Baruch Shalom Ha-Levi Ashlag (Rabash)
Va, quitte de ton pays
Article 5, 1986
« Va quitte ton pays, ta patrie, et la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai. »
Cela laisse perplexe, car ce n'est pas dans l'ordre de la réalité. Il en est ainsi parce que tout d'abord l’homme sort de la maison de son père, puis de sa patrie, et ensuite de son pays. C'est ce que demandent les interprètes.
Dans le travail, nous devrions interpréter que « ton pays » vient du mot Ratzon [désir] comme nos sages l'ont dit : « Que la terre [héb : aussi pays] produise de l'herbe », elle était heureuse de faire la volonté de son Créateur. De ce fait, « Va quitte ton pays » signifie de ton désir, qui est le désir avec lequel l’homme a été créé, appelé « désir de recevoir délices et plaisir », qui est considéré comme l'amour de soi. C'est pourquoi on lui a dit de sortir de l'amour à des fins personnelles.
« Ta patrie » signifie que père et enfant sont la raison et la conséquence, la cause et le résultat. Il en est ainsi parce que le résultat provient de la goutte du cerveau du père. De là, le résultat sort plus tard, comme nous l'avons expliqué dans les articles précédents. En d'autres termes, l’effort, quand une personne va travailler, est en vue de recevoir une récompense. Il s'avère que l’effort engendre une récompense. Sans la récompense, elle n'aurait fait aucun effort. Il s’avère donc qu'une personne observe la Torah et les Mitsvot [commandements] afin d'engendrer un fils, cela s'appelle une récompense.
En ce qui concerne la récompense, nous avons déjà dit qu'il existe deux types de récompense : 1. La récompense dans ce monde ; 2. La récompense dans le monde à venir.
Il est écrit dans le Zohar (« Introduction au Livre du Zohar », point 190), « Et ces deux », dit le Zohar « ne sont pas l’essence. » Il y est expliqué dans le Soulam [Échelle (commentaire sur le Zohar)], que c'est parce qu'ils ont été construits sur un fondement d'amour-propre, appelé « désir de recevoir pour recevoir ».
Il s'avère donc que si une personne observe dans la Torah et les Mitsvot afin de recevoir la récompense pour son désir de recevoir, alors à la fois le père, c'est-à-dire l’effort, et la descendance, qui est née de cet effort, appelée « récompense. », étaient tous basés sur l'amour-propre. Cela signifie que la goutte dans le cerveau du père, appelée « effort », dès le début de son travail, sa pensée n'était que l'amour de soi. Naturellement, l’enfant qui en né, c'est-à-dire la récompense qu'il s'attend à recevoir, est aussi une récompense d'amour-propre.
Il lui a été dit « Va quitte ton pays », c'est-à-dire ton désir de recevoir, « et ta patrie », c'est-à-dire la descendance qui en est née. « La maison de ton père » signifie la récompense qui est née de la maison de ton père, qui est l’effort qui engendre une récompense d'amour-propre. De tout cela, il devrait s'en écarter.
« Vers la terre que je te montrerai. » Cette terre signifie le désir de donner sans réserve. Sur cette terre, c'est-à-dire sur le désir de donner sans réserve, sur cette terre, c'est-à-dire sur le désir de donner sans réserve, il sera récompensé de l’apparition du Créateur.
« Que je te montrerai » signifie que le Créateur se montrera à lui. À l'inverse, sur le désir de recevoir, il y avait une restriction et une dissimulation, là ,il y a obscurité et la séparation de la vie des vies, ce qui cause l’obscurité.
Par conséquent, Je ne peux pas Me révéler sur ton désir, mais uniquement sur le désir de donner sans réserve, appelé « équivalence de forme ». À ce moment, la restriction et la dissimulation s’en iront et le Créateur lui apparaîtra.
« Et je ferai de toi une grande nation. » Dans le Midrash Raba (Chapitre 39) "Rabbi Lévi a dit : « quand Abraham, notre père est allé à Aram Naharaïm et les a vus imprudents, mangeant et buvant, il a dit : 'Je ne souhaite pas avoir de part dans ce pays.' Quand il est arrivé à Soulam Tsor, et les a vu désherber lors du désherbage, et labourer lors du labourage, il a dit : ‘Je souhaite avoir une part dans ce pays’ Le Créateur lui dit : ‘À ta descendance J'ai donné cette terre.’ »
Pour comprendre ses paroles dans le travail, nous devons interpréter qu'Eretz [terre/pays] signifie Ratzon [désir]. Be-Aram [A Aram] a les lettres d'Avram. Quand Abraham a quitté Naharaïm — Naharaïm vient du mot Nahor [illuminé] — alors il a vu qu'il y a des gens qui ne désirent que les lumières. C'est ce qu'on appelle « manger et boire », lorsque l’intention est la récompense. C'est pourquoi il a dit « ne pas avoir une part dans ce pays », ce qui signifie que je n'aurai pas de part dans ce désir, car l'intention n'est que sur la récompense et que le travail n'est pas apprécié, seule la récompense est prise en compte. C'est pourquoi il a dit : « Je n'aurai pas de part dans ce désir. »
« Quand il est arrivé à Soulam Tsor », Tsor vient du mot Tsar [étroit/ennui], ce qui signifie qu'ils ont ressenti l’étroitesse dans le travail. Il a vu qu'ils étaient dans le Soulam [échelle], qui est comme « une échelle posée au sol avec son sommet atteignant le ciel ». « Il les a vus désherber lors du désherbage et labourer lors du labourage », ce qui signifie que toutes leurs pensées portaient sur le travail de l'homme et qu'ils concentraient leurs intentions sur l'exactitude de leur travail. C'est-à-dire que les Kélim [récipients] où l'abondance devrait venir, devraient être appropriés. Et ils n'ont pas prêté attention aux fruits, qui sont la récompense. Mais, ils ont regardé l'ordre du travail, et c'est le sens de ce qu'il a dit, « qu'ils désherbaient lors du désherbage et labouraient lors du labourage ».
