Baruch Shalom Ha-Levi Ashlag (Rabash)
Le Créateur et Israël sont partis en exil
Article 27, 1986
Il est écrit dans le Zohar, BeHoukotai [Dans mes statuts] (point 49), à propos du verset « Et moi aussi, je vous tourmenterai sept fois pour vos péchés » : « Viens et vois, l’amour sublime du Créateur pour Israël est comme un roi qui avait un fils unique qui avait péché devant le roi. Un jour, il pécha devant le roi. Le roi dit : Tous ces jours, je t’ai frappé, et tu n’as pas accepté. Désormais, regarde ce que je vais te faire. Si je t’expulse du pays, les ours pourraient d’attaquer dans les champs, ou les loups sauvages ou les meurtriers pourraient te faire disparaître du monde. Que faire ? Mais, toi et moi sortirons du pays. Ainsi, moi aussi, comme il est écrit, c’est-à-dire que vous et moi quitterons le pays, c’est-à-dire partiront en exil, ‘Et je vous tourmenterai’ pour aller en exil. Et si tu dis que je vous abandonnerai, moi aussi je suis avec vous. »
Nous devons comprendre le sens de la sortie du peuple d’Israël vers un pays étranger, ce que l’on appelle « l’exil parmi les peuples ». Qu’est-ce que cela signifie dans le travail ? Autrement dit, qu’est-ce que la « terre » [également pays] et qu’est-ce « sortir du pays » ? Aussi, que veut dire que lorsqu’ils pêchent, ils sont envoyés en exil, pour être parmi les nations du monde ? En quoi cela aide-t-il et quel intérêt cela apporte-t-il dans les voies du travail ? Autrement dit, quelle est la correction de partir en exil pour être sous l’empire des nations du monde ?
Nous devons également comprendre comment on peut dire que le Créateur quitte lui aussi le pays et va avec le peuple d’Israël en exil, puisque « la terre entière est remplie de Sa gloire », et il est écrit : « Sa royauté règne sur tout. » Il fait même vivre les Klipot [coquilles/pelures], alors comment peut-on dire qu’il part en exil avec le peuple d’Israël comme s’il n’était pas dans le pays ?
Pour comprendre ce qui précède dans le travail, nous devons d’abord savoir ce qu’est la terre d’Israël, et ce qui est à l’étranger et pourquoi quitter la terre pour l’étranger s’appelle l’exil parmi les peuples. Nous devons également comprendre que l’exil est certainement une correction des péchés. Autrement dit, en souffrant en exil, les souffrances de l’exil les feront se repentir, et il sera alors possible de les ramener au pays. Mais il est écrit : « Et ils se mêlèrent aux nations et étudièrent leurs actions », alors quelles souffrances de l’exil ressentent-ils, qui seront la raison de se repentir et de retourner au pays [ndt : rentrer en Israël] ? Autrement dit, que peut-il savoir de ce qu’il y a de bon en terre d’Israël pour en avoir envie, et cette terre sera la raison qui l’obligerait à se repentir par amour de la terre ? Nous savons que la terre est appelée Malkhout, et la « sainte Shekhina [Divinité], et « l’assemblée d’Israël », qui est l’inclusion de toutes les âmes. Cela signifie qu’elle doit recevoir le délice et le plaisir qui étaient dans la pensée de la création de faire du bien à Ses créatures, ce qui signifie que les âmes recevront le délice et le plaisir.
