Hévrouta - Suite à la leçon 17 - La signification spirituelle du TANAKH (Bible hébraïque) selon la sagesse authentique de la Kabbale

Hévrouta - Suite à la leçon 17 - La signification spirituelle du TANAKH (Bible hébraïque) selon la sagesse authentique de la Kabbale

Hévrouta - Suite à la Leçon 17 - La signification spirituelle du TANAKH (Bible hébraïque) selon la sagesse authentique de la Kabbale

Contenu de la leçon
Matériels

Extrait des sources

 « …L'intériorité de la sagesse de la Kabbale n'est pas différente de l'intériorité de la Bible, du Talmud et des légendes. La seule différence entre elles réside dans leurs explications.

Cela ressemble à une sagesse qui a été traduite en quatre langues. Naturellement, l'essence de la sagesse n'a pas du tout changé avec le changement de langue. Tout ce que nous avons à considérer est de savoir quelle traduction est la plus appropriée pour transmettre la sagesse au lecteur. »

Baal HaSoulam « L'enseignement de la Kabbale et son essence »

 


« Il est difficile pour les débutants, car ils perçoivent les sujets à travers les frontières corporelles du temps, de l'espace, du changement et de l'échange. Toutefois, les auteurs n'ont utilisé cela que comme des signes pour indiquer leurs racines supérieures. »

Baal HaSoulam, L’Étude des Dix Sefirot, Partie 1, chapitre 1, Lumière intérieure, p.1


« Il est strictement exigé lors de l'étude de cette sagesse de ne pas matérialiser les sujets avec des questions imaginaires et corporelles. Car ainsi ils transgressent : «Tu ne te feras pas d’idole ni d’image.»

Dans ce cas, l'homme est alors plutôt lésé, au lieu de recevoir un bénéfice. »

Baal HaSoulam, « Introduction à l’Étude des Dix Sefirot », Lettre 156


 

Le langage des branches

 

Les kabbalistes ont choisi un langage particulier appelé le « langage des branches ». La raison de ce choix est que tout ce qui existe dans notre monde (minéral, végétal, animal et humain) — tout ce qui leur est arrivé dans le passé, arrive maintenant, et arrivera dans le futur — c’est-à-dire, tous les objets ainsi que leur gouvernance émanent du Créateur et traversent tous les mondes spirituels avant d’apparaître dans le nôtre. La gouvernance de tout cela se renouvelle constamment d'en haut vers notre monde.

Tout ce qui existe dans notre monde a son origine dans le Monde Supérieur, avec tout ce qui descend graduellement dans notre monde. Parce que tout dans notre monde provient du Monde Supérieur, il y a une connexion stricte entre les objets de notre monde, leurs conséquences, leurs causes et leurs origines dans le monde spirituel.

Les kabbalistes qui déterminent ce lien exact, voyant à la fois l'objet supérieur (la racine dont tout provient) et l'objet inférieur dans notre monde (qui reçoit du Supérieur – sa cause et force gouvernante – inconsciemment, sans le sentir eux-mêmes) peuvent indiquer précisément chaque connexion. Ils peuvent ainsi appeler les racines dans les mondes supérieurs par les noms de leurs conséquences matérielles, c’est-à-dire, les branches dans notre monde. C’est pourquoi ce langage est appelé « langage des branches » et non « langage des racines ». Les racines sont appelées par les noms de leurs branches et non l’inverse. Ainsi, les kabbalistes ont trouvé le langage qui, en utilisant des mots du quotidien, décrit précisément le monde spirituel. Il ne peut y avoir d’autre langage, car il n’existe pas d’autres mots compréhensibles pour ceux qui existent dans les deux mondes. C’est pourquoi, pour décrire le Monde Supérieur, les kabbalistes prennent des noms de notre monde et les utilisent pour décrire les objets du Monde Supérieur, les racines de notre monde.

Cependant, si l’on n’en est pas conscient, il peut sembler qu’un livre kabbalistique raconte une histoire sur notre monde. Ces mots, cependant, ne troublent pas un kabbaliste qui voit clairement de quoi parle réellement le livre. Il sait exactement quelle branche (c.-à-d. quel effet) de notre monde correspond à sa racine dans le Monde Supérieur.

