A propos de Yénika et Ibour
Article 31, 1986
Ibour (fécondation/fœtus), Yénika (allaitement), Mokhin (âge adulte) sont trois degrés. Après que l’homme ait été récompensé d’entrée dans la Kedousha (sainteté) il commence à les atteindre. Ils sont appelés Nefesh dans Ibour, Rouakh dans Yénika et Neshama dans Mokhin.
Toutefois, même pendant la préparation au travail, avant que l’homme ne soit récompensé d’entrée définitivement dans Kedousha, ces sujets s’appliquent quand même. Ibour signifie qu’un homme se défait de son essence pour un certain temps et dit: « À partir de maintenant, je ne veux pas penser à mon intérêt personnel, et je ne veux pas non plus utiliser mon intelligence, bien que pour moi, ce soit la chose la plus importante. Comme je suis incapable de faire quelque chose que je ne comprends pas — c’est-à-dire que je peux tout faire, mais je dois comprendre auparavant quel en est l’intérêt —, l’homme dit quand même: « Maintenant, je peux dire que, temporairement, j’accepte et décide de ne pas utiliser mon esprit. Je crois au-delà de la raison, de croire en nos sages, de croire qu’il y a un superviseur qui regarde tout un chacun dans le monde avec Sa Providence individuelle ».
Mais pourquoi devrais-je le croire sans le percevoir ainsi? Il me semble logique que si je pouvais percevoir l’existence du Créateur, je pourrais certainement travailler pour Lui et j’aurais le désir de Le servir.
Pourquoi, dans ce cas, y a-t-il une dissimulation? Qu’est-ce que le Créateur a à gagner de se cacher ainsi de Ses créatures? Il ne fournit aucune réponse à tout ceci, mais dit qu’avec cette question-là, il va aussi au-delà de la raison et dit que si le Créateur savait que le fait de ne pas Se dissimuler était la meilleure chose à faire pour Ses créatures, Il n’aurait certainement pas fait la dissimulation.
Il s’avère qu’à toutes les questions qui lui viennent à l’esprit, il répond qu’il va au-dessus de la raison et les yeux fermés, et seulement avec foi. C’est ce que Baal HaSoulam a dit au sujet du verset (Psaumes 68:32) « Koush [Ethiopie] tend avidement ses mains vers Dieu ». Il a dit que si l’homme peut dire « Koush », c’est-à-dire que ses Koushiot [difficultés] sont des excuses, cela signifie qu’il n’a pas besoin d’excuse, mais que la question en elle-même lui fournit une excuse. En fait, il dit que maintenant qu’il a une difficulté, il peut aller au-delà de la raison. Alors, « ses mains vers Dieu », ce qui veut dire qu’alors, ses mains, c’est-à-dire ses récipients de réception, des mots « car la main atteint », alors cet homme est alors considéré comme entier, avec Dieu.
Donc, le début de l’entrée dans le travail du Créateur est considéré comme étant l’Ibour [fécondation/foestus], qu’il s’annule lui-même et devient un fœtus dans l’utérus de la mère, comme il est écrit: « Écoute, mon fils, la morale de ton père et ne délaisse pas ta mère. » Cela vient de la phrase « Car tu appelles la mère de la compréhension [Bina] », c’est-à-dire qu’il annule son amour de soi, appelé Malkhout, dont l’essence originale est appelée « le désir de recevoir pour recevoir », et entre dans les récipients de don appelés Bina.
L’homme devrait croire qu’avant sa naissance, c’est-à-dire avant que son âme ne descende dans le corps, celle-ci adhérait à Lui, et maintenant, il désire revenir adhérer à Lui comme avant la descente de son âme. Ceci est appelé Ibour, quand il s’annule totalement. Toutefois, son cœur lui dit qu’il accepte l’annulation pour l’instant, mais que plus tard, il le regrettera. Nous pouvons en dire: « Ne t’inquiète pas de demain. »
« Demain » peut très bien ne pas être le jour d’après. Mais aujourd’hui et demain peuvent être au présent et au futur. La différence dans le temps peut être même une heure plus tard.
C’est comme nos sages ont dit : « Quiconque a de quoi manger aujourd’hui et dit “Que mangerai-je demain?” est considéré comme manquant de foi » (Souta 48). Nous devrions interpréter que cela signifie que s’il a à manger aujourd’hui, c’est-à-dire qu’il veut prendre sur lui la foi au-delà de la raison et ne réfléchit qu’à « Que va-t-il arriver ensuite? », c’est-à-dire qu’il a déjà des souvenirs d’états dans lesquels il a cru qu’il resterait dans cet état d’ascension pour toujours, mais après être redescendu dans la bassesse, qui est l’endroit des poubelles, où « poubelle » signifie l’endroit où tous les déchets sont jetés.
Pendant l’ascension, il pensait que tout ce qui est relatif à l’amour propre n’est rien d’autre qu’un déchet qu’il fallait jeter aux poubelles, c’est-à-dire qu’il ressentait que le désir de recevoir est une ordure. Mais maintenant, pendant la descente, lui-même est en train de descendre aux poubelles pour se nourrir, comme des chats fouillant les poubelles pour trouver quelque chose à manger. De même, pendant la descente, il est comme un chat et non comme des gens gâtés qui choisissent toujours ce qu’ils devraient manger ou non.
C’est la signification de ce que nous disons dans Hallel (louange): « Il élève le pauvre de la poussière, relève le pauvre des poubelles. » De ce fait, il s’avère que quand une personne peut s’annuler un tant soit peu un certain temps, et qu’à ce moment, elle dit: « Maintenant, je veux m’annuler devant la Kedousha », c’est-à-dire ne pas penser égoïstement, mais veut maintenant contenter le Créateur et croire au-delà de la raison que même si elle ne ressent rien, elle croit au-delà de la raison, que le Créateur entend les prières de chaque bouche et, devant Lui, le petit et le grand sont égaux, et que s’Il peut sauver le plus grand des grands, Il peut aussi aider le plus petit des petits.
