Le miracle de Hanoukka
Article 7, 1987
Dans la chanson de Hanoukka, nous disons : « Grecs » etc…et pour les jarres restantes, un miracle a eu lieu pour les roses. Fils de Bina [compréhension], huit jours, chant et allégresse sont établis. » Les interprètes demandent : « Pourquoi ont-ils fait Hanoukka durer huit jours? » Après tout, ils avaient de l’huile pour une nuit, et le miracle, c’est qu’elle a brûlé sept jours de plus. Donc, d’après le miracle, ils n’auraient dû en fixer la durée qu’à sept jours. »
Ils expliquèrent que puisqu’il était resté de la première nuit de l’huile qui était nécessaire pour la première nuit, de ce fait le miracle a également eu lieu la première nuit car toute l’huile n’avait pas brûlé, mais qu’une partie de l’huile s’est consumée et que le reste s’est prolongé sept jours encore.
Cela signifie que la découverte de la jarre d’huile scellée avec le sceau du grand prêtre ne rentre pas dans le cadre du miracle, même si le fait que Grecs n’aient pas vu la jarre d’huile était un miracle. Mais, un miracle est quelque chose qui n’est pas naturel, et ce qui est fait au-dessus de la nature est considéré comme un miracle, puisque la jarre d’huile était présente, mais ils ne l’ont pas vue.
Ce n’est pas le cas avec l’huile. De la mesure nécessaire à l’éclairage d’une nuit, seule une petite partie de l’huile a brûlé. Cette petite partie, qui a été bénie, s’est consumée plus longtemps. Ce n’était pas naturel. En d’autres termes, ce n’est pas naturel de brûler plus longtemps que prévu. Il s’avère que ce qui restait de la première nuit, le fait que toute l’huile n’ait pas brûlé, cela s’appelle « un miracle », puisque cela n’existait pas dans le monde.
Nous devons interpréter dans le travail la signification des Grecs, de la jarre d’huile et des huit jours de Hanoukka --- qui ont précisément été fixés à huit jours. Autrement dit, que signifient ces huit jours ? Pourquoi n’était-ce pas neuf ou dix jours, mais le miracle n’était que de huit jours ? Dans la Torah littérale, il est dit au nom de Rokach que la raison pour laquelle le miracle n’a duré que huit jours et pas plus est que l’endroit des olives, d’où l’huile est apportée, était à quatre jours de marche, et quatre jours de marche pour revenir, soit huit jours. Telle est la réponse donnée à pourquoi le miracle n’a pas duré plus de huit jours.
Nous savons que notre travail, dans lequel nous devons nous appliquer le plus possible, n’est que d’atteindre l’équivalence de forme, appelée Dvekout [adhésion]. Ce n’est qu’alors que nous pourrons arriver au but de la création qui est de faire le bien à Ses créations, avec la révélation.
Mais avant que les créatures n’obtiennent les Kélim [récipients] d’équivalence de forme, le but de la création ne peut être révélé à tous. Mais il est caché et nous devons simplement croire que c’est intentionnellement en notre faveur.
Ce qui est visible par tous contredit le bien, puisque chacun sent toujours un manque dans sa vie, et a toujours des rancunes à l’encontre de la providence supérieure. Il a du mal à dire qu’il profite de la vie et à dire toute la journée : « Béni soit le Seigneur », c’est-à-dire, je Te remercie beaucoup de me traiter avec bienveillance.
Mais, la vie d’un homme est toujours pleine de manques et de souffrances. Il voit toujours que sa vie n’a pas de sens, quand il commence à penser au but de la vie, à savoir qu’a-t-il à gagner lorsqu’il souffre dans sa guerre pour vivre.
Cela signifie que ce n’est que lorsqu’il goûte un peu de plaisir qu’il s’enivre et qu’il perd l’esprit et la raison et oublie de penser au but de la vie. Mais quand le plaisir dans lequel il est immergé s’éloigne, pour quelque raison que ce soit, il en vient immédiatement à réfléchir au but de la vie.
