Baruch Shalom Ha-Levi Ashlag (Rabash)
Quel est le sens des souffrances dans le travail?
Article 27, 1989
À Yom Kippour [Jour du grand pardon], dans la prière « Dix-huit » (« Mon Dieu, jusqu’à ma création »), nous disons : « Ce que j’ai péché devant Toi, efface par Tes nombreuses miséricordes, mais pas par des souffrances. » Nous devrions comprendre comment se fait-il que, lorsque nous prions pour qu’il efface nos péchés, nous lui imposions des conditions, sinon nous ne voulons pas qu’il efface nos péchés. Alors, quelle est la condition, « mais pas par des souffrances » ?
Le Zohar (BeHoukotai, point 42) écrit : « Rabbi Yossi commença : Mon fils, ne rejette pas le reproche du Seigneur et ne t’insurge pas contre ses remontrances. Combien Israël est aimé, que le Créateur souhaite les punir et les conduire sur le droit chemin. Et par amour pour lui, son bâton est toujours dans sa main, pour le conduire sur le droit chemin et ainsi il ne s’égarera ni à droite ni à gauche. Celui que le Créateur n’aime pas mais déteste, Il lui retire ses reproches. "Mais je haïssais Ésaü", c’est pourquoi je lui ai retiré le bâton, je lui ai enlevé la remontrance pour ne pas lui donner une partie de Moi, car Mon âme le déteste. Mais je vous aime vraiment et je ne m’insurge pas contre ses remontrances. Qu’est-ce que « Ne t’insurge pas » ? Ne t’insurge pas contre lui, comme celui qui fuit les épines, car les rois qui asservissent Israël sont comme des épines dans le corps.
Nous devrions comprendre cela. Le bon sens veut que le Créateur tienne le bâton pour les goyim, qui agissent contre le Créateur. Mais pour le peuple d’Israël, qu’Il aime, il doit être comme il est écrit : « L’amour couvrira tous les crimes ». Alors pourquoi fait-il précisément souffrir Israël – qu’il aime – avec un bâton ? Nous devons également comprendre ce qu’il interprète : « Ne t’insurge pas contre ses remontrances », à savoir que l’asservissement d’Israël par les rois est comme des épines dans le corps d’une personne. Pourtant, il est dit : « Ne t’insurge pas », c’est-à-dire ne fuyez pas les épines, c’est-à-dire l’esclavage des rois. Se pourrait-il qu’Il leur dise de ne pas fuir les épines des rois uniquement parce qu’Il les aime ?
Nous devons également comprendre les mots « Mais je haïssais Ésaü », c’est pourquoi Il retiré la remontrance, « afin que je ne lui donne pas une partie de Moi ». Il semble que s’Il le réprimandait, il aurait alors une part dans le Créateur. Quel est le rapport ? C’est comme si les souffrances les faisaient qu’ils étaient une partie du Créateur.
Il faut savoir qu’en matière de travail, Israël et Ésaü parlent de personnes qui observent la Torah et les Mitsvot [commandements], et non des nations du monde ni des laïcs. Il s’agit uniquement de personnes qui ont la foi et observent la Torah et les Mitsvot. Ainsi, quelle est la différence entre Israël et « Ésaü » en une et même personne ?
Selon la règle de l’observation de la Torah et des Mitsvot, nous devons également distinguer l’intention : si l’observation de la Torah et des Mitsvot est pour recevoir une récompense dans ce monde ou dans le monde à venir, ou si son intention est de donner sans réserve et de ne rien recevoir. « Israël », veut dire Yashar-El [droit à Dieu], alors qu’il ne veut aucune contrepartie mais que tout aille droit au Créateur. Ce s’appelle « Israël » en un homme dans le travail.
