Que veut dire allumer la Menorah dans le travail ?
Article 30, 1989
En ce qui concerne le verset « quand tu monteras les bougies », Rachi interprète: d’après l’élévation du cœur. Il est écrit: « quand elles sont allumées », ce qui implique une ascension, qu’elles doivent être allumées jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.
« Devant la face du chandelier [Menorah], sept bougies éclaireront» Il y a beaucoup d’interprétations à « devant la face de la Menorah ». Littéralement, cela signifie tant que les sept bougies brillent devant le chandelier. Mais alors, qu’est le devant de la Menorah? Nous devrions comprendre toute la question de la Menorah dans le travail.
Il est écrit: « Une bougie est une Mitsva [commandement] et la Torah [loi/enseignement] est la lumière ». Cela signifie qu’avec la Torah, nous allumons la bougie. De même, « la bougie du Seigneur est l’âme de l’homme. » Nous voyons que dans la matérialité, nous avons besoin d’allumer la lumière pour qu’elle éclaire un lieu sombre, comme il est écrit: « comme la supériorité de la lumière sur l’obscurité ». Cela signifie « qu’il n’y a pas de lumière sans Kli [récipient] », et un Kli est un manque et un besoin. Cela signifie qu’un Kli n’est pas quelque chose qui soit vide sans rien, car ce n’est pas considéré comme un manque. Un Kli qui peut recevoir un remplissage doit avoir un manque pour ledit remplissage, c’est-à-dire que tout ce qu’une personne veut recevoir est afin d’en tirer du plaisir.
Autrement, même si elle peut recevoir quelque chose sans manque et en tirer du plaisir, cela dépend aussi de la mesure de vouloir énormément ce qui lui manque. Ainsi, le grand désir détermine la taille du plaisir. Par conséquent, pour profiter de la lumière quand elle brille, une personne doit se trouver un manque et désirer ardemment la lumière. Cela ne peut se faire sans nécessité. Pour trouver un besoin, il n’y a pas d’autre conseil à part penser au but de la Création, c’est-à-dire pourquoi le Créateur a créé les créatures, et ce que les créatures doivent faire pour satisfaire le désir du Créateur.
En d’autres termes, une fois qu’un homme croit en le but de la Création, qui est de faire du bien à Ses créations, quand une personne fait le bilan et veut voir combien de délice et de plaisir elle ressent toute la journée, pour lesquels elle remercie le Créateur de recevoir de Lui seulement plaisir et délice, et dire: « Béni soit celui qui a dit: ‘Que le monde soit », parce qu’elle a tant de plaisirs du monde. À ce moment-là, elle commence à voir que sa vie est courte et mauvaise, et parfois, sa vie n’a pas de sens et au lieu de dire: « Béni soit celui qui a dit: Que le monde soit », elle dit parfois : « Il aurait été préférable de ne pas avoir créé ce qui a été créé.»
Quand une personne croit en le But de la Création, qui est de faire le bien, elle commence à réfléchir à la raison pour laquelle elle ne voit pas le plaisir et la joie révélés à tous. Lorsqu’elle veut connaître la raison de la disparition et de la dissimulation de la joie et du plaisir, elle doit aussi croire en les sages qui ont dit qu’il y avait une correction sur le But de la Création. Autrement dit, pour que le But de la Création soit complet, sans honte.
Nous savons que par nature, chaque branche veut ressembler à sa racine. Par conséquent, comme le Créateur donne, de même, quand une personne doit recevoir pour elle-même, elle ressent quelque chose de désagréable. Pour corriger cela, il y a eu le Tsimtsoum [restriction], la disparition et la dissimulation, afin de faire une place au choix, c’est-à-dire que par la dissimulation et la disparition, il y a une place pour le travail, si une personne veut travailler afin de donner. En d’autres termes, il y a une place pour le travail, afin qu’après son travail, elle puisse recevoir pour donner, ce qu’on appelle « l’équivalence de la forme ».