Il s’agit de l’Ibour, c’est-à-dire que l’homme passe de son autorité à l’autorité du Créateur. Toutefois, c’est temporaire. Il veut sincèrement s’annuler pour toujours, mais il n’arrive pas à croire que son annulation sera permanente, vu qu’il y a déjà pensé à de nombreuses reprises, mais qu’ensuite il est descendu de son degré et est tombé dans la benne à poubelles.
Cependant, il ne devrait pas se soucier de ce qu’il mangera demain, comme nous l’avons dit précédemment, que plus tard il tombera certainement de son degré, par manque de foi, mais il doit croire que le salut du Seigneur est en un clin d’œil. Il s’avère que puisqu’il s’annule au présent et qu’il veut rester ainsi pour toujours, il s’avère qu’il a la valeur d’Ibour.
Néanmoins, l’homme doit vraiment croire que son désir de commencer le travail du Créateur en s’annulant est un appel d’en haut, car cela ne vient pas de la sagesse de l’homme. La preuve vient que pendant cet appel, toutes les difficultés qu’il avait avant qu’il ne soit appelé d’en haut, et il en avait beaucoup, et que chaque fois qu’il voulait faire quelque chose dans le but de donner sans réserve, le corps résistait et ne pouvait pas comprendre qu’il puisse y avoir une personne au monde qui puisse s’annuler devant le Créateur et ne pas se préoccuper du tout de son intérêt personnel. Il avait toujours peur de ne pas pouvoir s’annuler devant le Créateur.
Mais maintenant, il constate que toutes ses pensées et ses doutes ont été complètement anéantis et qu’il ressentirait un grand plaisir s’il pouvait s’annuler devant le Créateur. Maintenant, il constate que tous ses raisonnements sont dérisoires, même si précédemment il pensait que personne au monde n’aurait pu le convaincre de s’annuler devant le Créateur et qu’il disait que c’est un dur travail que tout le monde ne peut endurer. Mais maintenant, il voit qu’il n’y a rien qui puisse le déranger dans son adhésion et son annulation devant le Créateur. Comme nous l’avons dit plus haut, puisqu’il s’agit d’une illumination d’en haut, tous les obstacles qui se sont présentés et lui ont présenté l’argument des espions se sont rendus et ont disparu de sa vue.
Il en est comme il est écrit (Psaumes 103:16) « Comme le vent est passé au-dessus de lui et il n’existe plus, et la place qu’il occupait ne le reconnaîtra plus. » C’est comme il est écrit: « Car le vent est passé au-dessus de lui », lorsqu’un homme reçoit Rouakh (esprit/vent) d’en haut, tous les obstacles disparaissent et même sa place n’est plus reconnaissable. En fait, pendant son ascension, lorsqu’il a reçu l’esprit d’en haut, à ce moment-là il n’avait pas compris comment il pouvait y avoir un endroit où les méchants pouvaient tenir leurs arguments. Il s’avère que pendant la fécondation, lorsqu’il constate qu’il y a un temps pour une fausse couche, c’est-à-dire si le fœtus nait avant que les corrections de l’Ibour ne soient terminées. C’est comme dans la vie, lorsqu’une faiblesse dans la fécondation provoque une fausse couche, et que le fœtus sort prématurément et ne peut vivre et qu’il meurt, c’est la même chose dans la spiritualité. S’il y a une faiblesse quelconque, alors la personne sort de l’utérus et vient à l’air de ce monde, et toutes les pensées existant dans ce monde tombent dans les siennes, et tous les désirs du monde se collent à elle. Cela veut dire que le fœtus est mort.
Dans le Talmud des dix Sefirot, Partie 9, le ARI écrit: « Il faudrait des portes chez les femmes, afin qu’on les ferme et pour empêcher que le fœtus ne sorte dehors et reste à l’intérieur jusqu’à ce qu’il soit entièrement formé. Et il devrait aussi y avoir en elle, une force qui dépeint la forme du fœtus. »
Il explique là, dans Lumière Intérieure, qu’il y a deux forces dans l’Ibour: 1) Une qui représente, où la description du fœtus est la Katnout (enfance/petitesse), car pour atteindre Katnout il y a un ordre, puisque Katnout est la préparation à Gadlout (âge adulte/grandeur), et sans Katnout dans le degré, il n’y a pas de Gadlout. Et aussi longtemps qu’il est en Katnout, il est encore incomplet et partout où il y a un manque dans la Kedousha, il y a une prise pour la Sitra Akhra, qui pourrait endommager l’Ibour qui ne peut pas être parfait. C’est pourquoi il y a une fausse couche, c’est-à-dire qu’il nait avant que l’Ibour ne soit terminée.
Il en est ainsi, parce qu’il y a vingt-cinq Partsoufim (pluriel de Partsouf) dans l’Ibour, soit NRNHY, et dans chacun il y a aussi NRNHY. Par conséquent, il doit y avoir une force qui les retient, c’est-à-dire que même en Katnout il y a la perfection. Il la reçoit par sa mère, même si le fœtus en lui-même n’a pas de Kélim (récipients) dans lesquels recevoir Gadlout afin de donner sans réserve. En s’annulant devant la mère, il peut recevoir la Gadlout des Kélim de sa mère. C’est pourquoi il s’appelle « Un fœtus dans le ventre de sa mère; il mange ce que sa mère mange. »
Cela veut dire qu’il n’a pas de choix, et qu’il mange ce que sa mère mange, c’est-à-dire que ce que sa mère sait ce qu’elle peut manger, il le mange aussi. Cela signifie qu’elle lui a retiré le choix de décider de ce qui est bon ou mauvais, mais que tout est calculé par la mère. Il s’agit du « ventre de sa mère », c’est-à-dire que lui-même ne mérite pas de nom.
