation, car là-bas est le lieu de la révélation de la face complètement, selon ce qui est écrit : « Et ton Maître ne se dissimulera plus, et tes yeux verront ton Maître ». Car il connaît déjà toutes les affaires du Créateur avec toutes les créatures, dans l’aspect de la véritable Providence, qui se révèle de Son Nom, béni soit-Il, « Bon et Bienfaisant pour les mauvais et pour les bons », comme susmentionné.

151) Et par cela, tu comprendras aussi l’aspect des quatre mondes ABY"A de klipa, qui sont disposés en face des ABY"A de Kedousha, dans le sens de « l’un en face de l’autre, Dieu a fait ». Car le char des klipot de Assiya, est de l’aspect de la dissimulation de la face dans ses deux degrés, ce char-là domine, afin de faire en sorte que l’homme fasse pencher tout du côté de la culpabilité, que Dieu nous en garde.

Et le monde de Yetsira de klipa, tient en main le plateau de la culpabilité, qui n’est pas corrigé dans le monde de Yetsira de Kedousha (comme susmentionné dans le passage « Et c’est pourquoi »). Et par cela, ils dominent les intermédiaires, qui reçoivent du monde de Yetsira, comme susmentionné, dans le sens de « l’un en face de l’autre, Dieu a fait ».

Et le monde de Briya de klipa, ils ont en main cette force, afin d’annuler « l’amour dépendant d’une chose », c’est-à-dire, seulement annuler la chose à laquelle l’amour est suspendu. Et c’est le manque de perfection qui existe dans l’amour de l’aspect deux.

Et le monde de Atsilout de klipa, c’est celui qui tient en main ce peu de mal qui n’est pas reconnu, qui existe dans la création, à cause de l’aspect trois de l’amour, que bien que ce soit un amour véritable, à cause du « Bon et Bienfaisant pour les mauvais et pour les bons », qui est l’aspect de Atsilout de Kedousha, néanmoins, puisqu’il n’a pas mérité de faire pencher de cette manière aussi le monde entier du côté du mérite, il y a force dans la klipa d’entraver l’amour, à cause de la Providence sur les autres (comme susmentionné dans le passage « La seconde »).

152) Et c’est ce qui est écrit dans Etz 'Haim, que le monde de Atsilout des klipot, se tient en face du monde de Briya, et non en face de Atsilout, là-bas. Autrement dit, comme il a été expliqué, car le monde de Atsilout de Kedousha, d’où ne se prolonge que l’aspect quatre de l’amour, il n’y a là aucune domination des klipot, puisqu’il a déjà fait pencher tout le monde du côté du mérite, et il connaît toutes les affaires du Créateur, aussi dans Sa Providence sur toutes les créatures, de la Providence de Son Nom, béni soit-Il, « le Bon et Bienfaisant pour les mauvais et pour les bons ».

Mais dans le monde de Briya, d’où se prolonge le troisième aspect, qui n’a pas encore fait pencher le monde entier, c’est pourquoi il y a encore saisie pour les klipot. Mais ces klipot sont considérées comme Atsilout de klipa, étant en face de l’aspect trois, qui est « l’amour qui n’est pas dépendant d’une chose », comme susmentionné. Et cet amour est l’aspect de Atsilout.

153) Et ont été bien expliqués, les quatre mondes ABY"A de Kedousha et des klipot, qui sont l’aspect du « en face » de chaque monde, qui sont l’aspect du manque qui existe dans le monde correspondant dans la Kedousha, et ce sont ceux qui sont appelés les quatre mondes ABY"A des klipot, comme expliqué.

154) Et voici que ces choses suffisent à tout chercheur, pour qu’il ressente dans sa raison, la nature de la sagesse de la Kabbale, ne serait-ce qu’un peu. Et il convient que tu saches, que la plupart des auteurs des livres de Kabbale, n’ont eu l’intention dans leurs livres, que pour de tels chercheurs, qui ont déjà mérité la révélation de la face, et toutes les atteintes supérieures, comme susmentionné. Et il ne faut pas demander : s’ils ont déjà mérité les atteintes, alors ils savent tout de leur propre atteinte, et pourquoi leur faut-il encore étudier dans les livres de la sagesse de la Kabbale d’autrui ?

Cependant, cette question ne vient pas de la sagesse. Car cela ressemble à celui qui s’occupe de la Torah révélée, et qui n’a aucune connaissance des affaires de ce monde, dans l’aspect de monde, année, âme qui sont dans ce monde, comme il a été dit plus haut, et il ne connaît pas les événements des hommes et leur conduite envers eux-mêmes, et leur conduite avec les autres, et il ne connaît pas les bêtes, les animaux et les oiseaux de ce monde. Et monterait-il à ton esprit qu’un tel homme serait capable de comprendre une quelconque notion dans la Torah selon la règle ? Car il inverserait les notions de la Torah, du mal au bien et du bien au mal, et il ne trouverait ni ses mains ni ses pieds en aucune chose.