Alors que si le plaisir et le délice revêtus dans la Torah et les Mitsvot [pluriel de Mitsva] étaient révélés, comme il est écrit dans Le Zohar qu’il y a 613 conseils pendant la période de dissimulation et de disparition, où en observant la Torah et les Mitsvot en tant que conseils, nous sommes alors récompensés de 613 dépôts. Il est écrit dans le Soulam [commentaire du Zohar] que cela signifie qu’après la fin du processus de 613 conseils, nous sommes récompensés de 613 dépôts, qui sont 613 lumières déposées dans les 613 Mitsvot. Ce n’est qu’alors que ce qui existe dans l’intériorité de la Torah et les Mitsvot apparait. Ceux-ci sont appelés « noms sacrés », qui sont des détails qui révèlent le nom général du Créateur, qui est appelé « Le bien qui fait le bien ». Selon les mots du Zohar, cela s’appelle « La Torah, le Créateur et Israël sont un ».
Par conséquent, nous pouvons comprendre le travail de l’homme, c’est-à-dire ce que l’homme doit faire pour réaliser le But de la Création du Créateur, c’est-à-dire pour que les créatures reçoivent plaisir et délice, et pour que le Tsimtsoum et la dissimulation s’en aillent. Il n’y a qu’une seule chose, et elle s’appelle Dvékout [adhésion], « l’équivalence de forme ». C’est toute la correction que les êtres créés devraient faire, puisque tout le mal en nous nous empêche de recevoir la joie et le plaisir à cause de la disparité de forme, appelée « séparation ». C’est ce que nous devons corriger, et ensuite tout se mettra en place.
Cependant, puisque la nature avec laquelle nous sommes nés est un désir de recevoir pour nous-mêmes, et non de donner, quand une personne veut marcher sur le chemin du travail pour atteindre la vérité, c’est-à-dire qu’une personne veut acquérir le désir de contenter le Créateur et non soi-même, alors le corps commence à résister de toutes ses forces.
Une personne dit à son corps: « Sache qu’en voulant vivre dans le monde pour toi-même, sans te soucier de quoi que ce soit, mais tout ce que tu fais est de savoir combien le désir de recevoir gagnera à accomplir maintenant des actes de don, et sans même vouloir penser à l’intérêt du Créateur, par ceci tu gènes le but de la création, qui est que le Créateur veuille donner aux êtres créés plaisir et délice. Toi tu es celui qui gêne, et donc puisque je ne peux pas annuler ton opinion, mais je crois en les paroles de nos sages, qui ont dit que le Créateur a dit: « J’ai créé le mauvais penchant; j’ai créé la Torah comme une épice. » C’est pourquoi je veux observer la Torah et les Mitsvot, avec lesquelles je pourrai t’effacer complètement. Je veux observer ce que nos sages ont dit: « La Torah n’existe que chez celui qui se met à mort. » C’est pourquoi je veux te tuer avec le remède, appelée Torah.
Ainsi, cette personne dit au corps: « Laisse-moi tranquille avec tes idées, car je veux apprendre la Torah pour pouvoir te tuer. » Naturellement, à ce moment-là, le corps s’y oppose de toutes ses forces et suit le verset: « Celui qui vient pour te tuer, tue-le en premier. » C’est pour cette raison que le mauvais penchant s’emploie de toutes ses forces à l’empêcher d’observer la Torah et les Mitsvot, avec cette intention. Soit il le gêne avec ses actions, soit il le gêne par des questions et des pensées étrangères qu’il lui apporte chaque fois pour la gêner dans son travail sacré.
Par conséquent, ceux qui veulent marcher sur le chemin de la vérité et arriver à annuler le désir de recevoir pour eux-mêmes et de tout faire pour le bien du Créateur, traversent des hauts et des bas. Ce n’est pas le cas des personnes qui observent la Torah et les Mitsvot pour recevoir une récompense. Elles n’ont pas de telles descentes parce qu’elles ne vont pas à l’encontre de la nature, c’est-à-dire contre le mauvais penchant. Cependant, puisque « De Lo Lishma [pas en Son nom], nous arrivons à Lishma [en Son nom] », parfois, ces gens, eux aussi, ont des descentes.
