Pourquoi quatre questions sont-elles précisément posées la nuit de Pâque ?
Article 22, 1989
La logique fait que nous nous demandons : quand l’homme pose-t-il des questions ? Quand il a un manque. Il demande : « Pourquoi ai-je à souffrir de ne pas avoir ce dont j’ai besoin ? » Il se plaint au Créateur, et demande : « Pourquoi dois-je souffrir ? » Mais quand tout va bien pour une personne, quelles sont les questions à se poser quand elle se sent libre, qu’elle n’est pas esclave de quoi que ce soit, mais quand elle sent que ce qu’elle n’a pas la fait souffrir, ce qui lui donne la possibilité de se demander « Pourquoi » ?
Par conséquent, nous devrions comprendre pourquoi nous posons précisément des questions la nuit de Pâque, qui est la fête de la liberté ? Elles sont appelées « quatre questions », c’est-à-dire quatre fois « Pourquoi », précisément quand l’homme ne manque de rien.
Selon le ARI, la nuit de la Pâque est plus complète que la veille du Shabbat. Il dit que la veille de Shabbat, il y a une ascension de Malkhout à Mokhin de Neshama, alors que lors de la nuit de Pâque, il y a une ascension de Malkhout à Mokhin de Haya, comme le jour de Shabbat (voir Shaar HaKavanot). Ainsi, nous devons comprendre pourquoi nous posons précisément des questions à un moment de plénitude. Il y a certainement beaucoup d’explications, et nous l’interpréterons dans le travail.
Nous savons que le travail qui nous a été donné dans la Torah et les Mitsvot [commandements] est que par elles, nous nous corrigerons pour mériter de recevoir plaisirs et délices, puisque c’est pour cela que l’homme a été créé, car nous savons que le but de la création est de faire du bien à Ses créations. Cependant, pour éviter la honte à la réception des plaisirs, puisque chaque branche veut ressembler à sa racine, et puisque la racine donne aux créatures, il y a une disparité de forme entre le donneur et le receveur, ce qui nous fait honte.
Par conséquent, pour le corriger, un Tsimtsoum [restriction] et une dissimulation ont été placés sur la Providence supérieure. Ainsi, par le Tsimtsoum et la dissimulation, un endroit a été fait où nous sommes si éloignés du Créateur qu’il nous cause d’avoir très peu de compréhension quant à Sa providence sur Ses créations. Il est écrit à ce sujet dans l’Introduction au Talmud Dix Sefirot (§ 42-43), où il dit que si la Providence était révélée, et que par exemple celui qui mangerait quelque chose d’interdit s’étoufferait instantanément, et celui qui accomplirait une Mitsva [commandement] en retirait immédiatement un merveilleux plaisir, comme les plus grands plaisirs dans notre monde physique, quel imbécile envisagerait de goûter quelque chose d’interdit alors qu’il sait qu’il en mourrait immédiatement, ou attendrait de recevoir un grand plaisir physique quand il l’aurait en main ? Ainsi, le Tsimtsoum et la dissimulation, qui ont été faits pour corriger la honte, engendrent tous les efforts et l’éloignement du Créateur.
Il s’ensuit que le Tsimtsoum et la dissimulation ont été faits en faveur de l’inférieur. Il ne sert donc à rien de s’interroger sur la Providence : « Pourquoi le Créateur nous traite-t-il comme il nous semble, car nous ne voyons pas le bien et nous souffrons en exil, dans la pauvreté, et ainsi de suite ? En d’autres termes, tout le monde se plaint de la raison pour laquelle le Créateur se comporte avec une providence cachée à notre égard, qu’elle n’est que bonne.
Pour cette raison, il est interdit de diffamer Sa providence — la manière dont Il se comporte avec les créatures. Mais, nous devons croire avec la foi au-dessus de la raison que cela doit être vraiment comme nous le voyons. Et en ce qui concerne nos sensations, nous devrions marcher dans les voies de la Torah comme les sages nous l’ont enseigné, à savoir comment nous comporter avec tous ces sentiments que nous ressentons, et dire d’eux, avec la foi au-dessus de la raison: « Ils ont des yeux et ne voient pas », comme il est écrit dans l’article de 1943.
