Baruch Shalom Ha-Levi Ashlag (Rabash)
Un chemin proche et un chemin éloigné
Article 26, 1986
Dans la portion Beshalakh [Exode, 13-47- Quand Pharaon envoya], nous trouvons que le texte nous dit : « Dieu ne les dirigea point par le pays des Philistins, lequel est proche ; car le peuple pourrait se raviser à la vue de la guerre et retourner en Égypte. » Cela signifie qu’un chemin proche n’est pas bon. Concernant la deuxième Pâque, nous voyons (Nombres, 9 : 10) : « Parle ainsi aux enfants d’Israël : Si quelqu’un se trouve impur dans l’âme, ou sur une route éloignée, parmi vous et qu’il veuille faire la Pâque en l'honneur de l’Éternel, c’est au deuxième mois.’ » Cela signifie que s’il est sur une route éloignée, il ne peut pas faire la Pâque en temps voulu.
Nous voyons que la portion Beshalakh nous dit que le chemin proche n’est pas bon, car il y est écrit « qu’Il ne les a pas dirigés lequel est proche », mais que le chemin éloigné est meilleur. Dans la partie Behaalotekha [Quand tu lèves (les bougies)], il est écrit que celui qui est sur un chemin éloigné est repoussé à la seconde Pâque. Cela implique que le chemin éloigné est pire que le chemin proche.
Nous devons d’abord savoir que les voies auxquelles la Torah se rapporte suggèrent sûrement une voie éloignée et une voie proche en ce qui concerne la réalisation du but. Il est donc difficile de comprendre comment on peut dire que le chemin le plus proche n’est pas bon. Autrement dit, la raison que la Torah nous donne pour cela est qu’ils connaîtront la guerre et retourneront en Égypte. Mais proche signifie proche du Créateur. S’il est proche du Créateur, comment peut-on dire qu’ils se raviseront et retourneront en Égypte ? Nous comprenons le contraire : si le peuple se ravisait en s’éloignant du Créateur, on pourrait dire : « car le peuple pourrait se raviser à la vue de la guerre et retourner en Égypte. ». Dans la partie Réé [Vois] (Deutéronome 14 :24), l’écriture dit : « Si le chemin, trop long pour toi, ne te permet pas ce transport, éloigné que tu seras du lieu choisi par l’Éternel, ton Dieu, comme siège de son nom ».
Le Baal HaSoulam a donné une explication à ce sujet et a demandé : « Quelle est la raison pour laquelle le texte nous donne la raison de « Si le chemin, trop long pour toi, ne te permet pas ce transport » ? Il a dit que puisque l’homme doit prendre sur lui le fardeau du royaume des cieux et doit être comme « un bœuf au fardeau et un âne au joug », et que l’homme ne se permet pas ce transport, ce qui signifie qu’il lui est difficile de supporter le fardeau., ce qui est le sens de « je ne peux pas le porter », c’est pourquoi le chemin sera long pour toi.
Ce n’est pas le cas si l’homme prend sur lui le fardeau du royaume des cieux. Il verrait que tout est près de lui. Autrement dit, un homme voit que « loin du lieu choisi par l’Éternel, ton Dieu, comme siège de son nom », c’est-à-dire l’endroit où Dieu a choisi d’établir son nom. C’est comme il est écrit : « Et qu’ils me fassent un temple et j’habiterai en eux ». Cet endroit est loin de l’homme, c’est-à-dire qu’il ne peut pas créer dans son cœur un espace pour inculquer la Shekhina [Divinité]. Il est loin de comprendre une telle chose : l’homme aura la force de faire une place pour inculquer la Shekhina dans son cœur. Il en est ainsi parce qu’il ne pourra pas le porter, c’est-à-dire qu’il ne voudra pas prendre sur lui la voie acceptée, « comme un bœuf au fardeau et comme un âne au joug ».