Mais pour les gens qui veulent annuler le mauvais penchant, et c’est pourquoi ils s’engagent dans la Torah et les Mitsvot, c’est une guerre quotidienne, c’est-à-dire que parfois une personne reçoit de l’aide d’en haut, comme il est écrit: « Celui qui vient se purifier est aidé », et pense que maintenant elle le maitrise, ce qui signifie qu’elle va maintenant avancer et gravir les degrés de la Kedousha [sainteté]. Mais soudain, elle retombe. Tel est le processus de la guerre contre le mauvais penchant, jusqu’à ce qu’elle arrive à être récompensée de la foi permanente, qui s’appelle « récompensé d’ouvrir nos yeux dans la Torah ».
Il est écrit à ce sujet (dans l’Introduction au Talmud des Dix Sefirot, point 98): « Chaque personne peut travailler dans la Torah jusqu’à y trouver l’atteinte de Sa Providence révélée, comme il est écrit « J’ai travaillé et j’ai trouvé, crois-le ». Quand l’homme atteint la Providence révélée, l’amour se répand en lui de lui-même par les canaux naturels. Celui qui ne croit pas qu’il puisse en être récompensé par ses efforts, pour quelque raison que ce soit, ne croit forcément pas en les paroles de nos sages. Il s’imagine à la place, que le travail n’est pas suffisant pour chaque personne »
Par conséquent, nous devons interpréter le sens de la Menorah dans le travail, que Rachi a interprété comme étant écrit : « quand tu monteras… », à propos de la flamme qui monte. Il est écrit: « Quand elles sont allumées », comme dans l’ascension, elles doivent être allumées jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.
Nous devons interpréter que le but de la création, qui est de faire du bien à ses créations, est la lumière, et les êtres créés sont les Kélim [récipients] recevant la lumière. Cependant, les Kélim doivent être prêts. Ils doivent être propres pour ne pas endommager la lumière qui y entre. Puisque, comme nous l’avons appris, l’essence de la créature est le désir de recevoir pour soi-même, tel qu’il est sorti d’Ein Sof [infini], mais le Kli, tel qu’il est, manque de correction.
En d’autres termes, bien que le Créateur ait créé le désir de recevoir pour désirer et aspirer à recevoir la joie et le plaisir qu’Il veut donner, la plénitude de Ses œuvres manquait encore, à savoir la honte ressentie par les inférieurs en recevant l’abondance. C’est ce qu’on appelle la « correction des Kélim », c’est-à-dire que le mal, qui est appelé « séparation », en raison de la disparité de forme entre le receveur et le donneur, ce mal, appelé « désir de recevoir pour soi-même », doit être nettoyé. Quand le Kli sera propre, sans désir de recevoir pour soi-même, il sera apte à recevoir l’abondance, appelée « plaisir et délice ». Comme dans la matérialité, une personne ne versera pas du vin dans un récipient sale, avec des déchets, puisque les déchets abiment le vin. Par conséquent, le récipient doit d’abord être nettoyé, puis il peut recevoir la boisson, et pas avant.
C’est ce qui s’est passé avec la Menorah. L’embellissement des bougies, lorsque la Menorah est nettoyée des résidus d’huile et de charbon, et que par la suite l’huile y est placée, implique que dans le travail, nos corps doivent se laver des déchets qu’ils contiennent, qui est le désir de recevoir pour soi-même. Par la suite, le corps peut recevoir la lumière de la Torah. Mais tant que le corps n’est pas propre, il ne peut pas contenir la lumière de la Torah.
Cependant, il est très difficile de nettoyer le corps du désir de recevoir pour soi-même, de sorte que toutes ses actions ne soient que pour le Créateur, puisque cela va à l’encontre de la nature inhérente du corps. On nous a donné la Torah et les Mitsvot, pour nettoyer le mal qui s’y trouve, afin que la lumière du Créateur puisse s’y trouver, comme l’ont dit nos sages: « J’ai créé le mauvais penchant; j’ai créé la Torah comme une épice ». Mais en même temps, observer la Torah et les Mitsvot ne suffit pas en soi pour nettoyer le désir de recevoir; il faut également prier.
