L’homme ne se voit pas comme étant méchant
Article 35, 1986
Il est écrit dans le Zohar : « L’homme ne se voit pas comme étant méchant » (Balak point 193), le roi David se voyait de quatre manières. Il se considérait par rapport aux pauvres, aux Hassidim [pieux, disciples fervents]. Il se comparait aux Hassidim, comme il est écrit « Préserve mon âme, car je suis pieux » car l’homme ne doit pas se voir méchant. Et si vous disiez « S’il en est ainsi, alors il n’avouera jamais ses péchés », ce n’est pas le cas. En vérité, quand il confesse ses péchés, alors il sera un Hassid, car il vient se repentir et se sort lui-même du mauvais penchant, de la saleté dans laquelle il était jusqu’à présent.
Mais maintenant, il a adhéré à la droite du supérieur, qui est Hessed, qu’il est facile de recevoir. Et parce qu’il a adhéré à Hessed, il est appelé Hassid (pieux, disciple dévoué). Ne dites pas que le Créateur ne l’accepte pas tant qu’il n’a pas donné tous les détails de ses péchés, depuis le jour où il est venu au monde, ou même de ceux qui lui étaient cachés. Il n’en est pas ainsi. En vérité, il n’a besoin de détailler que les péchés dont il se souvient. S’il se concentre sur eux et les regrette lors de la confession, tous les autres péchés suivent.
Nous devrions comprendre:
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Comment l’homme peut-il dire qu’il est Hassid? C’est déjà un degré d’importance, alors comment se loue-t-il seul?
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Il dit que l’homme ne devrait pas se voir comme étant méchant. D’un autre côté, il dit que l’homme devrait préciser ses péchés, mais dit qu’il n’a pas besoin de donner des détails pour tous ses péchés depuis le jour de sa naissance, mais seulement ceux dont il se souvient. Ainsi, lorsqu’il explique les péchés qu’il a commis, il est déjà méchant. Alors pourquoi est-il dit que l’homme ne doit pas se voir comme étant méchant? Y-a-t-il une différence entre dire qu’il a fait de mauvaises actions, mais sans se voir comme étant méchant? S’il dit avoir fait de mauvaises actions alors il dit alors qu’il est méchant. C’est ce que nous trouvons dans les paroles de nos sages (Sanhédrin 9b): « Rav Yossef a dit : « Un tiers est venu le forcer; lui et un autre ont convenu de le tuer ». Dans son désir, il est un méchant. La Torah a dit : « Ne fais pas qu’un méchant soit un témoin », Raba a dit : « Une personne est proche d’elle-même et ne se voit comme étant méchante ».
Ainsi, cela signifie que s’il dit qu’il a péché, on ne peut pas lui faire confiance parce qu’il est méchant. Mais ici, lorsqu’il confesse ses péchés, nous devons dire que par cette seule phrase il est appelé « méchant », puisque vous dites « l’homme ne se voit pas comme étant méchant ». Alors la question demeure, comment peut-il donner des détails de ses péchés pendant sa confession?
Nous devrions savoir pourquoi ils ont dit : « L’homme ne se voit pas comme étant méchant ». Il en est ainsi parce « qu’une personne est proche d’elle-même ». Nous devrions donc dire que puisque « L’amour couvre tous les crimes » nous ne pouvons voir les défauts des êtres que nous aimons, puisqu’un défaut est quelque chose de mal et l’homme ne peut s’infliger du mal, car il est corrompu en raison de son amour de soi. Pour cette raison « L’homme ne se voit pas comme étant méchant » et n’est pas digne de confiance pour témoigner de quoi que ce soit de mal à son sujet, comme un proche incompétent.
Nous devrions savoir que lorsque l’homme vient demander au Créateur de se repentir, et demande de l’aide au Créateur pour pouvoir se repentir, une question surgit : « S’il veut se repentir, qui l’en empêche? » Il peut choisir de se repentir, alors pourquoi doit-il demander au Créateur qu’Il l’aide à se repentir? Dans la Prière des 18, nous prions « Ramène nous notre père dans Ta loi et rapproche nous, notre Roi, de Ton travail et ramène nous devant toi, dans une complète repentance. »
Cela signifie que sans Son aide, l’homme ne peut pas se repentir. Nous devrions en comprendre le pourquoi, pourquoi l’homme ne peut se repentir de lui-même.
