Hévrouta - Suite à la leçon 27 - Fondation du groupe kabbalistique
Hévrouta - Suite à la leçon 27 - Fondement du groupe kabbalistique
Hevruta - Après la Leçon 27 - Fondation du Groupe Kabbalistique
Les Kabbalistes ont toujours étudié en groupe. C’est une très longue tradition, ce n’est pas quelque chose de nouveau.
Et, comme pour tout en Kabbale, nous devons apprendre la signification intérieure des concepts que nous utilisons. De la même façon que nous avons dû clarifier les définitions de « Lumière », « récipient » et de nombreux autres concepts uniques en Kabbale, nous devons aussi clarifier le concept de « groupe ».
Un groupe kabbalistique n’est pas simplement un groupe de personnes qui se réunissent pour faire quelque chose. Bien entendu, cela inclut le fait d’être ensemble, mais nous devons comprendre son but spirituel.
Quel est le bénéfice spirituel de se rassembler ?
Qu’en retirons-nous ?
Et comment pouvons-nous mesurer notre progrès dans l’utilisation de cet outil spécial appelé l’environnement kabbalistique, ou le groupe kabbalistique ?
Nous avons déjà abordé ce sujet lorsque nous avons étudié l’article « La Liberté ». Là, nous avons appris que pour créer un vrai changement et influencer notre futur soi, c’est-à-dire ce que nous voulons devenir, nous devons construire le bon environnement.
Les Kabbalistes expliquent que cet environnement repose sur trois éléments principaux :
- Les livres que les Kabbalistes nous ont laissés.
- Le Rav, c’est-à-dire un Kabbaliste qui a atteint la spiritualité et peut expliquer ce qui est écrit dans les livres.
- Les amis.
Ce concept « d’amis » est aussi quelque chose que nous devons clarifier et explorer. En Kabbale, les mots familiers reçoivent souvent une signification plus profonde et plus précise.
Alors aujourd’hui, nous allons continuer la lecture de l’article et tenter de clarifier davantage ces concepts. Nous discuterons aussi de ce qu’est le groupe, de ce que sont les amis, et comment l’environnement kabbalistique aide une personne à progresser spirituellement.
Article 1 du Rabash
Nous nous sommes rassemblés ici afin de jeter les fondements d’une société, pour tous ceux qui souhaitent suivre le chemin et la méthode du Baal HaSoulam, pour s'élever dans les mérites de l’homme et ne pas rester au niveau d’un animal.
Pour comprendre le mérite de l’homme, nous allons maintenant citer un verset de nos sages.
Rabbi Elazar a dit : « Le Créateur a dit : “Le monde entier n’a été créé que pour cela”, signifiant que le monde entier n’a été créé qu’en vue de la crainte de Dieu. »
Cependant, nous devons comprendre ce qu’est la crainte de Dieu, puisqu’elle serait la raison pour laquelle le monde a été créé.
D’après toutes les paroles de nos sages, nous apprenons que la raison de la création était de donner du bien à ses créatures.
Cela signifie que le Créateur voulait réjouir les créatures afin qu’elles se sentent heureuses dans le monde. Et ici, nos sages ont dit à propos du verset «car c’est là tout l’homme » que la raison de la création est la « crainte de Dieu ».
Mais selon ce qui est expliqué dans Matan Torah [« Le Don de la Torah »], la raison pour laquelle les créatures ne reçoivent pas la joie et le plaisir, alors même que c’était la raison de la création, est la différence de forme entre le Créateur et les créatures. Le Créateur est le donneur et les créatures sont les receveuses. Mais il y a une règle selon laquelle les branches sont semblables à la racine d’où elles proviennent.
Et puisque dans notre racine il n’y a aucune réception, puisque le Créateur n’est jamais en manque de rien et n’a besoin de rien pour satisfaire son manque, l’homme ressent un malaise lorsqu’il doit être un receveur. C’est pourquoi toute personne a honte de manger le pain de la honte.
Pour corriger cela, le monde devait être créé. Olam [monde] signifie He’elem [caché], donc la joie et le plaisir doivent être dissimulés.
Pourquoi en est-il ainsi ? La réponse est : par crainte. En d’autres termes, il s’agit que l’homme craigne d’utiliser ses récipients de réception, appelés « amour de soi ». Cela signifie que l’on doit se retenir de recevoir des plaisirs simplement parce qu’on les désire, et il faut avoir la force de prévaloir sur le désir, l’objet de sa convoitise.
À la place, il faut recevoir des plaisirs qui apportent du contentement au Créateur. Cela signifie que la créature voudra donner au Créateur et qu’elle aura la crainte du Créateur, de recevoir pour soi, car recevoir un plaisir—lorsqu’on reçoit pour son propre bénéfice—l’éloigne de l’adhésion au Créateur.