Il s’ensuit donc qu’il ne faut donner toute son énergie sur cela. Autrement dit, il faut toujours demander conseil sur la façon de prendre sur soi le fardeau susmentionné. Il faut concentrer tout son travail, c’est-à-dire dans tout ce que l’homme fait dans la Torah et les Mitsvot [commandements], il doit désirer que ces actions lui amènent à assumer le fardeau du royaume des cieux non pas pour recevoir une récompense, et que c’est là que « du lieu choisi par l'Éternel, ton Dieu, comme siège de son nom ». Nous savons que Son nom s’appelle Malkhout, qui s’appelle Shekhina. C’est comme l’écrit le Zohar : « Il est Shokhen [habitant] ; elle est Shekhina [Divinité/où Il habite].” C’est comme le dit le Baal HaSoulam, que le lieu où le Créateur apparaît s’appelle Shekhina, et le Créateur s’appelle Shokhen. Cependant, quand est-il appelé Shokhen ? Quand il y a quelqu’un qui atteint le Shokhen. Alors, il dit que Shokhen et Shekhina ne sont pas deux choses, mais une seule. Autrement dit, le Shokhen est appelé « lumière sans Kli [récipient] », et la Shekhina est le lieu où le Créateur apparaît. Il s’avère que tout ce qui se trouve à l’endroit où le Créateur se révèle est le Créateur et rien d’autre. Cependant, il y a la lumière et le Kli, ce qui signifie qu’il y a un Kli qui atteint la lumière.
Il s’avère donc que l’endroit où le Créateur a choisi de fixer Son nom est, comme nous l’apprenons, que nous devons corriger nos récipients de réception afin de contenter le Créateur. C’est le sens de l’équivalence de forme. Puis, à cet endroit, apparaît le nom du Créateur.
Ainsi, comment peut-on dire d’un chemin proche : « Et Dieu ne les dirigea pas, lequel était proche » ? Après tout, un chemin éloigné signifie, comme il est écrit concernant la deuxième Pâque, que celui qui était sur un chemin éloigné est repoussé à la deuxième Pâque. C’est comme il est écrit dans la partie Réé (Deutéronome 14 :24) : « Si le chemin, trop long pour toi, ne te permet pas ce transport ». Selon l’interprétation du Baal HaSoulam, loin du lieu découle de l’incapacité de le porter, c’est-à-dire de supporter le fardeau du royaume des cieux. Alors, comment se fait-il que le chemin éloigné soit meilleur que le chemin proche ? Dans Massekhet Irouvin (p 53b), il y écrit au nom de Rabbi Yehoshoua Ben Hanania, qui a dit : « Un jour, je marchais le long de la route et j’ai vu un petit enfant assis à la croisée des chemins. Je lui ai dit : Mon fils, quel chemin mène à la ville ? Il m’a dit : Celui-ci est long et court, et celui-ci est court et long. J’ai suivi le court et le long. Quand je suis arrivé en ville, elle était entourée de jardins et de vergers. Je suis revenu sur mes pas et je lui ai dit : Mon fils, tu ne m’as pas dit que celui-ci est court ? Il m’a répondu : Mon Rav, ne t’ai-je pas dit court et long ? » Cela signifie qu’il est question de proche et d’éloigné, et d’éloigné et proche.
Il est écrit dans la portion Nitzavim [Debout] (Deutéronome 30 : 11) : « Car ce commandement que je te prescris aujourd’hui, n’est ni trop ardue pour toi, ni trop loin. Car la chose est très près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour le faire. » Cela signifie que « près » est le bon chemin, comme il est écrit « Dans ta bouche et dans ton cœur pour le faire », et non comme dans la portion Beshalakh.
Pour comprendre ce qui précède, nous devons l’interpréter par à l’ordre du début du travail. Il y a une question de travail dans les faits et il y a une question de travail sur l’intention. Autrement dit, l’homme doit aussi travailler sur l’intention. Cela signifie qu’en observant les Mitsvot [commandements], il doit avoir une bonne intention, c’est-à-dire avec quelle intention il accomplit les Mitsvot, à savoir la raison qui le pousse à observer les Mitsvot. Puisque nous ne devrions pas avoir l’intention dans nos actions de recevoir une récompense, et puisque l’homme est né avec des récipients de réception, c’est-à-dire qu’il est justement impossible de faire quoi que ce soit sans recevoir une récompense pour son travail, car il est dans notre nature de ne pas faire tout mouvement sauf si nous ne voyions l’utilité, et que nous aurons plus de plaisir lorsque nous renoncerons au repos.
