203. L’orgueil de l’homme l’humiliera
J’ai entendu, 2ème jour intermédiaire de Souccot, 12 Octobre 1938
« L’orgueil de l’homme l’humiliera. » On sait qu’un homme est né dans la bassesse absolue. Toutefois, si celui qui est bas reconnaît sa place, il ne souffre pas d’être bas, car c’est sa place. Les pieds, par exemple, ne ressentent aucune bassesse parce qu’ils marchent toujours dans les déchets et doivent porter tout le poids du corps, tandis que la tête est toujours au-dessus. Il en est ainsi parce qu’ils connaissent leur place, donc les pieds ne ressentent pas de bassesse et ne souffrent pas d’être à un degré inférieur.
Par contre, s’ils voulaient être en haut, mais étaient contraints d’être en bas, ils sentiraient la souffrance. Et c’est le sens de « l’orgueil de l’homme l’humiliera ». S’il était resté dans la bassesse, il n’aurait ressenti aucune humiliation, c’est-à-dire aucune souffrance, à l’exemple de « l’homme naît comme un âne sauvage ». Mais les hommes veulent être fiers, donc ils ressentent l’humiliation, et alors ils souffrent.
La souffrance et l’humiliation vont de pair. Si l’on ne ressent aucune souffrance, c’est qu’il n’y a pas l’humiliation. C’est précisément selon la taille de son orgueil, ou du bien qu’on veut être mais qu’on n’est pas. Et cette humiliation devient plus tard un récipient pour la fierté, comme il est écrit : « Le Seigneur règne, Il est vêtu de fierté. »
S’ils adhèrent au Créateur, ils ont un vêtement de fierté, comme il est écrit : « La fierté et la grandeur sont éternelles. » Ainsi ceux qui adhèrent à l’éternité ont la fierté et la grandeur. Et dans la mesure où il ressent l’humiliation et éprouve de la souffrance, l’homme est récompensé du vêtement du Créateur.