Par exemple, « Jérusalem » dans la littérature kabbalistique ne fait pas référence à la ville physique, mais à certaines forces spirituelles et à une concentration d’une certaine énergie spirituelle qui occupe une place spécifique dans le système des mondes spirituels. De plus, des parties du corps humain en Kabbale, telles que le « Rosh » (tête), le « Gouf » (corps), le « khazé » (poitrine), le « Péh » (bouche), le « Einaïm » (yeux), etc., font référence à leurs racines spirituelles. Le mot « Rosh » désigne la partie décisionnelle de l'objet spirituel, tandis que « Gouf » se rapporte à la concentration des fonctions exécutives.

 


 

Au commencement - Béréshit

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient à la surface de l’abîme ; et l’esprit de Dieu planait sur la surface des eaux. Et Dieu dit : « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Et Dieu appela la lumière Jour, et il appela les ténèbres Nuit. Il y eut un soir, il y eut un matin : un jour.

 

Béréshit (Genèse), le premier chapitre de la Torah (Pentateuque) commence par ces paroles. Elles évoquent une certaine image. Nous avons entendu diverses interprétations de ces versets au niveau du Peshat (sens littéral). Cependant, ces interprétations simples laissent une multitude de questions ; elles manquent de logique et d’approche scientifique. Les kabbalistes expliquent cela comme suit :

Tous les livres sacrés ne parlent que du monde spirituel, de la façon dont il a été créé, et comment plus tard notre monde a été créé à partir de lui. De plus, ces livres ne se contentent pas de décrire ce qui existe, mais ils enseignent aussi à une personne comment voir ce monde-là.

La révélation progressive du Monde Supérieur est appelée l’ascension spirituelle de la personne, ou les échelons de l’élévation spirituelle. Plusieurs techniques sont utilisées dans les livres pour décrire le monde spirituel. La Kabbale est la science de la structure du Monde Supérieur ; elle utilise le langage des Séfirot, Partsoufim, des diagrammes et des schémas pour le décrire. La Torah décrit le Monde Supérieur à l’aide du langage courant. Il existe aussi le langage allégorique et le langage des lois. À présent, nous allons essayer de traduire le langage de la Torah dans le langage kabbalistique.

La Torah décrit l’émergence du Monde Supérieur, sa structure et son évolution, puis elle dépeint le processus de notre création. Mais il ne s’agit pas d’une personne de notre monde. La Torah parle de la création du désir de recevoir (appelé l’Âme ou Adam) dans le but de remplir cette création-désir-âme de délice éternel et absolu. Ce désir de plaisir est la seule création. À part cela, il n'y a que le Créateur. Ainsi, tout ce qui existe en dehors du Créateur n'est rien d'autre que diverses manifestations du désir de plaisir.

Il en est de même dans notre monde. La seule chose qui sépare tous les objets, ce sont les différents degrés du désir de plaisir, lesquels déterminent toutes les propriétés de chaque objet. Le désir de plaisir se divise en cinq niveaux, et ces cinq parties du désir-création sont appelées les Sefirot : Keter, 'Hokhma, Bina, Tifferet, et Malkhout. Le Créateur souhaite remplir totalement la création de plaisir jusqu’à ce qu’elle ressente la perfection et l’éternité. Ceci parce que le Créateur Lui-même existe dans cet état particulier et souhaite nous le conférer.

Le Créateur est parfait et unique. Étant parfait, Il souhaite conférer la perfection, Sa propre condition à Ses créatures. C’est pourquoi le but de la création est d’atteindre la perfection du Créateur et d’être capable de recevoir ce que le Créateur souhaite donner.

La Kabbale ne traite pas des événements de notre monde. Elle étudie les événements dans le Monde Supérieur, d’où toutes les forces descendent dans notre monde et génèrent ou stimulent tout ce qui s’y produit. Par l’étude de la Kabbale, une personne commence à voir le Monde Supérieur. Elle est capable d’atteindre le Créateur et la façon dont Il a créé le monde spirituel. En Kabbale, cette action est appelée « Premier jour de la Création ». Lors de Ses actions suivantes (ce que l’on appelle les jours suivants), le Créateur a créé les forces gouvernantes du Monde Supérieur. L’acte final, le sixième acte du Créateur (le sixième jour de la création), a été la création d’Adam.