Autrement dit, nous renonçons à l’état dans lequel nous sommes afin de recevoir plus de plaisir que nous n’en avons actuellement, avant de laisser le plaisir et d’aller faire autre chose. Il est donc certainement important qu’en accomplissant un nouvel acte, il reçoive plus de plaisir.
Ainsi, il doit faire et observer la Torah et les Mitsvot non pas parce que le Créateur veut que nous les observions et que nous voulons faire Sa volonté afin qu’Il tire du plaisir parce que nous écoutons Sa voix. Mais, puisqu’Il nous promet une grande récompense si nous l’écoutons, nous essayons de faire ce qu’Il exige de nous, puisque nous regardons le bon salaire qu’Il nous paiera pour notre travail.
C’est un peu comme les personnes qui travaillent pour le patron d’une usine. Une journée habituelle de travail dure huit heures. Grâce aux ouvriers qui travaillent pour lui, le patron gagne de l’argent. Le patron aime donc avoir des ouvriers qui font sa volonté.
Certains ouvriers viennent voir le patron et lui proposent que puisqu’ils voient qu’il a des ennuis car il a promis à quelqu’un de livrer les produits à une certaine date, mais ils voient que selon le rythme de travail que les ouvriers produisent en huit heures, il ne sera pas en mesure de respecter les termes du contrat et de fournir toute la marchandise à temps. Ils acceptent donc de faire des heures supplémentaires pour lui. Bien qu’ils doivent rentrer à la maison immédiatement après la journée de travail de huit heures, car ils ont des enfants à s’occuper et que l’un d’eux a une femme un peu malade, ils essaient donc de rentrer immédiatement après le travail, mais parce qu’ils voient sa détresse, ils sont prêts à faire des heures supplémentaires pour lui. Naturellement, lorsque le patron entend parler du dévouement de ses ouvriers, qu’ils ne supportent pas ses ennuis et acceptent donc de faire des heures supplémentaires car ils savent qu’il est stressé car il doit respecter le contrat qu’il a promis à l’acheteur de fournir une certaine quantité de marchandise à une certaine date, mais d’après le rythme de travail en huit heures, il lui sera impossible de tenir sa promesse.
Par conséquent, le sentiment dans leur cœur envers celui qui donne le travail ne les laisse pas se reposer sans faire quelque chose pour lui, alors ils acceptent de faire plus d’efforts plus qu’ils ne le peuvent. C’est-à-dire que même si les heures de travail sont dépassées et qu’ils ont des familles nombreuses, et que l’un d’eux a une femme qui est un peu malade et qu’il doit également faire les tâches domestiques, leur conscience ne les laisse pas quitter leur patron en détresse.
Alors ils viennent le voir et lui disent : « Nous avons décidé de faire des heures supplémentaires pour toi. » Lorsque le patron entend le dévouement de ses ouvriers, il voit maintenant une chose nouvelle : avant que ces ouvriers ne viennent lui montrer qu’ils compatissent, il pensait que tous les ouvriers n’avaient ni émotion ni conscience. Mais, ils travaillaient pour lui et pas pour les autres, simplement parce qu’il paie plus que les autres, alors ils travaillent pour lui. Mais maintenant il voit différemment : il s’était trompé sur ses ouvriers.
Mais ensuite, ils lui disent : « Mais sache que pour les heures supplémentaires, c’est-à-dire aussi pour le travail de nuit, nous voulons que tu nous paies les heures supplémentaires deux fois plus que ce que tu nous payes pour les heures normales. Alors le patron recommence à réfléchir : La raison pour laquelle ils veulent faire des heures supplémentaires est-elle vraiment comme ils le disent, c’est-à-dire qu’ils veulent m’aider dans ma situation difficile ? Ou le contraire ? Ils voient que j’ai des ennuis et demandent donc plus d’argent pour les heures supplémentaires parce qu’ils savent que je n’ai pas le choix ? Ils m’ont fait comprendre que je dois leur donner ce qu’ils veulent parce qu’ils me parlent de mon état désastreux, donc je saurai qu’ils connaissent ma situation, et donc ils veulent faire pression pour que je leur paie pour les heures supplémentaires, l’argent qu’ils demandent.