Là, on parle de lumières supérieures, mais la même chose s’applique pendant la préparation, quand il voulait entrer dans le palais du Roi, les mêmes ordres s’appliquent. Il y a beaucoup d’étapes ici et l’Ibour ne se fait pas en une seule fois, mais qu’il faut neuf mois de grossesse avant qu’il n’atteigne vingt-cinq Partsoufim, il en est de même dans la préparation. Il y a beaucoup de discernements avant qu’il n’atteigne l’Ibour complet pendant la préparation. C’est pourquoi, il y a beaucoup de montées et de descentes, et parfois l’Ibour est endommagé, ce qui est également appelé « une fausse couche », et nous devons recommencer le travail depuis le début.
Voici l’explication de la force de description qui existe pendant la période préparatoire. La description de l’Ibour est Katnout, ce qui veut dire qu’il fait tout seulement avec l’intention de donner sans réserve, seulement dans les récipients de don sans réserve, quand il s’engage dans la Torah et le travail. En fait, la raison de son engagement dans la Torah et les Mitsvot, est qu’il croit en Dieu et en Sa grandeur. Il prend sur lui que, désormais, tout son plaisir ne sera que dans son désir de servir le Roi, et qu’il regardera cela comme s’il avait fait fortune, et comme si le monde entier le regardait et l’enviait d’avoir été récompensé de s’élever aux degrés supérieurs, ce pourquoi personne d’autre n’en a été récompensé.
Naturellement, il est content et ne ressent aucun mal dans le monde, mais il vit alors dans un monde où tout est bien. Cependant, toute l’importance et la joie sont dans ce qu’il donne, ce qui signifie qu’il veut donner au Créateur, c’est-à-dire que, tout au long de la journée, il a une seule pensée: « Que puis-je faire qui plaira au Créateur? » D’une part, nous disons qu’une personne ne doit pas travailler pour recevoir une récompense, mais seulement pour le Créateur, d’autre part, nous disons qu’elle doit se réjouir et imaginer comment elle peut avoir du plaisir.
Cela signifie que l’homme doit s’imaginer des images de grandeur et d’importance de la même manière que nous apprécions les rois et les leaders de ce monde, et voir comment le public les respecte et ensuite en tirer les leçons et voir comment il est content de servir les grands de ce monde et s’en servir pour la grandeur du Créateur, c’est-à-dire que lorsqu’il sert le Créateur, il doit ressentir le même plaisir que ceux qui servent les grands de ce monde. Sinon, s’il ne tire pas un grand plaisir à s’engager dans la Torah et les Mitsvot, c’est le signe qu’il n’apprécie pas la grandeur du Créateur, comme ceux qui apprécient et reçoivent du plaisir et des délices en servant les grands de ce monde.
Par conséquent, lorsqu’il parle au Créateur, il doit tout d’abord s’imaginer à qui il parle, c’est-à-dire Sa grandeur et Son importance, c’est-à-dire de quelle manière et avec combien de respect il Lui parle, et Il m’écoute et me regarde quand je Lui parle.
Par exemple, quand quelqu’un mange un gâteau ou un fruit, nous savons que nous devons croire que le Créateur a créé tout cela et maintenant nous nous délectons de ce qui a été préparé pour notre plaisir. Nous nous tournons vers Lui et nous Le remercions pour cela et nous Lui disons: « Nous Te remercions et nous Te louons pour ce plaisir et disons ‘Béni sois-Tu, Ô Seigneur, pour le fruit de l’arbre. »
À ce moment, un homme doit faire une autocritique de ce qu’il vient de dire au Créateur, de quel respect il a fait preuve en Lui parlant et ce qu’il a ressenti après lui avoir parlé, c’est-à-dire l’impression qu’il en a gardé, quelle élévation spirituelle, puisqu’il croit vraiment avoir parlé au Roi. Quelle excitation, quelle joie? Il est écrit à ce sujet: « Si je suis un père, où se trouve Mon honneur? Si je suis un maître, où est la crainte que l’on éprouve pour moi? »
Si nous nous y attardons un peu, nous pouvons en dégager deux discernements. 1) il apprécie le fruit qu’il mange. Ce plaisir apportée par le fruit appartient au désir de recevoir animal, c’est-à-dire que les animaux aussi apprécient boire et manger. Nul besoin pour un homme de recevoir un tel plaisir, et c’est pourquoi il est appelé un plaisir « bestial ».
Mais la bénédiction et le remerciement qu’il donne au Créateur pour ce plaisir, en ceci nous devrions faire plusieurs discernements. Dans le deuxième discernement dans l’action ci-dessus, c’est-à-dire le plaisir de remercier le Créateur, ceci s’applique à l’homme et non aux animaux. Il y a ici beaucoup de discernements à cause de cette action, qui appartient à l’homme, il y a beaucoup de degrés à distinguer.
Par exemple, en l’homme nous devons discerner la mesure de la foi-à quel point il croit que le Créateur lui a donné tous ces délices pour son plaisir. Ensuite, nous devrions discerner -dans la façon dont il s’adresse au Créateur- dans quelle mesure croit-il parler au Créateur? Ensuite, nous devrions voir dans quelle mesure il croit en la grandeur et en l’importance du Créateur. Ici, il est certain que chaque personne est différente. Et dans une personne elle-même, nous devrions discerner selon son état actuel, car quand une personne marche, elle peut monter ou descendre. Ainsi, dans une personne nous pouvons discerner plusieurs états, comme il est écrit: « Et je te donnerai accès parmi ceux qui sont là debout ».
Il s’avère que le désir de recevoir du plaisir qui, dans l’ensemble se rattache à la bête, il n’y a rien à discerner, puisque c’est un plaisir général. Il n’en va pas de même avec le plaisir qui relève de l’homme. Ici, nous devrions faire plusieurs analyses. Il s’avère que la base de la joie qui relève de l’homme ne se réfère pas aux récipients de réception. Mais elle relève du don sans réserve car tout son plaisir est bâti sur le Créateur, c’est-à-dire que toute la motivation qui lui donne des Kélim (récipients/outils) pour le travail dépend de la grandeur du Créateur et non de la mesure du plaisir de l’homme. Cela signifie que la taille du plaisir dépend de la grandeur qu’il attribue au Créateur.