L’ordre d’enchaînement était du monde d’Ein Sof [sans fin/infini] au monde du Tsimtsoum [restriction], puis jusqu’à la ligne sur laquelle les cinq Partsoufim [pluriel de Partsouf] AK se revêtissent, puis les cinq Partsoufim Atsilout. Ensuite, Malkhout de Atsilout a fait sortir les trois mondes BYA, puis Adam HaRishon a été créé, et l’extériorité de son corps, qui ressemble au corps physique de maintenant, a été créée à partir de Bina de Malkhout de Assiya, comme il est écrit dans le Talmud des dix Sefirot (Partie 16, p 1912, point 43), « Ensuite, il a eu NRN de BYA puis le NRN de Atsilout. »
Il en résulte qu’Eretz [terre/pays] est appelé Malkhout de Atsilout, et il est écrit à propos du monde d’Atsilout : « Le mal n’habitera pas avec toi », ce qui signifie qu’il n’y a aucun mal, mais seulement dans BYA, il y a une clarification du bien et du mal. Mais, c’est là qu’apparaissent les délices et le plaisir qu’Il envisageait de donner aux âmes. C’est comme nos sages l’ont dit à propos du verset : « ‘Au commencement, Dieu créa’ : il n’y a de commencement sauf pour Israël, car tout est pour Israël, c’est-à-dire pour les âmes d’Israël. »
Après qu’Adam HaRishon a péché avec l’arbre de la connaissance, il a été expulsé d’Atsilout et est descendu à BYA. Puis il a commencé à se repentir et à corriger son péché. Par cela, il est retourné dans le jardin d’Eden, c’est-à-dire Atsilout. La correction était qu’il avait été expulsé du jardin d’Eden, comme il est écrit (Genèse, 3 :22) : « Et maintenant, il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie ; il en mangerait, et vivrait à jamais. Et l’Éternel-Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour cultiver la terre d’où il avait été tiré. »
Le Baal HaSoulam a expliqué la peur pour laquelle il a dû sortir du jardin d’Eden, comme il est écrit : « Et maintenant, il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie ; il en mangerait, et vivrait à jamais ». Il a dit que puisque l’homme a péché avec l’arbre de la connaissance, si une personne est punie, c’est-à-dire souffre de la punition qui lui a été donnée, cette souffrance l’amène à se repentir et à corriger le péché et le dommage qu’elle avait causés.
Alors que s’il n’avait pas été puni et n’avait pas ressenti la souffrance du péché qu’il a commis, il ne comprendrait certainement pas qu’il doit s’en repentir. C’est comme l’écrit le Zohar (« Introduction du Livre du Zohar », point 192), « Rabbi Shimon pleura et dit : ‘ Malheur si je dis, malheur si je ne dis pas. Si je le dis, les méchants sauront servir leur maître’. »
Il interprète dans le Soulam [commentaire du Zohar] comme suit : « Par cela, il suggère qu’il ne pouvait pas révéler intégralement ses paroles à cet endroit afin de ne pas nuire aux méchants. C’est parce qu’ici il est venu révéler comment adhérer à l’arbre de vie, et ne jamais toucher à l’arbre de la mort, et seuls ceux qui ont déjà corrigé l’arbre de la connaissance du bien et du mal en sont dignes. Mais les méchants, qui n’ont pas encore corrigé le péché de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ne doivent pas le savoir, car ils doivent d’abord travailler dur dans tous les travaux jusqu’à ce qu’ils corrigent le péché de l’arbre de la connaissance. Tu trouveras également cela dans le verset : « Et maintenant, il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie ; il en mangerait, et vivrait à jamais » (Genèse, 3). Après qu’Adam a péché avec l’arbre de la connaissance, il a été expulsé du jardin d’Éden par crainte qu’il adhère à l’arbre de vie et de vivre éternellement, et que le dommage qu’il avait causé à l’arbre de la connaissance ne soit jamais corrigé.
Il en découle que lorsqu’on fait sortir un homme du pays, c’est-à-dire du royaume des cieux qu’il possédait, puisqu’il ne peut pas ressentir l’importance de la spiritualité qu’il avait avant d’être sorti du royaume des cieux, et qu’il parte en exil, comme il est écrit : « Et ils se mêlèrent aux nations et étudièrent leurs actions », ce qui s’appelle tomber en esclavage des idolâtres. Autrement dit, toutes les convoitises qui existent dans les nations du monde gouvernent le peuple d’Israël, qui est parti en exil. Alors, il n’a aucun lien avec la spiritualité, hormis ce qu’il a l’habitude d’observer par habitude et il le fait, mais plus que cela, il ne lui vient pas à l’esprit qu’il a quoi que ce soit à corriger.