Puisqu’Adam était l’acte final du Créateur, il est le but de toute la création. Tout ce qui a été créé avant lui l’a été pour lui. Quelle est donc la destinée d’Adam ? Adam doit atteindre la similitude avec le Créateur, devenir complètement égal à Lui, et gouverner lui-même toute l’existence ainsi que sa propre destinée. De plus, nous sommes obligés d’atteindre cet état suprême et parfait par nous-mêmes. L’atteindre par nous-mêmes signifie qu’il nous faut d’abord atteindre l’état le plus bas (opposé à l’état du Créateur), puis nous élever par nos propres efforts.

Grâce à la Kabbale, une personne voit les deux mondes — le nôtre et le Monde Supérieur — ainsi que l’interaction entre eux. L’information émane du Monde Supérieur et se concrétise en matière devant nos yeux. Notre réaction à cela (qui descend d’en haut sous forme d’information) remonte vers le Monde Supérieur et détermine de quelle façon (bonne ou mauvaise) notre futur descendra et se matérialisera. Ainsi, le Créateur (existant au niveau le plus élevé), a créé la création à partir de la propriété opposée à Lui. Il l’a remplie de la lumière et, plus tard, en la vidant de la lumière, il l’a abaissée à l’état de « notre monde ».

En gravissant les échelons de l’échelle spirituelle, la création devient digne de recevoir un plaisir bien plus grand que celui qu’elle possédait avant de descendre dans ce monde. De plus, la création doit avoir la force et l’opportunité d’agir librement entre deux forces opposées, son propre égoïsme et le Créateur, et alors choisir son chemin de façon indépendante.

Pour poser ces conditions à disposition de la création, le Créateur doit faire ce qui suit :

  • Éloigner totalement la création de Lui-même

  • Lui donner la possibilité d’évoluer et d’atteindre cette Existence,

  • Lui donner la possibilité du libre-choix

Le Créateur nous donne ces conditions progressivement. Au départ, la création, ressentant le Créateur (remplie de la lumière), n’est pas indépendante. Elle est complètement dominée par la lumière, et la lumière lui dicte ses propres lois et lui transfère ses qualités. Pour rendre la création indépendante du Créateur, Il doit s’éloigner totalement d’elle. Autrement dit, la création, en se libérant de la lumière, gagne la liberté d’action. L’acte d’expulsion de la lumière du Kli (récipient) spirituel s’appelle la Restriction.(Tsimtsoum)

La Torah commence par les mots « au commencement » (Béréshit), qui désignent le début du processus d’éloignement du Créateur par rapport à la création. Le mot « Béréshit » provient du mot « Bar » – « dehors ». Ainsi, il relate la sortie du Créateur vers une condition distincte, entre le ciel et la terre. « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». Le ciel est la Séfira Bina avec ses propriétés altruistes. La terre est la Séfira Malkhout avec ses propriétés terrestres et égoïstes. Entre ces deux propriétés opposées, qui servent de base à tout le système de l’existence, plane notre âme.

La Torah débute avec la naissance de la création, le Monde Supérieur et la création de l’homme. Elle ne commence pas avec la fin de la création. La fonction de la Torah est de donner aux gens de ce monde les instructions pour s’élever vers l’état le meilleur et le plus parfait. Dans son état initial, la création (l’âme ou Adam) n’est pas corrigée. Elle doit se corriger elle-même et atteindre l’état de « Correction Finale ». Imaginez que vous avez un outil de travail cassé dont vous avez besoin. Il en découle que d’abord, vous devez le réparer et ne l’utiliser qu’ensuite. Ainsi, la Torah nous enseigne comment réparer cet outil cassé : l’âme reçue d’en haut.