La prière signifie que l’homme sait que la Torah et les Mitsvot qu’il observe ne sont pas pour le Créateur mais pour l’être créé. Cela signifie que puisqu’il veut purifier son cœur, comme il est écrit: « Purifie nos cœurs pour Te servir vraiment », il s’avère que par la prière, quand l’homme prie pour la purification du cœur, il se rappellera que la Torah et les Mitsvot qu’il observe sont pour l’homme. À ce moment-là, il voit comment le mal contrôle une personne et il ne peut sortir de son emprise. En d’autres termes, en observant la Torah et les Mitsvot, et en priant, cela lui apportera la pureté du cœur.
Mais avant qu’une personne ne commence à penser à la pureté du cœur, elle pense que tout dépend d’elle, c’est-à-dire qu’elle pense que si elle veut faire des choses seulement pour le Créateur, et non pour elle-même, puisqu’elle ne veut pas utiliser ces désirs, c’est à elle de décider. Il en est ainsi parce qu’une personne ne peut pas évaluer le mal dans son corps. Cela se révèle progressivement, selon le travail de l’homme, quand il veut annuler le mal en lui, alors le mal en lui apparait jusqu’à ce qu’il en vienne à sentir que si le Créateur ne l’aide pas, il est perdu.
A ce moment-là, une personne commence à se demander: « Pourquoi le Créateur a fait cela? C’est-à-dire, d’une part, Il nous dit que nous devons choisir, c’est-à-dire haïr le mal, qui est le désir de recevoir pour nous-mêmes, et de choisir le bien, à savoir le désir de donner au Créateur. Mais en même temps, je vois que je ne peux pas sortir de l’emprise du désir de recevoir pour moi-même et travailler pour donner. »
La réponse est que c’est seulement lorsqu’une personne arrive à un état où elle dit: « La délivrance qui vient de l’homme est vaine », ce qui signifie qu’on ne peut pas s’aider soi-même et choisir le bien. En d’autres termes, quand une personne voit que cette question est difficile sous tous les angles, alors l’aide venant d’en haut lui parvient et le verset « Celui qui vient se purifier est aidé » s’applique. Autrement dit, quand une personne vient se purifier et commence à marcher sur le chemin pour obtenir l’attribut du don et déraciner le mal en elle, elle voit qu’elle n’en est pas capable. A ce moment-là, le Kli est achevé du point de vue de l’homme, ce qui signifie le manque, quand il a besoin du Créateur pour l’aider à sortir de l’emprise du mal.
Alors qu’avant cela, il pensait pouvoir vaincre le mal en lui de lui-même, sans avoir besoin du Créateur et qu’il recevrait la purification du corps, du désir de recevoir, de ses propres forces. Dans cet état, il ne ressent pas l’importance de la Dvékout au Créateur telle qu’elle devrait être, et ceci était considéré comme un défaut.
C’est comme une personne qui reçoit un récipient en or et qui le considère comme en cuivre. Elle remercie pour cela comme on remercierait pour un récipient en cuivre. Quelle tristesse cette personne infligerait-elle au donneur, bien que le donneur n’ait pas besoin du remerciement qu’elle lui donnerait pour le cadeau. Le chagrin du donneur est dû au fait qu’Il veuille que le receveur ait beaucoup de plaisir. Lorsque le receveur ressent un grand plaisir, c’est la joie du donneur. Il s’avère que lorsque le destinataire ne peut pas apprécier l’importance du cadeau, il n’est donc pas content comme le donneur du cadeau l’avait prévu. Ainsi, le donneur du cadeau est triste.
La morale est que lorsque le Créateur donne quelque chose à une personne, c’est pour qu’elle ait du plaisir. Pourtant, une personne ne peut pas apprécier quoi que ce soit selon son importance, mais en fonction dont le receveur l’apprécie. Il est écrit à ce sujet: « Comme la supériorité de la lumière sur l’obscurité », ce qui signifie que l’obscurité est en fonction de la sensation de manque chez une personne. Selon la sensation du manque, elle pourra plus tard apprécier la lumière.
J’ai dit un jour : Dieu merci, nous pouvons voir en nous-mêmes que nous marchons sur deux jambes. Certes, nous apprécions le fait que nous puissions utiliser nos mains et nos jambes. Mais où est notre joie? Nous devrions nous réjouir d’avoir des choses si importantes à utiliser, comme les mains et les jambes.
