Baruch Shalom Ha-Levi Ashlag (Rabash)
Qu’est-ce que « Lève-toi, Eternel, et tes ennemis se disperseront » dans le travail?
Article 19, 1991
Le Talmud de Jérusalem dit : « Tanna Rashbi dit : « Si tu vois des gens dont les mains se désespèrent de la Torah, tiens bon et renforce-toi en elle, et tu recevras la récompense de tous. »
Nous devons comprendre ce que signifie le fait que les gens se désespèrent de la Torah. Le désespoir concerne une personne qui a fait de grands efforts pour obtenir quelque chose mais qui a vu que tous ses efforts ne l’ont pas aidé et n’a toujours pas obtenu cette chose. À ce moment-là, une personne se désespère. Il en résulte que si quelqu’un voit que les gens se désespèrent de trouver la Torah, c’est certainement après avoir fait des efforts, si tel est le cas, comment peut-on dire : « tiens bon et renforce-toi en elle » ? Après tout, nous voyons que l’effort ne les a pas aidés, alors avec quoi pouvons-nous nous renforcer ?
Nous savons que dans le travail, on apprend tout au sein d’un seul corps. Il s’ensuit que voir des gens se désespèrent de la Torah relève d’une seule personne. Alors, que signifie voir qu’ils se désespèrent de la Torah ? Nous devrions comprendre pourquoi il dit que leurs mains se désespèrent de la Torah. Nous savons que « mains » désignent ce que nous prenons avec nos mains. Alors, que signifie « leurs mains se désespèrent » ? Cela signifie qu’ils ont vu qu’il est impossible de recevoir de la Torah en mains ce qu’ils souhaitent recevoir. Ainsi, nous devrions savoir ce qu’ils voulaient recevoir de la Torah mais dont ils se désespèrent.
Nous savons que l’homme a été créé avec le mauvais penchant et le bon penchant. Le mauvais penchant a été créé dès la naissance de l’homme. Une personne n’a pas besoin de faire des efforts pour acquérir ce désir, puisque le Créateur a créé l’homme avec cette nature, appelée « désir de recevoir des délices et du plaisir ». Par conséquent, comme il vient de la nature, il est très fort et n’a besoin d’aucune aide. Partout où nous voyons que nous pouvons nous réjouir de quelque chose, nous faisons immédiatement tout ce que nous pouvons pour obtenir ce plaisir. De ce fait, nous devrions nous demander : « s’il essaie de procurer des plaisirs à l’homme, pourquoi est-il appelé « mauvais penchant » ? Après tout, il se préoccupe d’apporter du plaisir à une personne, et non de mauvaises choses.
La réponse est que puisque le but de la création est de faire du bien à Ses créatures, pour qu’il n’y ait pas de honte, une correction a été faite selon laquelle l’abondance n’atteint pas les récipients de réception. C’est ce que nous appelons « la correction du Tsimtsoum [restriction] ». Seule une très fine lumière pénètre dans les Kélim de réception. C’est le sens de ce que le ARI interprète, que Malkhout fait vivre les Klipot [coquilles/pelures], comme dans « Ses jambes descendent jusqu’à la mort », et le monde physique s’en nourrit.
Pourtant, les vrais délices et plaisirs auxquels Il pensait n’illuminent pas dans les récipients de réception. Il s’avère donc que le mauvais penchant, appelé « désir de recevoir dans son propre intérêt », ne peut pas recevoir les vrais délices et plaisirs. Par conséquent, puisque le désir de recevoir pour soi-même dérange, nous l’appelons « mauvais penchant », car il gène une personne de recevoir l’abondance.
Pour cette raison, puisque l’homme a été créé avec une nature qui veut recevoir pour lui-même, comment peut-il avoir la force de sortir de l’emprise du mauvais penchant ? La réponse de nos sages à cette question est : « Ainsi le Créateur dit à Israël : « Mes fils, j’ai créé le mauvais penchant, et je lui ai créé l’épice de la Torah. Et si vous vous engagez dans la Torah, vous ne serez pas livré à ses mains » (Kidouchin 30).