Alors que s’il veut une récompense en échange de l’observation de la Torah et des Mitsvot, cela s’appelle « Ésaü ». Ésaü [Essav en hébreu] signifie Assou [faites en hébreu], ce qui signifie qu’il s’est accordé une autorité et qu’il veut que le Créateur satisfasse son autorité. Il ne veut pas annuler sa propre autorité, appelée Yashar-El, ce qui signifie annuler son autorité et s’annuler devant Lui, ce qui est appelé « droit à Dieu », et c’est son seul objectif. Cela, il n’en veut pas. C’est pour cette raison que nous distinguons deux qualités dans le travail de l’homme : « pour recevoir une récompense » ou « non pour recevoir une récompense ». Nous devons nous rappeler que le travail de l’homme afin de donner sans réserve, lorsqu’il veut Dvekout [adhésion] au Créateur, est là où il commence un processus d’ascensions et de descentes. Autrement dit, lorsqu’une personne concentre tout ce qu’elle fait dans son travail pour recevoir une récompense en contrepartie, alors, lorsqu’elle croit en la récompense et en la punition, son désir inhérent de recevoir ne s’oppose pas à recevoir de plus grands plaisirs.
Cependant, lorsqu’une personne veut marcher sur le chemin pour ne pas recevoir de récompense, puisque cela est contre nature, alors la véritable guerre contre le mauvais penchant commence, puisqu’une personne veut éliminer le mauvais penchant du monde, car c’est seulement là qu’il existe. Et à propos du nom donné au désir de recevoir, « mauvais penchant », c’est parce qu’il nous décrit comme mauvais le chemin que veut emprunter le peuple d’Israël. Autrement dit, il soutient que le désir d’une personne d’annuler sa propre autorité et de l’annuler devant le Créateur est un suicide. Mais, ce qui s’appellerait « bon » est si l’homme exigeait du Créateur qu’il élargisse l’autorité de l’homme et satisfasse tous ses manques, et non que l’homme travaille pour le Créateur.
En d’autres termes, le mauvais penchant demande à une personne : « Où est ton intelligence pour que tu travailles si dur dans la Torah et les Mitsvot, et pour quelle récompense ? C’est comme l’ont dit nos sages : « La lumière en elle le ramène vers le bien ». Cela signifie que puisque le mal ne veut pas s’annuler devant le Créateur, mais que le mal dans une personne veut que l’homme existe, il est conseillé à l’homme que s’il s’engage dans la Torah et les Mitsvot, il sera ainsi récompensé. Autrement dit, sans la Torah et les Mitsvot, il est impossible de recevoir une si grande récompense, et ce n’est que par le mérité de la Torah et des Mitsvot que nous pouvons atteindre une si grande récompense, qu’une personne s’annulera devant le Créateur et que l’autorité de l’homme ne sera plus apparente et le Créateur prendra tout. À propos d’une telle récompense, le mauvais penchant s’écrie : « Mais tu perds toute ta personnalité ! Tu fais des actions qui annuleront ton existence ! Faut-il travailler et peiner pour cela ?!" Il s’avère que le mauvais penchant lui dépeint de mauvaises images relatives à l’ordre de son travail.
C’est ce qu’on appelle les « souffrances ». Autrement dit, lorsqu’une personne veut marcher sur le chemin de la vérité et atteindre Dvekout au Créateur, appelé « équivalence de forme », ces questions lui viennent à l’esprit et elle subit une descente, ce qui signifie qu’elle ne peut pas surmonter ses arguments. Cela se manifeste immédiatement, dans l’esprit et dans le cœur. Lorsque cette personne se remet de la descente et commence à réfléchir à la situation dans laquelle elle se trouve, elle souffre alors d’être loin du Créateur.
Une fois récompensé d’une nouvelle ascension spirituelle, l’homme commence à penser qu’il sera désormais fort et immunisé contre les paroles des rois des nations du monde qui calomnient le Créateur. Autrement dit, ils ne disent pas nécessairement que cela ne vaut pas la peine de s’engager dans la Torah et les Mitsvot. Mais, ils disent que cela ne vaut pas la peine de travailler pour cette récompense qui mène à sa perte, et aussi qu’il veut que tout l’effort soit pour le Créateur et absolument pas pour lui-même.