Dans les articles précédents, nous avons expliqué que parce que le Créateur a créé en nous le désir de recevoir et que ce désir est d’abord sorti pour recevoir, ce n’est qu’après, que nous apprenons qu’il y a eu une correction de ne pas recevoir dans le but de recevoir, mais dans le but de donner sans réserve. Cela est appelé « la correction du Tsimtsoum [restriction] ». De ce fait, avant que l’inférieur ne soit capable de donner sans réserve, cet endroit sera vide et sans lumière. Cette correction a été étendue en bas aux créatures, et avant de sortir de son amour de soi, l’homme ne peut pas ressentir le Créateur. Pour cette raison, nous devons d’abord sortir de notre amour de soi, sinon le Tsimtsoum est sur nous.
Cependant, une personne ne peut sortir de la nature que le Créateur a créée parce que le Créateur a créé cette nature. Donc, il n’y a pas d’autre solution que de demander au Créateur qu’Il lui donne une deuxième nature, qui est le désir de donner sans réserve. Ainsi le choix dont dispose l’homme est seulement la prière, de demander que le Créateur l’aide et lui donne cette seconde nature. Pour cette raison, lorsque l’homme veut se repentir, il doit demander au Créateur de l’aider à sortir de l’amour de soi pour aller à l’amour d’autrui. C’est pourquoi nous demandons au Créateur et disons et prions « Ramène-nous, notre Père ».
Mais quand l’homme demande-t-il vraiment au Créateur de l’amener à se repentir? Cela se peut seulement s’il ressent la nécessité de se repentir. Avant d’en arriver à la décision de dire qu’il est méchant, il n’y a pas de place pour une prière qui le ramènera vers le bien. Après tout, il n’est pas si méchant au point de devoir demander la miséricorde du Créateur. La signification des prières qui devraient être exaucées est précisément que la personne a besoin de miséricorde, comme nous le disons dans la prière des 18 « car Tu entends la prière de chaque bouche (entendue mais quand?) de Ton peuple Israël avec miséricorde ».
De là, quand le Créateur entend-il la prière de chaque bouche? Si une personne ressent qu’elle a besoin de miséricorde. Cela se rapporte précisément quand l’homme ressent qu’il est dans une grande détresse et que personne ne peut l’aider. Alors nous pouvons dire qu’il s’adresse au Créateur pour demander miséricorde. Mais auparavant, quand il s’adressait au Créateur pour demander du superflu, c’est-à-dire qu’il n’était pas dans un état si mauvais que cela, qu’il y avait des gens dans un état pire que le sien, alors sa prière au Créateur n’était pas parce qu’il avait besoin de la miséricorde des cieux, mais parce qu’il voulait être dans une meilleure situation, se sentir supérieur aux autres. Cela est considéré comme demander au Créateur de lui donner une vie avec du superflu, c’est-à-dire qu’il voulait être plus heureux que les autres.
Par conséquent, lorsque l’homme veut que le Créateur exauce sa prière, il doit d’abord voir qu’il a besoin de plus de vie que les autres, c’est-à-dire qu’il voit que tout le monde vit mais lui n’a aucune de vie parce qu’il se sent comme étant méchant et qu’il est plus immergé dans l’amour de soi que les autres. À ce moment-là, il voit qu’il a besoin de la miséricorde du ciel, non pas parce qu’il désire une vie de superflu, mais parce qu’il n’a aucune vie de Kedousha.[sainteté]
Il s’avère qu’à ce moment, il demande vraiment la miséricorde, quelque chose pour raviver son âme. Il crie alors au Créateur puisque « Tu donnes du pain à ceux qui ont faim »; « le Seigneur libère les prisonniers », c’est-à-dire qu’il lui manque simplement la foi, appelée « pain » et il constate qu’il est en prison, appelée « amour de soi » et qu’il ne peut pas en sortir, car seul le Créateur peut l’aider. Ceci est considéré comme une vraie prière.
Nous devons savoir qu’une prière contient un manque. Un manque ne signifie pas ne pas avoir, mais un manque est un besoin. Par conséquent, un grand manque signifie qu’il a un grand besoin de la chose qu’il demande. S’il n’en a pas un grand besoin, cela signifie qu’il n’a pas un grand manque et sa prière n’est pas si grande, parce qu’il n’a pas tant besoin de la chose qu’il demande. C’est pourquoi la demande n’est pas très grande.
Il résulte de tout ce qui est susmentionné, que l’homme ne peut pas voir quoi que ce soit de mauvais en lui. De même, nous devrions nous demander : « Si une personne sait qu’elle est malade et qu’être malade est certainement une mauvaise chose, elle va chez le médecin pour soigner sa maladie. Si le médecin lui dit qu’il ne trouve rien de mal dans son corps, la personne ne lui fera certainement pas confiance. Elle ira voir un spécialiste, qui lui dira qu’il a trouvé quelque chose de mauvais et qu’elle doit être opérée.