Ceci est appelé « le plaisir qui vient indirectement à un homme ». Il veut donner sans réserve au Roi directement, et dans la mesure où il s’imagine la grandeur du Roi, dans cette mesure il est plus heureux quand il réjouit un grand Roi. Il en reçoit du plaisir indirectement, il s’avère que le plaisir n’est permis qu’ainsi, car son intention quand il sert le Roi, n’est pas plaisir personnel, mais c’est l’importance du Roi qui l’oblige à servir le Roi.
Il s’avère que son intention est de faire plaisir au Roi, de rendre le Roi heureux, alors naturellement il en retire lui aussi du plaisir. Un tel plaisir est permis parce que lorsqu’il en reçoit, il n’est pas question de honte ici, appelé « pain de la honte », puisque ce plaisir provient du don et non de quelque chose qu’il reçoit directement du Créateur.
Quand il se réjouit de quelque chose que le Créateur lui a donné, c’est un plaisir qui vient directement du Donneur, comme des lumières. Cela est appelé Ohr Hokhma (lumière de Sagesse), qui arrive directement au receveur. En fait, le receveur se réjouit de ce qu’il reçoit, et cela nécessite déjà une correction appelée « visant à donner sans réserve ». Mais si son plaisir provient du fait qu’il donne au Créateur, et son plaisir est de Le servir, ce plaisir est considéré comme venant indirectement, parce que son intention est qu’il fasse plaisir au le Roi et peu importe si lui ressente plaisir et délice.
Il a été dit à ce sujet: « Sers le Seigneur dans la joie. » En fait, la joie devrait venir à un homme du fait qu’il sert le Créateur. Toutefois, s’il le sert sans joie, c’est alors par manque de foi en la grandeur et en l’importance du Roi. Sinon, il aurait dû être content et heureux et ce, sans aucune préparation, c’est-à-dire qu’il n’a pas besoin de voir qu’il y aura de la joie dans le travail, mais il doit voir qu’il doit se préparer lui-même à savoir Qui il sert et quelle est Son importance. La joie en est le résultat. Ainsi, s’il n’éprouve pas de joie dans le travail, c’est un signe qu’il n’a aucune idée de l’importance du Créateur, et il doit se corriger en matière de foi.
Ainsi, il ne doit pas travailler pour éprouver de la joie en servant le Créateur. Cependant il doit faire des efforts pour obtenir l’importance et la grandeur du Créateur, c’est-à-dire que dans tout ce qu’il fait, apprend, et s’engage dans les Mitsvot (commandements) il veut une récompense pour ses efforts- être récompensé de la grandeur et de l’importance du Créateur. Dans la mesure où il reçoit l’importance du Créateur, il sera naturellement attiré à s’annuler devant Lui et désirera ardemment Le servir.
Tout ce que nous avons dit jusqu’à maintenant est relatif à Ibour, parce qu’il doit croire que tout vient du Créateur, qui lui donne maintenant la pensée et le désir de s’annuler devant Lui. À ce moment-là, il doit trouver un endroit pour s’imaginer, c’est-à-dire comment s’enthousiasmer de ce réveil et faire une critique, et il trouvera certainement des défauts à corriger ici. Mais quand il voit de ce qui manque, il ne peut pas être heureux parce que chaque manque lui procure des souffrances, alors comment pourrait-il être heureux? D’autre part, ce n’est pas bon d’avoir tant de manques, selon la règle, là où il y a un manque dans la Kedousha (sainteté), il y a une prise pour le Klipot (coquilles-pelures), et il pourrait tomber de son degré et s’affaiblir dans le travail.
Donc, un homme doit se considérer parfait, sans manque. Il se voit content de sa vie car il prend du plaisir alors qu’il voit qu’il y a beaucoup de gens comme lui qui ne se réjouissent pas de la vie, et s’ils avaient le plaisir qu’il a, tous l’envieraient.
Prenons par exemple, des prisonniers. Personne n’est autorisé à sortir de prison pour respirer un peu d’air. Mais un individu gagne les faveurs du directeur de la prison et personne ne le sait, mais il le laisse sortir dehors libre, une heure par jour. Il va visiter sa famille et ensuite, il revient à la prison. À quel point cet homme est-il heureux? 1) Il est heureux parce qu’il rentre chez lui. 2) Quand il regarde le reste des prisonniers, qui n’ont pas cette liberté, cela le remplit d’un immense plaisir de regarder les autres, qui sont en prison sans voir aucune lumière de l’extérieur.
Cela signifie que mis à part son propre plaisir, c’est-à-dire le plaisir de se réjouir, il peut retirer du plaisir de ce qui est à l’extérieur. Il se réjouit de voir ce que lui a ce que les autres n’ont pas. Il s’avère que ce plaisir vient de l’extérieur, c’est-à-dire de regarder à l’extérieur et de voir à quel point ils souffrent de ne pas avoir de liberté, alors que lui profite de sa liberté.
Il s’avère que nous devons voir deux plaisirs ici: 1- le plaisir qu’il reçoit de se réjouir, 2- le plaisir éprouvé d’avoir ce que les autres n’ont pas, ce qui est appelé « recevoir de la joie de l’extérieur ». La morale qu’on en retire est que puisque nous sommes incarcérés, c’est comme il est dit dans les Kaparot (expiations), la veille de Yom Kippour (jour du repentir): « les habitants des ténèbres et de l’ombre de la mort, enchaînés à la pauvreté et au fer… Il les sortira des ténèbres et de l’ombre de la mort. »
Nous avons péché et avons été incarcérés, où tous les prisonniers qui ont péché devant le Roi sont placés, là où ils ne voient pas la lumière de toute leur vie, c’est-à-dire qu’ils ont été condamnés à perpétuité. Ils sont détachés des parents appelés « les pères du monde », comme nos sages l’ont dit: (Tana de Bei Eliyahou Raba, chapitre 25) « Quand mes actions atteindront-elles les actions de mes pères? », c’est-à-dire que quand il y a un lien avec les pères, lorsque l’homme connaît les bonnes actions des pères, on peut dire qu’il demande « Quand mes actions atteindront-elles les actions de mes pères? », c’est-à-dire que lui aussi aura la possibilité de faire de bonnes actions comme les patriarches. Mais à cause du péché, comme il est dit « À cause de nos péchés, nous avons été exilés de notre terre », nous avons été mis en prison complètement détachés des pères, c’est-à-dire que nous ne savons pas que nous avions des pères qui adhéraient au Créateur, et nous n’avons aucune idée qu’il nous appartient aussi de dire que pour chaque chose spirituelle que nous voulons faire, nous pourrons adhérer au Créateur.