Cela inflige à une personne de grandes souffrances, qui sont comme des épines dans son corps, et elle veut fuir la situation dans laquelle elle se trouve. Elle dit : « Je suis probablement indigne de ce travail, sinon je n’aurais pas de descentes. Il en résulte que ces souffrances font que grâce à elles, elle entend que cela ne vaut pas la peine de travailler pour Lui avec cette intention.
Il y a donc deux choses ici : 1) Les arguments des rois, qui asservissent Israël par leurs paroles. C’est-à-dire qu’une personne tombe sous l’emprise des rois, qui l’asservissent afin qu’elle ne puisse travailler que pour elle-même, à cause des souffrances des mauvaises représentations que lui montre le mauvais penchant.
Généralement, tous les rois des nations du monde sont appelés « mauvais penchant ». Chaque roi a son propre point de vue, et il dit à quelqu’un : « Marche dans mon chemin ; Je te donnerai du plaisir dans le travail. » En d’autres termes, tous les rois disent la même chose : il vaut mieux que tu travailles pour toi plutôt que pour le Créateur. Il s’avère que les souffrances que l’homme voit – le fait qu’il ne peut pas travailler pour le Créateur – le pousse à vouloir fuir la bataille. Ces souffrances lui font comprendre que ce travail n’est pas pour lui, car ce chemin est pour quelques élus, privilégiés, et non pour de simples gens ordinaires qui ne peuvent pas aborder ce travail, appelé « travailler pour donner ».
Pire encore, le mauvais penchant vient le voir habillé comme un ange sacré et lui dit : « Mais tu vois que j’ai raison. Regarde avec quelle vigueur tu t’es engagé dans la Torah et les Mitsvot et avec quel enthousiasme tu pries. Si tu demandes : Pourquoi était-ce comme ça avant ? C’est comme je le dis, puisque tu as travaillé dans ton propre intérêt, pour recevoir une récompense. C’est pour cela que tu as eu la force de travailler. Alors, à quoi bon te dépasser à chaque fois si tu vois que tu continues à descendre, ce qui est appelé « il y a toujours plus de brèches sur les murs », ce qui signifie qu’il y a beaucoup plus de descentes que de montées.
Le mauvais penchant lui dit encore, lorsqu’il revêt les vêtements d’un ange sacré : « Auparavant, tu avançais dans le travail et chaque jour tu acquérais une possession de la Kedousha [la sainteté] dans la Torah et les Mitsvot. Mais tu dénigres cela et dis que tu veux travailler uniquement pour le Créateur. Mais tu vois que tu recules dans ce travail, que tu as des descentes, c’est-à-dire que ton mal devient de plus en plus mauvais. Alors que lorsque tu observais la Torah et les Mitsvot dans ton travail, tu avais plus de succès. Tu as vu par toi-même comment tu as progressé. Mais maintenant, où sont ton énergie et ton enthousiasme dans le travail ? Ainsi, lui dit-il, quitte ce chemin.
Il s’avère que par les paroles du mauvais penchant, qui est celui de tous les rois des nations du monde, ils asservissent Israël et piquent les corps de ces serviteurs qui veulent travailler pour donner sans réserve. Cela soulève la question : Pourquoi ces gens, qui veulent marcher sur le chemin de la vérité, pour atteindre Dvekout au Créateur et s’annuler devant Lui, méritent-ils de telles souffrances, une descente telle qu’ils ne peuvent pas supporter les souffrances et veulent fuir la bataille ?
