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De l’enseignement de la Kabbale et de son essence

Qu’est-ce que la sagesse de la Kabbale ? La sagesse de la Kabbale, dans son ensemble, est une affaire de révélation divine, ordonnée selon ses voies dans toutes ses phases, de tout ce qui s’est révélé dans les mondes et de tout ce qui est destiné à se révéler, et sous toutes les formes possibles de révélation dans les mondes, jusqu’à la fin de toutes les générations.

LE BUT DE LA CRÉATION

Comme il n’y a pas d’acte sans qu’il n’y ait de but, il est certain que le Créateur avait un but en faisant la Création qu’Il nous a présentée. La chose la plus importante dans toute cette réalité pleine de diversité est la sensation donnée aux animaux, celle qui fait que chacun d’entre eux sent sa propre existence. La sensation la plus importante est la sensation intellectuelle, qui n’est donnée qu’à l’homme, et par laquelle nous pouvons également sentir ce que ressent l’autre — les peines et le réconfort.

Ainsi, il est certain que si le Créateur a un but dans cette Création, il s’agit de l’homme. Il est dit à son propos : « Tout ce que fait le Seigneur est pour Lui. »

Mais nous devons encore comprendre pour quel manque le Créateur créa toute cette charge? Ceci pour l’élever à un degrès important et supérieur, afin qu’il ressente son Créateur comme un ressenti humain, qui lui est déjà acquis. Et de même lorsque nous connaitrons et ressentirons les désirs de son prochain, nous pourrons ainsi apprendre les chemins du Créateur, comme il est écrit de Moïse : « Et le Seigneur parla à Moïse face à face, comme un homme parle à son prochain. »

Tout homme peut être comme Moïse. Assurément, quiconque examine l’évolution de la création placée devant nous verra et comprendra le grand plaisir de l’Opérateur, dont l’action évolue  jusqu’à ce que l’homme acquière le ressenti merveilleux de pouvoir parler avec son Créateur, comme il parlerait avec son ami.

DU HAUT VERS LE BAS

Il est connu que la fin de l’acte est dans la pensée initiale, car avant de commencer à penser à construire une maison, l'homme élève dans sa pensée la notion de l’habitation dans la maison, qui est le but. Ensuite, il examine le plan de construction afin qu’il soit réussi par rapport à ce but..

Il en est de même pour notre sujet. Après avoir clarifié notre but, il nous est également expliqué que tous les ordres de la création, dans tous ses angles, ses entrées et ses sorties, sont arrangés et ordonnés d’avance uniquement selon ce but, afin que se développe l’espèce humaine, qui s’élèvera dans ses degrés jusqu’à être apte à ressentir la Divinité comme il ressent son prochain. 

Ces degrés sont comme les barreaux d’une échelle, disposées et organisées degré par degré, jusqu’à ce que nous les complétions et atteignons son but. Sache que la qualité et la quantité de ces degrés sont organisées selon deux réalités :

  1. La réalité des matières corporelles.
  2. La réalité des intellects spirituels.

Dans la langue de la Kabbale, elles sont appelées « du haut vers le bas » et « de bas vers le haut ». Cela veut dire que la réalité des matières corporelles est l’ordre de révélation de Sa Lumière du haut vers le bas — depuis la source première, où fut extraite une mesure et une quantité de lumière de Son essence, jusqu’à son arrivée à travers des Tsimtsoum, de Tsimtsoum en Tsimtsoum [de restriction en restriction], jusqu’à ce que le monde matériel soit formé avec les créatures corporelles à son niveau le plus bas.

DU BAS VERS LE HAUT

Ensuite commence l’ordre du bas vers le haut, qui correspond à tous les degrés de l’échelle sur laquelle l’espèce humaine se développe et s’élève jusqu’à atteindre le but de la création. Ces deux réalités sont expliquées dans tous les cas, évènements et en détail dans la sagesse de la Kabbale.

LA QUESTION DE L’OBLIGATION D’ÉTUDIER LA KABBALE

Un objecteur pourrait dire : « S’il en est ainsi, toute cette sagesse est pour ceux qui ont déjà été récompensés d’une certaine mesure de révélation du Créateur. Quelle obligation ou nécessité peut-il donc y avoir, pour le plus grand nombre, à connaître cette sagesse sublime ? »

En effet, il y a une opinion générale parmi le grand public selon laquelle l’essentiel du désir de la Torah et de la religion est uniquement la rectitude de l’acte et que tout ce qui est désiré dépend de l’accomplissement des Mitsvot pratiques [commandements], sans rien d’autre qui s’y ajoute ou qui en découle. Si tel était le cas, alors les paroles de celui qui dit qu’il nous suffit de l’étude de la partie révélée de la Torah, concernant les lois pratiques, seraient certainement justes.

Cependant, ce n’est pas le cas. Nos sages ont déjà dit : « Qu’importe au Créateur que l’on égorge par la gorge ou par la nuque ? les Mitsvot n’ont été données que pour purifier les créatures. » Tu vois donc qu’il existe un autre but, au-delà de l’accomplissement des actes, et que l’acte n’est qu’une simple préparation à ce but.. Par conséquent, il est évident que si les actes ne sont pas ordonnés en vue du but désiré, alors c’est comme si il n’avait rien accompli. Et il est écrit dans Le Zohar : « Un commandement sans intention est comme un corps sans âme. » C’est pourquoi l’intention doit accompagner l’acte.

De plus, il est évident que l’intention doit être une intention véritable, appropriée à l’acte. Comme nos sages l’ont dit à propos du verset : « Je vous ai séparés des peuples pour être à Moi »,
c’est-à-dire : que votre séparation soit pour Mon Nom, afin qu’un homme ne dise pas : « Je ne veux pas de chair de porc », mais qu’il dise : « Je le veux, mais que puis-je faire, mon Père qui est aux cieux me l’a décrété. » Ainsi, si quelqu’un évite de manger du porc à cause de sa répugance ou pour ne pas nuire à son corps, cette intention n’aide en rien à ce que l’action soit considérée comme une Mitsva, mais seulement s’il oriente son intention selon l’intention voulue et particulière pour laquelle la Torah l’a interdit. Il en est ainsi pour chaque Mitsva et c’est seulement après cela que nous purifions notre corps graduellement en observant les Mitsvot, ce qui est le but désiré.

Il ne nous suffit donc pas d’étudier les règles de la conduite pratique, nous devons étudier ces choses qui conduisent à l’intention désirable, pour tout accomplir de la foi en la Torah et le Donneur de la Torah, c’est-à-dire qu’il y a un jugement et qu’il y a un Juge.