Il en résulte que ce n’est que grâce à la Torah que nous pouvons sortir de l’emprise du mauvais penchant. Autrement dit, lorsque l’homme étudie la Torah, il doit toujours voir s’il a retiré de la Torah la capitulation du mauvais penchant. Par conséquent, si quelqu’un étudie la Torah, et voit qu’il n’a pas reçu de la Torah le remède de la Torah, qui soumet le mauvais penchant, alors dans la mesure du temps et des efforts passés à l’étude la Torah, et qu’il n’a pourtant pas bougé d’un poil de son mal, mais voit parfois le contraire, qu’il a reculé et donc, chaque jour il pense qu’il est une nouvelle création, ce qui signifie que chaque jour il pense : « peut-être qu’aujourd’hui je serai récompensé de la Torah qui me donnera le remède pour soumettre le mauvais penchant », mais comme il voit qu’il n’y parvient pas, il tombe dans le désespoir.
Puis il dit que bien que nos sages aient dit : « J’ai créé le mauvais penchant ; J’ai créé la Torah comme une épice », cela pourrait être le cas pour une personne née avec de bonnes qualités. Pourtant, il se rend compte de sa propre bassesse et qu’il lui est impossible d’atteindre ce niveau. Il doit donc quitter la bataille puisque ce n’est pas pour lui et qu’il perd son temps à faire des efforts en vain. Cela l’amène à un état appelé « douter du début ».
Et il est écrit « Si tu vois des gens, dont les mains se désespèrent de la Torah ». En d’autres termes, tous ces jours, où il s’est engagé dans la Torah, avec l’intention d’obtenir de la Torah le médicament pour annuler le mal, et comme chaque jour est une nouvelle création pour lui, nous voyons qu’il y a de beaucoup de gens dans son corps. Et maintenant, « leurs mains ses désespèrent de la Torah », puisqu’il est dans un état où il ne recevra jamais ce remède de la Torah. Mais il est donc sous l’emprise du désir de recevoir. Alors que doit-il faire maintenant ? Parce que, du point de vue du monde, lorsqu’une personne désespère de quelque chose qu’elle veut réaliser, alors elle abandonne l’affaire et s’enfuit. Si tel est le cas, il doit fuir la bataille.
Rashbi [Rabbi Shimon Bar Yokhaï] a dit à ce sujet : « Tiens bon et renforce-toi, et tu recevras la récompense de tous. » Nous devons comprendre ce que dit Rashbi et il ajoute : « tu recevras la récompense de tous. » Pourquoi ne suffit-il pas de dire de croire ce qu’il dit : « tiens bon et renforce-toi en elle » ? En d’autres termes, nous devons croire en les sages qu’il nous est interdit de désespérer et croire que le Créateur entend la prière de chaque bouche. Pourquoi ajoute-t-il et dit : « et tu recevras la récompense de tous » ? S’il ne reçoit pas la récompense de tous, ne doit-il pas se renforcer et ne pas désespérer ?
Nous devons interpréter ce qu’il dit : « et tu recevras la récompense de tous » comme étant la raison pour laquelle il est interdit de désespérer de recevoir le remède de la Torah qui nous apporte l’annulation du mauvais penchant. Le fait est que nous devons croire que lorsque l’homme commence le travail de don sans réserve, l’homme voit à chaque fois qu’il est plus immergé dans l’amour de soi. Chaque jour il ajoute dans le travail, ce qui est considéré comme une nouvelle création, comme disaient nos sages : « Un prosélyte se convertissant est comme un nouveau-né », ce qui signifie dans le travail que chaque jour où il prend sur lui le fardeau du royaume des cieux, il devient alors « Israël », et ceci est appelé « un prosélyte se convertissant est comme un nouveau-né ».
D’après cela, il s’avère que l’homme est constitué de nombreuses créations. Et plus il y a de créations, plus il voit qu’il n’a pas encore été récompensé d’une foi permanente et qu’il est encore loin du Créateur à cause de la disparité de forme, qui provoque la séparation d’avec le Créateur. Ce s’appelle, voir « les gens dont les mains se désespèrent de la Torah », c’est-à-dire qu’elles doutent de recevoir le remède appelé « annulation du mal ».
La question est : pourquoi le Créateur ne leur donne-t-elles pas ce qu’il nous a promis, comme il l’a dit : « J’ai créé le mauvais penchant ; J’ai créé la Torah comme une épice » ? Pourquoi ne donne-t-Il pas l’épice à ceux qui veulent travailler pour donner ?
Et la réponse est, comme nous l’avons expliqué dans les articles précédents : « Il n’y a pas de lumière sans Kli [récipient], il n’y a pas de satisfaction sans manque ». Et comme il n’est pas montré à une personne plus de défauts [manque] qu’elle n’est prête à en accepter, c’est-à-dire en fonction du bien en elle, c’est-à-dire selon son engagement à vaincre le mal et les actions faites pour annuler le mal, il lui est montré à chaque fois plus de manque – en fonction de son travail – à quel point elle est loin du désir de donner.