Il s’ensuit que nous devons faire deux distinctions dans l’exil : 1) Ils sont partis en exil sous l’emprise des peuples. L’esprit et l’intelligence qu’ils avaient lorsqu’ils étaient dans le pays [ndt : en Israël], lorsqu’ils étaient dans le royaume des cieux et qu’ils pensaient toute la journée comment sortir de l’amour à des fins personnelles et atteindre l’amour du Créateur, lorsqu’ils ont péché et sont partis en exil, nous pouvons interpréter ceci dans le travail de l’individu, car nous savons que le public et l’individu sont une seule et même chose. Cela signifie que si une personne pèche alors qu’elle est dans le pays, c’est-à-dire si elle reçoit une illumination d’en haut et l’utilise dans son propre intérêt, c’est-à-dire dit : « Maintenant que j’ai une certaine saveur dans la Torah et les Mitsvot [commandements], je n’ai pas besoin de foi au-dessus de la raison ». Cela est appelé un « péché » parce qu’elle a endommagé la foi au-dessus de la raison.
Pour cette raison, l’homme a été expulsé du pays et est tombé sous la domination des convoitises des nations du monde. Une fois en exil, il souffre rapidement d’amnésie et ne se souvient pas d’avoir été dans le pays, qu’il était dans un état de « royaume des cieux » et qu’il ne pensait qu’à la manière d’atteindre Dvekout [adhésion] au Créateur. Il veut continuer ainsi toute sa vie, c’est-à-dire se soucier uniquement de satisfaire les besoins que le corps exige dans son propre intérêt, et rien d’autre ne l’intéresse.
Après un certain temps, et chacun a un calcul différent avec Lui (ce qui signifie que lorsqu’une personne est jugée d’en haut, chacun a son propre calcul quant à la durée pendant laquelle elle doit rester en exil jusqu’à ce qu’elle reçoive un éveil d’en haut), et elle reçoit un éveil d’en haut et commence à sentir qu’elle est en exil, et commence à se rappeler qu’elle a chuté d’un toit élevé dans un puits profond.
Autrement dit, lorsque l’homme était dans le pays, il se souvient qu’il regardait le monde entier comme superflu et qu’il pensait toujours : « Pourquoi le Créateur a-t-il créé les méchants dans le monde ? Quel plaisir ces méchants peuvent-ils apporter de bon au Créateur ? Et, maintenant il se regarde, il est en exil et que peut-il donner au Créateur pour apporter du contentement en haut ? Il commence à ressentir la souffrance d’être descendu du niveau homme à celui d’animal, c’est-à-dire qu’il voit maintenant qu’il désire des passions animales, qu’il n’avait pas avant d’être rejeté du pays. Maintenant, il commence à aspirer au Créateur, afin qu’Il le rapproche et l’admette à nouveau dans le pays, et le débarrasser des convoitises animales, et lui donne des plaisirs de nourritures dignes de l’homme, c’est-à-dire à partir d’actes de don sans réserve, et non pas que ses revenus lui viennent des nourritures animales. C’est comme l’ont dit nos sages (Pessakhim, 118) : « Lorsque le Créateur dit à Adam HaRishon : ‘Des épines et des chardons pousseront pour toi, des larmes se mirent à couler de ses yeux. Il dit : Est-ce que moi et mon âne mangerons dans la même mangeoire ? Puisqu’il lui a dit cela : À la sueur de ton front tu mangeras du pain, son esprit s’est refroidi immédiatement. »
Il semblerait que le Créateur lui a donné la connaissance lorsqu’Il a dit : « Des épines et des chardons pousseront pour toi. » Avant que le Créateur ne lui ait dit cela, il ne voyait pas que sa nourriture était uniquement des épines et des chardons, qui sont uniquement de la nourriture animale. Nous pouvons interpréter que l’éveil d’en haut lui est venu et lui a rappelé ce qu’il avait avant le péché, quels hauts degrés il avait et avec la sortie du jardin d’Eden, c’est comme s’il avait tout oublié.