Et ceux qui travaillent pour recevoir une récompense n’ont pas de souffrances de se sentir loin du travail du Créateur. Mais, ils ont le sentiment d’avancer chaque jour. Certes, lorsqu’ils voient des progrès, ils ont de la force pour travailler. Ils ne sentent absolument pas qu’ils ont des descentes, mais parfois ils avancent plus et parfois ils avancent moins, mais ils ne reculent pas. La réponse est que lorsqu’une personne ne ressent pas de manque et de dysfonctionnement dans son travail, elle n’a rien à corriger. Par conséquent, ce sont des gens qui ne peuvent travailler qu’en réalisant des actions, et pour les Mitsvot exécutées, il n’y a rien à ajouter ou à soustraire, comme il est écrit : « N’ajoute rien et ni ne soustraie ».
Et comme ils n’ont toujours pas besoin de l’intention, et que l’intention signifie atteindre l’équivalence de forme, appelée « afin de donner sans réserve », naturellement, ils ne veulent pas adhérer à Lui. Autrement dit, ils ne comprennent pas qu’il faut travailler sans vouloir recevoir une récompense. Pour cette raison, le Créateur ne leur donne pas de souffrances, à savoir la sensation d’éloignement du Créateur, faisant qu’ils demanderaient au Créateur de les rapprocher.
C’est ainsi que l’écrit Maïmonide, que « les femmes, les petits et les personnes sans instruction apprennent à travailler pour recevoir une récompense », car ils ne comprendraient pas autrement. Quand « ils acquièrent des connaissances et acquièrent beaucoup de sagesse, on leur enseigne ce secret », que nous devons travailler Lishma [en son nom], ce qui est dans le but de donner sans réserve.
Nous pouvons maintenant comprendre ce que nous avons demandé : pourquoi le Créateur fait-il souffrir Israël, qui sont les bien-aimés du Créateur ? Qui plus est, Il leur dit : « puisque je vous aime, je veux que vous ne détestiez pas les épines », puisque ces rois qui asservissent Israël sont comme des épines dans leur corps.
Il est écrit : « Ne t’insurge pas contre Sa réprimande », c’est-à-dire ne fuyez pas la bataille et dites que ce travail de donner sans réserve n’est pas pour vous. Cela signifie que ceux que le Créateur aime, en se référant à Israël, qui veulent annuler Yashar-El [droit à Dieu], et le désir de recevoir qui existe dans une personne, ils veulent que le Créateur leur donne la force de le soumettre afin qu’il s’annule devant le Créateur.
Cependant, une personne ne peut pas vaincre le désir de recevoir, car le désir de recevoir lui fait comprendre que la principale raison pour laquelle une personne doit travailler et faire des efforts est de pouvoir satisfaire son amour à des fins personnelles. Mais cet homme veut le contraire : annuler son amour-propre et pouvoir travailler uniquement pour ce qui relève de l’amour du Créateur. Autrement dit, il ne veut pas travailler pour lui-même, mais pour le Créateur, c’est-à-dire pour ce qui plaît au Créateur. Cet homme dit qu’il ne tire aucune satisfaction d’avoir la force de ne pas travailler pour lui-même, car il y a beaucoup de malins qui disent que l’homme atteint la plénitude s’il ne travaille pas pour lui-même. Il dit cependant que ce n’est pas pour cela que le Créateur a créé les créatures, donc elles n’en profiteront pas. Le but de la création était de faire du bien à Ses créatures. Par conséquent, les créatures devraient elles aussi travailler en équivalence de forme, ce qui signifie que tout leur désir sera de faire du bien au Créateur.
Il en découle que celui qui dit que le but de l’homme d’atteindre la plénitude est uniquement de ne pas travailler pour lui-même, que c’est le seul but de l’homme et la raison pour laquelle il a été créé, n’est pas la vérité. Mais, il faut toujours vérifier pour voir s’il sert le Créateur, ce qui signifie que le Créateur en profitera. Autrement dit, il veut remplacer l’amour de soi et parvenir à l’amour du Créateur, car ce n’est qu’ainsi que les créatures atteindront le but pour lequel elles ont été créées, appelé « faire du bien à Ses créatures ».