En vérité, le Créateur entend une prière, mais la réponse à la prière n’est pas comme la personne pense en avoir besoin, c’est-à-dire la satisfaction, puisque ce dont l’homme a vraiment besoin, c’est du manque, c’est-à-dire d’un vrai désir, de vouloir être récompensé dans sa vie du seul désir de donner du contentement au Créateur. Mais au début de son travail, une personne pense qu’il lui manque un petit désir de donner, ce qui signifie qu’elle n’a pas encore besoin d’apporter du contentement au Créateur. Ce n’est pas un grand manque car elle n’est pas trop matérialiste quant à son amour à des fins personnelles.
Mais l’homme pense que chaque fois qu’il voudra travailler pour donner sans réserve, il sera capable de le faire. Ainsi, il n’a toujours pas un vrai manque de sentir à quel point il est loin de faire quoi que ce soit qui ne soit pas pour lui-même. C’est pourquoi cela n’est toujours pas considéré comme un véritable manque que comblera le Créateur.
Par conséquent, le début de la réponse à la prière d’une personne qui veut marcher sur le chemin du don est que le Créateur lui montre chaque fois un plus grand manque, qu’elle est loin du travail du don sans réserve. Il s’avère qu’en voyant que la Torah ne lui donne pas l’épice, c’est pour son bien, puisque par cela elle reçoit un Kli, appelé « manque », pour que le Créateur lui donne ensuite la satisfaction à son manque.
Ainsi, chaque fois que l’homme reçoit un plus grand manque pour le désir de donner, il reçoit plus de Kélim [récipients] qui peuvent recevoir la satisfaction du manque. En d’autres termes, s’il a un grand désir d’obtenir le désir de donner sans réserve, alors l’augmentation des manques est appelée « augmentation des Kélim pour recevoir la satisfaction », appelée « désir de donner ». Autrement dit, il reçoit un grand désir de donner sans réserve, selon l’augmentation de ses Kélim. Cela signifie qu’en fonction du manque, il peut recevoir l’épice de la Torah correspondant. Il s’avère qu’en fonction de l’augmentation des Kélim, il reçoit de la lumière correspondante.
De là, nous devrions interpréter ce que nous avons demandé : qu’est-ce que Rashbi nous ajoute lorsqu’il dit qu’il prend la récompense de tous ? Il faut interpréter que lorsque l’homme voit que les gens se désespèrent de la Torah, quand ils voient qu’ils ne reçoivent pas entre leurs mains l’épice de la Torah qu’elle est censée leur donner, à savoir l’annulation du mauvais penchant, mais le contraire, Rashbi dit à ce sujet : « Sachez que tous les rejets que l’homme ressent, qui à chaque fois le repousse de plus en plus d’arriver à se rapprocher du Créateur, de l’équivalence de forme appelée ‘Dvekout [adhésion] au Créateur’, c’est pour que vous d’acquérir des Kélim dans lesquels recevoir l’épice.
Il s’ensuit que maintenant que vous avez beaucoup de Kélim, qui proviennent de nombreux rejets, maintenant tous les Kélim recevront une récompense, c’est-à-dire la satisfaction, et cela s’appelle qu’il recevra une récompense pour tous, c’est-à-dire pour tous les rejets, puisque ces rejets sont des Kélim dans lesquels recevoir la satisfaction appelée « récompense ».
Ainsi quand l’homme voit qu’il a des pensées et des désirs du désir de recevoir, qui sont appelés « méchants », car ils nuisent à l’homme qui ne peut pas atteindre le délice et le plaisir qui sont dans la pensée de la création, qui est de faire du bien à Ses créatures, nous devons savoir qu’ils sont aussi appelés « ennemis du Créateur » parce qu’ils font obstacle au Créateur et Il ne peut pas réaliser Sa pensée pour faire du bien à Ses créatures. En raison du désir de recevoir pour soi-même, le Créateur ne peut pas leur donner car tout ira dans les récipients de réception, qui sont la Sitra Akhra [l’autre côté]. Ainsi, ces méchants, c’est-à-dire les désirs de recevoir qui se sont accumulés chez l’homme, sont considérés comme « les ennemis du Créateur et les ennemis des gens ».