Par exemple, si nous entrons dans un hôpital où il y a des personnes paralysées : un paraplégique, un hémiplégique, ou un tétraplégique, et nous leur disons que nous avons un remède, que dès qu’elles le prendront elles pourraient être guéries, ce qui signifie qu’elles pourraient marcher et se servir de leurs bras. Pouvons-nous imaginer la joie qu’elles ressentiraient? Nous ne pouvons même pas apprécier à sa véritable valeur la joie qu’elles auraient.
Il s’avère que tout ce dont nous avons besoin pour être aussi heureux, c’est de l’obscurité, c’est-à-dire que si nous ressentions l’obscurité comme elles, nous serions aussi heureux qu’elles.
Maintenant, la question est: Devrions-nous vraiment nous réjouir de pouvoir utiliser nos bras et nos jambes, ce qui signifie que c’est une chose vraiment importante et que nous devrions en remercier le Créateur et être content? Ou bien dire que c’est vraiment une petite chose, qui ne mérite pas de s’en réjouir ni de dire, comme nous le faisons, que c’est la vie.
En d’autres termes, nous ne sommes pas obligés d’être heureux parce que nous ne sentons pas l’importance de la chose. Ou peut-être devrions-nous remercier le Créateur de ne pas être paralysés et d’en être content ?
Cependant, nous voyons que même si nous faisons un examen de conscience et remercions le Créateur, nous ne pouvons pas en recevoir de joie parce que, comme il est dit plus haut, « la supériorité de la lumière sur l’obscurité ». Par cela, nous pouvons voir pourquoi la question du choix --- de choisir le bien, à savoir le désir de donner, et de détester le mal --- est si difficile. C’est parce que nous devons sentir le goût de l’obscurité.
Cependant, il est interdit de nous montrer l’obscurité telle qu’elle est réellement. Si nous voyions la taille du mal en nous, nous fuirions immédiatement le travail et donc nous ne ressentirions pas l’obscurité, parce que nous ne nous inquiétons pas que le désir de recevoir pour nous-mêmes domine, car nous ne ressentons pas cela comme l’obscurité. Seul celui qui travaille et travaille autant qu’il le peut et qui traverse des hauts et des bas, peut dire qu’il sent le goût de l’obscurité parce qu’il ne peut pas vaincre son désir de recevoir pour lui-même.
Ainsi, les descentes qu’une personne reçoit quand elle veut emprunter le chemin de la vérité sont des Kélim pour ressentir l’aide qu’elle recevra. Nous devons croire les paroles de nos sages qui ont dit: « Celui qui vient se purifier est aidé ». Quand la personne constate qu’elle ne progresse pas, il lui est interdit de fuir la bataille. Parfois, l’homme a les pensées des espions, qui disent que ce travail n’est pas pour lui et qu’il faut des personnes spéciales qui peuvent emprunter le chemin du dépassement.
Tout cela lui arrive parce que la personne comprend que, chaque fois, elle doit voir comment elle progresse. Cependant, il ne lui vient pas à l’esprit qu’elle doit avancer en atteignant l’obscurité, que c’est le seul Kli qu’elle doit acquérir. Un Kli est un besoin de satisfaction, c’est-à-dire que si son manque n’est pas satisfait, elle sent qu’elle est dans l’obscurité. Pour cette raison, une personne ne doit pas dire qu’elle n’avance pas dans le travail.
C’est pourquoi elle veut fuir la bataille, que ce n’est pas la vérité, puisqu’elle voit à chaque fois à quel point elle est loin d’atteindre la lumière, ce qui signifie que le Créateur lui donnera le Kli appelé « désir de donner ». Elle ne peut pas obtenir le désir de donner d’elle-même, et alors elle en vient à sentir que le monde s’est obscurci devant elle. A ce moment-là, la lumière vient, signifiant l’aide d’en haut, comme il est écrit: « Celui qui vient se purifier est aidé. »
Par conséquent, dans le travail la Menorah suggère le corps, que le corps doit être allumé pour éclairer, comme il est écrit « la bougie du Seigneur est l’âme de l’homme », ce qui signifie que le corps doit obtenir l’âme. Alors, le nom du Créateur est nommé d’après la personne, comme susmentionné: « La bougie du Seigneur. »
Quand le corps est-il considéré comme la bougie du Seigneur? C’est quand nous devons l’allumer pour qu’elle éclaire, c’est-à-dire quand une personne obtient l’âme, c’est-à-dire acquiert le désir de donner. Ceci est considéré comme une âme, comme le dit le Zohar: « Celui qui vient se purifier est aidé. » Le Zohar demande: « Comment est-il aidé? », et il répond « avec une sainte âme », signifiant que d’en haut, une âme lui est donnée. À ce moment-là, le corps est appelé « la bougie du Seigneur », puisque l’âme du Créateur est revêtue dans le corps. Autrement dit, avant que l’aide venue d’en haut n’arrive, le désir de recevoir pour lui-même était revêtu dans le corps. Maintenant, le désir de donner est revêtu dans corps.