Et qui est assez naïf pour ne pas comprendre que la foi en la Torah, et en la récompense et la punition, qui sont un remède pour cette grande chose, requiert beaucoup d’étude dans les livres appropriés ? Ainsi, avant même l’acte, il est nécessaire d’avoir des études qui purifient le corps et l’habituent à la foi en l’Éternel, en Sa Torah et en Sa Providence. Nos sages ont dit à ce propos : « J’ai créé le mauvais penchant et J’ai créé pour lui la Torah comme épice. » Ils n’ont pas dit : « J’ai créé pour lui les Mitsvot comme épice », car « il faut un garant pour un garant » : puisque le mauvais penchant aspire à se libérer de toute contrainte et à rejeter le joug spirituel, il ne laissera pas accomplir les Mitsvot.

LA TORAH COMME UNE ÉPICE

La Torah est la seule épice pour annuler et soumettre le mauvais penchant, comme nos sages l’ont dit : « La Lumière en elle ramène vers le bien. »

LA MAJORITÉ DES PAROLES DE LA TORAH EST DESTINÉE À L'ÉTUDE

Par cela s’explique pourquoi nous avons besoin de la longueur de la Torah, dans les parties qui ne concernent pas l’action, mais seulement l’étude, c’est-à-dire l’introduction de l’Œuvre de la Création, qui constitue tout le Livre de la Genèse, l’Exode, et la majeure partie du Deutéronome. Et il n’est même pas nécessaire de mentionner les aggadot et les midrashim [les légendes et les commentaires]. Tout cela existe parce qu’ils constituent l’essence même dans laquelle la lumière est gardée. Le corps s’en purifie, le mauvais penchant est soumis, et l’homme parvient à la foi en la Torah, à la récompense et à la punition, ce qui constitue le premier degré dans l’accomplissement du travail, comme expliqué.

LE COMMANDEMENT EST UNE LAMPE, ET LA TORAH EST LUMIÈRE

Il est écrit : « Le commandement est une lampe et la Torah est lumière » Car de même que celui qui possède des lampes ( à huile)  mais n’a pas de lumière (sans huile ni flamme) pour les allumer demeure dans l’obscurité, de même celui qui a des Mitsvot mais n’a pas la Torah demeure dans l’obscurité. Car la Torah est la lumière par laquelle on éclaire l’obscurité du corps, comme mentionné.

TOUTES LES PARTIES DE LA TORAH NE SONT PAS ÉGALES EN QUANTITÉ DE LUMIÈRE

Selon la Segoula [remède/force/vertu] de la Torah susmentionnée c’est-à-dire selon la quantité de lumière qu’elle contient, il est certain qu’il faut diviser la Torah en degrés, selon la mesure de lumière que l’homme est capable de recevoir par son étude. Il est clair que quand l’homme réfléchit et lit les paroles de la Torah qui traite de la révélation du Créateur à nos patriarches, elles apportent plus de lumière à celui qui les étudie que lorsqu’il s’attache à des sujets pratiques.

Bien que, du point de vue de l’action, ces derniers soient plus importants. Mais du point de vue de la lumière, la révélation du Créateur aux patriarches est assurément plus importante. Et cela sera reconnu par tous ceux qui ont le cœur droit, qui ont essayé de rechercher et de recevoir la lumière de la Torah.

OBLIGATION ET MODE DE DIFFUSION DE LA SAGESSE

Comme toute la sagesse de la Kabbale parle du secret de la révélation du Créateur, il est évident qu’il n’existe pas de sagesse plus importante ou couronnée de succès pour sa tâche qu’elle. Telle était l’intention des kabbalistes lorsqu’ils l’ont arrangée pour rendre son étude possible.

Et ils se sont assis et s’y sont consacrés jusqu’au temps de la dissimulation (et pour une raison connue il fut décidé de la dissimuler). Cependant, ce n’était que pour un temps déterminé, et non pour toujours, comme il est écrit dans Le Zohar : « Cette sagesse est destinée à être révélée à la fin des jours et même aux enfants. »

Il s’avère que ladite sagesse n’est pas limitée au langage de la Kabbale, car son essence est une lumière spirituelle qui émane et se révèle de l’Essence du Créateur, selon le secret du verset : « Les éclairs sont envoyés, ils partent et disent : nous voici »,
c’est-à-dire selon les deux voies mentionnées : d’en haut vers le bas, et d’en bas vers le haut.

Ces choses et ces degrés se diffusent et se déploient selon un langage qui leur est adapté, et qui correspond en réalité à toutes les existences des créatures et à leurs conduites dans ce monde-ci, qui en sont les branches. Il en est ainsi parce que « il n’existe pas un seul brin d’herbe en bas qui n’ait un ange au-dessus de lui qui le frappe et lui dise : grandis ». Ainsi, les mondes émanent et s’impriment l’un de l’autre, comme un sceau et son empreinte, et tout ce qui se trouve dans l’un se manifeste dans l’autre, jusqu’au monde matériel, qui en est la dernière branche, mais qui contient le monde supérieur comme une empreinte issue d’un sceau.

Ainsi, il est facile de comprendre que l’on peut parler des mondes supérieurs uniquement à travers leurs branches matérielles inférieures qui en découlent, ou à travers les conduites — ce qui est le langage du Tanakh — ou à travers les sagesses extérieures, ou à travers les créatures — ce qui est le langage des kabbalistes — ou à travers des noms conventionnels, comme c’était l’usage dans la Kabbale des Guéonim depuis la dissimulation du Zohar.

Il est désormais clair que la révélation du Créateur n’est pas un événement ponctuel, mais un processus qui se dévoile sur une durée suffisante pour révéler tous les degrés immenses qui se dévoilent d’en haut vers le bas et d’en bas vers le haut. Et à la fin de tous ces degrés, le Créateur Se révèle à eux tous.

Ceci est comparable à un homme qui connaît tous les pays et toutes les créatures du monde : il ne peut dire que le monde entier lui est révélé avant d’avoir observé la dernière des créatures et des nations. Tant qu’il n’y est pas parvenu, il n’a pas encore atteint la totalité du monde.