Cela veut dire que le Créateur lui parle, qu’il a reçu un éveil d’en haut du Créateur, alors il s’est rappelé de ce qu’il avait. Alors, il commença à ressentir la souffrance d’avoir été repoussé du jardin d’Eden et commença à pleurer parce qu’il est au même degré qu’un animal. Autrement dit, ses revenus ne sont que ce qui appartient à l’amour-propre, appelés « nourriture animale ». C’est le sens des « larmes se mirent à couler de ses yeux et il a dit : ‘Moi et mon âne mangerons dans la même mangeoire ?’ » C’est-à-dire que la nourriture, ce qui le nourrit, sera comme celle d’un animal, où il ne peut avoir de plaisir que pour des choses liées à l’amour à des fins personnelles.
Cependant, lorsqu’Il lui a dit : « À la sueur de ton front tu mangeras du pain », son esprit se refroidit immédiatement. Rachi interprète « À la sueur de ton front » comme signifiant après avoir beaucoup travaillé. Nous devrions interpréter le sens de « beaucoup travailler ». D’après ce que nous apprenons, si quelqu’un a déjà ressenti qu’il est à un degré ressemblant à celui d’un animal, cela signifie que la sensation doit aussi être telle qu’elle conduit à la souffrance, qu’il versera des larmes sur sa pauvre et bassesse situation, comme le disaient nos sages : « des larmes se mirent à couler de ses yeux ». Ainsi, la souffrance qu’il ressent d’être comme un animal lui donne la force de vouloir faire de grands efforts pour sortir de l’amour-propre – qui est l’animal – et être récompensé de la nourriture humaine. Autrement dit, il peut désormais se réjouir des actes de don.
Il en découle donc que nous devons faire deux distinctions concernant l’exil :
1) Il est en exil mais ne sait pas qu’il est en exil. Mais, il est heureux tel qu’il est. Mais, il recherche la quantité, c’est-à-dire plus d’argent, plus de respect, etc. Cependant, il a déjà oublié qu’il était autrefois à un niveau humain, appelé « terre », qui est le royaume des cieux. Il ne lui vient même pas à l’esprit qu’il devrait changer de nourriture. Mais, il ne pense pas que les aliments qu’il reçoit dans des récipients d’amour-propre, appelés « nourriture animale », aient besoin d’être remplacés, c’est-à-dire d’avoir des pensées de don.
Il s’avère qu’il ne veut pas changer la source de ses revenus, où il se nourrit uniquement de ce qui entre dans les récipients de l’amour-propre. Il veut remplacer les choses qui viennent dans les Kélim de l’amour à des fins personnelles. Par exemple, il aimerait changer d’appartement parce qu’il n’apprécie plus celui dans lequel il vit et souhaite un autre appartement, car un nouvel appartement est quelque chose dont il peut profiter. De plus, il change les meubles car il ne peut pas tirer du plaisir de ceux qu’il possède. En ayant de nouveaux meubles, son désir de recevoir aura du plaisir etc.
2) Cependant, il ne veut pas changer sa source de revenu, ce qui veut dire que son revenu doit provenir d’une source qui donne uniquement aux récipients de don. Il n’envisage pas cela, à Dieu ne plaise, car nous savons que celui qui reçoit ne peut pas comprendre comment donner peut procurer un revenu. Celui qui donne est le contraire. Lorsqu’il voit qu’il reçoit, il a honte de faire quelque chose qu’il considère comme insignifiant. Mais en vérité, il faut changer la source du revenu. Il y a de la nourriture qui se déverse dans les récipients de l’amour-propre, et cette nourriture vient des Klipot [coquilles/écorces], et il y a de la nourriture qui entre dans les récipients de don sans réserve, et celle-ci vient des mondes de Kedousha [sainteté]. Par conséquent, selon les deux distinctions ci-dessus en exil, la question est : « Qui fait que quelqu’un se sente en exil, ce dont il souffre parce qu’il veut sortir de l’exil, comme il a été dit à propos de l’exil en Égypte : « Et les enfants d’Israël gémirent à cause du travail, et ils criaient, et leur cri s’élevait vers Dieu du fond du travail » ? Il faut dire que cet éveil est venu du Créateur, pour qu’ils ne restent pas en exil, dans l’oubli, c’est pourquoi le Créateur envoie l’éveil.