Nous savons que la diffamation est interdite. Cependant, il est communément admis que la diffamation, qui est si mauvaise, se passe entre l’homme et son semblable. Mais en vérité, la diffamation est avant tout entre l’homme et le Créateur, comme il est écrit (Shemot Rabba, chapitre 3, 12): « Moïse a vu l’acte du serpent, qui a diffamé son Créateur », comme il est dit: « car Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. »
Avec ce qui précède, nous pouvons voir pourquoi la diffamation est la pire des choses. C’est parce que la diffamation vient principalement du serpent, qui a diffamé le Créateur et a dit : « Le Créateur vous a ordonné de ne pas manger de l’arbre de la connaissance, mais de le garder dissimulé et caché ». Le serpent lui en a parlé: « Tu ne dois pas écouter ce qu’Il t’a dit, que l’arbre de la connaissance doit demeurer dissimulé aux inférieurs ». Mais, son argument était que tout devrait être visible.
Telle était la diffamation du serpent. Il s’avère qu’il parlait de la Providence, que la conduite du Créateur avec les créatures, la providence non révélée, n’était pas la bonne. Mais en vérité, la dissimulation n’était que pour que les créatures puissent recevoir le plaisir et les délices sans honte. Cela ne peut se faire que lorsque les créatures reçoivent tout pour le Créateur, ce qui signifie que toute la réception ne sera que pour donner.
Ainsi la diffamation du serpent n’est pas sur un détail, mais il a parlé de toute la correction qui a été faite sur Malkhout pour que les inférieurs, qui s’étendent d’elle, puissent atteindre la Dvékout [adhésion], appelée « équivalence de forme », par laquelle il y aura la correction qui lui permettrait de recevoir le plaisir et les délices sans aucun désagrément, appelé « honte ».
A cause de cette correction, la Torah et les Mitsvot nous ont été données pour pouvoir sortir de l’amour de soi, qui est la séparation d’avec le Créateur, et atteindre l’équivalence de forme, comme nos sages disaient : « J’ai créé le mauvais penchant ; j’ai créé la Torah comme une épice ». D’après la diffamation du serpent, il y aura une Providence visible, c’est-à-dire que tout sera révélé, même si le Créateur a dit explicitement à Adam : « Mais de l’arbre de la connaissance, tu ne mangeras pas ». Mais, ce discernement doit être couvert et ce n’est qu’à la réparation finale qu’il sera possible de clarifier ce discernement.
A ce sujet aussi, le serpent lui a dit de ne pas écouter la voix du Créateur. En d’autres termes, le Créateur n’a pas fait cela en faveur d’Adam, que la providence du Créateur sur les créatures — le Bien qui fait le Bien — ne soit pas révélée, mais pour d’autres raisons. Il s’avère que la diffamation du serpent était une chose générale, ce qui signifie qu’il a dit que toutes les corrections que nous devrions faire par la force de la Torah et des Mitsvot ne sont pas pour l’homme.
C’est la raison pour laquelle la diffamation est la plus sévère de toutes les interdictions, puisqu’elle englobe l’ensemble de la Torah. En d’autres termes, avec cette diffamation, toutes les corrections qui ont été faites n’ont pas de raison d’être. Ainsi, puisque c’est si grave entre l’homme et le Créateur, l’interdiction entre l’homme et son semblable est aussi quelque chose de grave, comme nous l’avons dit à propos de « aime ton prochain comme toi-même », dont Rabbi Akiva a dit être la grande règle de la Torah.
Il s’avère que celui qui diffame agit à l’opposé de la règle : « Aime ton prochain comme toi-même ». Par conséquent, la diffamation entre l’homme et son semblable est aussi une règle et donc il s’agit d’une interdiction tout aussi grave.
Avec ce qui précède, nous pouvons interpréter ce que nos sages ont dit (Sanhedrin 38): « Rav Yéhouda a dit: Rav a dit : Adam HaRishon était hérétique ». Et Rachi explique qu’être hérétique signifie qu’il penchait vers l’idolâtrie.
C’est très difficile à comprendre. Quand Adam HaRishon parlait au Créateur, comment se peut-il que quelqu’un parlant au Créateur soit hérétique ; que son cœur penche vers l’idolâtrie ? Après tout, le Créateur lui a parlé, alors comment peut-il y avoir une erreur au point que son cœur penche vers l’idolâtrie ?