Nous pouvons maintenant interpréter ce qui est écrit (Psaumes 34) : « J’ai demandé l’Éternel et il m’a répondu. » Le RADAK interpréta « J’ai demandé », car puisqu’il était entre leurs mains, il demandait le Créateur dans son cœur et le suppliait dans son cœur de le sauver d’eux. »
Dans le travail, il faut interpréter que David a vu qu’il était entre leurs mains, sous l’emprise des pensées et des désirs du désir de recevoir, son cœur demandait le Créateur. Autrement dit, même s’il a vu qu’ils le contrôlaient, son cœur a demandé au Créateur de le sauver d’eux. En d’autres termes, même si extérieurement ils le contrôlaient, il protestait intérieurement contre leur emprise et suppliait le Créateur de le sauver. Dans son cœur, il a demandé et supplié le Créateur de le sauver d’eux et n’a pas désespéré parce qu’ils le contrôlaient de l’extérieur. C’est comme l’ont dit nos sages (Berakhot 10) : « Même si une épée tranchante est placée sur son cou, il ne doit pas se priver de miséricorde. » Ainsi, les descentes provoquent elles aussi la satisfaction du manque.
D’après ce qui précède, nous devrions interpréter ce que nous avons demandé : « Qu’est-ce que « Lève-toi, Eternel, et que tes ennemis se dispersent, et que ceux qui te haïssent fuient devant toi » ? Dans le travail, nous devons interpréter qui sont les ennemis du Créateur dans le travail, qui ne permettent pas à quelqu’un de servir le Créateur. Ce sont les désirs en nous de travailler uniquement pour nous-mêmes. Ces désirs sont appelés « ennemis du Créateur et ennemis de l’homme ».
Être incapable de servir le Créateur est appelé « ennemis du Créateur ». Pourtant, le Créateur n’a pas besoin d’être servi. Au contraire, en le servant, ils reçoivent Dvekout au Créateur, appelés « Kélim de don sans réserve », et dans ces Kélim, le Créateur peut leur donner le délice et le plaisir qui étaient dans la pensée de la création. Puisque ces désirs de recevoir pour soi-même les gênent, il s’avère qu’ils empêchent la réalisation du désir de faire du bien à Ses créatures.
Ainsi, ils sont également appelés « ennemis de l’homme », car le désir de recevoir gênent les gens de recevoir les délices et le plaisir que le Créateur veut leur donner. Ces désirs de recevoir pour eux-mêmes ne peuvent recevoir que de la lumière appelée « lumière fine », qui brille dans les Klipot [coquilles/pelures]. Cette fine lumière peut illuminer les récipients de réception qui appartiennent aux Klipot.
Mais en réalité, il y avait un Tsimtsoum [restriction] donc elle ne brillera que dans les récipients de Kedousha [sainteté] appelés « Kélim de don », signifiant spécifiquement sur le désir de procurer du contentement à son Créateur et non dans son propre intérêt. C’est pourquoi nous demandons : « Lève-toi, Eternel, et tes ennemis se disperseront », puisque toute la force du désir de recevoir vient du fait que la Shekhina [Divinité] est dans la poussière, car la Shekhina est en exil. Autrement dit, puisque la Kedousha est cachée et dissimulée, et que nous ne voyons pas son importance, les ennemis du Créateur et les ennemis de l’homme lèvent donc la tête et veulent régner.
Mais ce n’est pas le cas si le Créateur nous aide pendant la dissimulation, lorsque Malkhout est dans la poussière, lorsque les créatures ne ressentent pas l’existence du Créateur mais que les Klipot se tiennent devant nous et que la Kedousha est cachée et que nous ne voyons pas son importance. A ce moment, les ennemis du Créateur et les ennemis d’Israël sont ceux qui dirigent. Comme il est dit dans le Zohar à propos de Malkhout, elle est l’arbre de la connaissance du bien et du mal. S’il est récompensé, c’est bien, ce qui signifie que le mal est couvert et n’est pas visible à l’extérieur. Naturellement, le mal ne règne pas parce qu’il a disparu. S’il n’est pas récompensé, c’est mal, ce qui signifie que le bien est caché et le mal est visible à l’extérieur. À ce moment, le mal règne parce que le mal est visible et le bien est caché.
Par conséquent, un homme voit que parfois il comprend que le but de l’homme est de travailler pour le Créateur. Il n’en doute pas et pense que c’est naturel, qu’il ne peut en être autrement. Ensuite, après cet état où il comprend que ce qui compte c’est seulement de faire le travail sacré et non de suivre la majorité, et d’ailleurs, parfois quand il regarde le grand public, il ne comprend pas comment des gens intelligents peuvent être à ce point plongés dans des choses superficielles et ne s’engagent pas dans le saint travail.
