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David HaMelekh

Lettre 66

Bnei Brak, 27 mars 1963

Bonjour et que tout aille bien mon cher ami,

Dans Pessakhim (116b): « Commence par diffamer et termine par une louange". Pourquoi diffamer ? Rav a dit : « Au commencement, nos pères étaient des idolâtres », etc. Et nous disons aussi dans l’histoire de la Pâque (Haggadah): « Au commencement, nos pères étaient des idolâtres, et maintenant le Seigneur nous a rapprochés de Son travail ».

Pour comprendre la question et apprendre de ce qui vient d’être dit, nous devons interpréter cela par la morale. Une personne a besoin de savoir, quand elle s’engage dans la sortie de l’homme de l’exil d’Egypte (et nous voyons que toutes les Mitsvot [commandements] en dépendent, parce que pour chaque chose nous disons : « En souvenir de la sortie d’Egypte », ce qui signifie qu’il est impossible de respecter un commandement en totalité avant qu’une personne ne sorte de l’exil d’Egypte. Bien qu’en général nous soyons déjà sortis d’Egypte, au niveau individuel, chacun doit encore sortir de cet exil). Il est impossible de sortir de l’exil d’Egypte avant d’y entrer. Ce n’est qu’alors que l’on peut dire que nous sortons de l’exil.

L’auteur de la Haggadah nous dit à ce sujet que nous avons besoin de savoir qu’au début, nos pères étaient idolâtres, c’est-à-dire qu’ils étaient en exil sous l’emprise des idolâtres, et ce n’est qu’alors que le Créateur a rapproché nos pères. Mais s’ils ne s’étaient pas sentis sous la domination des idolâtres, on n’aurait pas pu dire que le Créateur les avait rapprochés. Ce n’est que lorsqu’une personne est loin du Créateur que l’on peut dire que le Créateur la rapproche, parce que l’absence doit toujours précéder la présence, car l’absence est le Kli [récipient] et la présence est la lumière qui remplit l’absence et l’obscurité.

Par conséquent, nous devons savoir que nous devons nous préparer au mieux, ce qui signifie qu’une personne doit faire un bilan très méticuleux, pour voir sa condition réelle, à quoi ressemble sa foi en le Créateur, si elle a une foi complète, c’est-à-dire si elle est vraie ou superficielle, c’est-à-dire ce qu’elle fait par habitude et non en raison de son propre désir.

Et aussi voir si ses attributs sont corrects. À savoir: est-il sous la forme de « Toutes Tes actions seront pour le Créateur », ou l’inverse, ce qui signifie que tout ce que l’homme fait est seulement dans l’intention de se faire plaisir ? Nos sages ont dit à propos du verset : « Et la miséricorde des nations est un péché. Tout le bien qu’elles font, elles le font pour elles-mêmes » et elles ne peuvent rien faire pour le Créateur.

Et si une personne est sous cette domination, comme les nations du monde, alors elle est en exil, et alors elle est considérée comme un idolâtre. A ce moment, elle a une raison de prier, que le Créateur l’aide à sortir de cet exil. Alors nous pouvons dire : « Maintenant, elle est en exil et est un idolâtre » et nous pouvons dire : « Maintenant, le Créateur nous a rapprochés de Son travail », c’est-à-dire servir le Créateur, et de ne pas travailler pour la domination de l’idolâtre.

C’est ce qu’on appelle « l’exode d’Egypte », quand toutes les actions sont pour le Créateur. C’est pourquoi nous lions les commandements au souvenir de la sortie d’Egypte. Alors, ce n’est qu’après être sorti de l’exil d’Egypte, que nous pourrons observer les commandements en raison du commandement du Créateur et non pour d’autres raisons.

C’est le sens de ce que dit le Tana: « Commencer par diffamer et terminer par la louange ». Cela signifie que lorsqu’une personne veut commencer à servir le Créateur, elle doit commencer par diffamer, c’est-à-dire la façon dont nous sommes placés sous l’emprise des idolâtres. Ensuite nous pouvons arriver au degré « Maintenant que le Créateur nous a rapprochés de son travail ». Et c’est tout : « terminer par une louange ».

