Savez-vous pourquoi seules les personnes âgées racontent des contes ?
Parce qu’un conte est la chose la plus sage qui soit !
Tout passe dans ce monde, et seules les histoires authentiques demeurent…
Un conte, c’est de la sagesse.
Pour raconter un conte, il faut savoir beaucoup de choses.
Il faut voir ce que les autres ne voient pas,
et pour cela, il faut avoir vécu longtemps.
Voilà pourquoi seules les personnes âgées savent raconter des contes.
Ainsi est-il écrit dans le grand et ancien livre de la magie :
« Le vieil homme est celui qui a acquis la sagesse. »
Et les enfants…
Ils aiment beaucoup écouter les contes,
parce qu’ils ont de l’imagination
et l’intelligence de penser à tout,
pas seulement à ce que tout le monde voit.
Et si un enfant grandit, mais continue de voir
ce que les autres ne voient pas,
alors il sait que l’imagination, c’est là vérité !
Il reste alors un enfant, un enfant sage,
« un vieil homme qui a acquis la sagesse »,
comme il est écrit dans le grand livre ancien de la magie –
le Livre du Zohar.
Il était une fois un magicien.
Grand, unique, beau, et très, très bon…
Mais il était seul.
Il n’y avait personne près de lui.
Personne avec qui jouer,
personne à qui faire attention,
et personne qui ferait attention à lui aussi,
personne avec qui partager tout ce qu’il avait.
Que faire ?…
Car c'est si triste d’être seul !
Alors il se mit à réfléchir :
« Et si je créais une pierre ?
Même toute petite, mais belle ?
Peut-être que cela me suffirait ?
Je pourrais la caresser et sentir
que quelqu’un est près de moi.
Alors, à deux, nous serions bien,
car c'est si triste d’être seul… »
Il fit « Tchak ! » avec sa baguette magique,
Et une pierre apparut près de lui,
exactement comme il l’avait imaginée.
Il regarde la pierre, la prend dans ses bras,
mais elle ne répond pas, ne bouge pas.
Même s’il la frappe ou la caresse,
elle reste comme elle est,
sans aucun sentiment.
Comment être ami avec elle ?
Alors le magicien essaya de créer encore des pierres,
différentes, de toutes sortes.
Des rochers et des montagnes,
des terres et des continents,
la planète Terre, le soleil et la lune.
Il remplit l’univers entier de pierres…
mais toutes étaient comme une seule pierre :
aucune ne répondait.
Et comme avant,
il sentait combien il est triste d’être seul…
Le magicien réfléchit encore :
« Peut-être que, au lieu d’une pierre, je créerai une plante —
par exemple, une belle fleur ?
Je l’arroserai,
je la mettrai à l’air, au soleil,
je prendrai soin d’elle.
La fleur se réjouira,
et ensemble nous serons bien,
car il est vraiment très triste d’être seul… »
Il fit « Tchak ! » avec sa baguette magique,
et une fleur apparut devant lui,
exactement comme il le désirait.
De joie, il se mit à danser devant elle,
mais la fleur ne danse pas, ne tourne pas,
elle ne le sent presque pas.
Elle ne réagit qu’à ce que le magicien lui donne :
quand le magicien l’arrose, elle s’anime,
quand il ne l’arrose pas, elle meurt.
Mais comment peut-on répondre si pauvrement
à un magicien si bon,
prêt à donner tout son cœur ?…
Sauf qu'il n'a personne à qui le donner…
Que faire ?…
Car c'est si triste d’être seul…
Alors le magicien se mit à créer toutes sortes de plantes :
grandes et petites, des jardins et des forêts,
des bosquets et des champs…
Mais toutes, comme une seule plante,
ne lui répondaient pas.
Et, comme auparavant,
il était toujours aussi triste d’être seul…
Le magicien réfléchit longtemps,
et finit par trouver :
« Et si je créais un animal ?
Lequel ? — Un chien, bien sûr. Oui, un chien !
Un petit chien joyeux, affectueux.
Je jouerai avec lui tout le temps,
nous irons nous promener, et mon petit chien courra
devant moi, derrière moi, tout autour de moi.
Et quand je rentrerai chez moi, dans mon château,
oui, quand je rentrerai dans notre château,
il sortira déjà à ma rencontre.
Alors nous serons si bien ensemble,
car c'est si triste d’être seul ! »
Il fit « Tchak ! » avec sa baguette,
Et un petit chien apparut près de lui,
exactement comme il l’avait imaginé.