De là, nous pouvons prendre un exemple de notre travail visant à observer la Torah et les Mitsvot, c’est-à-dire distinguer entre l’action et l’intention. Une action signifie qu’il a l’intention de faire l’acte qu’Il nous a ordonné par l’intermédiaire de Moïse d’observer la Torah et les Mitsvot dans tous ses détails, et que nous devons faire que la Mitsva [commandement] que nous accomplissons soit afin de faire Sa volonté, qu’Il voulait que nous observions la Torah et les Mitsvot.
Il s’ensuit que l’intention qu’une personne devrait avoir est que nous devrions avoir, pour les actions que nous accomplissons, soient d’observer ce qu’Il nous a commandé. Ceci est une intention pour que l’action se déroule bien, comme Il nous l’avait dit par l’intermédiaire de Moïse. C’est comme le jugement concernant le fait de sonner du Shofar [corne de bélier sonnée lors de certains jours de fête], selon lequel « S’il sonne du Shofar pour apprendre, ou souffle pour chanter, et non dans le but de la Mitsva, alors il n’a pas fait son devoir » (comme il est écrit dans Mode de vie, Règles de Roch Hachana, point 589).
Il s’avère donc que lorsque nous disons que les Mitsvot nécessitent une intention, cela signifie qu’il doit viser à ce que l’acte qu’il fait, le soit parce qu’il veut observer le commandement du Créateur. Certes, l’acte doit être conforme à la loi selon laquelle nos sages ont déterminé les mesures de la Torah et des Mitsvot – comment et de quelle manière cela doit être en exécutant les Mitsvot.
Par exemple, la Soucca [la cabane de la fête des cabanes] a plusieurs règles en termes de forme. Sinon, le travail est incorrect. La même chose s’applique à l’étude de la Torah et aux Mitsvot négatives [commandements de ne pas faire], de nombreuses règles les concernent. S’il ne respecte pas les lois les concernant, alors il y a un défaut dans l’exécution des Mitsvot. Même s’il fait tout conformément à la loi, il doit toujours avoir l’intention d’accomplir la Mitsva parce que le Créateur nous a ordonné de faire Sa volonté en observant les Mitsvot qu’Il nous a commandées par Moïse.
Tout cela est uniquement « la pratique des Mitsvot », mais pas l’intention. Il en est ainsi parce que tout ce qu’il pense concernant l’accomplissement de l’acte que le Créateur nous a commandé, et tous les efforts que nous effectuons dans la Torah et les Mitsvot, sont comme ceux de tous les gens du monde, qui travaillent et font des efforts pour être récompensés, et rien de plus. Aussi, ici, nous avons besoin de faire plus attention car lorsque nous disons que tout le travail est dans la pratique des Mitsvot, cela signifie que le travail est dans la pratique, et on ne peut pas dire ici qu’il y a du travail pour la récompense. Au contraire, pour recevoir une récompense en contrepartie de son effort, nous ne voyons pas qu’une personne aura besoin d’efforts pour recevoir une récompense, puisque la seule raison pour laquelle nous travaillons et renonçons à beaucoup de choses est que nous regardons la contrepartie, car seule la récompense nous oblige à travailler dur sans nous soucier de la qualité du travail ou du temps passé, car seul le salaire détermine tout.
