Qu'est ce que la sagesse de la Kabbale ?
Cette sagesse n’est rien de plus, et rien de moins, qu’une succession de racines qui descendent selon un enchaînement de cause à conséquence, selon des lois fixes et absolues, s’entrelacent et se tissent ensemble en direction d’un but unique et sublime, désigné comme « la révélation de Sa Divinité à Ses créatures dans ce monde ».
Baal HaSoulam, L’Essence de la sagesse de la Kabbale
L’étude des sources de la Kabbale authentique montre que la Kabbale est une méthode d’atteinte spirituelle, c’est-à-dire la révélation de la force supérieure qui gouverne la réalité.
Dans ce cadre, il importe de préciser que l’atteinte spirituelle ne désigne ni un rituel, ni une expérience mystique ; elle désigne au contraire la perception directe des racines spirituelles qui dirigent la réalité. Autrement dit, la sagesse de la Kabbale expose que la réalité est régie par des lois et des forces spirituelles fixes, lesquelles descendent de racines supérieures jusque dans notre monde et déterminent le développement de la création.
Il convient de souligner que lorsque les sources kabbalistiques évoquent des questions « cachées » ou « dissimulées », il ne s’agit nullement d’un secret au sens ordinaire du terme. Ce à quoi elles font référence, c’est à la réalité spirituelle qui, pour l’instant, demeure voilée à la perception de l’homme. Elle est cachée du fait que l’homme n’a pas encore acquis la perception par laquelle elle peut être atteinte. La finalité de la sagesse consiste donc à donner à l’homme une méthode pratique lui permettant d’atteindre sa propre racine ainsi que celle du monde qui l’entoure – d’où proviennent ses éléments, quel est leur but, et comment s’y rapporter de manière à réaliser ce but – c’est-à-dire à acquérir une perception claire de la force supérieure qui gouverne la réalité ; et non pas simplement à croire en elle, ni à la rejeter comme inaccessible à la connaissance.
C’est en cela, et en cela seulement, que réside l’essence même de toute la sagesse de la Kabbale : connaître la gouvernance de la Volonté Suprême – pourquoi Il a créé toutes ces créatures, ce qu’Il désire d’elles, et quelle sera l’issue finale de tous les cycles du monde.
Ramchal, Les 138 Portes de la Sagesse
C’est précisément pour cette raison que les kabbalistes étudient la structure de la réalité comme un système de racines et de branches : les mondes supérieurs, le développement de l’âme, les lois selon lesquelles la force supérieure agit, et la manière dont ces lois se révèlent concrètement à l’homme. Les textes de la Kabbale décrivent ce système avec une grande précision, mais il faut comprendre que la compréhension véritable ne se donne pas d’un seul coup, dans la mesure où ces réalités doivent être atteintes intérieurement. Cette compréhension advient progressivement, par l’étude régulière des textes authentiques et par le travail dans un environnement orienté vers ce but.
Il s’ensuit que l’étude rigoureuse de la Kabbale repose sur une lignée de sources primaires, parmi lesquelles Le Livre du Zohar, les écrits de l’Ari, les écrits du Baal HaSoulam – en particulier son commentaire Soulam –, ainsi que les écrits du Rabash. Pris ensemble, ces ouvrages constituent une transmission continue de la méthode authentique à travers les générations, au sein de laquelle ils exposent la voie pratique par laquelle l’homme corrige sa perception afin d’atteindre la force gouvernante.
La Sagesse de la Vérité nous enseigne l’unité universelle, l’aspect d’équivalence que l’on peut retrouver à travers toute l’existence, s’élevant toujours plus vers l’équivalence de forme avec son Créateur, ainsi que la manière de marcher dans la lumière de cette voie sans trébucher.
Rabbi Abraham Isaac HaKohen Kook, Orot HaKodesh
À partir de là, il devient possible d’aborder les questions fondamentales qui s’imposent naturellement : quels sont les textes de référence de la Kabbale, qu’est-ce qui fait d’un homme un kabbaliste, qui peut étudier la Kabbale, pourquoi cette sagesse revêt-elle aujourd’hui une pertinence particulière, et comment l’étude se pratique-t-elle concrètement.