Il s’ensuit donc qu’ils sentent qu’il existe une spiritualité, mais que la spiritualité est dans un état de bassesse et que leur cœur souffre du fait que la Shekhina soit en exil et pourquoi la spiritualité a le goût de la poussière. Autrement dit, quand ils veulent travailler pour donner, ils ne peuvent pas apprécier ce travail comme ils devraient le sentir, que maintenant il fait le travail sacré, et non le travail de personnes qui ressemblent aux animaux.
Mais c’est tout le contraire : lorsqu’il travaille pour l’homme, il ressent un goût dans son travail. Mais lorsqu’il sert le Créateur, il n’éprouve aucun goût. C’est-à-dire le même acte qu’il fait, s’il voit que son désir de recevoir a quelque chose à recevoir, que la récompense l’éclaire pendant le travail, et c’est pourquoi il sent du goût, mais s’il remplace l’intention pendant le travail et dit qu’il ne fait pas ce travail pour recevoir un prix, il sent aussitôt sa faiblesse, qu’il ne peut pas faire d’effort, et le travail commence tout de suite à ralentir.
D’après ce qui précède, il s’avère que le Créateur semble venir vers lui pour lui dire : « Regarde l’état de bassesse dans lequel tu te trouves. Tu es vraiment comme un animal. » Puis il commence à souffrir de ne pas avoir de sentiments humains. Cela le fait souffrir et il ressent la souffrance et la douleur d’être en exil sous l’emprise des nations du monde. Autrement dit, il sent maintenant qu’il a de mauvaises convoitises, convenant aux soixante-dix nations.
Mais avant que cette révélation ne lui vienne, afin de ressentir sa bassesse, il vivait dans un monde qui était entièrement bon, c’est-à-dire que cela ne lui causait aucun inconvénient d’être dans la bassesse. Il ne sentait pas que c’était de la bassesse, mais qu’il se comportait comme tout le monde, dont les seules aspirations sont la convoitise, le respect et l’argent. Mais maintenant que la révélation lui est venue du Créateur, qu’il verra qu’il est comme un animal et non comme un homme, il souffre, et s’il pouvait sortir de l’exil il en serait heureux. Mais comme il est en exil, il voit qu’il ne voit pas d’issue à l’exil. Il s’ensuit que ces souffrances lui causent une instabilité. Autrement dit, il ne sait pas quoi faire. D’une part, il voit maintenant qu’il ressent la vérité, c’est-à-dire le genre de personnes auquel il appartient, puisqu’il y a des gens qui sont des animaux, et il y a des gens qui sont humains. Et si l’on veut être plus précis, il faut distinguer trois sortes : 1) les gens qui n’ont rien à voir avec le judaïsme, 2) les gens qui s’engagent dans la Torah et les Mitsvot, mais pour recevoir une récompense, 3) les gens qui ne travaillent pas afin de recevoir un prix.
Il s’ensuit que d’une part, il peut maintenant être heureux de voir la vérité, c’est-à-dire avec quel type de personnes il est et quel degré il doit s’efforcer d’atteindre. Mais en même temps, il ressent de la douleur et de la souffrance de voir à quel point il est loin de Dvekout [adhésion] au Créateur. Autrement dit, il voit qu’il ne peut rien faire pour le Créateur et que tout ce qu’il fait est parce qu’il veut recevoir une récompense pour ses actions, mais en ce qui concerne le désir de donner sans réserve, il ne voit pas qu’il ne sera pas capable de sortir tout seul.
Il en découle qu’il aspire à l’état où il appartenait au deuxième type, où il avait la force de travailler parce que la récompense l’illuminait, et dans son esprit il était dans un état proche du Créateur. Il parlait toujours au Créateur et lui demandait une récompense pour son travail. Il se sentait complet et qu’il n’avait besoin de rien parce qu’il était certain de la récompense, puisqu’il observait les commandements du Créateur. Et le Créateur voit certainement que peu de gens désirent observer Ses commandements, mais lui s’efforce d’observer Ses commandements, donc le Créateur le prendra certainement en compte et lui donnera un grand salaire pour cela.