C’est seulement lorsque l’homme n’a rien pour maintenir son corps, c’est-à-dire de la nourriture, quand il ne ressent pas de plaisir, il commence immédiatement à penser au but de la vie, c’est-à-dire qu’une personne se demande: « Quel est le sens de ma vie ? Dans quel but suis-je né dans le monde ? La création a-t-elle été faite pour qu’il y ait des créatures qui souffrent des tourments et des douleurs dans le monde ? »
Cet état amène l’homme à commencer à faire un examen de conscience : qui est-il et à quoi sert-il? Ceci est considéré comme une personne qui relève la tête des courants de la vie, où sont toutes les créatures, et qui n’ont pas le temps de penser à ce qu’elles sont. Mas elles suivent le courant, là où l’eau va. Et il n’y a personne qui puisse voir la fin, où le flux de la vie se dirige.
Uniquement lui, par manque de plaisir, redresse la tête pour regarder le but de la vie. Il voit alors et entend comme si un clairon d’en haut lui disait que le monde a été créé avec l’intention de faire le bien à Ses créations. Mais pour goûter cette bonté, les livres et les auteurs lui disent qu’il existe des conditions pour atteindre ce bien, appelé « le but de la création ». Le Créateur exige qu’ils remplissent d’abord ces conditions, sinon Il ne voudra pas leur donner le plaisir et le délice.
Cependant, ce n’est pas qu’Il ait besoin de ces conditions, ce qui signifie dans l’intérêt du Créateur, ce qu’Il demande à l’homme et que si les créatures ne respectent pas ces conditions, Il ne voudra pas leur donner. Voici un exemple de la vie courante, si nous voulons que le vendeur nous donne quelque chose, alors le vendeur fixe des conditions au client, qui, s’il les remplit, le vendeur accepte de lui donner, mais les conditions sont dans l’intérêt du vendeur.
Alors que le Créateur n’a pas de manque ou n’a pas besoin que les inférieurs remplissent les conditions exigées d’eux, comme il est écrit: « S’il a raison, que te donnera-t-il ? » Mais ces conditions que le Créateur met devant eux sont en faveur de l’homme.
Nous pouvons comprendre que c’est comme une personne qui dit à son ami : « Je veux te donner beaucoup d’argent et d’or, mais tu dois remplir une condition sinon tu ne recevras rien ». Son ami lui demande : « Qu’exiges-tu de moi que je te donne pour que tu me donnes ensuite l’argent et l’or ? » Il lui dit : « Apporte-moi de grands et de petits sacs dans lesquels tu pourras y mettre l’argent et l’or. Mais sache que pour ma part, il n’y a pas de limites à ce que tu prendras. Mais, la quantité d’argent et d’or dépend de tes limites, c’est-à-dire que je remplirai autant de Kelim que tu m’apporteras, ni plus ni moins, mais exactement cela. C’est la condition que je te pose. » Ici, il ne fait aucun doute que les conditions que son ami exige de lui ne sont pas pour le donneur, mais que tout est pour le receveur.
Ici, dans le travail du Créateur, où l’on doit répondre aux exigences que le Créateur impose, elles ne sont que pour l’homme. Cependant, une personne pense qu’elles sont pour le Créateur. Et puisque l’homme a été créé avec un désir de recevoir, il ne peut rien comprendre de ce qui doit être fait, à moins de voir que c’est dans son propre intérêt. Mais ici, on lui dit que le Créateur veut que nous travaillions pour Lui et non dans notre propre intérêt. De ce fait, le corps résiste à ces travaux. C’est notre travail: nous devons aller contre notre nature. C’est ce qu’on appelle le « travail ».
Mais lorsque l’homme travaille et ressent la récompense qu’il reçoit de son travail --- que c’est pour lui-même ---, il ne sent pas que cela s’appelle « travail », c’est-à-dire qu’il veut se débarrasser du travail, puisque cela aussi existe dans la nature humaine : il ne veut pas manger du pain de la honte parce que notre racine n’a ni manque ni ne reçoit.