Il faut donc comprendre pourquoi nous disons qu’il y a un travail sur l’intention, c’est-à-dire un travail sur la récompense. Après tout, comment peut-on parler de travail ici ? Cependant, le fait est que lorsqu’un homme s’engage dans la Torah et les Mitsvot et veut que sa récompense soit que le Créateur lui donne la pensée et le désir de travailler non pas pour recevoir une récompense, le corps n’accepte pas une telle chose, car normalement, nous recevons un salaire pour un travail. C’est-à-dire que le travail consiste en des concessions de besoins qu’il aime, en échange desquelles il recevra des plaisirs plus grands que ceux qu’il concède. Par exemple, il renonce au repos, et parfois aussi au sommeil, etc., et reçoit en retour des plaisirs plus grands et plus nécessaires.
Ce n’est pas le cas lorsqu’il renonce aux plaisirs sous la contrainte, lorsque le corps n’est pas d’accord et veut une contrepartie pour accepter de renoncer à toutes sortes de plaisirs. Il s’ensuit que le travail est un acte de don sans réserve, et que la récompense sera uniquement l’intention de donner sans réserve, sans aucune contrepartie de réception. Pour cette intention, c’est-à-dire pour cette récompense, il faut travailler beaucoup.
Il est plus difficile que de travailler dans la pratique, même s’il n’a pas besoin de deux choses différentes à un moment différent pour obtenir la récompense. Au contraire, le même acte qu’il accomplit, et en même temps lorsqu’il travaille, lui suffit, et il n’a pas besoin d’autres actions, mais simplement de pensée et d’intention. Quelle est l’intention ? Que sa pensée et son désir seront comme l’acte. Autrement dit, comme il fait l’acte parce que le Créateur lui a ordonné de le faire, l’intention sera seulement qu’il veuille observer les commandements du Créateur uniquement pour le Créateur, sans aucune contrepartie. Le fait que tout ce qui est exigé de l’homme lorsqu’il accomplit l’acte – lorsqu’il fait la volonté du Créateur – est d’avoir tout en accomplissant la Mitsva, et non parce qu’il voit la récompense, l’oblige à travailler jour et nuit. Autrement dit, il observe ce qui est écrit : « Et tu la contempleras jour et nuit » non pas parce qu’il regarde la récompense, et cela le fait travailler jour et nuit. Mais, son désir d’apporter du contentement au Créateur est la raison pour laquelle il s’investit dans le travail.
Cela ressemble à l’histoire susmentionnée à propos des ouvriers qui ont accepté de faire des heures supplémentaires pour le patron la nuit, mais ont exigé qu’il les paie deux fois plus que ce qu’ils recevaient pendant les heures normales. Nous voyons la différence entre travailler pour recevoir une récompense et travailler non pour recevoir une récompense. Personne ne peut dire que les ouvriers sont dévoués, c’est pourquoi ils acceptent de travailler pour le patron jour et nuit. C’est l’inverse, ils se disent que, puisque le patron a besoin de leur travail, ils l’utilisent et veulent qu’il double leur salaire.
C’est la même chose avec le travail. Bien que Lo Lishma [pas en son nom] soit un travail et qu’il n’y ait rien à ajouter en termes d’actions, il y a ici une question d’intention, c’est-à-dire ce que les travailleurs ont l’intention de faire en travaillant – que ce soit dans leur propre intérêt ou dans celui du Créateur. C’est un dur et difficile travail pour que le corps accepte de travailler pour le Créateur, c’est-à-dire dire au corps ce que j’espère, quelle récompense je veux recevoir du Créateur pour t’avoir forcé à travailler si dur – afin que le Créateur me donne la récompense, que tu ne me dérangeras plus, quand je veux tout faire pour donner.
Naturellement, le corps crie fort et fait tout ce qu’il peut pour ne pas perdre le contrôle. Par conséquent, il ne les laisse pas faire des choses les plus simples car il a peur que par le mérite de l’acte il atteigne Lishma, qui est entièrement pour le Créateur, et il n’aura aucune part qu’il pourra recevoir pour l’amour à des fins personnelles.