Par la suite, la personne elle-même tombe dans toutes sortes de penchants stupides qu’elle ridiculisait auparavant et qu’elle ne pouvait pas comprendre. Maintenant, elle s’y trouve elle-même.
Nous devons comprendre comment une telle chose peut arriver. La réponse est que plus tard, quand l’homme est parvenu à un état de « pas récompensé », le bien disparaît de lui et le mal apparaît en lui. Par conséquent, il est attiré par ce qui est visible à l’extérieur, qui est le mal. Il n’a pas le choix ; il ne fait que ce qui est visible à l’extérieur.
C’est le sens des mots « Malkhout est appelée l’arbre du bien et du mal ». Cependant, toute la question du choix concerne ce qui est visible, à savoir le choix d’être « récompensé » ou « pas récompensé ». Il s’avère que l’homme ne doit faire qu’une seule chose : prier le Créateur pour que le mal soit couvert et que le bien apparaisse. Alors, il n’aura pas de travail en servant le Créateur, puisqu’il ne pourra pas comprendre autrement sauf de servir le Créateur. À ce moment, il n’y a pas de travail pour s’annuler devant le Créateur, puisqu’il pensera que cela est naturel. Ainsi, tout ce qu’il croyait auparavant impossible, maintenant il voit que c’est naturel et il veut l’annuler devant le Créateur comme une bougie devant une flambeau. Et tout cela parce que le mal est caché et le bien est visible à l’extérieur.
C’est le sens des mots « Lève-toi, Eternel, et tes ennemis se disperseront ». Nous prions pour que le Créateur « se lève », comme nous prions et disons : « Le Miséricordieux relèvera pour nous la Soucca [cabane] tombée de David », où la « Soucca de David » est Malkhout, qui est la Shekhina dans la poussière. Nous demandons au Créateur de la relever de sa chute et qu’elle soit debout, c’est-à-dire qu’elle se tienne droite.
Naturellement, chacun s’annulera et voudra travailler uniquement pour le Créateur et non pour lui-même, grâce à « Lève-toi, Eternel », il y aura ensuite « tes ennemis se disperseront ». En d’autres termes, les désirs des créatures, qui sont les ennemis du Créateur et les ennemis des gens, se disperseront, « et ceux qui te haïssent fuiront devant toi ». Autrement dit, quand il y a « Lève-toi, Eternel », quand la Kedousha qui est dans l’état de Panim [devant/visage], alors se réalisera « et que ceux qui te haïssent fuient devant toi », ce qui signifie que tous les ennemis et ceux qui haïssent fuiront.
Concernant « Lève-toi, Eternel, et tes ennemis se disperseront », il faut savoir que disperser les ennemis n’est pas la fin du travail, bien qu’il en soit l’essentiel, comme il est écrit : « Et tu déracineras le mal en toi. Cependant, il ne s’agit là que d’une correction de la création, et non le but de la création. Le but de la création est que les inférieurs reçoivent la joie et le plaisir, ce qui est appelé « Torah », comme dans « les noms du Créateur ».
Il s’ensuit que le premier discernement est la « foi », le royaume des cieux, et ensuite vient la Torah. C’est le sens du verset « Car la Torah sortira de Sion ». L’homme doit être récompensé de la qualité de la Torah, qui est les noms du Créateur, à savoir le délice et le plaisir qu’il y avait dans la pensée de la création.
Cependant, nous ne devons pas oublier que l’homme doit avant tout s’efforcer de marcher à « droite », appelée « plénitude », et croire en les sages, qui ont dit qu’il faut être heureux que le Créateur ai récompensé l’homme d’observer la Torah et les Mitsvot [commandements/bonnes actions] même Lo Lishma [pas pour elle]. Autrement dit, quand une personne voit que tout ce qu’elle fait n’est que pour elle-même et qu’elle ne peut rien faire pour le Créateur, c’est aussi une grande chose. Il faut s’en réjouir et remercier le Créateur pour cela. C’est comme l’a dit le Baal HaSoulam, que Lo Lishma que l’homme fait est plus important pour le Créateur que ce que l’homme pense de l’importance de Lishma [en Son nom]. De toute évidence, Lishma est plus important, mais Lo Lishma est également important pour le Créateur. Par conséquent, l’homme devrait être heureux même avec Lo Lishma.