Puis il a dit : « J'aimerais avoir une part dans ce pays », dans ce désir qui vise à ce que l’essentiel travail soit correct. Et la récompense, qui sont les fruits, n'est pas leur affaire. Il a été dit à ce sujet : « Les choses cachées sont à l'Éternel, notre Dieu ». En d'autres termes, la récompense est l'affaire du Créateur, et nous n'avons pas besoin de regarder la récompense, mais quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous sommes satisfaits d'avoir été récompensés d'avoir un petit contact avec le travail. C'est pour lui un grand privilège. Et seules les choses révélées sont pour nous, c'est-à-dire les actions.
Par cela, nous devrions interpréter « et je ferai de toi une grande nation ». Gadlout [âge adulte/grandeur] est précisément l'action. Chez ceux qui travaillent, la grandeur n'est que les actions au-dessus de la raison. C’est uniquement en cela, qu’ils ressentent son importance, mais ils ne tiennent pas compte des lumières qu'ils reçoivent pour leur travail, puisque les lumières sont relatives aux « choses cachées sont à l’Eternel notre Dieu ». C'est l’acte du Créateur, qui fait ce qu'Il veut.
Ils ne lui ont pas demandé de leur donner parce que ce n'était pas leur but. Ils n'ont qu'un seul but : apporter du contentement au Créateur sans aucune contrepartie, car toute la récompense réside dans le fait qu'ils ont le privilège de servir le Roi. Ils ne se soucient pas du service qu'ils rendent au Roi, qu'il s'agisse d'un rôle important ou d'un rôle sans importance, puisqu'ils ne pensent qu'à la manière dont ils peuvent faire plaisir au Roi.
Cela signifie que, par exemple, peu de gens veulent assumer des rôles sans importance, mais eux sautent immédiatement dessus car ici, ils peuvent faire plaisir au roi, car peu de gens se précipitent.
La morale est que peu de gens veulent travailler au-dessus de la raison, dans cette direction, car tout le monde pense que c’est un travail vil et ce travail est comme un exil. Par conséquent, ceux qui veulent regarder cela - leur possibilité de faire plaisir au roi - veulent spécifiquement ce rôle. Leur travail s'appelle : « Relever la Shekhina [Divinité] de la poussière ». Ce travail s'appelle aussi « Shekhina en exil », et c'est le seul travail qu'ils veulent. Mais travailler pour recevoir les lumières et l'abondance d'en haut est quelque chose que beaucoup veulent.
Par cela, nous devrions interpréter ce que nos sages ont dit (Shabbat 127), « Rav Yehuda a dit : Rav a dit : 'Accueillir des invités est plus grand que d'accueillir la Shekhina’, comme il est écrit : 'Et il a dit, 'Mon seigneur, si j’ai trouvé grâce à vos yeux, s'il vous plaît ne passez pas.' » Rachi interprète, « s'il vous plaît ne passez pas, et il le laissa seul et alla saluer les invités. » Nous pouvons dire qu'il a appris cette chose de ce que le Créateur lui avait dit : « Et je ferai de toi une grande nation », ce qui signifie que l'essentiel est l'acte et non les lumières. Autrement dit, l'essence de leur travail est l'amour d’autrui, et il ne fait aucun calcul pour lui-même.
Donc, même si accueillir la Shekhina fait bien plus plaisir au corps que de travailler sur l'amour d’autrui, ici, après que le Créateur lui ait dit : « Et je ferai de toi une grande nation », cela signifie que toute ta grandeur sera dans les actions. Par conséquent, ici, il avait un endroit où Il pouvait se montrer, ce qui signifie qu'il serait certain qu'il ne veut pas regarder les avantages, car c'est un grand avantage d'être récompensé d'accueillir la Shekhina. Pourtant, il a choisi l'acte, ce qui signifie qu'il n'avait pas l'intention d’une récompense pour son travail, mais l'essentiel était le travail.
C'est là qu'il a trouvé à faire une clarification, car c'est certainement une grande chose que de renoncer à la récompense et de recevoir en contrepartie un effort. Normalement, c'est le contraire : nous faisons un effort pour recevoir une récompense. Mais il a fait le contraire : donner la récompense pour pouvoir faire un effort. Il a appris cela de ce que le Créateur lui avait dit : « Je ferai de toi une grande nation », comme il a été dit, que la grandeur est avant tout l'action.