À cause de cela, nous voyons que pour ceux qui veulent observer la Torah et les Mitsvot afin de donner, chaque petite chose est très difficile parce que le corps a peur dans chaque action qu’il accomplit que peut-être, grâce au travail qu’il fait, la personne atteindra Lishma, et toute l’emprise du désir de recevoir sur la personne s’annulera. Ceci est également considéré comme un travail sur la récompense. Cela signifie qu’il a du travail pour choisir la récompense qu’il veut pour son travail dans la Torah et les Mitsvot – qu’il s’agisse d’une récompense relative à l’amour-propre ou d’une récompense qui est « pour le Créateur seul », et il ne veut pas, pour l’amour à des fins personnelles, une quelconque partie de son travail et espère toujours : « Quand serai-je récompensé d’avoir uniquement le désir de contenter le Créateur ?
Nous pouvons maintenant comprendre ce que nous avons demandé : « Comment peut-il y avoir un chemin proche qui soit mauvais », comme il est écrit : « Et Dieu ne les a pas dirigés, lequel était proche ». Nous pouvons comprendre ce que le petit enfant a dit à Rabbi Yehoshoua Ben Hanania, à savoir : « Il y a un chemin long et court, et un court et éloigné », ce qui signifie proche mais éloigné. Cela signifie que même s’il est proche, il est loin du but.
Nous savons que Maïmonide dit que nous ne devrions pas révéler la question de Lishma, comme il le dit (Hilkhot Techouva [Règles de repentance], chapitre 10) : « Les sages ont dit : l’homme doit toujours s’engager dans la Torah, même Lo Lishma, car de Lo Lishma, il viendra à Lishma. Par conséquent, lorsqu’ils enseignent aux petits, aux femmes et aux gens ordinaires, on leur apprend uniquement à travailler par crainte et à recevoir une récompense. Jusqu’à ce qu’ils acquièrent plus de connaissances et acquièrent beaucoup de sagesse, on leur révèle ce secret petit à petit et ils s’y habituent calmement jusqu’à ce qu’ils l’atteignent et le servent par amour. »
Cela veut dire, d’après les paroles de Maïmonide, qu’il existe un chemin proche, c’est-à-dire qu’il est proche du cœur de l’homme, c’est-à-dire afin de recevoir une récompense. Il s’ensuit qu’il est appelé « proche » parce qu’il est proche du cœur de l’homme. Mais il existe une autre interprétation du « chemin proche », selon laquelle une personne voit chaque fois qu’elle se rapproche du but, et pour elle le but est appelé « récompense », et elle espère que lorsqu’elle aura atteint un certain degré dans la Torah et les Mitsvot, et elle recevra rapidement une récompense pour son travail, car nous savons qu’être salarié ne rapporte qu’à la fin (Baba Metzia, 65).
Par conséquent, l’homme croit que lorsqu’il aura terminé son travail dans ce monde, il recevra sa récompense dans le monde à venir, en plus d’avoir des Mitsvot dont la récompense est aussi dans ce monde, comme il est écrit : « Ces choses qu’un homme mange, leurs fruits sont dans ce monde, et un fonds pour le monde à venir ».
Il s’ensuit donc que chaque jour il sent qu’il a quelque chose dans la main, c’est-à-dire la récompense d’une journée de travail, et chaque jour s’accumule en une année, et une année en une autre année. Par exemple, un homme qui commence à observer les Mitsvot à l’âge de treize ans, moment où les Mitsvot deviennent obligatoires, à vingt ans, il est heureux d’avoir, grâce à Dieu, déjà sept années de travail inscrites sur son compte. À trente ans, il est extrêmement heureux car il a déjà dix-sept ans de travail écrit dans son livre. Il s’ensuit que chaque fois qu’il travaille, il peut être heureux de voir sa récompense croître de jour en jour. Ce travail est appelé « proche de son cœur », car il est certain de sa récompense future.