Comme nous l’avons dit plus haut, le Créateur lui a dit que l’arbre de la connaissance devait être caché et ne devait pas être montré avant la réparation finale. Quand le serpent est venu à lui et lui dit de ne pas écouter la voix du Créateur, que ce grand plaisir se trouvait dans l’arbre de la connaissance et que le Créateur le lui cachait, il prit à cœur la diffamation du serpent. C’est ce qu’on appelle « être hérétique ».
Rachi interpréta que son cœur penchait vers l’idolâtrie, c’est-à-dire que son cœur penchait vers ce que le serpent lui disait — qu’il valait mieux qu’il y ait une Providence visible dans le monde, comme le serpent le lui conseillait. C’est ce qu’on appelle « hérétique », celui dont Sa providence ne trouve pas grâce à ses yeux. Cela signifie qu’il pensait selon l’avis du serpent, que si l’arbre de la connaissance était révélé et que la Providence était visible, beaucoup s’engageraient dans le saint travail, pour la raison évoquée ci-dessus que tous observeraient la Torah et les Mitsvot parce que tout cela serait revêtu dans l’intellect, dans la raison, et non parce que tout doit être au-dessus de la raison.
En d’autres termes, l’arbre de la connaissance signifie que tout est découvert dans la raison, et c’était là le commandement de s’abstenir de manger, c’est-à-dire que notre travail envers le Créateur devrait être au-dessus de la raison et non dans la raison, bien qu’il soit raisonnable de penser que si tout était revêtu dans la raison, les serviteurs du Créateur augmenteraient.
C’est le sens de la diffamation du serpent, qui parlait mal de la Providence. Puisque c’est le Créateur qui a fait que servir le Créateur se fait avec la foi au-dessus de la raison, cela ne signifie pas que le Créateur n’aurait pas pu tout faire dans la raison. Mais, nous devons croire, même si nous ne comprenons pas que cette conduite est la meilleure.
Ainsi, le Baal HaSoulam a dit que le Créateur a choisi la voie de la foi au-dessus de la raison parce que le Créateur sait que c’est le meilleur moyen pour les inférieurs d’atteindre le but appelé « Dvékout au Créateur », qui est l’équivalence de forme, appelée « recevoir afin de donner ».
Bien que le péché de l’arbre de la connaissance se rapporte à des degrés élevés — la lumière de la réparation finale—, comme expliqué dans « l’Introduction au Livre Panim Meirot uMasbirot » en ce qui concerne notre travail, nous devrions interpréter que celui qui diffame la Providence en disant qu’il ne veut pas croire que Sa providence sur les créatures est bienveillante, et que c’est ainsi qu’on croit au-dessus de la raison.
Cependant, une personne dit : « Si la Providence était visible, si je pouvais voir avec mon esprit que le Créateur donne l’abondance à toutes les créations, et si c’était dans la raison, ce n’est qu’ainsi que je pourrais observer la Torah et les Mitsvot ». Cela vient à cause du péché de l’arbre de la connaissance — Lorsque l’homme veut aller précisément dans la raison et ne pas croire au-dessus de la raison. Par conséquent, lorsqu’il ne croit pas qu’Il est bon et qu’Il fait le bien, il diffame le Créateur. Cette racine a commencé lorsque le serpent diffamait le Créateur devant Adam HaRishon.
Une personne qui veut aller dans la raison est appelée « le péché de l’arbre de la connaissance ». Ce péché apparaît de deux façons, dans deux questions qui en découlent : 1) la question de Pharaon, qui a demandé : « Qui est le Seigneur pour que j’obéisse à Sa voix ? » Ce qui signifie qu’il lui est difficile de croire tout ce qui contredit la raison. De là, une autre chose en découle, la deuxième question : « Pourquoi travailler pour le Créateur et non pour lui-même ? » En d’autres termes, il demande : « Qu’est-ce que j’ai a gagné en travaillant pour le Créateur, et non dans mon propre intérêt ? »
Avec ce qui précède, nous pouvons comprendre ce que nous voyons, que même après avoir surmonté et dit qu’il prend sur lui d’emprunter le chemin de la vérité, et commence à croire en la foi dans les sages, la raison dicte que chaque jour l’homme doit progresser et aller de l’avant. Pourtant, il voit que c’est en fait le contraire ; chaque jour, il recule. Ainsi, la raison lui fait dire : « Ce travail dans le don n’est pas pour moi, mais c’est le travail d’une poignée d’élus. » Il comprend qu’il ferait mieux de fuir le champ de bataille.