C’est pourquoi, quand quelqu’un sent qu’il reçoit quelque chose sans contrepartie, il y a là le « pain de la honte » et il a honte de recevoir. Par conséquent, une personne n’est pas en colère d’avoir à travailler, mais elle peut regretter d’être payé moins qu’elle ne le pensait.
Il s’avère que si une personne sait qu’elle recevra une contrepartie pour son travail, cela ne s’appelle pas un « travail ». Alors que servir le Créateur, cela s’appelle un travail parce qu’il lui ait demandé de travailler sans aucune contrepartie, ce qu’on appelle « travailler pour ne pas recevoir une récompense ». Ce n’est pas dans notre nature, c’est pourquoi on appelle cela « travail ». C’est pourquoi notre corps résiste à ces travaux et est en colère contre le Créateur, du fait de nous avoir donné un travail si difficile que nous devons travailler contre notre nature.
Alors, que nous manque-t-il pour pouvoir travailler afin de donner ? Une chose : si nous croyons même si nous ne le voyons pas tout de suite, puisque nos corps nous montrent autre chose que la vérité, si nous nous efforçons de croire que travailler pour donner est en notre faveur, puisque nous avons besoin de ces sacs, comme il est dit dans l’histoire --- que les sacs que nous préparons sont tous nos Kelim pour recevoir le plaisir et la bonté ---, il en résulte que tout acte avec l’intention de donner fait partie du Kli [récipient] qui mérite de recevoir l’abondance. De plus, tous les efforts s’accumulent entièrement, jusqu’à ce que nous ayons un Kli complet convenant pour recevoir la lumière.
Cependant, il est difficile de croire et de se dire que ce qu’Il donne, ce sont nos récipients de réception pour y recevoir le plaisir et le délice qui sont dans le but de la création qui est de faire le bien à Ses créations.
Par conséquent, nous pouvons interpréter la question de l’emprise des Grecs qui est à l’opposé de la voie du judaïsme. Pour les Grecs, nous ne devons suivre que l’intelligence, tant dans notre esprit que dans notre cœur. Naturellement, quand Israël voulait aller au-dessus de la raison et ne pas regarder ce qu’exige l’intelligence extérieure [laïque], il ne pouvait pas.
C’est ce qu’on appelle la guerre contre les Grecs. C’est là que commence le vrai travail, à savoir que le peuple d’Israël a voulu emprunter et monter le chemin qui mène à la Dvekout [adhésion] au Créateur. Ce chemin s’appelle « la foi au-dessus de la raison ». Les Grecs voulaient contrôlaient le corps pour qu’il ne renonce à rien sans l’accord de la raison. Parfois l’un prévalait, et parfois l’autre gagnait, et cela provoquait à l’homme des montées et des descentes.
La raison [intelligence] est la raison et la cause, c’est-à-dire après qu’une personne a décidé qu’elle doit aller avec la foi au-dessus de la raison, un réveil d’en haut lui parvient et elle commence à ressentir un goût à servir le Créateur. À ce moment-là, c’est la nature humaine, puisqu’elle aime se reposer, c’est pourquoi elle dit : « Dieu merci, maintenant je n’ai plus à travailler sur moi ni à accepter le travail du Créateur avec foi. Mais, maintenant je me sens bien et ma raison accepte de prendre sur elle de s’engager dans la Torah et les Mitsvot [commandements] puisque maintenant je me sens satisfait ».
L’homme accepte cet éveil comme une base et un fondement pour servir le Créateur, c’est-à-dire la base de la saveur qu’il ressent maintenant, sur laquelle il construit tout son judaïsme. Il s’avère qu’il endommage maintenant la foi et dit : « C’est dommage que cet éveil ne soit pas venu tout de suite, lorsque j’ai commencé le travail. Je n’aurais alors pas eu à aller au-dessus de la raison, c’est-à-dire contre la logique du corps. Mais j’ai dû croire que ce qui est écrits dans livres et dits par les auteurs, à savoir que nous devons assumer le fardeau du royaume des cieux bien que le corps ne soit pas d’accord avec le fait que cela soit bon pour moi, et de croire que ce n’est que dans cet état, lorsque le corps n’est pas d’accord, que c’est pour moi la meilleure façon.