Il en est de même pour la question devant nous : bien que l’homme mérite l’atteinte, et même l’atteinte de la Torah d’Atsilout, néanmoins il ne sait de là que ce qui concerne sa propre âme, et il lui faut encore connaître tous les trois aspects : monde, année, âme, susmentionnés, dans tous leurs événements et leurs conduites, dans la reconnaissance la plus complète, afin qu’il puisse comprendre les notions de la Torah qui sont attribuées à ce monde-là. Car ces notions, dans tous leurs détails et leurs précisions, sont expliquées dans les livres du Zohar et dans les livres de la véritable Kabbale, que tout sage et tout homme de compréhension de raison est obligé d’étudier jour et nuit.

155) Et selon cela, il faut demander : si c’est ainsi, pourquoi les kabbalistes ont-ils obligé chaque homme à étudier la sagesse de la Kabbale ?

Cependant, il y a là une grande chose, et il convient de la publier : car il y a une merveilleuse segoula [remède/vertu], incomparable, pour ceux qui s’occupent de la sagesse de la Kabbale, et même s’ils ne comprennent pas ce qu’ils étudient, seulement par le désir et la forte aspiration de comprendre ce qu’ils étudient, ils éveillent sur eux les lumières qui entourent leur âme.

Explication : car chaque homme d’Israël est assuré, à la fin, d’atteindre toutes les atteintes merveilleuses que le Créateur a pensées dans la pensée de la création, de faire jouir chaque créature. Seulement, celui qui n’a pas mérité dans cette incarnation, méritera dans une seconde incarnation, etc., jusqu’à ce qu’il mérite d’accomplir Sa pensée, qu’Il a pensée sur lui, comme il est écrit dans le Zohar, comme c’est connu.

Et voici que tant que l’homme n’a pas mérité sa perfection, ces lumières qui doivent lui parvenir sont considérées pour lui comme des « lumières environnantes », dont le sens est qu’elles se tiennent prêtes pour lui, seulement elles attendent que l’homme purifie ses kelim de réception, alors ces lumières se revêtiront dans les kelim qui sont aptes.

C’est pourquoi, même lorsque les kelim lui manquent, voici qu’au moment où l’homme s’occupe de cette sagesse, et mentionne les noms des lumières et des kelim, qui ont, du côté de son âme, une appartenance à lui, alors elles l’illuminent immédiatement, dans une certaine mesure. Seulement, elles l’illuminent sans se revêtir dans l’intériorité de son âme, du fait qu’il manque les kelim aptes à leur réception, comme il a été dit. Cependant, la lumière qu’il reçoit, à chaque fois, au moment de l’étude, attire sur lui une grâce d’en haut, et lui transmet une abondance de Kedousha et de pureté, qui rapprochent beaucoup l’homme pour qu’il parvienne à sa perfection.

Cependant, il y a une condition sévère lors de l’étude de cette sagesse : il ne faut pas matérialiser les choses, en des sujets imaginaires et corporels, car en cela on transgresse « Tu ne te feras pas d’image sculptée ni aucune image », que Dieu nous en garde. Car alors, au contraire, on reçoit un dommage à la place d’un bénéfice. C’est pourquoi nos sages, de mémoire bénie, ont averti de n’étudier la sagesse qu’après quarante ans, ou auprès d’un maître, et choses semblables, par précaution. Et tout cela est à cause de la raison susmentionnée.

C’est pourquoi, j’ai préparé, avec l’aide de Dieu, les commentaires Panim Meirot et Panim Masbirot sur Etz 'Haim, que j’ai faits, afin de sauver les lecteurs de toute matérialisation.

156) Cependant, après que les quatre premières parties de ces commentaires ont été imprimées et se sont propagées parmi les étudiants, j’ai vu en eux que je n’étais pas encore quitte de l’obligation d’explication, comme je l’avais pensé. Et tout le grand effort que j’ai fourni pour expliquer et élargir, afin que les sujets soient clarifiés sans difficulté, a été presque sans utilité.

Et cela fut, du fait que les lecteurs ne ressentent pas la grande obligation de s’appliquer à l’explication de chaque mot qui se présente devant eux, et de le répéter plusieurs fois, de manière à pouvoir bien s’en souvenir, dans la suite du livre, à chaque endroit où ce mot est mentionné. Et à cause de l’oubli d’un mot, ces sujets-là se confondaient pour eux, car à cause de la subtilité du sujet, l’absence d’explication d’un seul mot suffit à troubler pour eux tout le sujet.