De même, l’atteinte du Créateur suit des voies préparées à l’avance, que le chercheur est obligé d’atteindre toutes, dans les mondes supérieurs et inférieurs ensemble. Il est évident que les mondes supérieurs sont essentiels ici, mais ils sont atteints ensemble, parce qu’il n’y a pas de différence entre eux dans leur forme, seulement dans leur substance. La substance d’un monde plus élevé a une substance plus pure, mais les formes sont imprimées les unes dans les autres : ce qui se trouve dans le monde supérieur existe nécessairement dans tous les mondes sous lui, car l’inférieur est l’empreinte du supérieur. Sache que ces réalités et leurs conduites, que celui qui cherche le Créateur atteint, sont appelées « degrés », parce qu’elles sont ordonnées dans l’atteinte l’une au-dessus de l’autre, comme les échelons d’une échelle.

EXPRESSIONS SPIRITUELLES

Le spirituel n’a aucune similitude, et c’est pourquoi il n’a pas de lettres pour être prononcé.
Même lorsque l’on dit de manière générale qu’il s’agit d’une lumière simple qui descend et s’étend vers celui qui la recherche jusqu’à ce qu’elle l’habille et qu’il l’atteigne dans la mesure suffisante pour Sa révélation — tout cela reste un langage emprunté. Car toute chose appelée « lumière » dans le monde spirituel ne ressemble ni à la lumière du soleil ni à celle d’une bougie.

Ce que nous appelons « lumière » dans le monde spirituel est emprunté à l’intellect humain, dont la nature est que, lorsque les doutes s’y dissipent, il se révèle comme une abondance de lumière et de plaisir dans toute la stature du corps.

Cependant, afin que nous puissions donner un nom quelconque à l’intellect, nous l’appelons pour cette raison lumière de l’intellect, et cela bien que ce ne soit pas exact. Car la lumière qui éclaire ces parties de la matière du corps, qui ne sont pas aptes à recevoir des raisonnements résolus, est assurément quelque chose de moindre que l’intellect. Et pour cette raison, même ces organes inférieurs et moins importants peuvent la recevoir et l’atteindre.

Malgré tout cela, afin que nous puissions appeler l’intellect par un nom quelconque, nous l’appelons lumière de l’intellect. Et exactement de la même manière, nous appelons les détails de la réalité dans les mondes supérieurs lumières, parce qu’ils apportent à ceux qui les atteignent une abondance de lumière et de délice, dans toute la stature du corps, de la tête jusqu’à la fin.

Et pour cette raison, nous sommes autorisés à appeler celui qui atteint revêtement, en ce qu’il s’est revêtu de cette lumière.

Il n’est pas nécessaire d'objecter en disant qu’il aurait été plus simple de donner des noms familiers à l’esprit, comme observation, atteinte, etc., ou de s’exprimer avec des expressions qui souligneraient le phénomène intellectuel. Car la chose est qu’il n’existe aucune similitude avec les voies des phénomènes de l’intellect, étant donné que l’intellect est une branche particulière et distincte parmi toutes les branches de la réalité, et qu’il possède donc des voies particulières pour sa manifestation.

Ce n’est pas le cas des choses relevant des degrés, car celles-ci forment une totalité complète, incluant en elle tous les détails de la réalité, chacun étant perçu selon une voie distincte. Aussi, la perception des choses relevant des degrés ressemble-t-elle, le plus souvent, à la perception des corps des êtres vivants.  C’est-à-dire que lorsqu’il atteint une certaine essence, il l’atteint entièrement, de sa tête à sa fin.

Si nous jugeons selon les lois de l’intellect, nous devrions dire qu’il a atteint tout ce qu’il est possible d’atteindre dans cette essence, et que même s’il l’analysait pendant mille années, il n’y ajouterait pas l’épaisseur d’un cheveu. Et malgré cela, au début, il lui est semblable à… c’est-à-dire qu’il voit tout, mais ne comprend rien de ce qu’il voit. Mais par le fait d’un délai de temps, il est contraint d’atteindre encore des éléments supplémentaires, semblables à Ibour [fécondation], Yénika [allaitement], Mokhin [âge adulte], et un second Ibour. Alors il commence à ressentir et à utiliser ses atteintes selon tout ce qu’il désire.

Et en vérité, il n’a rien ajouté à ses atteintes par rapport à ce qu’il avait atteint au début, mais seulement en tant que fin de maturation car auparavant cela existait avant maturation, et pour cette raison il ne pouvait le comprendre. Et maintenant sa maturation est achevée.

Tu vois ainsi la grande différence qu’il y a entre cela et les voies des phénomènes intellectuels. Et pour cette raison, les définitions auxquelles nous sommes habitués dans les voies des phénomènes intellectuels ne nous suffisent pas. Nous sommes obligés de nous servir uniquement de voies habituelles qui s’appliquent dans les matières corporelles.Car celles-ci, au moins quant à leurs formes, leur ressemblent entièrement, bien qu’elles en soient infiniment éloignées quant à la matière.

QUATRE LANGAGES SONT UTILISÉS DANS LA SAGESSE DE LA VÉRITÉ

Quatre langues sont utilisées dans la sagesse de vérité :

1. La langue du Tanakh, de la Bible, ses noms, ses appellations.

2. La langue de la Halakha, des lois — ce langage est très proche de celui de la Bible.

3. La langue des Aggadot, des légendes, qui est très éloignée de celle de la Bible, car elle n’a aucune considération pour la réalité. Des noms étranges et des appellations sont attribués à cette langue, qui n’a pas de lien avec ce qui est perçu par la voie des racines et des branches.

4. La langue des Sefirot et des Partsoufim. En général, les sages avaient une forte tendance à la soustraire à l’attention des ignorants, car ils pensaient que la sagesse et la morale allaient main dans la main. Par conséquent, les premiers sages l’ont cachée dans leurs écrits en utilisant des lignes, des points, des sommets et des jambes. C’est ainsi que l’alphabet [hébraïque] a été formé avec les vingt-deux lettres devant nous.

LA LANGUE DE LA BIBLE

C’est la langue essentielle et fondamentale, qui convient parfaitement à sa tâche, car pour sa majeure partie elle contient une relation de racine à branche. C’est la langue la plus facile à comprendre. Cette langue est aussi la plus ancienne ; il s’agit de la langue sainte attribuée à Adam HaRishon.

Cette langue a deux avantages et un inconvénient. Son premier avantage, c’est qu’elle est facile à comprendre, même les débutants dans l’atteinte comprennent immédiatement ce dont ils ont besoin. Le second avantage c’est qu’elle clarifie des sujets en largeur et en profondeur mieux que n’importe quelle autre langue.