Il s’avère que les gens qui ont été condamnés à perpétuité ne voient pas la lumière durant toute leur vie et acceptent leur situation. Ils s’habituent à se réjouir seulement de ce que le directeur de la prison a trouvé à leur donné comme occupation, et l’habitude les aide à oublier ce qu’ils avaient autrefois : une vie en dehors de la prison, là où ils profitaient de la vie qu’ils avaient choisie et n’avaient pas à accepter les nourritures selon les conditions de la prison, mais ils ont tout oublié.
La leçon à en tirer c’est que l’homme devrait être heureux que le directeur de la prison l’aime et lui ait donné quelque liberté chaque jour de sortir de la prison et de se réjouir de ce dont les gens innocents se réjouissent, c’est-à-dire comme s’il n’avait jamais péché contre le Roi. Il marche jusqu’à chez lui et partage avec chaque membre de sa famille et avec le reste de ses amis et des êtres aimés, mais après, il doit retourner en prison.
Cela se produit tous les jours, c’est-à-dire quand un désir et une pensée viennent à une personne d’entrer à la synagogue pour prier, et pour apprendre un peu et de ressentir un peu qu’il y a une vie spirituelle, qu’elle y croit finalement, ce qui signifie qu’elle a la foi, cela s’appelle une « petite sensation de toutes les choses dans la Kedousha », qu’elle reçoit l’illumination de loin. Cela signifie que bien qu’elle soit encore loin de l’équivalence de forme, parce qu’elle a péché par amour-propre, appelé « disparité de forme », elle a été condamnée à la prison à perpétuité. La prison est là où il n’y a pas de vie spirituelle, mais c’est un endroit pour les méchants qui ont péché contre le roi.
Mais elle a les faveurs du directeur de la prison, qui lui donne une pensée et un désir de profiter de la vie des humains, comme dans « Vous êtes appelés homme, et les nations du monde ne sont pas appelées homme », puisqu’elles apprécient la nourriture humaine, appelée « vie spirituelle », lorsqu’elles ont un contact avec le roi des rois, ce qui signifie qu’elles ont temporairement l’impression de parler au roi.
Quand une personne imagine qu’elle a les faveurs du directeur, qui lui a donné quelques heures de liberté, bien qu’elle sache plus tard qu’elle aura une descente et devra retourner en prison, même si elle est en prison, elle peut aussi être heureuse, car elle sait d’expérience qu’il y a des hauts et des bas. Par conséquent, même lorsqu’elle retourne en prison, elle sait que parfois elle a les faveurs du directeur de prison qui lui redonnera quelques heures de liberté, et pendant ce court moment, elle pourra voir et plaider sa cause auprès des amis afin d’être libérée complètement.
Cela signifie que même pendant une descente, elle pense parfois qu’elle est déjà habituée qu’ils la sortent de ces pensées et des désirs des pécheurs qui sont immergés dans l’amour propre. Plus tard, quand elle reçoit un appel d’en haut, c’est ce qu’elle croit, alors les pensées et les désirs qu’elle a pendant la descente, elle sent qu’elle ne pourra jamais sortir de l’amour-propre, car elle voit la résistance du corps. Chaque fois la résistance prend des formes différentes, et chaque argument est différent, mais ils sont tous les mêmes afin de lui faire voir que c’est difficile et qu’en réalité il n’y a pas grand-chose qu’une personne puisse faire pour en sortir.
Pourtant, elle voit que lorsqu’un éveil d’en haut vient à elle, elle oublie tous leurs arguments, et tous disparaissent comme s’ils n’avaient jamais existé. Maintenant, elle ne veut qu’une seule chose: s’annuler devant le Créateur et maintenant, elle en ressent précisément du plaisir.
C’est pour cette raison que quand l’homme s’accroche un peu à la spiritualité, même si c’est infime, il peut déjà se sentir heureux et parfait, et ce pour deux raisons: 1) Il est sorti libre. Il aime être temporairement hors de prison, ce qui signifie hors de la Torah et des Mitsvot. 2) Il aime voir que tout le monde est en prison. Il les regarde avec pitié et veut parfois prier pour eux, afin que le Créateur leur permette de sortir de prison.
Maintenant, nous pouvons comprendre que pendant l’Ibour, lorsque sa force de représentation n’est qu’en Katnout, quand il peut à peine observer la Torah et les Mitsvot avec une intention, il doit croire que c’est très important ; que le Créateur lui a fait une place pour sortir de tous peuples du monde, qui n’ont aucun lien avec le judaïsme, et dont les aspirations ne sont revêtues que de plaisirs bestiaux, c’est-à-dire, ce qui nourrit et maintient les bêtes leur suffit. Quant à la spiritualité, ils se targuent de ne pas être stupides comme les religieux, qui disent qu’il existe une vie spirituelle. A la place, ils pensent clairement et fortement qu’ils ont raison. Ils se disent: « Nous sommes les plus intelligents de la génération, en ce sens que nous ne croyons pas en la spiritualité, et tout le but de notre vie n’est qu’une vie matérielle ».