Ce chemin est appelé « chemin proche » parce qu’il est agréable au cœur, car si l’homme voit des progrès sur sa voie, celle-ci convient bien au cœur car il sait quoi regarder. Dans le travail qu’il fait, il voit que chaque jour, il a une certaine quantité d’heure de travail dans la Torah et les Mitsvot, et tout est écrit dans son livre, comme il est écrit (Avot, chapitre 3) : « Il disait : Tout est donné en dépôt, et un filet s’étend sur toute la vie. Le magasin est ouvert et le commerçant vend en paiement différé ; le livre est ouvert et la main écrit. » Il est donc certain d’avoir un grand salaire en récompense qu’il a accumulé en travaillant chaque jour et d’année en année. Pour cette raison, cette voie est appelée « voie proche ». Ceci est également appelé « un chemin court » pour la raison ci-dessus, car il n’a pas besoin de beaucoup de temps pour qu’une personne comprenne que cela vaut la peine d’emprunter sur ce chemin parce que ce chemin lui tient à cœur. C’est pourquoi le chemin est court. Cependant, c’est un long chemin pour atteindre la vérité, pour que la Torah et les Mitsvot l’amènent à avoir uniquement l’intention de donner sans réserve. C’est très loin parce que cette voie est à l’opposé du chemin de Dvekout [adhésion] au Créateur, qui est entièrement le don sans réserve. Ici, il commence à emprunter un chemin dont son intention sera uniquement de recevoir une récompense. Mais le but qu’il doit atteindre par ses efforts dans la Torah et les Mitsvot est de l’amener à travailler afin de donner, comme l’ont dit nos sages : « J’ai créé le mauvais penchant, j’ai créé la Torah comme une épice ». Il doit voir que par la Torah et les Mitsvot, le mal en lui, appelé « recevoir pour recevoir », sera corrigé et qu’il pourra tout faire pour le Créateur, et non pour lui-même. Concernant lui-même, comme nos sages l’ont dit à propos du verset « Si un homme meurt dans une tente , la Torah n’existe que chez celui qui se met à mort pour elle, et non dans son propre intérêt ».
C’est ce qu’on appelle « proche et éloigné ». Proche de son cœur pour les deux raisons ci-dessus, mais éloigné de la vérité, comme le dit Maïmonide (Hilkhot Techouva, chapitre 10) : « Celui qui travaille par amour, s’engage dans la Torah et les Mitsvot, et marche sur les chemins de la sagesse, sans à cause de quoi que ce soit dans le monde, et non par peur du mal, ni pour hériter de l’abondance, mais il fait la vérité parce que c’est la vérité ».
Il s’avère, selon les paroles de Maïmonide, que la voie ci-dessus est éloignée de la vérité. Par conséquent, nous pouvons interpréter : « Dieu ne les dirigea point par le pays des Philistins, lequel est proche ; car le peuple pourrait se raviser à la vue de la guerre et retourner en Égypte. » La question de « à la vue de la guerre » doit être interprétée comme signifiant qu’en engageant Lo Lishma, la voie est celle qui éclaire l’illumination qu’il doit atteindre Lishma. Et puisque le début du travail se situe dans Lo Lishma, ils ne voudront pas entrer en guerre contre ce penchant car ils auront peur de tomber de leur degré d’engagement dans la Torah et les Mitsvot.
C’est loin. Le Créateur voulait les accompagner immédiatement au Mont Sinaï et leur donner la Torah. C’est pourquoi Il leur a dit tout de suite qu’ils devaient aller par un chemin éloigné. Autrement dit, même si ce travail est loin du cœur, il est proche de la vérité, et ainsi ils seront aptes à recevoir la Torah au pied du Mont Sinaï.
Par conséquent, il s’avère que nous pouvons interpréter « chemin long et court » comme signifiant court et proche. Ainsi, le sens sera « loin du cœur », ce qui signifie qu’il faut beaucoup de temps pour faire comprendre au cœur, jusqu’à ce qu’il puisse comprendre qu’il vaut la peine de travailler dans le but de la vérité, c’est-à-dire d’observer vraiment la Torah et les Mitsvot parce que le Créateur nous a ordonné de respecter la Torah et les Mitsvot, et nous voulons les respecter afin qu’Il soit content que nous fassions Sa volonté.