Par conséquent, ceux qui veulent atteindre l’amour du Créateur, même si ce degré est encore loin d’eux, mais ils veulent néanmoins y parvenir, et ils sont déjà appelés « ceux qui aiment le Créateur ». C’est comme le Baal HaSoulam l’a dit à propos du verset : « donnera la sagesse aux sages ». Il a demandé : « Il aurait fallu dire : « donnera la sagesse aux imbéciles ?! » » Puisqu’ils sont déjà sages, que leur apporte la sagesse ? Aussi, d’où auraient-ils la sagesse avant que le Créateur ne la leur donne ? Seulement après, quand ils auront déjà la sagesse.
Il a dit que le sens de « sage » désigne ceux qui veulent être sages. Même s’il n’a pas encore la sagesse, mais qu’il la désire, il est déjà appelé « sage », d’après son but. Par conséquent, celui qui veut être sage doit croire que le Créateur lui donnera la sagesse.
De cette façon, nous devrions interpréter que celui qui veut aimer le Créateur s’appelle déjà celui qui aime le Créateur. Pour cette raison, le Créateur veut leur donner de l’amour, c’est-à-dire l’annulation de l’amour-propre et être récompensé de l’amour du Créateur. Le Zohar leur dit que le Créateur tient en main un bâton pour les conduire sur le droit chemin. C’est-à-dire qu’ils devraient croire que les souffrances qu’ils rencontrent à cause des descentes qu’ils vivent, viennent du Créateur. C’est-à-dire que ces pensées étrangères qu’ils reçoivent, qui sont comme des épines dans leur corps, le Créateur leur envoie ses descentes. Même si un homme comprend qu’il serait mieux que le Créateur envoie plus d’ascensions, et pourquoi aurait-il besoin de ces descentes, c’est-à-dire quel est leur but, la réponse à cette question est que cela s’appelle « le bâton dans la main du Créateur « pour le conduire sur le chemin droit. » Sinon, si un homme reste dans un état d’ascension, il pensera qu’il a atteint sa plénitude et restera dans sa bassesse car il ne ressentira aucun manque qu’il devra corriger.
Pour cette raison, le Créateur lui montre sa bassesse et lui montre que même s’il pensait déjà qu’il était très haut, qu’il n’avait pas de pensées aussi basses que les autres, il voit soudain qu’il a des pensées pires que celles des gens qui travaillent comme le grand public, qui travaillent pour être récompensés.
Il dit qu’il veut travailler uniquement pour le Créateur et non pour lui-même, et il est certainement à un degré supérieur à eux. Mais soudain, il se rend compte qu’il est plus bas qu’eux. Il s’avère que les souffrances qu’il ressent l’amène à demander au Créateur de le rapprocher véritablement. C’est pourquoi cela concerne précisément les gens qui sont Israël, qui veulent être « Israël ». Afin de ne pas échouer dans le travail, Il leur envoie ces descentes et cela signifie qu’Il « tient le bâton en main pour les conduire sur le droit chemin ». Le « droit chemin » est le chemin qui mène directement au palais du Roi.
Ce n’est pas le cas de ceux qui sont uniquement Ésaü. Ceci n’est qu’une action, sans l’intention que les actions conduisent à l’annulation de leur intérêt personnel, et ils ne veulent pas faire les choses pour le Créateur, mais se contentent de l’action, sans le but qu’elles conduisent à Dvekout au Créateur et ne pensent pas à la question de Dvekout au Créateur, comme il est écrit : « Et adhérez à Lui ». Pour eux, le Créateur ne tient pas un bâton en main pour les frapper. Il dit : « Mais je détestais Ésaü, c’est pourquoi je lui ai retiré le bâton, lui ai enlevé la réprimande afin de ne pas lui donner une partie de Moi. » C’est-à-dire : « Je ne veux pas qu’il ait Dvekout à Moi ». C’est pourquoi Il dit : « Mon âme le déteste », signifiant que parce que tout leur travail n’est que pour eux-mêmes, « Mon âme le déteste », et Je ne lui donnerai pas une partie de Moi. Autrement dit, Je ne lui donnerai pas de souffrance pour qu’il adhère à Moi. Puisqu’ils ne Me désirent pas, Je n’ai aucun désir pour ceux qui sont Ésaü, qui se sentent comme complets. « Ésaü » signifie qu’il a déjà fait sa part et qu’il se considère comme un homme complet.