Ils sont convaincus que la spiritualité n’existe pas dans le monde, à tel point qu’ils veulent que les religieux sachent aussi que la logique dicte qu’il n’y a rien d’autre dans le monde, à part la vie matérielle, exactement comme les animaux. Il y a même parmi les plus sages d’entre eux des personnes qui, parce qu’elles vivent comme des animaux, sont arrivées à la conclusion que nous ne devrions pas manger des animaux parce que le « Etre Parlant » n’a pas un but plus élevé qu’un animal, alors pourquoi devrions-nous manger les animaux si nous sommes tous au même degré et avec le même but ?
Il s’avère que, d’une part, l’homme doit apprécier la pensée et le désir de faire des choses simples sans compréhension ni intelligence, mais tout au-dessus de la raison, et croire que même le désir d’observer la Torah et les Mitsvot lui a été donné par le Créateur, car il a trouvé grâce à Ses yeux. Même si l’homme ne sait pas pourquoi il a mérité plus que les autres personnes, que le Créateur a laissé dans la vie corporelle, et lui, Il l’a sorti de parmi toutes les personnes, comme dans l’histoire de la prison.
Cette chose devrait nous apporter de la joie et de la plénitude, et parce qu’il sent la complétude, il peut remercier le Créateur pour cela. C’est comme l’a dit le Baal HaSoulam: « Dans la mesure où une personne remercie le Créateur de l’avoir rapprochée un peu, dans cette même mesure, elle reçoit toujours l’aide d’en haut ».
Nous pouvons interpréter que la raison en est que si une personne comprend qu’elle doit remercier le Créateur, cela ne veut pas dire que le Créateur devrait la remercier, comme en chair et en os. Ce qu’il faut se demander, c’est la mesure dans laquelle elle comprend qu’elle doit Le remercier. À ce moment-là, la personne commence à penser à l’étendue du remerciement qu’elle devra Lui donnera.
Il existe une règle : en fonction de la valeur du don, se trouve l’étendue du remerciement. Par exemple, si quelqu’un aide une autre personne qui n’avait pas de travail, et il a travaillé pour elle et lui a trouvé un emploi, naturellement, elle se sent profondément reconnaissante.
Mais si, par exemple, une personne commet un crime contre le gouvernement et que le juge la condamne à 20 ans de prison, elle doit quitter sa famille, et elle a déjà des fils et des filles à marier, et elle ouvre un nouveau commerce, disons une entreprise qui embauchera une centaine de travailleurs, mais qu’en attendant il n’y en a que cinquante. Maintenant, d’après le crime pour lequel elle a été inculpée, elle doit faire vingt ans de prison, et elle s’inquiète de l’issue de ses projets et de sa famille en son absence. Elle dit que maintenant elle préférerait mourir que de vivre en prison et s’en inquiète.
Puis un homme vient et lui donne des conseils grâce auxquels elle est acquittée de toutes ses accusations et est libérée. Alors, la personne commence bien évidemment à penser à ce qu’elle peut donner à cet homme qui lui a sauvé la vie. Sans aucun doute, maintenant cette personne n’a qu’une seule préoccupation: « Comment puis-je montrer à cet homme que j’ai du cœur, que tous les organes de mon corps le remercient et le louent?» C’est comme il est écrit: « Tous mes os diront » des chansons et des louanges pour cet homme.
Puisqu’elle doit le remercier, elle commence à réfléchir à la hauteur du salut qu’il lui a donné pour savoir quel remerciement elle dira. C’est pourquoi, lorsqu’une personne remercie le Créateur, cela dépend de l’appréciation de l’importance du Créateur, quand Il l’a sorti de prison temporairement, afin de respirer un peu plus l’air du monde de Kedousha.
Il en résulte qu’une personne reçoit une descente parce qu’elle n’a pas apprécié le rapprochement du Créateur, et le fait de ne pas savoir apprécier a causé sa perte. C’est comme nos sages disaient: « Qui est l’imbécile? Celui qui perd ce qu’on lui donne. » Cela signifie qu’il n’a pas l’intelligence d’apprécier l’étendue du rapprochement de la Torah et des Mitsvot, ce qui signifie qu’une personne devrait croire que même la plus petite chose dans la Torah et les Mitsvot est aussi très importante, bien qu’elle n’en ressente pas encore son importance.
Il s’ensuit que la foi se trouve dans les choses que l’homme ne peut pas encore sentir ou atteindre. À ce moment-là, il doit croire aux sages, que nos sages nous ont dit de croire qu’il en est ainsi, ce qui signifie « ce que nos sages nous ont dit, et non ce que nous ressentons ». Il en est ainsi parce que nos sensations ne se sont toujours pas développées en nous afin de ressentir ces sentiments qui apparaissent quand nous savons que nous parlons au Roi. C’est simple: si l’on sait qu’on parle au roi, on n’a pas besoin de se préparer à ressentir l’importance du roi, car elle est naturelle et on n’a pas besoin de travailler en ce sens.
En conséquence, quelle est la raison pour laquelle une personne n’est pas émue en disant merci et des paroles de la Torah, quand elle croit que c’est la Torah du Créateur? C’est parce que sa foi n’est pas encore complète, ce qui signifie que sa foi n’est pas comme une connaissance limpide, mais que la foi lui manque encore.
Mais, elle doit travailler en croyant qu’elle parle à un roi important, et le sentiment est quelque chose qui vient sans travail, car le sentiment n’est qu’un résultat de quelque chose de nouveau qui inspire une personne. Il s’ensuit que le travail principal est le travail sur la foi — pour croire qu’il est un grand roi.
C’est une question présentée en maints endroits du Zohar, que l’homme doit prier à cause de l’exil de la Shekhina [Divinité], c’est-à-dire la « Shekhina en exil » ou « Shekhina dans la poussière », c’est-à-dire que nous n’apprécions pas l’importance de celui à qui nous parlons ou prions, ou que nous remercions pour les plaisirs et les Mitsvot. De plus, nous n’apprécions pas de qui sont les Mitsvot que nous observons. Tout cela s’appelle « la Shekhina en exil ».