En d’autres termes, il croit au-dessus de toute raison, que seule la voie du travail avec l’esprit et le cœur est meilleure pour lui, ce qui signifie qu’il trouvera alors le bonheur que le Créateur lui a préparé. Il est très difficile d’y croire. Alors que maintenant, il n’a pas besoin de croire qu’il en est ainsi, mais il pense qu’observer la Torah et les Mitsvot lui apportera le bonheur, car il ressent qu’il en est ainsi, et il n’a pas besoin d’y croire.
Il s’avère que c’est la véritable raison qui provoque plus tard sa descente, puisque sa fondation est construite sur le plaisir et non sur le don sans réserve. S’il reste sur cette base, il n’arrivera jamais à la Dvekout au Créateur car tout ce qu’il ajoutera sur ce chemin, tout tombera dans les Klipot [coquilles/pelures] du désir de recevoir pour lui-même.
Baal HaSoulam a dit que lorsqu’une personne reçoit le sentiment et la raison d’en haut, lorsque le corps, lui aussi, commence à dire que cela vaut la peine de s’engager dans la Torah et de travailler, il faut alors être prudent et dire qu’il ne prend pas ce sentiment et cette raison comme base et fondement, « car c’est parce que j’ai décidé que maintenant cela vaut la peine de travailler, puisque la raison accepte ce travail à cause du plaisir que j’en retire ».
Il devrait plutôt dire : « Maintenant, je vois que ce chemin, qui est au-dessus de la raison, est le vrai chemin, puisque je vois qu’il m’a récompensé de trouver grâce aux yeux du Créateur, qu’Il me rapproche. Pour cette raison, j’aime aussi maintenant le Kedousha [la sainteté], et je ressens l’importance du Kedousha – que cela vaut la peine de travailler uniquement pour le Créateur. Pour cette raison, que devrais-je faire maintenant ? Je dois me renforcer et marcher uniquement sur ce chemin appelé « la foi au-dessus de la raison », car je serai alors récompensé d’une Dvekout permanente au Créateur ».
Il en découle que précisément en ayant été récompensé d’un peu de goût dans le travail, en ayant pris appui sur le chemin de la foi, que la base de la foi se renforce grâce au plaisir et à la joie qu’il ressent maintenant dans le travail.
Nous allons maintenant expliquer le miracle de Hanoukka, qui a vaincu les Grecs, ce qui signifie qu’ils ont été récompensés de la foi et ont ressenti le goût dans ce travail, et qu’ils n’ont pas pris le plaisir et la joie comme base et fondement du travail dans la raison, qui sont les « grecs ». Au contraire, ils ont dit qu’être récompensés du goût dans le travail est un témoignage que le chemin de la foi est le véritable chemin, contrairement à l’opinion des Grecs.
S’ils avaient suivi la voie des Grecs, c’est-à-dire que le plaisir et les délices seraient désormais leur base et leur fondement, que ce serait leur soutien pour soutenir leur travail, ils descendraient immédiatement de leur degré, car c’est la principale raison pour laquelle une personne souffre d’une descente. C’est dans son intérêt, afin qu’elle ne tombe pas dans la Klipa [coquille/peau] des Grecs. Il s’avère que cette chute est une grande correction. Sinon, tout ce qu’il ajoute ne ferait que construire le Klipa des Grecs.
Par conséquent, il y a deux façons de parvenir à cet état appelé « ascension » :
1) Dire qu’il est maintenant libéré du fardeau de la foi, c’est-à-dire que jusqu’à présent, il a en souffert parce que chaque fois qu’il a dû prendre sur lui le fardeau du royaume des cieux, le corps s’y est toujours opposé.