Il commença à prendre soin de lui :
il lui donnait à manger et à boire, l’embrassait,
le lavait et l’emmenait se promener —
il faisait tout pour lui…
Mais l’amour d’un chien…
Il est entièrement
dans le fait d’être près de lui,
de rester à ses pieds,
de le suivre partout.
Et le magicien comprit avec tristesse
que même un chien,
avec lequel il joue si bien,
n’est pourtant pas capable
de lui rendre l’amour
qu’il lui donne.
Il n’est tout simplement pas capable d’être son ami,
pas capable de comprendre tout ce que le magicien fait pour lui.
Et c’est pourtant cela que le magicien désire tant !
Alors il se mit à créer autour de lui
des poissons et des lézards,
des oiseaux et des animaux —
mais cela ne fit qu’empirer :
personne ne le comprenait,
et, comme toujours,
il était triste d’être seul…
Le magicien réfléchit longtemps,
et il comprit enfin :
« Un véritable ami ne peut être que
celui qui aura vraiment besoin de moi
et qui me cherchera.
Ce doit être quelqu’un
qui pourra vivre comme moi,
faire tout comme moi,
aimer comme moi,
comprendre comme moi.
Alors seulement,
il pourra me comprendre !
Mais être comme moi ?… hmm…
Qui pourrait bien être comme moi ?
Quelqu’un qui saurait apprécier ce que je lui donne,
qui pourrait me répondre de la même manière…
Car même un magicien a besoin d’amour.
Qui pourrait être ainsi,
pour que nous soyons bien ensemble,
car c'est si triste d’être seul !… »
Le magicien réfléchit encore :
« Peut-être que ce sera un homme ?
Oui… et si c’était lui, justement,
qui pouvait devenir proche de moi,
et être mon ami,
et qui pourrait être comme moi ?
Il faut seulement l’aider à cela.
Et alors, ensemble, nous serons bien,
car c'est si triste d’être seul…
Mais pour que nous soyons bien ensemble,
il doit d’abord ressentir
ce que cela signifie d’être seul, sans moi —
ressentir, comment moi je suis sans lui…
combien c’est triste d’être seul… »
De nouveau, le magicien fit « Tchak ! » —
et un lieu apparut, très loin de lui,
et dans ce lieu — un homme…
Mais l’homme est si loin du magicien
qu’il ne sent même pas
qu’il existe un magicien
qui l’a créé, lui et tout ce qui est pour lui :
les pierres, les plantes, les animaux et les oiseaux,
les maisons et les montagnes, les champs et les forêts,
la lune et le soleil, la pluie et le ciel,
et encore tant de choses… le monde entier…
Même le football et l’ordinateur !
Tout cela, l’homme l’a…
Mais le magicien, lui,
est resté seul…
Et qu’est ce que c’est triste
d’être seul !…
Et l’homme… il ne soupçonne même pas
qu’il existe un magicien
qui l’a créé, qui l’aime,
qui l’attend et l’appelle :
« Hé ! Tu ne me vois donc pas ?!
C’est moi… c’est moi qui t’ai tout donné.
Viens donc vers moi !
À deux, nous serons si bien ensemble,
car il est triste d’être seul !… »
Mais comment l’homme, à qui tout va déjà bien,
qui a même le football et l’ordinateur,
qui ne connaît pas le magicien,
pourrait-il soudain désirer le trouver,
faire sa connaissance, se rapprocher de lui
et devenir son ami,
l’aimer, être son ami,
être proche de lui,
et lui dire à son tour :
« Hé !… Magicien !…
Viens vers moi, ensemble nous serons bien,
car il est triste d’être sans toi, seul !… »
Car l’homme ne connaît
que ceux qui lui ressemblent,
et seulement ce qui l’entoure.
Il sait qu’il faut être comme tout le monde :
faire ce que tout le monde fait,
parler comme tout le monde parle,
désirer ce que tout le monde désire.
Ne pas fâcher les grands, demander gentiment,
à la maison — l’ordinateur, le week-end — le football.
Et tout ce qu’il veut, il l’a.
Alors pourquoi aurait-il besoin de savoir
qu’il existe un magicien
à qui il manque tant ?…
Mais le magicien est bon et sage.
Et sans se faire remarquer,
il observe l’homme…
…Et voilà qu’à une heure particulière…
Tout doucement, très lentement,
avec précaution,
il fait…
« Tchak ! »
avec sa baguette.
Et voilà que l’homme
ne peut plus vivre comme avant.
Ni le football, ni l’ordinateur
ne lui donnent désormais de joie.