Naturellement, nous ne pouvons pas avoir la sensation d’observer la Torah et les Mitsvot, parce qu’il y a une règle selon laquelle une personne ne s’enthousiasme pas d’une petite chose, car c’est en fonction des émotions qu’elle ressent.
Il en résulte que l’on devrait servir le Créateur avec joie, ce qui veut dire que, quel que soit son état, même s’il est dans un état de bassesse et sans vie, en s’engageant dans la Torah et les Mitsvot, l’homme se doit s’imaginer que maintenant il observe la Mitsva [singulier de Mitsvot] de la foi au-dessus de la raison. C’est-à-dire que, bien que le corps lui montre sa bassesse, il peut encore se renforcer et dire: « Mon observation de la Torah et des Mitsvot sans intention est très importante », car, en fait, il observe tout en pratique, mais l’intention manque, c’est-à-dire que s’il avait aussi la bonne intention, le corps serait satisfait et il se sentirait comme un homme complet.
Mais maintenant, le corps ne peut pas apprécier la Torah et les Mitsvot, donc tout ce qui manque ici est le plaisir du corps. Mais comme il veut travailler pour le Créateur, il s’avère que précisément maintenant, quand le corps n’a pas de plaisir, il peut travailler plus pour donner. S’il croit au-dessus de la raison qu’il en est ainsi, ce dépassement s’appelle « l’éveil d’en bas ». Ensuite, il doit recevoir de la vitalité, car maintenant il adhère vraiment au Créateur et veut Le servir sans contrepartie.
Cependant, si l’homme ne peut pas aller au-dessus de la raison, deux policiers viennent chez lui et le mettent en prison avec tous les pécheurs contre le roi. Ces deux policiers sont « l’esprit » et « le cœur ». À ce moment-là, il est condamné à toute la peine pour laquelle il a été jugé, et ensuite on lui rend brièvement sa liberté pour examiner son comportement. Cela continue jusqu’à ce qu’on ait pitié de lui d’en haut, et qu’il soit libéré de prison.
Il s’avère que nous avons besoin de deux choses: la première est la force de représentation, qui est Katnout, et la seconde est la force de rétention pour empêcher l’avortement, ce qui signifie de ne pas abimer l’Ibour. Nous avons besoin de la force de représentation, car il y a une règle selon laquelle il n’y a pas de lumière sans Kli, ce qui signifie qu’il n’y a pas de satisfaction sans manque, donc s’il n’y a pas de Katnout, il n’y aura jamais de Gadlout.
Cependant, nous avons besoin de force pour nous maintenir dans un état de manque, car le manque signifie que l’homme souffre d’être encore incomplet. On sait qu’il est difficile de tolérer la souffrance. Si l’homme ne voit pas la fin de la souffrance, il fuit le champ de bataille. Il s’avère que nous devons lui donner la plénitude afin qu’il puisse tenir et ne pas fuir la guerre contre le penchant. Cependant, on ne doit pas lui mentir, c’est-à-dire qu’il se trompe et dise qu’il est entier, car il est écrit: « Celui qui raconte des mensonges ne se tiendra pas devant moi ».
Par conséquent, lorsque nous disons à une personne : « tu vois que tout le monde est incarcéré », comme dans l’histoire ci-dessus, « et ils oublient qu’ils ont même des parents et des amis », qui sont des personnes qui s’engagent dans la Torah et les Mitsvot et qui sont les amis de leurs âmes. Ils oublient tout et pensent que tout ce qui existe au monde, ce sont des gens incarcérés et un directeur de prison qui les contrôle, ce qui signifie qu’ils sont sous le jugement du mauvais penchant, et ils considèrent celui qui va à l’encontre de leur point de vue comme insensé, ce qui signifie qu’ils délaissent la vie corporelle qui se satisfait de sa prison et qu’ils cherchent quelque chose au-dessus de la raison, ce qui veut dire un plaisir supérieur aux joies de la vie matérielle.
Mais il calcule qu’il est très privilégié d’avoir trouvé grâce aux yeux Créateur et d’avoir été même momentanément livré à la vie matérielle afin de respirer l’air de la Kedousha. Il devrait être si heureux quand il les regarde, eux et lui-même. Certes, cette complétude est considérée comme une vraie complétude car, dans la vie, nous voyons qu’être remis en liberté temporairement, comme dans l’histoire ci-dessus de la prison, donne beaucoup de joie à une personne lorsqu’elle voit qu’elle a trouvé grâce aux yeux du directeur et que tous les prisonniers n’ont n’en pas bénéficié comme elle.
Qui plus est, bien que cette complétude soit vraie, une personne doit faire de grands efforts pour l’apprécier, car ce travail révèle l’importance du travail en appréciant un petit service dans la spiritualité. Par cela, nous sommes plus tard récompensés d’augmenter l’importance, au point où l’on peut dire qu’il n’a aucun moyen d’apprécier l’importance de servir le roi. C’est ce qu’on appelle « Ibour ».
Ibour signifie que l’éveil vient du supérieur. Mais pendant la préparation, qui vient avant que l’homme ne soit récompensé d’entrer dans le palais du roi, où Ibour est quand on est récompensé de NRNHY de Nefesh, il y a beaucoup de hauts et de bas. Cependant, tout entre dans l’Ibour puisque tout vient de l’éveil du supérieur.
Du point de vue de la préparation, Yénika signifie que l’homme se réveille par lui-même et veut aspirer quelque chose de la Kedousha à travers des auteurs et des livres, afin qu’il puisse raviver son esprit dans la vie spirituelle. Pour cette raison, quand il s’engage dans la Torah et les Mitsvot, il a envie d’en extraire la lumière de la Torah qui le ramène vers le bien, comme nos sages l’ont dit: « J’ai créé le mauvais penchant; J’ai créé la Torah comme une épice ».