Durant la correction, une personne existe entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur. Au cours de cette correction, l’âme acquiert les compétences, connaissances et expériences nécessaires. Le plus important, l’homme acquiert de nouvelles sensations et de nouvelles capacités spirituelles. Lorsqu’il corrige totalement son âme, il acquiert des propriétés qui lui permettent d’exister dans le Monde Supérieur dans sa pleine intégralité ; dans l’éternité, la paix et la perfection.

Ni les sources kabbalistiques, ni la Torah ne décrivent cet état particulier. Il est impossible de le décrire, car il n’existe aucun équivalent dans notre langage. Seuls ceux qui passent tous les états préliminaires de correction et atteignent la Correction Finale accèdent à cet état. Tout ce qui se trouve au-delà de la Correction Finale n’est décrit nulle part. C’est exactement là que résident les « Secrets de la Torah ».

On ne trouve que quelques allusions dans des livres tels que « Le Zohar » et le Talmud. Ces états spéciaux et secrets sont appelés « Maase Merkava » et « Maase Bereshit ». Mais il ne s’agit que d’allusions. En réalité, ces états, ces lieux spirituels, ne peuvent être décrits par des mots, car nos mots, lettres et termes sont tirés de notre système de Correction et n’y agissent que là. Nous n’avons absolument aucune conscience de ce qui existe au-delà de notre système de Correction et cela ne peut être transposé dans la langue humaine ni réduit à notre système de définitions et de croyances.

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » fait référence à la création de deux propriétés : l’égoïsme et l’altruisme. La propriété égoïste de la « terre » est corrigée grâce à la propriété altruiste du « ciel ». Le processus de correction comprend sept étapes, appelées « les sept jours de la création ». Naturellement, c’est un nom conditionnel. Il n’a rien à voir avec les sept jours sur terre ; il ne s’agit ni du jour et de la nuit ni de la lumière et de l’obscurité sur terre. Il s’agit plutôt des états spirituels et des ressentis spirituels d’une personne qui traverse ces étapes de correction. Il s’agit du système selon lequel l’âme est corrigée tout en existant au niveau appelé « terre ».

Il est nécessaire d’élever l’âme du niveau de la Séfira Malkhout au niveau de la Séfira Bina. Cela signifie que la propriété égoïste de Malkhout doit être transformée en propriété altruiste de Bina. Cela peut être réalisé par sept corrections successives, appelées « les sept jours de la semaine ». La Torah explique ce que l’homme doit faire de son âme « chaque jour ».


Premier Jour

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient à la surface de l’abîme ; et l’esprit de Dieu planait sur la surface des eaux. Et Dieu dit : « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Et Dieu appela la lumière Jour, et il appela les ténèbres Nuit. Il y eut un soir, il y eut un matin : jour un.

Que signifie : « et Dieu sépara la lumière des ténèbres » ? Dans nos corrections, nous devons suivre les actes du Créateur. Ainsi, le tout premier commandement que nous avons à remplir est de trier en nous-mêmes nos pensées et nos désirs pour discerner lesquels sont purs — « ciel » — et lesquels sont sombres — « terre ». Ce processus est appelé « Akarat HaRa » (la prise de conscience du mal). Cela survient lorsque, grâce à l’étude des livres kabbalistiques et aux relations dans un groupe kabbalistique, nous commençons à analyser nos propriétés. Opposer nos propriétés spirituelles et animales les unes aux autres, et les séparer, constitue le premier pas vers la correction. C’est le premier jour de l’homme créant un Humain à l’intérieur de lui-même.


Deuxième Jour

Et Dieu dit: « Qu’il y ait une voûte au milieu des eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux ». Et Dieu fit la voûte, et il sépara les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament ; et cela fut ainsi. Et Dieu appela le firmament Ciel. Il y eut un soir, il y eut un matin: un deuxième jour.

Après avoir séparé en nous les propriétés égoïstes et altruistes, nous devons commencer à les corriger. Cela se fait par la lumière spéciale du Créateur, qui émet deux sortes de lumière : la lumière de 'Hokhma et la lumière de 'Hassadim. Avec la propriété de la lumière de 'Hassadim (miséricorde), appelée « eau », nous apprenons la propriété du don, l’altruisme.