Ainsi, lorsqu’une personne accomplit une des Mitzvot du Créateur, [correction du désir afin de donner] elle doit viser à ce que cette Mitzva lui apporte des pensées pures, pour qu’elle puisse donner au Créateur en observant les Mitzvot du Créateur. Comme l’ont dit nos sages : « Rabbi Hanania Ben Akashia dit : ‘Le Créateur a voulu purifier Israël ; c’est pourquoi Il leur a donné beaucoup de Torah et de Mitzvot.’ »
Et c’est pourquoi nous nous réunissons ici—pour établir une société où chacun de nous suit l’esprit du don au Créateur. Et pour atteindre le don au Créateur, nous devons commencer par le don à l’homme, ce qui s’appelle « l’amour des autres ».
Et l’amour des autres ne peut se réaliser que par l’annulation de soi.
Ainsi, d’un côté, chacun doit se sentir humble, mais d’un autre côté, être fier que le Créateur nous ait donné l’opportunité d’être dans une société où chacun n’a qu’un seul but : que la Shekhina [Divinité] soit parmi nous.
Et même si nous n’avons pas encore atteint ce but, nous avons le désir de l’atteindre. Et cela aussi doit être apprécié par nous, car même si nous sommes au début du chemin, nous espérons atteindre le but suprême.
Discussion :
Quels termes ou concepts trouvez-vous confus ou nécessitant une explication ?
1. Le Degré d’Homme
Le premier concept qui apparaît est « le degré d’homme ».
En Kabbale, le mot « homme » vient du mot hébreu « Adam ». Le mot Adam est relié à la phrase « Edameh leElyon », qui signifie « Je ressemblerai au Plus Haut ».
Cela signifie que le vrai degré d’homme n’est pas simplement un être humain au sens physique. Il s’agit d’une personne qui veut devenir semblable au Créateur.
C’est ce que nous voulons atteindre : que notre désir principal soit de ressembler au Créateur, d’acquérir Sa qualité de don et de générosité.
Ainsi, quand la Kabbale parle de « l’homme », elle parle d’un degré spirituel. C’est le degré de celui qui veut s’élever au-dessus du désir de recevoir pour soi et devenir semblable au Créateur.
2. Le Degré de Bête
L’article parle aussi du degré de « bête ».
Cela ne fait pas référence aux animaux de notre monde. En Kabbale, « bête » est aussi un concept spirituel.
La différence entre « bête » et « homme » peut être comprise simplement.
Un animal marche sur quatre pattes. Sa tête et son corps sont au même niveau. Cela représente un état où l'esprit, les pensées et les calculs sont au même niveau que le corps, c’est-à-dire au même niveau que le désir de recevoir.
En d’autres termes, il n’existe pas de calcul au-dessus du désir égoïste.
Mais dans le degré d’homme, la tête est au-dessus du corps. Cela signifie que les pensées, les calculs et les intentions de la personne sont au-dessus du désir de recevoir.
Ainsi, « bête » signifie vivre selon le désir égoïste naturel, tandis que « homme » signifie essayer de construire une intention au-dessus de ce désir.
C’est pourquoi la Kabbale utilise les termes « homme » et « bête ». Ils ne parlent pas d’êtres humains physiques ni d’animaux physiques, mais d’états spirituels intérieurs.
3. La Crainte du Créateur
Un autre concept qui nécessite clarification est la « crainte ».
Nous entendons souvent l’expression « crainte de Dieu » ou « crainte du Créateur ». Mais en Kabbale, cela ne signifie pas que nous avons peur du Créateur, comme si quelque chose de négatif pouvait nous arriver.
Ce n’est pas une crainte ordinaire.
Dans ce monde, notre crainte est généralement liée à la réception. Nous avons peur de ne pas recevoir quelque chose. Nous craignons qu’il nous manque quelque chose. Nous avons peur de perdre, de manquer ou de ne pas obtenir ce que nous voulons.
Mais la crainte du Créateur est différente.
La crainte du Créateur signifie qu’une personne commence à se demander : « Est-ce que je donne ? Est-ce que je fais preuve d’altruisme ? Est-ce que j’agis avec la bonne intention ? »
Au lieu de se préoccuper uniquement de « Peut-être que je ne recevrai pas », la personne commence à se demander « Peut-être que je ne donne pas ».
C’est ce qu’on appelle la crainte du Créateur.
Ce n’est pas la peur d’une punition. C’est la crainte de ne pas pouvoir donner, de ne pas pouvoir aimer, de ne pas pouvoir se rapprocher de la qualité du Créateur.
4. Différence de Forme entre le Créateur et la Créature
L’article explique aussi la différence de forme entre le Créateur et la créature.
Le Créateur représente la qualité du don. Il donne.
La créature, par essence, est le désir de recevoir.
Cela crée une différence de forme entre le Créateur et la créature. Le Créateur donne, et la créature reçoit.