Son inconvénient, c’est qu’elle ne peut être utilisée pour discuter de certains sujets en particulier, ou encore de connexions de cause à effet. Il en est ainsi parce que chaque chose a besoin d’être clarifiée dans toutes ses dimensions, et il est difficile de montrer à quel élément elle se réfère, sauf en présentant le sujet en entier. C’est pourquoi, pour souligner le plus petit détail, une histoire entière doit être présentée. De ce fait, elle ne convient pas pour les petits détails ou pour les connexions de cause à effet.

Il faut savoir que la langue des prières et des bénédictions est empruntée à la langue de la Bible.

LA LANGUE DES LOIS

La langue des lois ne parle pas de la réalité mais de l’existence de la réalité. Cette langue est entièrement tirée de la langue de la Bible, selon les racines des lois qui y sont présentées. Elle a un avantage par rapport à la Bible : elle élargit beaucoup tous les sujets et montre de manière plus précise les racines supérieures. Cependant son grand inconvénient, en comparaison avec la langue de la Bible, c’est qu’elle est très difficile à comprendre. C’est la plus difficile de toutes les langues et seul un sage complet, appelé « entrant et sortant sans dommage », peut la saisir. Bien sûr, elle comprend aussi le premier inconvénient cité, car elle est prise de la Bible.

LA LANGUE DES LÉGENDES

La langue des légendes est facilement compréhensible par ses fables qui vont très bien avec tout ce que l’on veut exprimer. Si elle est étudiée superficiellement, elle semble encore plus facile à comprendre que le langage de la Bible. Mais pour une compréhension complète, cette langue est très difficile. Cela est dû au fait qu’elle ne se confine pas à parler en séquences de branche et de racine, mais seulement en allégories et en une merveilleuse répartie. Cependant, c’est une langue très riche et très utile pour résoudre des concepts difficiles et étranges relatifs à l’essence d’un degré dans son état, qui par lui-même ne peut pas être expliqué avec le langage des lois et de la Bible.

LA LANGUE DES KABBALISTES

La langue des kabbalistes est une langue dans tous les sens du terme : très précise, relative aussi bien aux racines et aux branches qu’aux causes et aux conséquences. Cette langue a le mérite unique d’être capable d’exprimer de subtils détails sans limites. Aussi, à travers elle, il est possible d’approcher directement le sujet désiré, sans qu’il soit nécessaire de se référer à ce qui vient avant et ce qui vient après.

Cependant, malgré les sublimes qualités que vous pouvez lui trouver, elle a un grand défaut : il est très difficile d’atteindre cette langue, voire quasiment impossible, sauf d’un kabbaliste et d’un sage qui la comprend avec son propre esprit. Cela signifie que même si quelqu’un comprend tous les degrés de bas en haut et de haut en bas de par son propre esprit, il ne comprendra pas un mot de cette langue tant qu’il ne la recevra pas de la bouche d’un sage qui l’a déjà reçue de son professeur face à face.

LA LANGUE DE LA KABBALE EST INCLUSE DANS TOUTES LES AUTRES

Sachez que les noms, les appellations et les gématries [valeur numérique des mots] appartiennent entièrement à la sagesse de la Kabbale. La raison pour laquelle on les retrouve chez les autres langues est que toutes les langues sont également incluses dans la sagesse de la Kabbale. En effet, toutes sont des cas particuliers sur lesquels les autres langues doivent s’appuyer.

Il ne faut pas penser que ces quatre langues utilisées pour expliquer la sagesse de la découverte de la Divinité ont évolué l’une après l’autre, au fil du temps. La vérité, c’est que les quatre ont été dévoilées ensemble de la bouche des sages.

En vérité, chacune comprend toutes les autres. La langue de la Kabbale existe dans la Bible, comme la permanence du Tsour (rocher), les treize attributs de la miséricorde dans la Torah et dans le livre de Michée, jusqu’au point où cela se sent dans tous les versets. Il y a aussi les chars dans Isaïe et Ezéchiel et, au-dessus de tous, le Cantique des Cantiques, qui n’est que dans la langue de la Kabbale. C’est la même chose pour les lois et les légendes, et encore plus à propos des noms sacrés ineffaçables, qui ont le même sens dans toutes les langues.

L’ORDRE D’ÉVOLUTION DES LANGUES

Tout a un développement graduel. La langue la plus facile à utiliser est celle dont le développement s’est terminé avant celui des autres. Ainsi, la première préférence a été la langue de la Bible, car il s’agissait de la langue la plus commode et la plus répandue à cette époque.

Ensuite est venue la langue des lois, car elle était complètement immergée dans la langue de la Bible ; qui plus est, il fallait s’en servir pour montrer aux gens comment appliquer les lois.

La troisième langue était celle des légendes. Même si on la trouve également dans beaucoup de passages de la Bible, elle ne peut être considérée que comme une langue auxiliaire, puisque son acuité accélère la perception du sujet mais elle ne peut pas être utilisée comme une langue de base, car comme nous l’avons mentionné ci-dessus, il lui manque la précision de la branche et de sa racine. Par conséquent, elle n’a été que rarement utilisée — et donc ne s’est pas développée.

Même si les légendes ont été très utilisées à l’époque des Tanaaim et des Amoraïm, elles ne l’ont été qu’en conjonction avec la langue de la Bible pour ouvrir les mots de nos sages : Rabbi… commença, etc. (et autres suffixes). En vérité, l’accroissement de l’usage de cette langue par nos sages a commencé après la dissimulation de la langue de la Kabbale au temps de Yohanan Ben Zakai, et un peu avant, c’est-à-dire soixante-dix ans avant la destruction du Temple.

La dernière langue à s’être développée a été celle de la Kabbale. Ceci en raison des difficultés pour la comprendre : en plus de l’atteinte, il faut également comprendre la signification de ses mots. Ainsi, même si certains la comprenaient, ils ne pouvaient l’utiliser car, pour la plupart d’entre eux, ils étaient seuls dans leur génération et n’avaient personne avec qui l’étudier. Nos sages l’ont appelée Maassé Merkava, car il s’agit d’une langue spéciale avec laquelle nous pouvons parler en détail des Herkavot [compositions/structures] des degrés les uns dans les autres, et ceci n’est possible avec aucune autre.

LA LANGUE DE LA KABBALE EST COMME TOUTE LANGUE PARLÉE

Sa préférence est dans la signification contenue dans un seul mot !

Au premier coup d’œil, la langue de la Kabbale ressemble à un mélange des trois langues précédemment citées. Cependant, celui qui comprendra comment l’utiliser se rendra compte qu’il s’agit d’une langue unique en soi, du début à la fin. Cela ne s’applique pas aux mots, mais à leur sens. C’est la grande différence entre elles.