La « terre » est la propriété égoïste de recevoir et d’absorber tout en soi, c’est notre nature initiale. L’eau est la propriété du don, et elle imprègne la terre et crée les conditions à l’apparition de la vie. La propriété du don corrige l’égoïsme et nous permet de l’utiliser correctement, à notre profit et à celui des autres. Dans l’égoïsme corrigé par le don, on ressent le Monde Supérieur (le Créateur) et on perçoit ses vies antérieures et le chemin vers le but de la création. L’âme est éternelle et passe de corps en corps. Ainsi, c’est ici même que l’on voit toutes ses réincarnations précédentes. Celui qui n’a pas corrigé son âme ne peut percevoir quoi que ce soit au-dessus de ce monde.


Troisième Jour

Et Dieu dit: « Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul endroit, et que le sec paraisse ». Et cela fut ainsi. Et Dieu appela le sec «terre », et l’amas des eaux, il l’appela «mers »; et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu dit: « Que la terre produise de la verdure, des herbes portant semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce, avec leur semence en eux, sur la terre ». Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, des herbes portant semence selon leur espèce, et des arbres donnant du fruit avec leur semence en eux, selon leur espèce; et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin: un troisième jour.

Les eaux se sont rassemblées sous le ciel et la terre sèche est apparue. Une partie de la Terre primitive apparaît hors des eaux. Après que l’eau ait rectifié la terre, celle-ci devient apte à l’émergence de la vie, car elle possède alors à la fois les propriétés de l’eau et celles de la Terre. L’eau elle-même est tout aussi dévastatrice pour la vie que la Terre sèche. Rappelez-vous comment Noé a envoyé une colombe depuis l’arche pour trouver la Terre ferme. C’est précisément la bonne combinaison des propriétés altruistes et égoïstes du « Ciel » et de la «Tterre » à l’intérieur de l’âme humaine qui forme la base de la correction et de l’application des propriétés du Créateur au sein de l’être humain.

Cette correction s’appelle « Kav Emtzaï » (la ligne médiane). Notre nature égoïste naturelle est appelée Terre et représente la ligne gauche. La ligne droite représente les propriétés du Créateur, c’est-à-dire la propriété de l’eau, l’altruisme ou le don. La ligne médiane est exactement ce que l’être humain doit atteindre, c’est-à-dire « choisir la vie ». Autrement dit, il faut prendre autant « d’eau » que nécessaire pour la combiner avec la «Terre », pour que ces deux lignes se complètent et portent du fruit. De cette combinaison naît « l’Arbre de Vie », qui représente l’être spirituel capable de ressentir toute la création et d’exister dans tous les mondes dans le bonheur et l’éternité.

Nous existons éternellement parce que nous nous identifions à l’âme éternelle et non au corps éphémère. Nous commençons à nous ressentir comme l’âme et percevons notre corps comme une coquille temporaire. Cette transition vers l’identification à l’âme plutôt qu’au corps est purement psychologique et se produit à mesure que l’homme acquiert la propriété de Bina.

 

L’âme commune a été créée à partir du désir de recevoir délice et plaisir, ou simplement, « le désir de recevoir ». Ce désir est le noyau de l’âme, et il est affecté par six qualités: 'HessedGuevouraTifferetNetsakhHod, et Yessod. Ces qualités ont pénétré la substance — le désir de recevoir — et l’ont façonnée, en harmonie avec la force supérieure, le Créateur. La raison pour laquelle l’Homme est appelé « Adam » vient de Adama, du verset Adameh la Elyon (« Je serai semblable au Très-Haut », Isaïe, 14:14). Cela fait référence à la similarité d’Adam avec le Créateur — le sublime don, le sublime amour — la force supérieure qui lui a donné naissance.

Adam est la structure de l’âme qui est égale en forme au Créateur, et est en Dvékout (adhésion) avec Lui dans le Jardin d’Éden. Un jardin signifie « désir », et le jardin est une partie de la créature, la substance d’Adam — c’est le désir de recevoir. Eden marque le degré du don, le degré de Bina. Adam, qui est au degré de Bina, se trouve dans le Jardin d’Éden.