Il veut quelque chose,
il cherche quelque chose,
sans encore comprendre que c’est le magicien
qui, avec sa petite baguette,
est entré dans son cœur en lui disant :
« Allez !…
Viens donc vers moi,
ensemble nous serons bien,
car maintenant, toi aussi,
tu es triste d’être seul !… »
Et le magicien — bon et sage —
l’aide encore une fois.
Un seul autre « Tchak ! » —
et l’homme commence à sentir
qu’il existe quelque part
un château magique,
rempli de bonnes merveilles,
et que le magicien lui-même l’y attend,
et que ce n’est qu’ensemble qu’ils pourront être bien…
Mais où est ce château ?
Qui me montrera le chemin ?
Comment rencontrer le magicien ?
Comment le trouver ?
Dans son cœur, sans cesse :
« Tchak !… Tchak !… »
Et déjà il ne peut plus ni manger ni dormir.
Partout, il voit des magiciens et des châteaux.
Il ne peut plus rester seul —
car ensemble,
tout serait si bien !…
Mais pour que l’homme devienne comme le magicien —
sage, bon, aimant, fidèle —
il doit apprendre à faire tout
ce que sait faire le magicien.
Il doit lui ressembler en tout.
Et pour cela, un simple « Tchak ! » ne suffit plus —
cela, l’homme doit l’apprendre par lui-même.
Mais comment ?…
Alors le magicien,
sans se faire remarquer… avec précaution,
lentement… doucement…
« tchak – tchak… tchak – tchak… »
guide l’homme, pas à pas,
vers le grand et ancien livre de la magie —
le Livre du Zohar…
Et dans ce livre se trouvent
toutes les réponses à tout,
tout le chemin, comment tout faire,
pour qu’à la fin tout soit tout bon,
Car combien de temps encore
peut-on être seul…
Et l’homme se hâte, très vite,
de parvenir au château, de rencontrer le magicien,
de rencontrer son ami, d’être près de lui,
et de lui dire : « Allez !…
Ensemble, nous serons si bien,
car c'est si douloureux d’être seul… »
Mais autour du château
se dresse un mur très haut,
et sur ce mur,
des gardiens sévères.
Et plus l’homme grimpe vers le sommet,
plus rudement on le repousse,
et plus dure est sa chute.
Épuisé, vidé de ses forces,
il crie au magicien :
« Où est donc ta sagesse ?
Pourquoi me fais-tu souffrir ?
Pourquoi m’as-tu appelé à toi,
parce que tu allais mal seul ?
Pourquoi as-tu fait en sorte
que moi aussi,
je me sente si mal sans toi ?… »
Mais… soudain il sent :
« Tcha…ak ! » — et de nouveau
il se précipite en avant,
vers le haut du mur.
Contourner les gardiens,
escalader le mur,
forcer les portes fermées du château,
trouver son magicien…
Et à travers tous les coups et les échecs,
il acquiert de la force, de la persévérance,
de la sagesse.
Du découragement naît soudain un désir…
Il apprend, lui-même, à faire tous les miracles
que faisait le magicien.
Il apprend à créer lui-même
ce que seul le magicien savait créer !
Des profondeurs des échecs grandit l’amour.
Et il ne désire plus qu’une chose, une seule :
être avec le magicien, le voir,
tout lui donner, sans rien demander en retour.
Car alors seulement il sera bien,
et il est tout à fait impossible d’être seul !…
Et lorsqu’il ne peut plus du tout être sans lui,
les grandes portes s’ouvrent d’elles-mêmes.
Et du château, à sa rencontre,
le magicien accourt en disant :
« Alors ! Où étais-tu ? Viens vers moi !
Comme nous allons être bien maintenant,
car nous savons tous les deux
combien c’est douloureux,
combien c’est triste d’être seul ! »
À partir de cet instant, ils sont ensemble pour toujours :
fidèles, inséparables, amis aimants.
Il n’existe rien de plus haut, ni de plus profond que leur lien.
Et l’amour remplit leurs cœurs à tel point
que plus personne ne peut même se souvenir
de ce que c’est que d’être seul…
Si quelqu’un ressent dans son cœur,
tout doucement…
« …tchak… tchak… »
Écoutez attentivement, chacun,
que l’essentiel dans la vie
est la rencontre avec le magicien,
s’unir à lui, se fondre en lui,
que c’est seulement alors
que vous serez bien,
et qu’en attendant
c’est si triste et si difficile…
Adressez-vous aux assistants du magicien.