Cependant, tant que l’on n’obtient pas l’aide d’en haut, une personne est dans l’obscurité. Chaque fois qu’elle se dépasse et allume la Ménorah, c’est-à-dire le corps, pour être sous la forme de « Toutes tes actions seront pour le Créateur », elle vit des hauts et des bas. Pour cette raison, le verset appelle l’allumage de la Menorah « Quand tu monteras les bougies », puisque la flamme ne monte pas immédiatement quand elle est allumée, c’est-à-dire que, pendant le dépassement, elle éclaire le corps et commence à faire le travail sacré, mais ensuite elle descend de ce degré.
Il s’avère que lorsqu’un homme allume la Menorah, de sorte que le corps servira à contenter son Créateur et avoir l’amour du Créateur, « comme les cendres de feu sont la flamme du Seigneur », il est logique que lorsqu’il se dépasse et commence à marcher sur le chemin de tout faire pour tout donner, il reçoive une descente au milieu du travail et tombe une fois de plus dans les récipients de réception, ce qui l’amène à travailler une fois de plus afin de donner, mais il retombe une fois de plus de son degré.
Cela se répète jusqu’à ce qu’il voie que cela ne s’arrêtera jamais. C’est pourquoi il dit : « Je vois qu’il devrait y avoir un progrès dans le travail », qui serait un signe que le travail qu’il fait est pour lui, ce qui signifie qu’il finirait ce qu’il veut, autrement dit arriver à tout faire pour le Créateur. Pourtant, il voit le contraire. Par conséquent, une personne dit: « vouloir allumer la Menorah, c’est-à-dire le corps, n’est pas pour moi. Sinon, je n’aurais pas de telles descentes dans le travail. »
Pour cette raison, le texte nous dit: « Quand tu monteras », et non pas « quand tu les allumeras », pour nous dire que tout ce qui apparaît à nos yeux quand nous allumons la Menorah, tout - tous les états - sont des ascensions. En d’autres termes, même les pires descentes que nous recevons pendant le travail sont des ascensions, en raison de « la supériorité de la lumière sur l’obscurité ».
Cela signifie qu’une personne ne peut pas dire que ce travail de donner n’est pas pour elle, comme elle le voit d’après ses descentes. Le verset dit à ce sujet: « Quand tu monteras les bougies », pour nous dire que tout est considéré comme une ascension. Elle ne doit donc pas dire que ce n’est pas pour elle, mais pour des gens plus talentueux. Pour en savoir plus, que c’est l’ordre du travail du don, le verset vient et dit: « C’est la confection de la Menorah, un travail forgé. »
Il est écrit dans le Midrash [Behalotékha (quand tu monteras)]: « La confection de la Menorah, comment s’est-elle faite? Quand Moïse monta, le Créateur lui montra sur la montagne où il ferait le tabernacle. Lorsque le Créateur lui montra la confection de la Menorah, Moïse était perplexe. Le Créateur lui dit: « Voici, je la fais devant toi. » Moïse était néanmoins toujours perplexe. Il a dit: « la confection de la Menorah sera un travail forgé », ce qui veut dire que c’est difficile à faire. Le Créateur lui dit: « Jette l’or dans le feu et la Menorah se fera d’elle-même, comme il a été dit: « la confection de la Menorah est un travail forgé. »
Rachi interprète le verset « ainsi était la confection de la Menorah », elle a été faite par le Créateur lui-même. Nous devrions comprendre ce que cela nous suggère dans le travail, qu’il était difficile de faire la Menorah. La Menorah suggère le corps, qu’il faut allumer le corps pour exécuter le travail sacré, comme une Menorah est allumée pour fonctionner dans la vie courante.