Et qu’est-ce qu’on lui dit ? Qu’il devrait une fois de plus aller avec la foi au-dessus de la raison et ne pas regarder ce que la raison l’oblige à faire. Comme il est écrit dans l’article « La foi en son Rav » (1943), l’homme ne peut pas voir son véritable état, mais, il devrait aller au-dessus de la raison, et c’est seulement de cette manière que nous pouvons atteindre le but et être récompensé de la Dvékout [adhésion] au Créateur.
Cependant, nous devons comprendre ce que nous donne de ressentir dans la raison que nous reculons au lieu d’avancer. En d’autres termes, dans quel est l’intérêt a-t-on besoin de sentir qu’on est en déclin ? Dans quel but ? Nous voyons que dans un état d’ascension, quand on a un désir de spiritualité et qu’on considère les plaisirs mondains — que le monde entier pourchasse — comme ayant été créés inutilement, cela signifie qu’il aurait mieux valu que le Créateur ait créé toutes les créations pour qu’elles se réjouissent de choses spirituelles.
Ainsi, en ce qui concerne les pensées de déclin, que gagne-t-on qu’après chaque ascension, on arrive à une descente ? En conséquence, une personne demande toujours : « Combien y a-t-il de montées et de descentes et pourquoi en a-t-on besoin de toute façon ? Il aurait été préférable de rester en état d’ascension. »
Mais la réponse est qu’il est impossible d’apprécier quoi que ce soit sans en connaître l’importance. En d’autres termes, il y a une règle selon laquelle la joie qu’une personne retire d’une chose dépend de l’importance de la chose. Parfois une personne reçoit quelque chose d’important, et si elle savait l’apprécier, elle pourrait en retirer un grand plaisir. Mais puisqu’elle ne connaît pas la valeur de la chose, cette personne ne peut pas se réjouir, sauf dans la mesure où elle en comprend l’importance.
Par exemple, une personne achète un objet, un livre, qui n’est pas très beau à l’extérieur, et plus tard ce livre est réimprimé et coûte plus cher, mais comme elle n’avait pas beaucoup d’argent, elle avait donc acheté ce livre. Le vendeur, lui aussi, ne connaissait pas l’importance du livre et le lui a vendu à bon prix. Mais après un certain temps, un homme vient chez lui, voit le livre et dit : « ce livre a été imprimé il y a 300 ans, ce livre vaut une fortune, car il n’y en a que trois exemplaires au monde ». Maintenant qu’elle entend parler de la grande valeur du livre, elle commence à retirer du plaisir de ce livre.
La morale est que nous ne savons pas comment apprécier l’ascension, c’est-à-dire que nous ne comprenons pas la valeur d’un seul moment où nous avons la force de croire en le Créateur, ni d’avoir une certaine sensation de la grandeur du Créateur. En état d’ascension, nous désirons nous annuler devant Lui sans explication et sans raison, comme une bougie devant une torche. Naturellement, nous ne pouvons pas tirer de plaisir que le Créateur nous a rapprochés et nous a donné une certaine proximité, dont nous devrions retirer de la joie et une élévation. Mais comme nous n’avons pas l’importance de l’apprécier, nous ne pouvons nous en réjouir qu’en fonction de l’importance, comme expliqué dans l’histoire.
C’est pourquoi on nous a donné des descentes : pour pouvoir apprendre l’importance des ascensions, comme il est écrit: « comme la supériorité de la lumière sur l’obscurité ». C’est précisément par les descentes que l’homme peut connaître et apprécier les ascensions, et ensuite il peut apprécier les ascensions et en venir à sentir qu’elles « sont notre vie et la durée de nos jours ». Mais quand on ne connaît pas le besoin de la foi parce qu’on pense que s’engager dans la Torah et observer les Mitsvot est suffisant pour être considéré comme un serviteur du Créateur, on ne nous donne pas de descentes d’en haut pour apprécier les ascensions.
Leur travail se fait à l’extérieur. Ils n’ont pas l’intention d’entrer à l’intérieur, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas l’intention de s’annuler complètement devant la Kedousha [sainteté] — et saint signifie « retiré et séparé de lui-même », comme il est écrit: « Vous serez saints car Je suis saint » —, et à ce moment-là, il n’y a que l’autorité du Créateur parce que l’inférieur veut s’annuler devant la racine, et tout ce qu’il voit, c’est que cela vaut la peine de vivre seulement pour le Créateur.