Par exemple, lorsqu’il faut se lever au petit matin pour aller à ses leçons habituelles, dès qu’il ouvre les yeux et qu’il veut se lever, le corps vient aussitôt et demande : « Mais tu aimes le repos, tu es couché dans ton lit, et tu dois renoncer à ce plaisir ! »
Cela peut se faire comme dans les affaires, c’est-à-dire que nous renonçons au plaisir de l’argent pour obtenir quelque chose qui nous apportera un plaisir dont nous avons davantage besoin. En d’autres termes, nous recevrons un plaisir plus grand que l’argent.
Nous savons que la valeur de chaque plaisir se mesure selon la nécessité. Par exemple, une personne aime se reposer, mais y renonce pour de l’argent. Une personne aime l’argent mais y renonce pour manger et boire, etc. Une personne aime manger et boire, mais parfois elle y renonce si elle sait que c’est mauvais pour sa santé. Ainsi elle renonce à manger et à boire pour être en bonne santé.
C’est pourquoi le corps demande à la personne, lorsqu’elle veut se lever avant l’aube pour servir le Créateur, il lui dit : « Que penses-tu gagner maintenant si tu renonces au repos ? » Lorsqu’il lui dit : « Je veux gagner le monde à venir en observant le commandement du Roi », le corps répond : « Bon, tu te lèves le matin comme tous les gens. Pourquoi te précipites-tu de te lever plus tôt que les autres ? Tu as toute la journée pour observer la Torah et les Mitsvot ! »
A ce moment-là, la personne dit à son corps : « Sache qu’il y a le monde en général, appelé « les gens ordinaires », et qu’il y a des gens qui ne suivent pas le courant général, mais qui veulent être exceptionnels, c’est-à-dire qu’ils veulent être récompensés du but pour lequel ils ont été créés, qui s’appelle « Dvekout au Créateur », "Torah Lishma [En Son nom]". Les sages ont dit que nous pouvons en être récompensés en apprenant la Torah après minuit, comme l’explique le Zohar, et cela est également accepté par ceux qui veulent obtenir quelque chose dans leur vie ».
À ce moment-là, le corps vient avec de solides arguments et lui dit « tu as raison si c’était comme tu le dis, tu as un but élevé dans ta vie, et tu me demandes de t’aide dans ta rôle. Mais, tu vois combien de travail et d’efforts tu as investi dans ce travail afin de venir travailler Lishma, et tu vois que tu n’as pas bougé d’un pouce, ce qui signifie avoir plus de désir de travailler pour donner. Si tu calcules honnêtement, tu verras le contraire - que tu as reculé de dix degrés ! C’est-à-dire que tu as maintenant un plus grand désir de recevoir qu’avant de commencer le travail pour donner. Par conséquent, tu vois que tu n’es pas exceptionnel, mais que tu es comme tout le monde ! Par conséquent, il est préférable que tu prennes du plaisir à rester au lit, et ne me raconte pas n’importe quoi, que tu es meilleur que tout le monde ».
Face à de tels arguments, qui sont de vrais arguments, c’est-à-dire que raisonnablement parlant, il évalue et voit qu’il a raison à cent pour cent, il n’y a rien à répondre. À ce moment-là, il ne parvient pas toujours à vaincre avec la foi au-dessus de la raison et à dire au corps : « Bien que tu aies raison avec tes arguments et que le bon sens me dicte de suivre ta voie, je vais néanmoins aller au-dessus de la raison. »
C’est beaucoup de travail car à ce moment-là, une personne connait des souffrances physiques car le corps la pique en calomniant le travail au-dessus de la raison. C’est pourquoi, lorsqu’un certain éveil d’en haut lui vient et qu’elle commence à ressentir une certaine saveur dans la Torah et les Mitsvot, lorsqu’elle ressent une légère ascension, elle dit : « Dieu merci, je n’ai pas à suivre le chemin de la foi au-dessus de la raison, mais la raison dit aussi que cela vaut la peine d’observer la Torah et les Mitsvot ». Et dès qu’elle endommage la foi, en disant : « Maintenant je suis libérée du fardeau de la foi », c’est la raison pour laquelle elle reçoit immédiatement une descente parce qu’elle a endommagé la foi.