Pourtant, que peut-on faire pour ne pas subir une descente, appelée « souffrances » du fait de se sentir éloigné du Créateur ? Puisque toutes les souffrances sont pour qu’une personne ne reste pas à un degré bas pour qu’elle se contente de peu, puisqu’elle pense déjà qu’elle a déjà été récompensée d’un degré spirituel. Il est donc nécessaire de diminuer l’importance de l’homme, c’est-à-dire qu’il verra par lui-même à quel point il a un manque. Alors il viendra demander au Créateur de l’aider et de le sortir de sa bassesse.
Alors, comment faire pour ne pas tomber dans la bassesse ? Le conseil à cela est que si une personne fait un examen de conscience et voit en pensée et en désir, qu’elle est encore loin de Dvekout au Créateur, ce qui signifie que même pendant une ascension, elle s’examine et commence à ressentir ses manques, alors elle n’a pas besoin de tomber de son état, c’est-à-dire d’avoir de basses pensées jusqu’à ce qu’elle se sente dans un état de manque.
Mais, même pendant une ascension, l’homme commence à demander conseil sur la façon de s’élever en degré. Dans ce cas, il n’a pas besoin de descente d’en haut, puisqu’il commence lui-même à demander conseil avant même de tomber dans la bassesse. Maintenant, il semble que dans la situation dans laquelle il se trouve, il soit rempli de manques. Ainsi, il peut se débarrasser du besoin qu’une descente d’en haut lui arrive. Cependant, normalement, l’ordre est que lors d’une ascension, une personne ne veuille pas voir ses manques. Par conséquent, il faut lui donner des descentes d’en haut.
Nous pouvons ainsi interpréter ce que disent nos sages (Shabbat 152) : « Ce que je n’ai pas perdu, je le cherche ». C’est-à-dire un vieil homme marchant courbé, regardant toujours par terre comme s’il cherchait quelque chose. Il dit : « Je n’ai rien perdu, pourtant je cherche. » Nous devrions interpréter « Vieux est celui qui a acquis la sagesse ». Autrement dit, il est « un sage qui voit l’avenir ». Puisqu’il peut descendre dans le but d’acquérir des Kelim vides, alors le Créateur peut les remplir sinon il restera dans un état de bassesse parce qu’il ne sentira pas de manque. Puis, lorsqu’il perd l’état d’ascension, il commence à rechercher des conseils sur la façon de s’élever à nouveau dans la spiritualité.
Par conséquent, celui qui est vieux, c’est-à-dire sage et qui voit l’avenir, commence à chercher comment s’élever dans la spiritualité avant même de perdre l’état d’ascension. Il commence à suivre tous les conseils sur les moyens de s’élever sur les degrés spirituels, et cela se fait en recherchant les manques de l’état dans lequel il se trouve. Dans ce cas, il n’est plus nécessaire de le rabaisser en importance pour qu’il trouve et voir des manques en lui-même, puisqu’il cherchera lui-même des manques afin d’avoir des Kelim vides que le Créateur pourra satisfaire.