Cependant, afin d’extraire la lumière de la Torah, nous devons avoir la foi, comme il est écrit dans l’Introduction au Livre du Zohar. La raison en est que l’homme croit en Dieu et en Sa Torah et veut adhérer à Lui, mais voit qu’il ne peut pas à cause du mal en lui, qui est le désir de recevoir, et cette forme l’éloigne du Créateur. Pour cette raison, sa foi n’est pas permanente, comme il est écrit dans le Soulam [commentaire du Zohar], que la foi ne peut être permanente parce que tant qu’on n’a pas la peur — une crainte constante de ne pas être capable de donner, mais d’avoir l’envie de recevoir afin de recevoir, ce qui est une disparité de forme —, la lumière de la foi ne peut pas être en lui en permanence.
Il s’avère donc qu’il ne peut y avoir de foi permanente s’il n’y a pas de Dvékout [adhésion], appelée « équivalence de forme ». Mais comment prend-on cette force pour pouvoir surmonter sa nature, qui n’est que «disparité de forme»? A ce propos il a été dit: « L’homme doit toujours s’engager dans la Torah et les Mitsvot, même Lo Lishma [pas en Son nom], et de Lo Lishma il en vient à Lishma [en Son nom] parce que la lumière en elle le ramène vers le bien » (Pessakhim, 50). Il s’avère que la lumière de la Torah est celle qui le ramène vers le bien, mais cela a été tout spécialement dit quand il désire la lumière de la Torah afin qu’elle le ramène vers le bien, ce qui veut dire que toutes ses actions soient en vue de donner à son Créateur.
Ensuite, le ramène vers le bien, signifie qu’il a la Dvékout, alors il sera récompensé d’une foi permanente. Mais une personne qui ne se préoccupe pas d’avoir seulement une foi partielle et n’apprend la Torah que là où elle peut tirer un plaisir qui entrera dans les récipients de réception et ne s’inquiète pas des récipients de don n’a pas besoin que la lumière de la Torah lui donne le remède pour la ramener vers le bien. C’est-à-dire de lui donner la force de corriger ses actions afin qu’elles ne soient qu’afin de donner satisfaction à son Créateur, ce qui s’appelle Dvékout, grâce à laquelle elle sera récompensée d’une foi permanente.
Par contre, si elle n’a pas besoin d’une foi permanente ni de la Dvékout, mais qu’elle attend la lumière parce que la lumière de la Torah vient du supérieur et qu’il y a du plaisir et du délice dans cette lumière. Il s’avère qu’elle désire ardemment la lumière non pour l’aider à changer ses récipients de réception en récipients de don, mais elle veut que la lumière fasse le contraire de ce qu’elle est censée faire.
Le but de la lumière est de la ramener vers le bien. « Bonne/bien » est comme il est écrit: « Mon cœur déborde d’une bonne chose; Je dis: « Mes actions sont pour le roi» (Psaumes, 45). C’est-à-dire que « bonne » signifie que l’homme est récompensé avec des récipients de don. Mais l’homme veut la lumière pour en profiter, ce qui signifie que cette lumière augmentera ses récipients de réception. C’est exactement le contraire de ce que la lumière devrait lui donner. Il veut la recevoir, et donc la lumière ne lui parviendra pas.
Dans l’Introduction au Talmud des dix Sefirot (point 15), il est écrit qu’il ne faut pas s’attendre à ce que l’engagement dans la Torah et les Mitsvot Lo Lishma l’amène à Lishma, à moins qu’il ne sache dans son cœur qu’il a été récompensé de la foi en Dieu et en sa Torah correctement, car alors la lumière en elle le ramène vers le bien et il sera récompensé du jour du Seigneur, qui est entièrement lumière, car la Kedousha de la foi purifie les yeux de l’homme afin qu’ils profitent de Sa lumière jusqu’à ce que la lumière dans la Torah le ramène vers le bien. De même, les yeux de ceux qui manquent de foi sont aveuglés par la lumière du Créateur.
Nous devrions interpréter ce qui est dit, que la lumière de la foi apparaît à ceux qui ont la foi. Selon ce que nous avons expliqué, ceux qui ont été récompensés d’une foi permanente ont déjà toute la bonté. Cependant, c’est comme Baal HaSoulam l’a dit à propos de ce qui est écrit: « Donnera la sagesse aux sages ». Les gens demandent: « il aurait dû dire:« donnera la sagesse aux imbéciles ». Et il a dit que, puisqu’il n’y avait pas de lumière sans Kli, la sagesse ne peut être donnée aux imbéciles, car ils n’en ont pas besoin. Par conséquence, qu’entend-on par «donner la sagesse aux sages»? C’est pour celui qui a envie d’être sage, qui a un Kli [récipient]. Il peut être rempli, car il n’y a pas de satisfaction sans manque.
Nous devrions donc aussi interpréter de cette façon les questions de foi, pour celui qui a besoin de foi parce qu’il voit qu’il n’a qu’une foi partielle, comme on l’a dit ci-dessus (Dans l’Introduction, point 14), et qu’il désire ardemment avoir une foi complète, il s’appelle déjà « fidèle ». Cela signifie qu’il a envie et besoin de la lumière de la foi. Les gens qui cherchent la foi, c’est à eux que la lumière de la Torah apparaît. C’est pourquoi il est écrit que la Kedousha de la foi purifie les yeux de l’homme afin qu’ils profitent de Sa lumière, jusqu’à ce que la lumière de la Torah le ramène vers le bien.
Il s’ensuit que Ibour signifie l’éveil d’en haut qu’une personne reçoit. Comme l’Ibour corporel dépend des parents, ici aussi, dans l’appel qui vient d’en Haut, quand on est appelé à revenir vers le bien et qu’on commence alors à avoir d’autres pensées. Ensuite, tous les désirs qu’on avait avant l’appel reçu d’en haut sont brûlés et ne méritent pas de nom.
Yénika signifie qu’on commence à chercher par nous-mêmes quelle Yénika nous recevrons des livres ou des auteurs. Nous voulons téter la lumière de la Torah afin de pouvoir d’adhérer au Créateur et être récompensés d’une foi complète.