Il en résulte que la cause et la raison du respect de ses commandements sont le Créateur et non la personne. Cela signifie que l’importance du Créateur l’oblige à avoir le désir et l’envie de Le servir et de Lui apporter du contentement. C’est ce qu’on appelle un « chemin éloigné », parce qu’il est loin du cœur, mais proche de la vérité, où en lui montrant la vérité, il est plus proche d’atteindre la vérité. Cependant, « proche et éloigné » signifie « court et long ». Cela signifiera « près du cœur », car puisque le corps convoite les plaisirs et qu’il lui promet que grâce à son travail dans la Torah et les Mitsvot il recevra une récompense, il s’ensuit que le corps est la raison pour laquelle il observe la Torah et les Mitsvot. Autrement dit, s’il pouvait trouver plus de plaisirs ailleurs, pourquoi travaillerait-il là où le salaire est bas ? C’est pourquoi cela est appelé « proche et court », car cela ne nécessite pas beaucoup de temps pour faire comprendre au corps qu’il doit assumer le fardeau de la Torah et des Mitsvot.
C’est comme il le dit dans le Soulam ([Commentaire de l’échelle du Zohar] (« Introduction au livre du Zohar », point 191) : « 1) La crainte du Créateur et le respect de Ses Mitsvot afin que ses fils vivent et qu’il être protégé des punitions physiques ou financières. C’est la crainte des punitions dans ce monde. 2) Lorsque vous craignez les punitions de l’Enfer également. Ces deux-là ne sont pas une véritable crainte, car il observe la crainte non pas à cause du commandement du Créateur, mais à cause de son propre intérêt. Il s’ensuit que son propre intérêt est la racine, et que la crainte est une branche dérivée de son propre intérêt ». Il s’avère que cela est appelé « long et court, éloigné et proche » à cause de ce qui est écrit dans la portion Beshalakh : « Dieu ne les dirigea point par le pays des Philistins, lequel est proche ».
Cependant, dans la portion Behaalotkha, il est écrit à propos de la deuxième Pâque : « ou celui qui était de loin est repoussé à la deuxième Pâque ». Nous avons demandé : Cela signifie que le chemin éloigné n’est pas bon, et c’est pourquoi il a été repoussé à la deuxième Pâque ? Nous devrions interpréter que lorsqu’une personne marche sur le chemin proche, c’est-à-dire près de son cœur, l’homme se sent plus proche de la Kedousha [sainteté] que les autres, qui marchent sur le chemin éloigné, puisque chaque jour il sent que la Torah et les Mitsvot qu’il accomplit s’accumulent et augmentent. Ainsi, il n’a rien à corriger en lui-même pour être proche de Kedousha, car il peut voir de ses propres yeux et n’a pas besoin de croire au-dessus de la raison qu’il s’élève aux niveaux de sainteté. Après tout, il respecte la Torah et les Mitsvot dans les moindres détails, donc naturellement sa Kedousha grandit chaque jour. Il se sent complètement juste et se demande comment il est impossible d’observer ce que nos sages ont dit : « Soyez très, très humble. »
Il s’ensuit qu’une telle personne, de l’état dans lequel elle se trouve par rapport à la pratique, est désespérée de pouvoir jamais faire un sacrifice au Créateur, c’est-à-dire s’approcher de Lui en ce qui concerne l’équivalence de forme, parce qu’elle ne sent pas qu’elle est plongée dans l’intérêt personnel.
Cependant, si l’homme sent qu’il est loin du Créateur, c’est-à-dire qu’il voit qu’il est toujours immergé dans l’intérêt personnel et crie au Créateur de le sortir de son intérêt personnel et de tout faire pour le Créateur, alors il peut être corrigé, ce qui signifie qu’il est repoussé à la seconde Pâque, ensuite il fait un sacrifice, ce qui signifie qu’alors il se rapproche du Créateur.
Il s’ensuit que nous devrions discerner deux types dans le travail du Créateur : Un premier type comprend ceux qui appartiennent encore à Lo Lishma. Le deuxième type est constitué de ceux qui appartiennent déjà à Lishma. Dans ces deux types, et l’un ne peut pas comprendre l’autre. C’est ce qu’on appelle « long et court, éloigné et proche ».