2) La deuxième voie consiste à dire : « Maintenant, je vois que la vraie voie est d’aller au-delà de la raison et de ne pas prendre le plaisir et la joie comme base sur laquelle je pourrais désormais m’engager dans la Torah et les Mitsvot. Je veux plutôt travailler sans aucune base de plaisir et de délectation, puisque l’essentiel est de travailler pour apporter du contentement au Créateur. Par conséquent, comment puis-je m’appuyer sur la base du plaisir et de la joie pour construire mon judaïsme ? Ainsi, que dois-je faire lorsque je sens un goût dans le travail ? »
A ce moment-là, il devrait dire ce que Baal HaSoulam a dit, à savoir qu’il peut recevoir un sentiment agréable non pas comme une base, mais comme un témoignage, c’est-à-dire qu’il devrait dire : « Maintenant, je vois que le chemin au-dessus de raison est le véritable chemin par lequel le Créateur veut être servi. Et la preuve en est que je vois qu’Il m’a rapproché en enlevant Sa dissimulation et m’a récompensé de ressentir Sa bonté et Sa miséricorde - qu’Il veut donner du plaisir aux créatures, car c’est le but de la création ».
Cependant, afin de ne pas arriver à la séparation en recevant de Lui plaisir et délice, puisque recevoir du plaisir est en disparité de forme avec Lui, c’est pourquoi Il a fait le Tsimtsoum [restriction] et la dissimulation. Mais lorsque nous allons par la foi au-dessus de la raison, le corps n’a pas de contact, mais au contraire, le corps résiste au travail au-dessus de la raison. Mais maintenant que je suis allé au-dessus de la raison, Il m’a enlevé un peu de Sa dissimulation. Ainsi, à partir de maintenant, je vais devenir plus fort et ne marcher que sur le chemin de la foi au-dessus de la raison.
Par cela, il ne tombera pas sous l’autorité de la réception pour soi-même, appelée « séparation de Kedousha ». Au contraire, il va maintenant commencer à travailler avec plus de force avec son esprit et son cœur, et le Créateur ne le rejettera pas en enfer appelé « recevoir pour recevoir », mais, il restera dans un état d’ascension. De plus, il s’élèvera à un degré de révélation plus grand parce qu’il n’endommage pas la foi, qui est la protection pour ne pas tomber dans les récipients de réception.
Il s’avère que dans une ascension, il a deux chemins. Mais comment une personne peut-elle vaincre et emprunter le chemin du peuple d’Israël et non celui des Grecs, qui lui permettent de comprendre qu’au sein de la raison, ils seront de plus grands serviteurs parce que la raison est plus d’accord avec ce chemin qu’avec le chemin de la foi ?
Baal HaSoulam a expliqué la querelle entre les bergers du bétail d’Abram et les bergers du bétail de Lot (Genèse 13:7). Il a dit que le « bétail » signifie des biens. Les biens d’Abram n’étaient que de la foi. C’est la signification du mot Av-Ram [Abram (Père élevé/haut)], qui signifie que le père dans le ciel qui est élevé, au-dessus de la raison. « Bergers » signifie qu’il ne pourvoyait qu’aux biens de sa foi, c’est-à-dire qu’il a toujours cherché à pourvoir - comment entretenir la foi pour qu’elle ait la force et la puissance, et qu’elle n’échoue pas dans la raison.
Ce n’est pas le cas des bergers du bétail de Lot. Le Zohar dit que Lot vient du mot [araméen] Eltlatia, qui signifie « malédiction », c’est-à-dire que les bergers du bétail de Lot pourvoyaient aux biens de la connaissance et de la réception. Il ne peut en résulter une bénédiction, mais seulement une malédiction, car c’est le contraire du don, alors que la bénédiction n’est qu’à l’endroit où l’on s’engage dans le don.