Cependant, c’est très difficile parce que travailler pour le Créateur et non dans son propre intérêt, est contre nature. Par conséquent, Moïse était perplexe, c’est-à-dire, comment pourrait-il dire à tout Israël qu’il devrait faire le travail de la Menorah, qu’elle doit être allumée de face, car devant la Menorah se trouve le Créateur?
En d’autres termes, le Créateur est celui qui se tient en face d’une personne, comme il est écrit: « Le Seigneur est toujours devant moi. » Quand le corps est allumé, il ne doit pas éclairer pour lui-même, mais Le corps doit briller pour le Créateur. C’est ce qu’on appelle « Les sept bougies illumineront devant la face de la Menorah", où les sept bougies sont les six jours de travail et le shabbat. Cela signifie que le corps doit resplendir de la lumière de l’âme, comme dans « La bougie du Seigneur est l’âme de l’homme », où tout doit être « devant la face de la Menorah », ce qui signifie que rien ne doit pas être pour lui, mais que tout soit pour le Créateur.
Par ceci, nous devrions interpréter la difficulté de pourquoi le Créateur a dit: « C’était la confection de la Menorah, un travail en or forgé », c’est-à-dire, pourquoi le Créateur a-t-il dit « travail forgé », ce qui signifierait que la confection de la Menorah est difficile? Nous devrions interpréter que c’est le sens de ce que nos sages ont dit: « Quand le Créateur lui montra la confection de la Menorah, Moïse était perplexe ». Pourquoi le Créateur a-t-Il fait que cela soit si difficile? Nous devrions y répondre avec ce qui a été dit plus haut: « Comme la supériorité de la lumière sur l’obscurité. » C’est pourquoi, Il a délibérément fait que cela soit difficile, afin qu’ils goûtent le goût de l’obscurité et qu’ils connaissent l’importance du rapprochement du Créateur qui leur donnera des récipients de don.
Cependant, Moïse demanda: c’est vrai que l’obscurité est nécessaire pour distinguer la lumière de l’obscurité. Cependant, puisqu’ils sont incapables de sortir de l’emprise du désir de recevoir, quel est l’intérêt à ce que cela soit difficile? Certes, ils goûteront à l’obscurité, mais ils ne pourront jamais arriver à la lumière. Ainsi, ils ne seront jamais récompensés de la supériorité de la lumière sur l’obscurité ».
En d’autres termes, ils recevront l’obscurité mais comment seront-ils être récompensés de la lumière, c’est-à-dire des récipients de don?"
Nous devons interpréter que c’est à ce sujet que vient la réponse du Créateur. « Le Créateur lui dit: Jette l’or dans le feu et la Menorah se fera d’elle-même. » Ainsi le Créateur était bien d’accord avec Moïse, que l’homme ne peut obtenir de récipients de don de lui-même. Et quant à ta question: « s’il en est ainsi, comment obtiendront-ils des récipients de don? » Dits-leur: « Jette l’or », c’est-à-dire le désir de recevoir, appelée Zé-Hav [en hébreu: « donne ceci », mais aussi Zahav (or)]. En d’autres termes, ce n’est que s’ils veulent jeter le désir de recevoir pour eux-mêmes, la Ménorah, c’est-à-dire le corps, afin qu’il éclaire « devant la face de la Menorah », et devant la Menorah se trouve le Créateur, alors la Menorah se fera d’elle-même.
Naturellement, le Créateur peut certainement donner à une personne des récipients de don, comme Il a donné à l’homme des récipients de réception. C’est le sens de ce que Rachi a interprété à propos du verset « C’était la confection de la Menorah. » La question est: Qui a fait la Menorah? Grâce au Créateur, elle s’est faite d’elle-même. Il s’avère que l’homme ne doit pas regarder les descentes qu’il a, mais tout n’est que des montées, comme il est écrit: « Quand tu monteras. »