Pour qu’une personne soit dans un état où elle ne veut vivre que pour donner satisfaction au Créateur, elle doit se pourvoir d’une grande foi en la grandeur du Créateur, pour que cela vaille la peine de s’annuler pour le Créateur. La foi qu’elle a acquise pendant son éducation ne lui suffit pas. Avec la foi qu’elle a acquise au cours de son éducation, elle peut déjà travailler et observer la Torah et les Mitsvot dans tous ses moindres détails et précisions. C’est parce qu’elle n’a pas à s’annuler devant le Créateur, mais elle demande au Créateur qu’en raison de son observance de la Torah et des Mitsvot, que le Créateur nous a commandés par l’intermédiaire de Moïse, le Créateur exauce toutes ses demandes.
Elle croit en la récompense et la punition, et certainement, comme nos sages l’ont dit (Avot, chapitre 2, 21): « Si tu as beaucoup étudié la Torah, fais confiance à ton employeur pour te payer le salaire pour ton travail ». Par conséquent, puisque la base qui l’oblige à observer la Torah et les Mitsvot dépend de la récompense, et non pas du donneur de la récompense, elle n’a pas à s’engager dans la grandeur de la foi en le Créateur, mais dans la taille de la récompense : petite ou grande. Il n’est donc pas ici question d’ascensions ni de descentes, de croire en la grandeur et l’importance du Créateur. Mais, la seule chose qui est pertinente est qu’elle s’engage dans la Torah et les Mitsvot ou qu’elle s’affaiblisse dans l’observance parce qu’elle ne croit pas toujours en la récompense.
Cela fait que ceux qui s’engagent dans la Torah et les Mitsvot afin de recevoir des récompenses — qui sont parfois parmi les gens qui ne croient pas en la récompense et la punition — peuvent influencer une personne avec leurs pensées. Cela pourrait même l’amener à s’éloigner complètement du judaïsme. Par conséquent, ils ne doivent pas entrer en contact avec des gens qui sont ouverts d’esprit puisqu’ils leur apportent des pensées étrangères quant à la foi en la récompense et la punition. Mais en général, ceux qui s’engagent Lo Lishma [pas en Son nom] ne connaissent pas de hauts et de bas, ce qui signifie les descentes ne sont pas nécessaires.
Mais ceux qui veulent travailler en raison de l’importance du Créateur, qui ont toujours besoin d’augmenter la foi en l’importance et la grandeur du Créateur, que seule l’importance et la grandeur du Créateur les obligent à observer la Torah et les Mitsvot afin d’atteindre la Dvékout au Créateur, ces personnes doivent toujours supposer et apprécier la grandeur du Créateur. Elles doivent toujours apprécier que si elles ont une certaine prise sur la spiritualité, c’est parce que le Créateur les rapproche, alors qu’elles-mêmes sont complètement incapables de faire quoi que ce soit, à moins qu’elles ne voient qu’en découle des bénéfices pour elles-mêmes. Il s’avère que le travail essentiel est de s’annuler soi-même, et c’est contre nature ; c’est seulement par Son salut qu’elles peuvent y arriver.
Ainsi, pendant l’ascension, une personne pense que c’est déjà naturel et que maintenant elle n’a pas du tout besoin de l’aide du Créateur. Par conséquent, une correction a été faite, appelée « descentes », où on lui montre toujours la taille de sa force — ce qu’elle peut faire par elle-même et comment elle le voit. Mais quand elle est jetée hors de son état, où elle pensait être déjà un être un homme et non une bête qui travaille pour elle-même, soudain elle ne peut même pas sentir qu’ils veulent la jeter dans cette bassesse, dans laquelle elle se découvre par la suite.
Pourtant, pendant la descente, l’homme ne voit pas qu’il commence à descendre. Mais, lorsqu’il descend, il reste inconscient. Après un certain temps, il reçoit aussi de l’aide d’en haut et on lui dit : « Sache que maintenant, tu es en descente ». Avant qu’on lui dise qu’il est inconscient, il ne sait rien. Cependant, l’homme doit croire qu’il en est ainsi, puisque le savoir ne vient pas tout seul. Mais, l’homme doit savoir que ces descentes lui ont été données pour apprendre comment il est possible d’apprécier l’état d’ascension. Mais pendant la descente, il ne peut rien en apprendre.