En d’autres termes, les Kelim avec lesquels nous pouvons recevoir l’abondance supérieure sont précisément des Kelim qui donnent. Avec ces Kelim, nous pouvons recevoir. Mais avec les Kelim qui veulent recevoir, l’abondance supérieure ne peut pas y entrer en raison de la disparité de forme. Maintenant, nous pouvons comprendre les deux chemins qu’a une personne lorsqu’elle a reçu une petite ascension spirituelle.
Cependant, avec quoi pouvons-nous nous décider en faveur du bien, appelé « foi », c’est-à-dire être les « bergers du bétail d’Abram » ? Le Baal HaSoulam a dit au nom du Baal Shem Tov que lorsqu’on peut faire deux choses opposées et qu’on ne sait pas décider entre elles, le conseil est de regarder ce qui exige de lui plus d’efforts. C’est ce qu’il devra choisir, car là où il y a des efforts, là où le corps n’est pas d’accord, c’est certainement Kedousha. Il devrait se dépêcher et prendre sur lui de le faire. Il s’avère qu’ici aussi, il a deux façons de faire : 1) la voie de la foi, 2) la voie de la connaissance.
Il devra choisir la voie de la foi, car le corps n’est pas d’accord avec cela, comme c’est la Kedousha, c’est-à-dire le désir de donner, alors que le corps veut exactement le contraire. Par conséquent, quel est le facteur déterminant ? C’est que le corps rejette et considère que la question est redondante et superflue, c’est-à-dire qu’il n’en a pas besoin et ne sait pas pourquoi il en aurait besoin en premier lieu. C’est pourquoi il veut toujours se débarrasser de cette question de la foi.
Il s’ensuit donc que le miracle qui arrive à une personne, qu’elle peut décider du côté de la Kedousha, n’est pas une question intellectuelle. Il s’agit plutôt d’une chose qui est superflue pour le corps, c’est-à-dire l’effort. Le corps le déteste et considère tout ce qui est relatif à l’effort comme superflu. Mais c’est précisément de ce superflu, c’est-à-dire de ce qu’une personne laisse et ne veut pas ou ne désire pas, que se produit le miracle de rester dans la Kedousha.
C’est le sens « et pour les jarres restantes, un miracle a eu lieu pour les roses ». Une jarre, c’est comme il est écrit que Rabbi Meir a purifié la vermine avec cent cinquante saveurs [150= Kouf-Noun, même lettre que dans le mot jarre en hébreu]. Cela signifie qu’en toute chose, il y a des points de vue dans les deux sens. Avec quoi pouvons-nous clarifier ? C’est avec ce qui reste, c’est-à-dire avec ce qui est superflu pour le corps, ce qu’il considère comme rien. C’est la foi au-dessus de la raison, et c’est seulement ainsi que nous pouvons éviter de tomber dans le piège du Klipot.
C’est le sens de la jarre d’huile qu’ils ont trouvée, qui était scellée par le sceau du Grand Prêtre. Un Cohen [prêtre] est appelé Hessed [miséricorde/grâce]. « Grand » signifie Hessed qui est devenu Hokhma, ce qui signifie l’abondance de Hassadim, appelée « Prêtre ». Le prêtre est la qualité de Hessed, et Hessed indique la foi au-dessus de la raison. C’est la signification d’Abraham, la qualité de Hessed, étant le père de la foi.
Les Grecs ne peuvent pas voir la foi parce qu’ils ne voient que jusqu’à la raison, et non au-dessus de la raison. Par conséquent, lorsqu’ils allaient au-dessus de la raison, les Grecs ne pouvaient pas les contrôler. Tel est le sens des Grecs ne voyant pas la jarre d’huile.
A propos du miracle qui a illuminé huit jours, cela suggère qu’il a illuminé les Hassadim dans Bina. De Bina à Malkhout, il y a huit Sefirot, mais Hokhma de Hokhma n’illumine pas. C’est pourquoi, ils l’ont établie à huit jours, puisqu’elle n’a éclairé que huit jours, comme il est écrit : « Fils de Bina [compréhension], huit jours, chant et allégresse sont établis »