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David HaMelekh

Lettre 3

Vayechi Yaakov (Et Jacob vécut)

2 janvier 1955, Tel-Aviv

A mes fidèles amis,

J’ai lu la lettre signée par... et j’ai beaucoup aimé que vous preniez sur vous le travail de l’amour des amis. Pour ce qui est de la première question, je ne peux pas y répondre par écrit parce qu’il s’agit de sujets de discussion orale et qu’il n’est pas conseillé de les mettre par écrit.

A propos de la deuxième question, je t’écris un article sur ce que j’ai entendu de mon père, le Baal HaSoulam : « Tu sauves l’homme et la bête, ô Seigneur ». Nos sages nous ont expliqué que « ce sont des gens rusés qui prétendent être comme des bêtes », et tu m’écris qu’il est bon d’être une bête ! Mais, vous devez marcher dans les voies de la Torah et de la sagesse, et attirer de l’éclat de l’agrément supérieur la douceur du plaisir palpable de la lumière supérieure. Cependant, ce doit être comme « Les bergers du bétail d’Abraham », et non comme « Les bergers du bétail de Lot ».

Vous devriez comprendre ces questions avec ce que j’ai dit hier au troisième repas devant nos amis au sujet du verset « Je descendrai en Égypte avec vous et Je vous élèverai aussi »... ainsi que le verset « C’est que Je serai avec toi et ceci te servira à prouver que c’est Moi qui t’envoie: quand tu auras fait sortir ce peuple d’Égypte, vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même » Quel est le lien entre « Je serai », « C’est moi/Je » et « montagne » ?

Dans le livre, Lettres de Rabbi Akiva, point 5, il est écrit « Je serai ce que je serai », a dit le Créateur. J’ai créé le monde avec l’attribut de la bonté, avec l’attribut de la bonté je le dirige, et avec l’attribut de la bonté je le renouvellerai ». Une autre chose, « Je serai ce que je serai », le Créateur a dit : avec l’attribut de la foi, j’ai créé le monde, avec l’attribut de la foi, je le guide, et avec l’attribut de la foi, je le renouvellerai ». Nous devons comprendre le sens du verset « Je serai ce que je serai » en ce qui concerne l’attribut de la bonté et l’attribut de la foi. Nos sages ont interprété le verset « Je serai ce que je serai », comme signifiant « Je serai dans cette épreuve, car Je serai avec eux en esclavage dans d’autres royaumes ».

Pour comprendre ce qui précède, il faut savoir que lorsqu’une personne commence à observer la Torah et les Mitsvot sur le chemin de Lishma, elle se sent en difficulté, appelée « Égypte », ce qui signifie que le roi d’Égypte demande constamment : « Qui est le Seigneur pour que j’obéisse à Sa voix ? » C’est à ce moment que les efforts de l’esprit se présentent, quand ses pensées commencent avec des Zivouguim de Hakaa qui bousculent son esprit. Parfois, on pense que toutes ces pensées étrangères ne sont que des espions qui viennent « voir la nudité de la terre », c’est-à-dire regarder à travers les cheminées et pas plus, et il n’y a pas de lien entre ces pensées et servir le Créateur. D’autres fois, on pense : « Nous sommes honnêtes, fils d’un seul père », c’est-à-dire que toutes nos pensées ne sont que pour adhérer à un seul Créateur, et nous sommes plus forts et vainquons toutes les pensées de « Qui est le Seigneur pour que j’obéisse à sa voix ? » et « Quel est ce travail pour vous ? », qu’on appelle « l’exil d’Egypte ».

La question « Je serai » est « à partir de toi et après », qui signifie au-dessus de la raison. Ce temps est appelé « Je descendrai en Égypte avec toi », car « Je suis le Seigneur ton Dieu », qui est le fardeau de la foi, considéré pour lui comme étant descendu en raison de l’exil d’Égypte. Quand nous voulons calmer le corps et lui promettre des récompenses, sous la forme du désir de recevoir, nous lui disons « et Je vous élèverai aussi », ce qui signifie qu’ensuite tu resteras aussi « c’est moi » qui est la foi.

Et c’est « Je serai », ce qui signifie qu’après, il restera « je serai », ce qui signifie que même « Quand tu auras fait sortir ce peuple d’Égypte, vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même ». Har [montagne] vient du mot Hirourim [pensées/réflexions], c’est-à-dire qu’après, il se construira aussi sur la fondation de la montagne, qui est « comme des montagnes suspendues à un fil », comme dans « Il suspend la terre au-dessus du néant ».

Mais après avoir été récompensé de la Dvékout (adhésion) au Créateur, le « néant » devient « sans quoi », où il n’y a pas de place pour que le « quel » se réveille. Mais, « Je serai » devient alors « Je l’ai créé avec l’attribut de la bonté ». Et quand nous sentons qu’Il n’est que le bien, nous comprenons déjà : « J’ai créé le monde avec l’attribut de la foi ».

C’est le sens de « Mon cœur murmure une bonne chose ». Le Baal HaSoulam a expliqué que le murmure est seulement dans le cœur, ce que le cœur ne révèle pas à la bouche. La bouche se réfère à la connaissance, la bouche révèle l’esprit et les pensées de l’homme, alors que le cœur n’est que recevoir dans le cœur, seulement en potentiel. Puis, quand quelqu’un accepte ce potentiel, il est récompensé d’une bonne chose, le sentiment qu’il n’y a rien de mieux dans le monde que la foi. A ce moment-là, il peut déjà dire : « Mes actions sont pour le roi », c’est-à-dire pour donner et non pour recevoir. De là, il est récompensé de « Ma langue est la plume d’un scribe rapide », qui est Moïse.

C’est le sens de « Je descendrai en Egypte avec toi », pendant l’exil on voit que rien n’est pire ou plus bas que l’état « Je/moi ». Mais lorsqu’ils sont récompensés, ils voient que c’est aussi « Je t’élèverai aussi », que toutes les ascensions sont « c’est Moi ». C’est « Je serai ce que je serai », ce qui signifie que c’était d’abord comme un problème, mais maintenant il le considère comme bénéfique. C’est « C’est le temps de la détresse pour Jacob, mais il en sera sauvé », car tous les saluts sont considérés « c’est Moi/Je» [le Seigneur].

Je conclus ma lettre en souhaitant que nous soyons récompensés de recevoir le fardeau du royaume des cieux comme « c’est Moi/Je ».