Béréshit (au commencement) signifie que le Créateur a créé six qualités et l’homme. L’homme contient toutes les qualités permettant de devenir semblable au Créateur. C’est en fait le travail de la Création — former la substance, le désir de recevoir. Ces qualités imprègnent le désir de recevoir pour que la structure en tant qu’âme atteigne l’état du Créateur.


Quatrième Jour

 

Et Dieu dit: « Qu’il y ait des lumières dans le firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit; qu’elles servent de signes, pour les fêtes, pour les jours et les années; qu’elles servent de lumières dans le firmament du ciel pour éclairer la terre ». Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grandes lumières : la plus grande pour présider au jour, la plus petite pour présider à la nuit; et il fit les étoiles. Dieu les plaça dans le firmament du ciel pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres; et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin: un quatrième jour.

Au quatrième jour, la lumière dans le firmament du ciel apparut afin de signifier les changements entre le jour et la nuit, les mois et les années. La correction a lieu aussi bien dans la plus petite partie de l’univers que dans l’ensemble de l’univers en général. La création, dans sa totalité, est appelée Adam ou l’Âme ; ses composants sont appelés âmes individuelles, ou « Bnei Adam » (les fils d’Adam). Chacune de ces âmes individuelles passe par les mêmes étapes de correction que l’âme commune.

Cinquième Jour

Et Dieu dit: « Que les eaux foisonnent d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre sous le firmament du ciel ».  Et Dieu créa les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui se meuvent et que les eaux firent foisonner selon leur espèce, et tout oiseau ailé selon son espèce; et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, disant: « Soyez féconds, multipliez-vous, et remplissez les eaux des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre .».  Il y eut un soir, il y eut un matin: un cinquième jour.

Le livre du Zohar décrit que chaque jour représente l’édification des « 'Heikhalot » (palais célestes), l’édification du vide (désir). À mesure que les propriétés égoïstes de l’âme sont corrigées en propriétés altruistes, elles sont progressivement remplies de la Lumière Supérieure. Les personnes ayant vécu une expérience de mort imminente ont en partie senti cette Lumière Supérieure, et décrivent par la suite une sensation céleste particulière de paix et de joie. Ce remplissage progressif des espaces vides conduit toutes les âmes à l’état de correction finale et de perfection. Il n’y a pas de temps dans le Monde Supérieur, car le temps disparaît, tous ces états étant parfaits. Il en va de même pour le récit de la Torah : il n’y a pas de séparation dans le temps et tous les événements ne sont reliés que par des rapports de cause à effet. Nous verrons que l’homme a été créé le sixième jour et n’a existé que quelques heures avant de commettre une faute et de tomber dans le monde inférieur. Avec lui, le monde entier a chuté.

 


Sixième Jour

Et Dieu créa l’homme à Son image, à l’image de Dieu Il le créa; … et Dieu leur dit: … dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout être vivant qui rampe sur la terre.

Que signifie « à son image » ? Dans la Torah, « à son image » se dit « Be Tselem Elokim Bara… » « Tselem » signifie une part de Bina, qui descend de Bina dans l’âme et transmet à l’âme les propriétés du Créateur. Autrement dit, Partsouf Bina représente l’instrument de la Gouvernance Supérieure, qui commande toutes les âmes, leurs voies et leur ordre de correction. Tout ce qui nous arrive provient de BinaMalkhout est la collection de toutes les âmes à corriger. Pour corriger Malkhout, un instrument spécial émane de Bina. Il pénètre Bina et lui permet de corriger. Ce système d’aide, que reçoit de chaque âme la Malkhout depuis le haut, s’appelle “Tsélem” — “image”. Par cela, on entend un ensemble de propriétés : l’image du Créateur.

