Hévrouta - Suite à la Leçon 32 - Principes du travail dans la dizaine
Hévrouta - Suite à la leçon 32 - Principes du travail dans la dizaine Aujourd'hui, nous allons revoir les principes du travail dans la dizaine, que nous avons commencé à aborder dimanche. Ces principes sont importants …
Hévrouta - Suite à la leçon 32 - Principes du travail dans la dizaine
Aujourd'hui, nous allons revoir les principes du travail dans la dizaine, que nous avons commencé à aborder dimanche. Ces principes sont importants car ils forment la base de la préparation nécessaire pour comprendre comment doit fonctionner la dynamique interne d'un groupe.
Comme toujours dans notre étude, nous ne construisons pas cela à partir de nos propres idées ou opinions. Tout est basé sur les sources, sur ce que les kabbalistes nous ont donné comme guide pour le chemin. Aujourd'hui donc, nous allons parcourir ces différents principes, regarder les sources qui y sont liées, et essayer de clarifier ensemble ce qu'ils signifient concrètement.
Nous laisserons aussi un espace pour la discussion et pour vos questions, afin que nous puissions comprendre non seulement les mots eux-mêmes, mais aussi comment ils peuvent nous aider à construire une connexion plus forte et plus juste entre nous.
Principe 1 : Nous devons constamment élever artificiellement l'importance de la spiritualité
Nous allons maintenant passer au premier principe dans le travail dans la dizaine : élever l'importance de la spiritualité.
Nous savons que notre désir de recevoir ne cesse de croître et de se développer. À cause de cela, une personne est constamment ramenée à des intérêts personnels, des calculs personnels, et à une préoccupation pour soi-même. C'est naturel. C'est ainsi que le désir se développe en nous. D'un côté, ce désir croissant s'oppose à la spiritualité. De l'autre, c'est aussi la matière avec laquelle nous pouvons travailler.
Cela ressemble à monter une marche. Pour monter, il faut quelque chose contre quoi s'appuyer. De la même manière, l'ego qui s'éveille en nous peut devenir précisément le point à partir duquel nous nous élevons plus haut, si nous l'utilisons correctement.
Mais pour nous élever, nous avons besoin d'importance. En spiritualité, la montée et la descente se mesurent principalement selon l'importance. Lorsque le but est important, lorsque le Créateur est important, lorsque la connexion est importante, nous sentons que nous avons la force d'aller vers lui. Lorsque l'importance disparaît, tout devient lointain, sec ou confus.
C'est pourquoi la dizaine est si nécessaire. La dizaine est l'endroit où nous renouvelons constamment l'importance du but. Nous nous aidons mutuellement à nous rappeler pourquoi nous sommes ici, ce vers quoi nous tendons, et quel type de connexion nous voulons établir entre nous et avec la force supérieure.
Et lorsque le but lui-même semble trop éloigné de notre cœur, nous pouvons commencer par les moyens : l'importance de la leçon, l'importance des rencontres, l'importance des sources, l'importance des amis, et l'importance de participer. Car si ces moyens nous mènent au but, alors eux aussi deviennent précieux et importants.
Ainsi, ce premier principe nous enseigne que la dizaine est un endroit où je peux sans cesse investir dans l'importance, recevoir de l'importance des amis, et les aider à s'élever avec moi vers le but spirituel.
Exception : Celui qui est contraint est exempté. Une personne qui a d'autres obligations, famille, travail / gagne-pain, etc.
Élever l'importance de la spiritualité ne signifie pas ignorer la vie ordinaire ou forcer qui que ce soit. Chacun doit garder un équilibre sain : le travail, la famille, la santé, et les responsabilités de base font aussi partie des conditions qui nous permettent d’avancer.
Dans la dizaine, nous ne mettons pas la pression sur un ami et nous ne le faisons pas culpabiliser quand la vie exige son attention ailleurs. Il n'y a pas de contrainte en spiritualité. Parfois, le Créateur donne à une personne des obstacles qui doivent être traités de manière normale et responsable dans ce monde.
Notre travail est d'élever l'importance principalement par l'exemple. Je montre que le but est important pour moi par mes propres efforts, ma propre participation, mon attitude, et mon souci des amis. Nous nous inspirons mutuellement, mais nous ne nous contraignons pas les uns les autres.
Sources
« Nous devons travailler sur un seul point, c’est-à-dire valoriser la spiritualité. »
(Rabash, Article 17, « Ordre de la réunion d’assemblée », 1986)
« L’essentiel qui nous manque, raison pour laquelle nous n’avons pas de carburant pour le travail, c’est que nous manquons d’importance du but, ce qui veut dire que nous ne savons pas apprécier notre service, que nous devrions savoir à qui nous donnons. Et nous manquons aussi de la connaissance de la grandeur du Créateur, que nous devrions savoir comme nous sommes heureux d’avoir le privilège de servir le Roi, car nous n’avons rien qui puisse nous faire comprendre Sa grandeur. »
(Rabash, Article 24, « L’essentiel qui nous manque »)
«... chacun devrait essayer d’apporter au groupe un esprit de vie et d’espoir et d’infuser de l’énergie au groupe. Ainsi chacun des amis sera capable de se dire « Maintenant je commence une nouvelle page dans le travail. » En d’autres mots, avant qu’il ne vienne dans le groupe il était déçu des progrès dans le travail du Créateur, mais maintenant la société l’a rempli de vie et plein d’espoir.