L’ordre du travail est en deux volets, c’est-à-dire dans la foi en le Créateur, ainsi qu’en Ses attributs, c’est-à-dire que tout son travail sera pour le Créateur. Par cela, nous pouvons interpréter ce que nos sages ont dit: "Nos sages ont dit: quand Rabbi Elazar ben Parta et Rabbi Haninah ben Tardion ont été attrapés, Rabbi Elazar ben Parta a dit à Rabbi Haninah ben Tardion: "Heureux es-tu d’avoir été attrapé pour une chose. "Malheur à moi d’avoir été attrapé pour cinq choses." Rabbi Haninah lui dit : "Heureux es-tu d’avoir été attrapé pour cinq choses, car tu es sauvé. Malheur à moi, car j’ai été attrapé pour une chose et je ne suis pas sauvé. Tu t’es engagé dans la Torah et dans la charité, ou dans la miséricorde, etc., comme l’a dit Rav Hounah : " Tous ceux qui ne s’engagent que dans la Torah sont comme quelqu’un qui n’a pas de Dieu, comme il a été dit: "et il y a eu de nombreux jours pour Israël sans véritable Dieu". Que signifie sans véritable Dieu ? Tous ceux qui ne s’engagent que dans la Torah sont comme quelqu’un qui n’a pas de Dieu." »

Il est difficile de comprendre cet exemple. Nous devrions expliquer que la chose essentielle qu’une personne devrait faire dans le monde est que toutes ses actions soient pour le Créateur. Et puisque l’homme a été créé avec l’attribut de se faire plaisir, au point qu’il lui est impossible de faire quoi que ce soit à moins de voir que cela lui rapportera quelque chose, comment pourrait-il alors travailler pour le Créateur?

Mais le Créateur nous a donné des commandements entre l’homme et son semblable, par lesquels l’homme s’habitue à travailler en faveur de son prochain. Par cela, il arrivera à un degré plus élevé et aura la possibilité de travailler aussi pour le Créateur. Autrement, même si une personne s’engage dans la Torah et les Mitsvot, elle ne pourra pas s’engager pour le Créateur. Il s’avère donc que si elle s’engage seulement dans la Torah, et non dans la charité, elle ne peut pas travailler pour le Créateur parce qu’il lui manque le remède de l’amour du prochain.

Ainsi, bien que l’homme s’engage dans la Torah et les Mitsvot, si ce n’est pas pour le Créateur, c’est comme s’il n’avait pas de Dieu, car s’il avait vraiment la sensation de la Divinité, il servirait certainement le Créateur. Mais s’il s’était engagé dans la charité, alors il aurait également le remède appelé l’amour du prochain, par lequel il en viendrait aussi à aimer le Créateur, et aurait la capacité d’observer la Torah et les Mitsvot pour le Créateur.

Il s’avère qu’une personne devrait avoir le pouvoir et la force de surmonter ses attributs, de les transformer en faveur des autres, car elle sera récompensé plus tard de travailler avec ces attributs pour le Créateur.

Après qu’une personne ait déjà été corrigée dans ses attributs pour pouvoir servir autrui, elle peut travailler sur la question de la foi en le Créateur, car alors elle est apte à être récompensée de la foi, car alors elle a déjà l’équivalence de forme, appelée « Adhérez à Ses attributs », comme dans « Comme Il est miséricordieux, sois aussi miséricordieux ».

Et que le Créateur nous aide à sortir de l’exil et à être récompensés de la rédemption complète, rapidement de nos jours, amen.

Puissiez-vous vous élever dans les degrés de bénédiction, de succès et de bonheur, et bonne fête cachère!

De la part de ton ami qui te souhaite, à toi et à ta famille, que de bonnes choses.

Baruch Shalom HaLevi Ashlag, fils du Baal HaSoulam.