Dans les trois premières langues, il n’y a pratiquement pas de sens à un mot, permettant au lecteur de comprendre ce que le mot suggère. Ce n’est qu’en joignant plusieurs mots entre eux, et parfois même des explications, que leur contenu et leur sens peuvent être compris. L’avantage de la langue de la Kabbale est que chaque mot révèle au lecteur son contenu et son sens, avec une plus grande précision que les autres langues humaines : chaque mot porte en lui une définition précise et ne peut être remplacé par un autre.

L’OUBLI DE LA SAGESSE

Depuis la dissimulation du Zohar, progressivement cette langue essentielle a été oubliée, car de moins en moins de personnes l’ont utilisée et il y a eu un arrêt d’une génération quand le sage qui l’avait reçu ne l’a pas transmise à celui qui pouvait la comprendre. Depuis, il y a un manque incommensurable.

Vous pouvez voir de toute évidence que le kabbaliste Rabbi Moïse de Léon, qui était le dernier à le posséder et par lequel il est apparu au monde, n’en a pas compris un seul mot. Dans les livres qu’il a écrits et où il présente des passages du Livre du Zohar, il est clair qu’il n’en a pas compris le langage, car il l’a interprété selon la langue de la Bible. Il a entraîné une confusion dans la compréhension de cet ouvrage, même si lui-même avait une haute atteinte comme en témoignent ses compositions.

Il en a été ainsi pendant des générations : tous les kabbalistes ont donné leur vie pour comprendre la langue du Zohar, mais ils ne s’y sont pas retrouvés, car ils ont utilisé la langue de la Bible avec grande insistance. Pour cette raison, ce livre était scellé comme il l’avait été pour Rabbi Moïse de Léon.

LA KABBALE DU ARI (Isaac Louria)

Il en fut ainsi jusqu’à l’arrivée du ARI, un kabbaliste unique en son genre. Son atteinte était sans égale et il nous a ouvert la langue du Zohar et nous a permis d’y pénétrer. S’il n’était pas mort si jeune, il est difficile d’imaginer la quantité de Lumière qu’il aurait pu tirer du Zohar. Mais le peu que nous avons gagné a pavé la voie et a fait naître un véritable espoir, celui qu’au fil des générations notre compréhension grandirait et que nous arriverions à le comprendre totalement.

Avec ceci, vous devez comprendre la raison pour laquelle tous les grands sages qui ont suivi le ARI ont abandonné tous les livres qu’ils avaient compilés sur cette sagesse, ainsi que les commentaires sur Le Zohar, et se sont interdit de les regarder ou presque. Et tout le reste de leur vie, ils se sont investis dans les paroles du ARI. Sachez que ce n’est pas parce qu’ils ne croyaient pas à la sainteté des kabbalistes qui ont précédé le ARI et la contestait. Quiconque connaît cette sagesse peut voir que l’atteinte de ces sages dans cette sagesse de vérité était incommensurable. Seul un ignorant pourrait en douter. Cependant, leur logique dans cette sagesse suivait les trois premières langues.

Puisque chaque langue est vraie et convient à son époque, elle ne convient pas totalement, et induit beaucoup en erreur dans la compréhension des ordres de la sagesse de la Kabbale contenue dans Le Zohar. Il s’agit d’une langue complètement différente qui a été oubliée. C’est pour cette raison que nous n’utilisons pas les explications de Rabbi Moïse de Léon, ni celles de ses successeurs, car leurs interprétations du Zohar ne sont pas vraies et, à ce jour, nous n’avons qu’un seul commentateur qui est le ARI.

À la lumière de ce qui vient d’être énoncé, il s’avère que l’intériorité de la sagesse de la Kabbale n’est pas différente de l’intériorité de la Bible, du Talmud et des légendes. La seule différence entre elles réside dans leurs logiques.

Cela est comparable à une sagesse qui a été retranscrite en quatre langues.

Évidemment, l’essence de la sagesse n’a pas changé en raison des changements de langue. La seule chose à laquelle nous devons penser, c’est quelle transcription est la plus adaptée pour transmettre la sagesse au lecteur.

Voici notre propos : la sagesse de la vérité, c’est-à-dire la sagesse de la révélation de la Divinité dans Ses voies aux créatures, doit être transmise de génération en génération comme un enseignement séculier. Chaque génération ajoute un lien supplémentaire à celle qui la précède, et ainsi la sagesse grandit. Qui plus est, elle devient plus facile à diffuser au public.

Ainsi, chaque sage doit transmettre à ses étudiants et à la génération suivante tout ce qu’il a hérité de la sagesse des précédentes générations, ainsi que les ajouts dont il a été récompensé. Il est évident que la providence spirituelle — telle qu’elle est atteinte par une personne — ne peut être transmise autrement, ni même consignée dans un livre. Car les objets spirituels ne peuvent venir dans les lettres de l’imagination, quelle qu’elle soit (et même s’il est écrit « Par la main des prophètes, Je ressemblerai » ce n’est pas comme on le croit.)

L’ORDRE DE TRANSMISSION DE LA SAGESSE

Alors, comment celui qui a accédé à la spiritualité peut-il transmettre son atteinte aux générations suivantes et aux étudiants ? Sachez qu’il n’y a qu’une seule voie pour cela : celle de la racine et de la branche. Tous les mondes et tout ce qui les remplit, dans le moindre détail, émergent du Créateur dans une pensée unique et unie. La pensée seule déferla et créa tous les mondes, les créations et ce qui les conduit, comme il est expliqué dans les livres L’Arbre de Vie et les Tikouné Ha Zohar [corrections du Zohar].

Ainsi, ils sont tous égaux entre eux comme le sceau et son empreinte, où le premier sceau est imprimé dans tous. Par conséquent, nous pouvons appeler les mondes les plus proches de la pensée à propos du but « racines », et les mondes les plus éloignés du but sont appelés « branches ». En effet, « la fin de l’acte est dans la pensée originelle. »

Maintenant, nous pouvons comprendre l’adage commun dans les légendes de nos sages : « et il le regarde de la fin du monde jusqu’à sa fin. » N’auraient-ils pas dû dire « du début du monde jusqu’à sa fin ? » Mais il y a deux fins : une fin selon la distance vis-à-vis du but, c’est-à-dire les dernières branches de ce monde, et deuxièmement une fin appelée « le but final », car le but est révélé à la fin de l’acte.