Sans information sur le programme de la création et sans perception des mondes spirituels, nous ne savons pas comment agir, quelles étapes franchir. Nous sommes incapables de comprendre ce qui est attendu de nous. Pour que nous possédions ces moyens nécessaires à notre avancement, le degré supérieur, Bina, doit nous enseigner ce que nous devons faire. C’est ce que fait le Tsélem (l’instrument auxiliaire venant de Bina) à l’intérieur de nous. Il s’implante dans notre âme et suscite toutes sortes de corrections nécessaires. C’est pourquoi il est dit que Tsélem contribue à faire de nous un Humain.

Le septième jour, l’homme s’éleva de plus en plus. Il effectua six corrections successives en lui-même : 'Hessed, Guevoura, Tifferet, Netzakh, Hod, Yessod. Ces six corrections successives s’appellent six jours ou six mille ans de création. La dernière Séfira (c.-à-d. Malkhout) est incapable de se corriger seule. Cependant, Malkhout ayant absorbé les propriétés des six Séfirot précédentes, elle est capable de recevoir leurs propriétés. Ainsi, l’essence du septième jour est que tout ce qui a été accumulé et créé au cours des six jours entre dans Malkhout. Le samedi est considéré comme un jour spécial, car dans cet état, les âmes sont remplies de la lumière supérieure. La seule condition est de « ne pas entraver » ce processus — c’est pourquoi il est symbolisé par un jour de repos. 


Question : Pouvons-nous influencer ces processus, « comprimer » le temps, et raccourcir notre chemin vers le but de la Création ?

La seule chose que nous puissions faire est d’accélérer le processus de sept mille ans déterminé d’en haut. Ceux qui peuvent aborder ce processus individuellement entrent dans le Monde Supérieur et la réalité parfaite plus tôt. De plus, le chemin même de la correction (s’il est suivi consciemment, grâce à un effort personnel), est ressenti comme un élan ou une aspiration romantique, et non comme un coup perpétuel du destin.

Nous étudions la structure et le fonctionnement de toute l’existence afin de comprendre clairement comment intervenir et modifier ce processus. En général, l’homme ne peut exercer d’influence directe sur sa racine ou son origine. Il existe au degré inférieur, comme dérivé du supérieur. Toutefois, en nous corrigeant et en nous rapprochant de notre racine, nous pouvons changer notre ressenti intérieur de ce que nous recevons d’en haut. Au lieu des coups du sort, des problèmes permanents et des difficultés quotidiennes, nous commençons à éprouver le bonheur, la paix, la perfection et la pleine connaissance. Le Créateur nous a placés dans ce monde afin que nous puissions, en utilisant la Kabbale, maîtriser le Monde Supérieur et commencer à diriger notre propre destin.

Heureusement, le temps joue en notre faveur. L’époque de la délivrance intérieure–spirituelle et extérieure–physique de toute l’humanité approche, selon la Préface du « Livre du Zohar ». Tout comme l’homme ne peut exister dans notre monde sans aucune connaissance de celui-ci, de la même façon, l’âme de l’homme, après la mort de son corps, ne peut exister dans le Monde Supérieur sans avoir reçu de connaissances préalables à son sujet. C’est pourquoi la connaissance de la Kabbale garantit une existence confortable dans notre monde et assure une existence éternelle et parfaite dans le monde à venir.


Glossaire

Béréshit

Béréshit (au commencement) signifie que le Créateur a créé six qualités et l’homme. L’homme possède en lui toutes les qualités lui permettant de devenir semblable au Créateur. C’est en fait le travail de la Création — former la substance, le désir de recevoir. Ces qualités imprègnent le désir de recevoir afin que la structure, en tant qu’âme, atteigne l’état du Créateur.

Le Shabbat (Sabbat)

C’est la correction finale de l’Homme, lorsqu’il retourne dans le Jardin d’Éden. C’est un état où nous nous réunissons en une seule âme.

 

Le Jardin d’Éden

Dans le Jardin d’Éden, nous sommes tous dans le don mutuel, dans la garantie mutuelle complète. Le Monde d’Atsilout.

 

L’Arbre de la Connaissance

« L’Arbre de la Connaissance » est la plus grande lumière. Elle fut d’abord reçue afin de recevoir, provoquant ainsi la brisure de l’âme. À l’avenir, nous recevrons cette lumière, mais avec l’intention de donner.