Cette différence de forme crée la honte. Nous avons étudié cela lorsque nous avons parlé de la structure des mondes.
La créature sent qu’elle est à l’opposé du Créateur. Elle reçoit, alors que le Créateur donne. Ce sentiment d’opposition s’appelle la honte.
Et c’est de cette honte que débute tout le processus de correction.
5. La signification de « Monde » et Dissimulation
Nous avons aussi appris que le mot « monde » en hébreu est « Olam ». Il est relié au mot « He’elem », qui signifie dissimulation.
Cela signifie que le Créateur nous est caché.
Nous ne voyons pas clairement la force du don. Nous ne ressentons pas naturellement ce que cela signifie de vivre dans l’intention de donner. Nous ne voyons pas d’emblée comment acquérir cette qualité.
Mais cette dissimulation a été créé exprès.
Pourquoi ?
Pour que nous puissions acquérir la qualité du don librement.
Si le Créateur nous était entièrement révélé, nous n’aurions pas de véritable choix. Nous serions contraints par ce que nous voyons et ressentons.
Mais parce qu’Il est caché, nous avons la possibilité du libre arbitre. Nous pouvons choisir de construire un environnement, d’étudier, de travailler avec les amis, et d’acquérir progressivement le désir de Lui ressembler.
6. La Signification des Mitzvot
L’article parle ensuite du concept de « mitzvot ».
Habituellement, le mot mitzvot est traduit par « commandements ». Mais en Kabbale, nous devons comprendre cela plus profondément.
Une mitzva n’est pas simplement un commandement externe ou une action extérieure.
Elle est liée aux lois du Créateur.
Et quelle est la loi du Créateur ?
La loi du Créateur est la loi du don.
Donc accomplir une mitzva signifie se rapprocher de cette loi. Cela signifie corriger notre intention pour aller davantage dans la direction du don.
L’action extérieure n’est pas le point principal. Le point essentiel est l’intention intérieure.
Une mitzva signifie qu’une personne est capable, dans une certaine mesure, de suivre l’intention du don.
7. Torah : La Lumière qui Corrige
Pour purifier le désir de recevoir et parvenir au désir de donner, la Kabbale parle de « Torah et mitzvot ».
La Torah n’est pas seulement un livre. Dans sa signification intérieure, la Torah est la Lumière qui corrige.
Cela signifie qu’à travers l’étude correcte, avec la bonne intention, une personne attire une force qui la transforme.
Cette force ne donne pas simplement plus de connaissances. Elle corrige le cœur. Elle change l’intention.
Et les mitzvot sont les actions corrigées du don qui deviennent possibles grâce à cette correction intérieure.
Ces actions sont principalement des actions du cœur.
Elles sont des changements d’intention.
Lorsque notre intention passe de recevoir pour nous-mêmes à donner, nous commençons à ressembler au Créateur.
8. Où Pratiquer cette Correction ?
Où peut-on pratiquer le changement de notre intention ?
L’endroit principal est dans le groupe.
Le groupe nous donne un lieu concret pour travailler. Il nous donne un endroit où nous pouvons examiner notre intention envers les autres.
C’est ce qu’on appelle le travail dans l’amour des autres.
Quand j’interagis avec d’autres personnes, en particulier avec les amis du groupe, je peux commencer à voir ma véritable intention.
Est-ce qu’ils sont dans mes pensées ?
Est-ce que je veux les aider à avancer ?
Est-ce que je veux qu’ils ressentent le texte plus profondément ?
Est-ce que je souhaite qu’ils se rapprochent du Créateur ?
Ou est-ce que je pense seulement à moi, à mon propre avancement, à ma propre compréhension, à mon propre ressenti ?
C’est là que commence le travail.
9. Le Travail Pratique dans l’Atelier
Concrètement, nous nous rassemblons et lisons l’article.
Mais pendant la lecture, nous ne cherchons pas seulement à comprendre les mots intellectuellement.
Nous essayons aussi d’examiner notre intention.
Par exemple :
Est-ce que je lis pour aider mes amis à ressentir le texte ?
Est-ce que j’écoute pour soutenir la connexion entre nous ?
Est-ce que j’essaie d’aider le groupe à se rapprocher du Créateur ?
Ou bien ne suis-je préoccupé que par mon propre progrès ?
Ce ne sont que des exemples simples, mais ils montrent le début du travail intérieur.
Le point principal n’est pas seulement ce que nous faisons extérieurement. L’essentiel est l’intention derrière l’action.
10. Question pour la Discussion
Maintenant, nous pouvons nous demander :
Qu’est-ce qui, dans l’article, nécessite encore des clarifications ?
Quel concept n’est pas encore clair ?
De quoi devons-nous discuter ensemble pour mieux comprendre le travail dans le groupe, le rôle des amis, et la correction de notre intention ?