Mais nous avons expliqué que « la fin de l’acte est dans la pensée originelle. » Ainsi, nous trouvons le but au début des mondes. C’est ce que nous appelons « premier monde » ou le « premier sceau ». Tous les autres mondes découlent de lui, et c’est pourquoi toutes les créations — minérales, végétales, animales et parlantes —, toutes leurs incidences, existent sous toutes leurs formes dès le premier monde. Ce qui n’y existe pas ne peut pas apparaître dans le monde, car on ne peut pas donner ce que l’on n’a pas.

RACINE ET BRANCHE DANS LES MONDES

Maintenant, il est facile de comprendre les racines et les branches dans les mondes. Toutes les variétés existant dans les minéraux, végétaux, animaux et êtres parlants dans ce monde ont toutes leurs correspondances dans le monde qui leur est supérieur, sans aucun changement en ce qui a trait à la forme, mais uniquement à leur substance. Ainsi, un animal ou une pierre dans ce monde est une substance corporelle, et sa correspondance dans le monde supérieur, pierre ou animal, est une substance spirituelle, n’occupant ni espace ni temps. Néanmoins, leur qualité reste la même.

Là, nous devrions certainement ajouter la question de la relation entre la matière et la forme, qui est bien sûr également conditionnée par la qualité de la forme. De même avec la majorité du minéral, végétal, animal et parlant dans le monde supérieur, vous trouverez leur similitude et leur ressemblance dans le monde au-dessus du Supérieur. Cela continue à travers le premier monde où tous les éléments sont présents dans leur perfection, comme il est écrit : « Et Dieu vit que tout ce qu’Il avait fait et c’était très bien. »

C’est pour cela que les kabbalistes ont écrit que le monde est au centre de tout, pour indiquer que la fin de l’action est le premier monde, c’est-à-dire le but. Aussi, l’éloignement du but est appelé « la descente des mondes depuis leur Émanateur » jusqu’à ce monde matériel, le plus éloigné de l’objectif.

Cependant, la fin de toute la matérialité, c’est de graduellement se développer et d’achever le but que le Créateur a conçu pour elle, c’est-à-dire le premier monde. Comparé à ce monde, où nous nous trouvons, c’est le dernier monde, c’est-à-dire la fin de la chose. De là, il semble que le but du monde soit le dernier monde et que nous, peuples de ce monde, soyons entre eux.

L’ESSENCE DE LA SAGESSE DE VÉRITÉ

Maintenant il est clair que, comme l’apparition des espèces vivantes dans ce monde et leurs modes d’existence est une merveilleuse sagesse, la révélation de la Divine abondance dans le monde, dans les degrés et dans leurs modes d’action, sont ensemble une merveilleuse sagesse, bien plus que l’étendue des sciences physiques, car la physique est une simple connaissance des arrangements d’un genre particulier existant dans un monde particulier. Elle n’est unique que pour son objet et aucune autre sagesse n’est incluse en elle.

Il n’en est pas de même avec la sagesse de vérité, car il s’agit d’une connaissance générale du minéral, du végétal, de l’animal et du Parlant dans tous les mondes, dans tous leurs cas et conduites, comme ils étaient inclus dans la Pensée du Créateur, c’est-à-dire le but. Pour cette raison, tous les enseignements du monde, du plus petit au plus grand, y sont merveilleusement inclus, car elle égalise tous les enseignements, les plus différents et les plus éloignés les uns des autres, comme l’est est éloigné de l’ouest. Elle les rend tous égaux, c’est-à-dire que les agencements de chaque enseignement sont obligés d’apparaître selon ses voies.

Par exemple, la science physique est précisément arrangée selon l’ordre des mondes et des Sefirot. De manière comparable, l’astronomie et la musique sont agencées selon le même ordre. Ainsi, nous trouvons que tous les enseignements sont organisés et viennent d’une seule connexion et d’une seule relation, et ils sont tous comme la relation de l’enfant envers son parent. Ainsi, ils se conditionnent, c’est-à-dire que la sagesse de vérité est conditionnée par tous les enseignements et tous les enseignements sont conditionnés par elle. C’est pourquoi il n’existe pas un seul véritable kabbaliste qui ne comprenne tous les enseignements du monde, car il les acquiert de la sagesse de vérité elle-même, car ils y sont inclus.

LE SENS DE L’UNITÉ

La plus grande merveille dans cette sagesse, c’est l’intégration en elle : tous les éléments de la vaste réalité sont incorporés en elle, se complètent et s’unissent jusqu’à ce qu’ils deviennent une chose unique — le Tout puissant et tous, ensemble.

Au début, vous voyez que tous les enseignements du monde sont réfléchis en elle. Ils y sont agencés très précisément selon un ordre qui lui est propre. Ensuite, nous voyons que tous les mondes et les ordres dans la sagesse de vérité elle-même, qui ne sont pas quantifiables, sont unis sous dix réalités appelées « dix Sefirot ».

Ensuite, ces dix Sefirot sont agencées de quatre manières, qui sont les quatre lettres du Nom. Après cela, ces quatre manières s’ordonnent et viennent se joindre dans la pointe du Youd, qui suggère Ein Sof [Infini].

De cette façon, celui qui débute dans cette sagesse doit commencer par la pointe du Youd, puis par les dix Sefirot du premier monde appelé « le monde d’Adam Kadmon (AK)». De là, il voit comment les nombreux détails du monde d’Adam Kadmon se prolongent et apparaissent obligatoirement par voie de cause à effet, d’après les mêmes lois que nous trouvons en astronomie et en physique, c’est-à-dire des lois constantes qui découlent nécessairement les unes des autres, sans exception, et qui découlent les unes des autres depuis la pointe du Youd jusqu’à tous les éléments du monde d’Adam Kadmon, sans en oublier un seul. De là, ils sont imprimés par un autre issu des quatre mondes par la voie du sceau et de l’empreinte, jusqu’à ce que nous arrivions à tous les éléments de ce monde. Après cela, ils sont réintégrés les uns dans les autres jusqu’à ce que chacun arrive au monde d’Adam Kadmon, puis aux dix Sefirot, puis aux quatre lettres du Nom [Tétragramme], et jusqu’à la pointe du Youd.

Nous pourrions nous demander : « Si le matériel est inconnu, comment peut-on s’y engager avec raison ? » Certes, vous trouverez la même chose dans tous les enseignements. Par exemple, quand vous étudiez l’anatomie — les différents organes et leurs interactions —, ces organes ne ressemblent pas du tout au sujet en général, ce dernier étant complet, l’être humain. Cependant, avec le temps, quand vous en connaissez la sagesse d’un bout à l’autre, vous pouvez établir une relation générale de tous les détails à partir desquels le corps est conditionné.