Cependant, pendant l’ascension, il peut faire un véritable examen de conscience et dire : « Maintenant, je suis dans la foi, et cela m’est venu du Créateur, sinon je tomberais immédiatement dans l’amour à des fins personnelles. » S’il ne fait pas cet examen et ne remercie le Créateur de l’avoir rapproché, il est immédiatement rejeté. Il s’avère qu’il est impossible d’obtenir un réel plaisir de s’approcher du Créateur si on ne sait pas l’apprécier, comme dit ci-dessus: « Comme la supériorité de la lumière sur l’obscurité ».
Il s’ensuit que pour que les créatures reçoivent le plaisir et les délices et les ressentent, ces descentes étaient toutes nécessaires. Elles sont appelées « exil », et ceci est appelé « la Shekhina [Divinité] en exil », ou « la Shekhina dans la poussière ». Ce n’est qu’ainsi que l’homme aura les Kélim [récipients] pour ressentir le plaisir et les délices.
Avec ce qui précède, nous pouvons comprendre pourquoi, précisément au moment de la liberté, qui est la nuit de Pâque, il y a la parfaite plénitude, comme le dit le ARI, Malkhout a la même Gadlout que Malkhout de Mokhin de Haya, et c’est le cas la nuit de Pâque.
La réponse est que c’est précisément pendant une ascension, quand on pense aux descentes, qu’on a la force de trouver l’importance des ascensions. Sinon, cela s’apparente à celui à qui l’on donne quelque chose qui vaut une fortune et qu’il l’utilise et l’apprécie comme si cela ne valait presque rien.
Ainsi, précisément au moment de la liberté, il est possible de poser des questions, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de questions, mais nous avons besoin de questions pour comprendre les réponses, comme l’a dit le Baal HaSoulam à propos de ce qui est écrit : « Parle maintenant aux oreilles du peuple, et que chacun emprunte à son prochain ». Rachi interprète qu’il les avertit que le juste ne dira pas : Ils les serviront et ils les tortureront, et Il les a préservé, et ensuite, ils sortiront avec de grands biens, Il ne les a pas préservé ». Il y a une question : Si le Créateur voulait donner de grandes possessions au peuple d’Israël, le Créateur ne pouvait-Il pas lui donner ? Mais Il a dû dire au peuple d’Israël de tricher et d’emprunter aux Egyptiens des récipients d’argent et des récipients d’or ?
La réponse est que lorsque le Créateur a dit à Abraham : « Pour te donner cette terre en héritage », Abraham demanda : « Comment saurai-je que j’en hériterai ? » Et il dit à Abram: « Sache avec certitude que ta semence sera étrangère dans un pays qui n’est pas le sien.... et qu’ensuite elle en sortira avec de grandes possessions’ ». Il demanda : Que voyons-nous dans la réponse du Créateur à la question d’Abram : ‘Comment saurai-je…’ qu’en étant dans une terre qui n’est pas la sienne, c’est-à-dire en exil, Abram était déjà certain qu’ils hériteraient de la terre ? ».
Il a dit que puisqu’il n’y a pas de lumière sans Kli — c’est-à-dire pas de satisfaction sans manque, et Abram a dit au Créateur qu’il ne voyait pas qu’ils auraient besoin de si grandes lumières, appelées « la terre d’Israël » —, le Créateur lui a dit qu’en étant en exil et ils demanderont au Créateur de les sortir de l’exil, comment les en sortirait-Il ? Seulement avec de grandes lumières, puisque « La lumière en elle le ramène vers le bien ». Ainsi, ils auront déjà besoin des grandes lumières.
Il a expliqué que c’est la raison pour laquelle le Créateur a dit d’emprunter des Kélim [récipients] aux Égyptiens — ce qui signifie de prendre les questions des Égyptiens, mais comme un prêt —, pour recevoir les lumières, et ensuite leur rendre les Kélim. En d’autres termes, ils ont pris les questions pour comprendre les réponses. Comme il a été dit plus haut, qu’il est impossible de comprendre la lumière si ce n’est qu’à partir de l’obscurité. C’est pourquoi toutes les questions viennent spécialement au moment de la liberté.