Naturellement, après un tel calcul, une personne se sent planer dans les nuages et regarde le monde entier, car sans aucun doute, le monde existe grâce à sa Torah, comme le disaient nos sages : « Le monde ne peut pas exister sans la Torah ». (Midrash Tankhouma, Ki Tavo). Il s’avère qu’il était alors vraiment l’une des personnes les plus heureuses au monde. Mais maintenant qu’il est sorti du deuxième état, le Créateur lui a montré la vérité, à savoir que l’essentiel du travail du Créateur est d’accorder du contentement au Créateur et non dans son propre intérêt, et il voit à quel point il est loin de la vérité, et ressent le contraire, c’est-à-dire qu’il pensait que si au lieu de Lo Lishma [pas en son nom] j’avais le bon sentiment, d’être en bon terme avec le Créateur, ce qui signifie que j’essaie d’entendre sa voix autant que possible, et je suis appelé un « serviteur du Créateur », et bien entendu toute la récompense que le Créateur nous a promise est sûrement prête pour moi, alors de quoi d’autre aurais-je besoin ?
C’est encore plus vrai lorsque je commence à avancer afin de donner. Je m’élèverai rapidement. Cependant, ce n’est pas le cas. Au contraire, maintenant qu’il est parvenu à ressentir la vérité, que l’essentiel est de travailler pour le Créateur, et qu’il devrait être heureux, grâce à Dieu, d’avoir emprunté le véritable chemin qui mène à se rapprocher du Créateur, il aurait donc dû être constamment de bonne humeur et dire maintenant : « Dieu merci, je vois que le Créateur a pitié de moi et ne me laisse pas travailler en vain. Mais, tout mon effort sera désormais pour arriver au but appelé « Dvekout au Créateur ».
Cependant, il sent que son état est l’inverse, c’est-à-dire qu’il n’a pas la même joie que lorsqu’il travaillait pour recevoir une récompense. Il en est ainsi parce qu’il voit que maintenant son corps ne l’aide pas, puisque maintenant il dit à son corps : « Sache qu’à partir de ce jour je ne te donnerai aucun dividende du travail, car pour l’instant je ne travaille pas dans mon propre intérêt. Je veux travailler uniquement pour le Créateur. » Alors le corps n’accepte pas de donner la force de travailler. Ainsi il se trouve maintenant dans un état de bassesse.
Cependant, avant que la révélation de la vérité ne lui parvienne, il était toujours de bonne humeur, voyant que chaque jour il ajoutait des actes et que la récompense était garantie. Mais c’est maintenant le moment de vérité où il peut faire une vraie prière au Créateur pour le faire sortir de l’exil, car avant d’avoir reçu la révélation d’en haut – qu’il est en exil, contrôlé par l’amour à des fins personnelles – le Créateur ne pouvait pas le faire sortir d’exil, car il ne voyait toujours pas qu’il était sous l’emprise des nations du monde appelé « désir de recevoir pour recevoir », il n’avait donc aucun manque que le Créateur pourrait satisfaire, c’est-à-dire le faire sortir de l’exil. Il en résulte donc que le Créateur lui a donné le Kli [récipient], c’est-à-dire le manque, puis Il lui a donné la lumière, et aussi bien la lumière que le Kli viennent d’en haut.
Nous pouvons ainsi interpréter ce que nous avons demandé sur ce que le Zohar dit à Israël lorsqu’ils ont péché : « Le Créateur a dit : ‘Et je vous tourmenterai’ pour aller en exil. Et si tu dis que je vous abandonnerai, moi aussi je suis avec vous. » Nous avons demandé : « Comment se fait-il que le Créateur soit parti de la terre pour un pays étranger pour s’exiler, puisque « la terre entière est pleine de Sa gloire », alors comment peut-on dire qu’Il va partir ? Nous avons également demandé : « Qu’est-ce que la punition de l’exil nous apporte, puisque tout ce que le Créateur fait, il le fait uniquement en faveur de l’homme, alors que gagne l’homme en partant en exil sous la domination des nations du monde ?