Ainsi, par le groupe il a obtenu la confiance et la force de vaincre parce que maintenant il sent qu’il peut arriver à la complétude.
Et toutes ses pensées – qui étaient devant lui comme une haute montagne - qui ne pouvait pas être conquise, étaient vraiment de forts empêchements – maintenant il sent qu’elles ne sont rien.
Et il reçoit tout cela de la puissance du groupe parce que chacun a essayé de faire entrer un esprit d’encouragement et la présence d’une nouvelle atmosphère dans le groupe. »
(Rabash, Article 30, « Que demander dans une réunion d’amis », 1988)
Le deuxième principe : Travailler à instaurer l’égalité dans la dizaine.
Nous voyons clairement que nous sommes tous différents, chacun a un potentiel différent.
Mais en quoi les membres du groupe sont-ils égaux ? Nous sommes égaux en ce que chacun de nous agit vers notre but commun — la connexion — de toute la force et de toute l’unicité qui lui ont été attribuées par la nature (dans laquelle nous ne sommes pas égaux). Il n’y a donc pas de grands ni de petits parmi nous, pas de réussis ni d’échoués. Car nous tendons tous vers la connexion. Chacun investit dans la connexion autant qu’il le peut. L’égalité s’exprime dans le fait que chacun investit le maximum qu’il peut, physiquement et intérieurement — un effort spécifique/relatif.
Et il reçoit en retour selon la mesure de son investissement. Et ainsi, chacun reçoit selon la mesure de son investissement.
« La loi de l’amour ne peut être envisagée entre un grand et un petit, car deux véritables "aimants" doivent ressentir une équivalence entre eux. »
(Baal HaSoulam, La Sagesse de la Kabbale et la Philosophie)
Il est écrit : « Le peuple campa comme un seul homme en un seul cœur », ce quisignifie qu'ils avaient tous un seul but, qui était de servir le Créateur. Et nous devons comprendre, comment est-ce possible d’être comme un seul homme avec un seul cœur, puisqu’il est connu de nos sages : « De même que leurs visages ne se ressemblent pas, leurs opinions ne se ressemblent pas non plus », alors comment pouvaient-ils être comme un seul homme avec un seul cœur ?
La réponse : Si nous disons que chacun se soucie de lui-même, il est impossible d'être comme un seul homme, puisqu'ils ne se ressemblent pas. Cependant, s'ils annulent tous leur ego et ne se soucient que du bien du Créateur, ils n'ont pas d'opinions individuelles, car les individus ont tous été annulés et sont entrés dans l'autorité unique.
(Rabash II, Lettre 42)
Mais comment peut-il considérer son ami comme plus grand que lui alors qu’il voit qu’il a des qualités plus grandes que son ami, c’est-à-dire qu’il est plus talentueux, qu’il possède naturellement de meilleures qualités ? Cela peut se comprendre de deux manières :
1.Il se fie davantage à la croyance qu'à la connaissance, car en le choisissant comme ami, il le considère déjà au-dessus de la connaissance.
2. C’est une approche plus naturelle, c’est-à-dire selon la connaissance. Car si on a décidé de l’accepter comme ami et qu’on travaille en soi-même à l’aimer, alors la nature de l’amour est qu’on ne voit que les bonnes choses ; et les choses mauvaises, même si elles existent chez l’ami, on ne les voit pas. Comme il est écrit : « L’amour couvre toutes les fautes ».
(Rabash, Article 17, Partie 1, « Concernant l’importance des amis », 1984)
Le troisième principe : Nous devons veiller à préserver le caractère de chaque ami, afin qu’il ne perde pas son individualité.
L’individualité de chacun peut s’exprimer précisément dans son investissement dans la connexion du groupe. Dans chaque groupe, il devrait y avoir une personne responsable pour élever la motivation, l’ambiance, et l’atmosphère générale.
« Il n’existe pas deux êtres humains dans le monde dont les opinions soient identiques. Car chacun possède un grand et sublime héritage, que ses milliers d’ancêtres lui ont transmis, et que les autres ne possèdent pas, même pas une étincelle. C’est pourquoi ce patrimoine est considéré comme l’héritage propre de l’individu, et la société est tenue de préserver sa spécificité et son esprit, afin qu’il ne soit pas effacé par l’influence de son environnement. Chaque individu doit ainsi conserver l’intégrité de son héritage, et le contraste et la divergence entre les hommes doivent rester éternellement, afin de nous garantir à jamais la critique (le discernement), et le progrès de la sagesse, qui constitue tout l’avantage de l’humanité et l’ensemble de ses véritables désirs éternels. »
(Baal HaSoulam, « La Liberté »)
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