Le meilleur conseil dans un état d’ascension est que lorsqu’un homme sent qu’il existe maintenant un état de spiritualité et qu’il veut trouver des manques, dans cet état, il doit se plonger dans la Torah et trouver le lien entre la Torah et l’homme. De là, il pourra acquérir la connaissance pour comment servir le Créateur, comme il est écrit : « une âme sans connaissance n’est pas bonne non plus », et comme il est écrit : « accorde-nous de ta part la sagesse, la compréhension et la connaissance. » Naturellement, il verra le manque en lui et aura des Kelim vides. Ainsi, il sera sauvé d’une véritable descente.
Nous allons maintenant expliquer la question : Pourquoi, lorsque nous prions le Créateur d’effacer nos péchés, nous Lui imposons des conditions et disons : « mais pas par des souffrances », c’est-à-dire « pas par des descentes » ? Lors d’une descente, nous sommes séparés de Lui, puisque lors d’une descente, tout est dans la bassesse. C’est ce qu’on appelle « la Shekhina [Divinité] dans la poussière ». Parce que nous devons ressentir notre bassesse, nous provoquons également l’exil de la Shekhina, tout comme nous avons quitté la Terre sainte. Autrement dit, nous n’avons pas le désir de Kedousha [la sainteté]. Mais, lors d’une descente, nous recevons le désir de « la terre des peuples », et par cela nous dégradons la Kedousha. Pour cette raison, nous lui demandons de nous aider à effacer nos péchés afin que nous puissions entrer dans Kedousha. Cependant, cela ne viendra pas par des souffrances, appelée « descentes », car ces descentes provoquent l’humiliation de la Kedousha, qui est appelée « Shekhina dans la poussière » ou « Shekhina en exil ». Nous prions pour que ces souffrances n’arrivent pas, puisque nous provoquons la dégradation de Kedousha.
Nos sages disent (Berakhot p 5) : « Rabbi Yohanan était faible. Il est allé voir Rabbi Hanina. Il lui a dit : « Aimes-tu les souffrances ? » Il répondit : « Ni elles ni leur récompense. » Tout le monde s’interroge à ce sujet. Après tout, de nombreux justes ont pris sur eux de souffrir, alors pourquoi Rabbi Yohanan a-t-il dit : « Ni elles, ni leur récompense » ?
Le Baal HaSoulam a interprété cela et a dit qu’ils se disputaient au sujet de l’exil de la Shekhina, qui continuait parce que toutes les étincelles de Kedousha qui sont descendues dans les Klipot [coquilles/pelures] n’ont pas été corrigées. Pour cette raison, bien qu’il y ait une récompense, à savoir que tout ce qui est descendu dans les Klipot reviendra à la Kedousha, ce qui est une très grande récompense – que tout sera corrigé – mais en attendant, jusqu’à ce que tout soit corrigé, la Shekhina est en exil, tout le monde la méprise et exalte la servante, à savoir la Klipa [singulier de Klipot]. C’est le chagrin de la Shekhina qu’il ne peut pas supporter. C’est à propos de cela qu’il dit : « Ni elles, ni leur récompense ».
Nous voyons ce que sont les souffrances dans le travail. C’est parce qu’ils souffrent que la Shekhina doit être dans la bassesse à cause d’eux. Pour comprendre cela, nous devrions lire l’article « la Divinité en exil » (Shamati, article 2, 1942), où il est écrit que lorsqu’un homme regrette d’être loin du Créateur, il est à l’intérieur du désir de recevoir uniquement dans son intérêt, comme les animaux, ce qui est indigne de l’« homme », il doit diriger les souffrances afin qu’elles ne soient pas parce qu’il veut être un homme, et c’est pourquoi il souffre, mais à cause du chagrin de la Shekhina.
Il apporte une histoire à ce sujet, selon laquelle une personne qui a une douleur à un certain organe ressent la douleur principalement dans son cœur et dans sa tête, qui est l’homme tout entier. De même, l’homme est une partie de la Shekhina, appelée « l’assemblée d’Israël ». Elle ressent l’essentiel de la douleur, et c’est ce qu’il devrait le faire souffrir. C’est ce qu’on appelle les « souffrances » dans le travail.