D’après ce que nous avons expliqué ci-dessus, le fait de dire que « La terre entière est remplie de Sa gloire » vient nous enseigner que pour le Créateur, il n’y a aucun changement dans le monde. C’est comme il est écrit : « tu es avant que le monde n’ait été créé, et tu es après que le monde a été créé ». Ainsi, tous les changements se font d’après l’aptitude des receveurs. Autrement dit, dans la mesure où ils peuvent attribuer leur travail uniquement pour le donner au Créateur, dans cette mesure le Tsimtsoum [restriction] s’en va et la lumière qui est cachée aux inférieurs apparaît, et par là, les inférieurs reçoivent délice et plaisir.
Cela s’appelle « le peuple d’Israël étant dans le pays », lorsque nous sentons que le Créateur est la terre d’Israël. Autrement dit, puisque le peuple d’Israël est sur la terre d’Israël, le Créateur est nommé d’après l’action de se donner aux créatures afin qu’elles le reconnaissent et le connaissent lorsqu’elles en seront capables. Si elles pèchent et peuvent endommager, c’est-à-dire recevoir l’abondance supérieure et la transmettre aux Klipot, qui sont l’amour-propre, alors il faut « les faire sortir de la terre d’Israël », ce qui signifie que le Tsimtsoum revient et que la lumière s’en va. Ceci est considéré comme quitter le pays, qui est le lieu du royaume des cieux, appelé Shekhina, et partir en exil sous la domination des nations du monde.
La correction du départ en exil est 1) que d’abord, ils n’endommageront pas l’abondance. 2) En étant en exil, le Créateur ne les abandonne pas en exil, comme nous l’avons expliqué plus haut, que parfois un homme est en exil mais ne sait pas qu’il s’agit d’un exil, qu’il faut fuir cet endroit, c’est-à-dire l’état où il est et reçoit des aliments, car cet endroit est appelé « l’amour à des fins personnelles ». Au contraire, il souffre uniquement parce qu’il ne peut pas satisfaire ce que les nations du monde exigent de lui, puisqu’elles le contrôlent, ce qui signifie qu’il ne peut pas satisfaire tout ce qui en rapport avec l’amour à des fins personnelles.
C’est pourquoi le Zohar dit : « Si je t’expulse du pays, les ours pourraient t’attaquer dans les champs, ou les loups sauvages ou les meurtriers pourraient d’éliminer du monde. » Autrement dit, ils t’élimineront complètement du monde spirituel et tu resteras uniquement dans le monde physique, appelé « l’amour à des fins personnelles ».
C’est pourquoi, pour ne pas se perdre en exil, le Créateur part lui aussi en exil avec eux. Autrement dit, Il leur apparaît sous une forme d’exil. Le Créateur est appelé « Son nom », d’après l’action qu’Il accomplit. Puisque maintenant Il leur donne l’exil, ce qui signifie qu’ils se sentent en exil, cela veut dire que le Créateur part en exil avec eux. Il leur donne la sensation de l’exil afin qu’ils ne se perdent pas complètement dans l’exil en n’ayant pas le sentiment qu’ils ont été rejetés du pays [Israël] et qu’ils sont désormais sous la domination des nations du monde.
Nous comprendrons maintenant ce que nous avons demandé : quelle est la correction d’avoir été sorti du pays ?
1) Qu’ils n’endommageront pas ce qu’ils ont atteint. Ceci veut dire connaître son Maître et avoir l’intention de se rebeller. Cela signifie qu’il connaît son Maître mais ne peut pas être dans un état de donner sans réserve.
2) En étant en exil, ils ressentiront le besoin d’être uniquement dans le don sans réserve, par lequel ils seront récompensés de Dvekout au Créateur. Ainsi, la souffrance de l’exil les ramènera vers le bien. Et nous devrions interpréter ce que nous avons demandé : « que veut dire que le Créateur est parti en exil ? puisque le Créateur leur donne le goût de l’exil, le Créateur est donc sorti de la belle et agréable terre, en leur donnant ce qui est dans leur intérêt.