Cette personne sera certainement heureuse qu’il lui ait trouvé une maladie et elle le paye très cher pour avoir diagnostiqué sa maladie et comment guérir son corps, afin qu’elle puisse continuer de profiter de la vie.
Nous constatons que si nous trouvons le mal, c’est une bonne chose, comme dans le cas de la maladie. À ce moment-là, on ne peut pas dire qu’une personne ne voit pas le mal en elle, puisqu’elle veut corriger ce mal, pour que le mal soit considéré comme une bonne chose. Il s’avère que dans cette situation, une personne peut trouver le mal en elle.
Par conséquent, nous devons comprendre les paroles du Zohar quand elles disent que d’une part « Il ne se voit pas comme étant méchant » et ensuite que l’homme doit détailler ses péchés. Après tout, quand il explique les péchés qu’il a commis en détails, il se voit comme étant méchant en disant « j’ai fait tel et tel délit ».
Nous pouvons répondre à ceci différemment: lorsqu’il vient demander au Créateur, Il le rapproche parce qu’il est immergé dans le mal, c’est-à-dire dans l’amour de soi. S’il veut que sa prière soit exaucée, il sait qu’il doit prier le Créateur du plus profond de son cœur, c’est-à-dire qu’il a besoin de plus de miséricorde que le reste des gens, parce qu’il se sent pire qu’eux.
Alors, il doit voir que le mal qu’il a est supérieur à celui des autres. Sinon, cela est considéré comme s’il mentait, qu’il est pire qu’eux, et il est écrit: « Le Seigneur est proche de tous ceux qui L’appellent vraiment ». Donc, S’il trouve du mal en lui, alors il peut voir qu’il a un grand besoin que le Créateur l’aide, ceci est considéré comme une bonne chose. Donc, lorsqu’il explique ses péchés, ce n’est pas considéré comme se voir comme étant méchant. Au contraire, maintenant, il peut faire une véritable prière pour que le Créateur le rapproche de Lui.
Il s’avère qu’en trouvant le mal en lui, il a vraiment besoin du Créateur, et un besoin est appelé « manque ». La prière qu’il prie doit aussi venir du « plus profond de son cœur » cela signifie que la profondeur de la prière dite est relative à son manque et que ce ne soit pas un manque superficiel. Mais, ce manque touche le point dans son cœur, c’est-à-dire que tous les organes ressentent son manque, et que c’est seulement alors qu’elle est appelée « prière ».
Par cet intermédiaire nous comprendrons la question que nous avons posée : « Comment peut-il dire qu’il est un Hassid, puisque Hassid est déjà un degré, tout le monde ne peut pas être appelé Hassid, alors comment peut-il dire qu’il est Hassid? Selon ce que j’en ai entendu du Baal HaSoulam, il a dit : « Il donnera la sagesse aux sages mais il aurait dû dire : Il donnera la sagesse aux imbéciles ». Il a dit à ce sujet: « Un sage » est son nom dans le futur, c’est-à-dire quelqu’un qui veut être sage est déjà appelé sage.
Par conséquent, lorsqu’il a dit : « Je suis pieux » [Hassid], cela veut dire qu’il veut être pieux, ce qui est appelé « l’amour d’autrui ». Il a dit d’abord une prière pour le pauvre, c’est-à-dire qu’il était dans l’amour de soi et « je veux être Hassid ». C’est pourquoi le Zohar finit ici: « Alors, il est Hassid, car il est venu pour se repentir et il se sort du côté du mal, de la saleté dans laquelle il était jusqu’alors. Mais maintenant il adhère à la droite du supérieur qui est Hessed, Hessed que l’on reçoit facilement. Et parce qu’il a adhéré à Hessed, il est appelé Hassid [pieux], c’est-à-dire que maintenant, il adhère à Hessed, alors il est appelé Hassid, pour le futur.
Par ceci, nous comprendrons aussi ce que le Zohar a dit: « Ne dites pas que le Créateur ne l’accepte pas tant qu’il ne détaille pas tous ses péchés depuis sa venue au monde, il n’en est pas ainsi. S’il se concentre sur le fait qu’il les regrette pendant la confession, tous ses autres péchés les suivront ». Nous devrions dire qu’il prie pour le tout et pour la racine d’où viennent tous les péchés, c’est-à-dire, le désir de recevoir, naturellement tous les péchés les suivent, c’est-à-dire suivent l’amour de soi.