Nous y voici : le sujet général est la révélation de la Divinité à Ses créatures, selon l’objectif, comme il est écrit : « car la terre sera remplie de la connaissance du Seigneur. »

Cependant, un novice n’aura certainement aucune connaissance du sujet général, qui est conditionné par tous ses éléments comme un tout. Pour cette raison, nous devons acquérir tous les détails et leurs interactions, aussi bien que leurs causes par voie de cause à effet, jusqu’à terminer toute la sagesse. Quand l’un d’entre nous connaît tout sur le bout des doigts, s’il a une âme purifiée, il est sûr qu’il sera récompensé du sujet en général.

Même s’il n’est pas récompensé, c’est toujours une grande récompense d’acquérir quelque perception que ce soit de cette grande sagesse, dont la valeur est plus grande que tous les autres enseignements, selon la valeur des sujets étudiés et selon l’appréciation de l’avantage du Créateur sur Ses créatures. De manière comparable, cette sagesse, dont Il est le sujet, a beaucoup plus de valeur que la sagesse dont le sujet est Ses créatures.

Ce n’est pas parce qu’elle est insaisissable que le monde se retient de la contempler. Après tout, un astronome n’a pas de perception des étoiles et des planètes, mais seulement des mouvements qu’elles réalisent avec cette sagesse merveilleuse qui est prédéterminée dans la merveilleuse Providence. Ainsi, la connaissance dans la sagesse de vérité n’est pas plus cachée qu’il n’y paraît, car même les débutants comprennent les mouvements. Mais le seul frein était que les kabbalistes l’ont dissimulée avec une grande sagesse.

PERMISSION DONNÉE

Je suis heureux d’être né dans une génération qui a déjà été autorisée à publier la sagesse de vérité. Si vous me demandiez « Comment sais-je que cela est permis ? », je vous répondrais que j’ai reçu la permission de la révéler, car jusqu’à présent les moyens par lesquels il était possible de s’engager publiquement et d’expliquer totalement chaque mot n’avaient été révélés à aucun sage.

J’ai aussi juré à mon maître de ne rien révéler, comme l’ont fait tous les étudiants avant moi. Cependant, ce serment et cette interdiction s’appliquent uniquement à ces manières qui étaient transmises oralement de génération en génération, depuis les prophètes et avant. Si ces façons de transmettre avaient été révélées au public, elles auraient causé beaucoup de torts, pour des raisons connues uniquement de nous.

Néanmoins, la façon dont je m’engage dans mes livres est autorisée. Qui plus est, mon professeur m’a ordonné de diffuser autant que je le pouvais. Nous l’appelons « la façon d’habiller les sujets ». Vous verrez dans les écrits du Rashbi qu’il appelle cette voie « donner la permission », et c’est ce que le Créateur m’a donné dans sa mesure la plus complète. Nous croyons que cela ne dépend pas du génie du sage, mais de l’état de la génération, comme nos sages nous l’ont dit : « Petit Samuel était digne, etc., mais sa génération ne l’était pas. » C’est pour cela que j’ai dit que tout mon mérite quant au fait de révéler la sagesse vient de ma génération.

NOMS ABSTRAITS

C’est une grave erreur de penser que la langue de la Kabbale utilise des noms abstraits. Au contraire, elle ne touche que le domaine pratique. Effectivement, il y a des choses dans ce monde qui sont réelles même si nous ne les percevons pas, comme l’aimant et l’électricité. Mais qui pourrait être suffisamment stupide pour dire que ce sont des noms abstraits ? Après tout, nous connaissons très bien leurs actions et que nous importe-t-il de ne pas connaître le nom de leurs essences. À la fin nous les appelons, comme des choses sûres, par les noms des actions auxquelles ils se réfèrent. C’est le nom réel. Même un enfant qui apprend à parler peut les nommer s’il commence à sentir leur action. C’est là notre loi : tout ce que nous n’atteignons pas nous ne le nommons pas.

L’ESSENCE N’EST PAS PERÇUE DANS LA MATÉRIALITÉ

Qui plus est, même les choses que nous imaginons, nous n’atteignons leur essence —comme les pierres ou les arbres — qu’après un examen minutieux ; nous restons donc avec le niveau zéro de leur essence, car ce que nous atteignons n’est que leurs actions, qui nous parviennent uniquement à travers l’interaction de nos sens avec elles.

UNE ÂME

Par exemple, quand la Kabbale dit qu’il y a trois forces, 1) corps, 2) l’âme animale et 3) l’âme sacrée, cela ne se réfère pas à l’essence de l’âme. L’essence de l’âme est fluide ; elle est ce que les psychologues appellent le « moi », et les matérialistes, « l’électrique ».

C’est une perte de temps de parler de son essence, car elle n’est pas ordonnée par le ressenti de nos sens, comme tout ce qui touche à la matérialité. Cependant, en voyant dans l’essence de ce fluide trois types d’actions dans le monde spirituel, nous les distinguons par des noms différents, selon les opérations effectuées dans les mondes supérieurs. Ainsi, il ne s’agit pas de noms abstraits, mais de noms tangibles dans le plein sens du terme.

L’AVANTAGE DE MON COMMENTAIRE SUR CEUX QUI L’ONT PRÉCÉDÉ

Nous pouvons nous aider d’enseignements séculiers dans l’interprétation de la sagesse de la Kabbale, car la sagesse de la Kabbale est la racine de tout, et tous sont inclus en elle. Certains ont recouru à l’anatomie, comme « de ma chair je verrai mon Dieu », et d’autres ont recouru à la philosophie. Ces derniers se sont davantage servis de la psychologie, mais tous ces commentaires ne sont pas considérés comme vrais, car ils n’interprètent rien de la sagesse de la Kabbale elle-même, mais ne font que montrer comment toutes les sagesses sont incluses en elle. C’est pour cela que les lecteurs ne peuvent être accompagnés d’un endroit à l’autre... même si de tous les enseignements extérieurs la sagesse du service de Dieu est la sagesse la plus proche de la sagesse de la Kabbale.

Inutile de dire qu’il est impossible de s’aider d’interprétations suivant d’autres sciences comme l’anatomie ou la philosophie. C’est pourquoi j’ai dit que je suis le premier interprète d’après la racine et la branche, ainsi que de cause à effet. Ainsi, si quelqu’un comprend quelque chose à travers mes commentaires, il peut être certain que partout ce sujet apparaîtra dans Le Zohar et les Tikounim, et que cela peut l’aider, comme les commentaires littéraux où vous pouvez être aidé par un lieu pour tous les autres lieux.