Et donc, afin de corriger cela, j’ai commencé à composer un « Explication des mots », selon l’ordre alphabétique, sur tous les mots qui apparaissent dans les livres de la Kabbale et qui nécessitent une explication : d’un côté, j’ai rassemblé les explications du Ari de mémoire bénie et des autres premiers kabbalistes, tout ce qu’ils ont dit sur ce mot. Et de l’autre côté, j’ai expliqué l’essence de toutes ces explications. Et j’ai établi une définition fidèle dans l’explication de ce mot, de manière à ce qu’il suffise au lecteur de le comprendre, partout où il rencontre ce mot, dans tous les livres de la Kabbale authentique, des premiers jusqu’aux derniers. Et ainsi j’ai fait pour tous les mots courants dans la sagesse de la Kabbale.

Et voici que j’ai déjà imprimé, avec l’aide de Dieu, les mots commençant par la lettre aleph. Aussi, un peu de la lettre beth. Et seulement d’un côté. Et ils approchent déjà le millier de pages. Mais, à cause du manque d’argent, j’ai interrompu le travail à son début. Et cela fait près d’un an que je ne poursuis plus ce travail important, et le Créateur sait si j’y parviendrai encore, car les dépenses sont très grandes, et je n’ai actuellement aucun soutien.

C’est pourquoi j’ai pris pour moi à présent une autre voie, selon « qui saisit peu, saisit ». Et c’est ce livre-ci, « L’Etude des Dix Sefirot du Ari de mémoire bénie », dans lequel je rassemble, à partir des livres du Ari de mémoire bénie, et en particulier de son livre « Etz 'Haim », tous les articles principaux qui concernent l’explication des dix sefirot, que j’ai placés en tête de chaque page. Et sur ceux-ci, j’ai fait un commentaire étendu, appelé « Ohr Pnimi » [lumière intérieure], et un second commentaire, appelé « Histaklout Pnimit » [regard intérieur], qui expliquent chaque mot et chaque notion, qui sont amenés dans les paroles du Ari de mémoire bénie en tête de page, avec simplicité et en langage facile, autant que j’ai pu.

Et j’ai divisé le livre en seize parties, chaque partie étant une leçon sur une notion particulière des dix sefirot. « Ohr Pnimi » explique principalement les paroles du Ari de mémoire bénie qui sont amenées dans cette leçon, et « Histaklout Pnimit » explique principalement la notion dans son ensemble général. Et sur ceux-ci, j’ai ordonné un « Tableau des questions » et un « Tableau des réponses » sur tous les mots et sur toutes les notions qui sont amenés dans cette partie.

Et après que l’étudiant aura terminé cette partie, il essaiera par lui-même, s’il peut répondre correctement à chaque question amenée dans le « Tableau des questions ». Et après avoir répondu, il regardera dans le « Tableau des réponses » la réponse qui correspond à cette lettre de la question, pour voir s’il a répondu correctement. Et même s’il sait bien répondre aux questions de mémoire, malgré tout, il reviendra sur les questions de très nombreuses fois, jusqu’à ce qu’elles soient comme déposées dans une boîte. Car alors il réussira à se souvenir du mot, au moment où il en aura besoin, ou au moins il se souviendra de son emplacement, afin de le chercher. « Et le désir du Créateur réussira dans sa main ».

Ordre de l’étude

Étudie d’abord le « Panim », c’est-à-dire les paroles du Ari de mémoire bénie, imprimées en tête des pages, jusqu’à la fin du livre. Et même si tu ne comprends pas, reviens-y plusieurs fois, selon « d’abord apprendre par cœur et ensuite expliquer ». Ensuite, étudie le commentaire « Ohr Pnimi ». Et applique-toi à cela, de façon à pouvoir étudier et comprendre correctement le « Panim » même sans l’aide du commentaire. Ensuite, étudie le commentaire « Histaklout Pnimit », jusqu’à ce que tu le comprennes et t’en souviennes entièrement. Et après tout cela, essaie-toi dans le « Tableau des questions ». Et après avoir répondu à la question, regarde la réponse, indiquée par la même lettre que la question. Et ainsi fais pour chaque question. Et étudie, répète et reviens-y plusieurs fois, jusqu’à ce que tu t’en souviennes bien, comme déposées dans une boîte. Car pour chaque mot, vraiment, qui se trouve dans la troisième partie, il faut bien se souvenir des deux premières parties, sans manquer même une petite compréhension. Et le pire de tout est que l’étudiant ne ressentira pas du tout ce qu’il a oublié, mais, ou bien les choses deviendront confuses à ses yeux, ou bien il recevra une explication erronée de la notion, à cause de l’oubli. Et bien entendu, une erreur en entraîne dix autres, jusqu’à ce qu’il en arrive à une incompréhension totale, et il sera obligé d’abandonner complètement l’étude.

- L’auteur