Les styles d’interprétation des enseignements extérieurs sont une perte de temps, car ils ne sont pas un témoignage de l’authenticité des uns par rapport aux autres. Et un enseignement extérieur ne nécessite pas de témoignage, puisque la Providence a préparé cinq sens pour témoigner de lui, et dans la Kabbale (nonobstant), on doit comprendre un argument avant de témoigner de cet argument.

UN STYLE DE COMMENTAIRE SELON LES ENSEIGNEMENTS EXTÉRIEURS

C’est la source de l’erreur du Baal Shem Tov : il interpréta le Guide des égarés selon la sagesse de la Kabbale et ne savait pas ou prétendait ne pas savoir que la sagesse de la médecine, ou quelque autre sagesse, pouvait être interprétée d’après la sagesse de la Kabbale, pas moins que la philosophie. En effet, tous les enseignements sont inclus en elle et ont été imprimés par son sceau.

Bien sûr, le Guide des égarés ne voulait pas dire ce que le Baal Shem Tov interpréta et celui-ci ne vit pas comment… dans Le Livre de la Création, il interpréta la Kabbale selon la philosophie. J’ai déjà démontré qu’un tel style de commentaires est une perte de temps, car les enseignements extérieurs n’ont pas besoin de témoignages et il est inutile d’apporter un témoignage à la véracité de la sagesse de la Kabbale avant que ses mots ne soient interprétés.

C’est comme un procureur qui aurait amené des témoins pour vérifier ses dires avant qu’il n’ait expliqué ses arguments (excepté pour les livres traitant du travail de Dieu, car la sagesse de servir Dieu nécessite véritablement des témoins de sa véracité et de son succès, et nous devrions nous aider de la sagesse de vérité.)

Cependant, toutes les compositions de ce style ne sont pas du tout un gaspillage. Après avoir minutieusement compris l’interprétation de la sagesse en elle-même, nous serons en mesure de recevoir beaucoup d’aide avec les analogies, comment tous les enseignements sont inclus en elle, autant que les façons de les chercher.

ATTEINDRE LA SAGESSE

Il y a trois ordres dans la sagesse de vérité :

1. L’origine de la sagesse elle-même. Elle ne requiert aucune assistance humaine, car elle est entièrement un cadeau de Dieu et aucun étranger ne doit interférer avec elle.

2. La compréhension des sources que l’on a atteintes d’en haut. C’est comme si on voyait que le monde entier était placé sous nos yeux et que nous devions pratiquer et étudier pour comprendre ce monde. Même si nous voyons tout avec nos yeux, il y a des sages et il y a des imbéciles. Cette compréhension est appelée « la sagesse de vérité » — qu’Adam HaRishon a été le premier à recevoir une séquence de connaissances suffisantes grâce auxquelles il pouvait comprendre et maximiser avec succès tout ce qu’il voyait et atteignait avec ses yeux.

L’ordre de ces connaissances est donné uniquement de bouche à bouche. Il y a un ordre d’évolution en eux, où chacun peut ajouter ou régresser par rapport à son ami (alors que dans le premier discernement tout le monde reçoit de façon égale sans ajouter ou soustraire, comme l’homme, dans la compréhension de la réalité de ce monde. En le regardant, tous sont égaux, mais ce n’est pas le cas dans sa compréhension —certains évoluent de génération en génération et certains régressent.) L’ordre de sa transmission est parfois appelé « la transmission du Nom Explicite » et il est donné avec beaucoup de conditions, mais seulement oralement et non par écrit.

3. C’est un ordre écrit. Il s’agit de quelque chose de complètement nouveau, car en plus de contenir des espaces d’expansion pour le développement de la sagesse, grâce à cet ordre, chacun hérite de toutes les expansions de ce qu’il peut atteindre pour les prochaines générations. En plus, il comprend un pouvoir [Segoula] magnifique qui est accordé à tous ceux qui s’y engagent ; même s’ils ne comprennent pas ce qui est écrit, ils sont purifiés par lui et les Lumières supérieures se rapprochent d’eux. Cet ordre contient quatre langues, comme nous l’avons expliqué ci-dessus, et la langue de la Kabbale les domine toutes.

L’ORDRE DE TRANSMISSION DE LA SAGESSE

Le chemin le plus sûr pour celui qui aspire à étudier la sagesse est de rechercher un authentique kabbaliste et de suivre toutes ses instructions, jusqu’à ce qu’il soit récompensé de comprendre la sagesse par lui-même, c’est-à-dire le premier discernement. Après cela, il sera récompensé de la transmission orale, qui est le second discernement, et ensuite de la compréhension de l’écrit — le troisième discernement. À la fin, il aura hérité de toute la sagesse et de tous les instruments de son professeur facilement, et il aura tout son temps pour l’étendre et la développer.

Cependant, il existe un second chemin : à travers son grand désir, celui qui cherche verra les visions du ciel s’ouvrir à lui et il atteindra toutes les origines par lui-même. C’est le premier discernement. Mais après cela, il devra toujours travailler et faire beaucoup d’efforts et rechercher un sage kabbaliste devant lequel il s’inclinera, et qu’il écoutera, et de qui il recevra la sagesse par une transmission face à face — ce qui est le deuxième discernement, et ensuite le troisième discernement.

Si quelqu’un ne s’est pas attaché à un kabbaliste dès le début, ce qu’il pourra atteindre viendra au prix de gros efforts dans le temps, ne lui laissant que peu de temps pour se développer. Parfois, la connaissance arrive aussi après les faits, comme il est écrit : « Ils mourront sans sagesse ». C’est le cas dans 99% des cas, et nous les appelons « entrant mais ne sortant pas ». Ils sont comme des imbéciles dans ce monde, voyant le monde devant eux mais n’en comprenant rien, sauf le pain qui est dans leur bouche.

Certes, dans la première voie aussi, tout le monde ne réussit pas. C’est parce que la majorité qui a été récompensé de l’atteinte devient complaisante et ne peut pas se soumettre suffisamment aux instructions de son professeur, car elle n’est pas digne de la transmission de la sagesse. Dans ce cas, le sage doit lui cacher l’essence de la sagesse, et « ils mourront sans sagesse », « entrant mais ne sortant pas ».

Il en est ainsi, car il existe des conditions très strictes et implacables dans la transmission de la sagesse qui découlent de raisons nécessaires. Ainsi, très peu réussissent à être considérés par leur professeur comme dignes de recevoir la sagesse ; heureux celui qui en est récompensé.